Yvette Truchelut, dite Fanny, ancienne propriétaire d'un gîte à Julienrupt, dans les Vosges, vient d'être condamnée pour discrimination religieuse, après avoir fait appel, à verser 2000
euros de dommage et intérêt à Horia Demiati et à trois autres membres
de sa famille, ainsi qu'à une peine de deux mois de prison avec sursis,
ce qui a provoqué sur certains sites une réaction outragée.
Rappelons les faits : Horia Demiatti réserve une chambre de gîte
chez Mme Truchelut par internet. Il n'est pas farfelu de supposer
qu'elle a donné son nom, nom à consonnance maghrébine, ce qui ne semble
pas avoir posé de problème.
Mais lorsqu'elle se rend au gite,
Mme Truchelut soumet à condition l'accès au partie commune de son gîte
à cette famille musulmane (Horia Damiati et sa mère ainsi que cinq
autres personnes), demandant aux deux femmes voilées de s'y rendre tête
nue, ce que nie l'accusation en la personne d'Horia Damiati, la
plaignante, qui déclare que l'accès lui a tout simplement été refusé
dans l'ensemble du bâtiment, malgré une réservation à l'avance.
Elle récupère ses arrhes.
Rapidement Horia Damiati entame des démarches judiciaires.
Du côté de Mme Truchelut, se fut d'abord l'avocat de Philippe de
Villiers qui prit sa défense, à titre gracieux, avant qu'un autre
avocat ne le remplace. Sa présence donnait un tournant politique à
l'affaire, tournant qui ne servait pas forcément la cause de Fanny
Truchelut.
De l'autre côté Horia Damiati a tout simplement été épaulé par les
avocats des associations anti-racistes classiques, le MRAP, la ligue
des droits de l'Homme et la LICRA...
Pour la justice, il s'agissait de déterminer s'il y avait eu ou
non refus de service pour discrimination, et la peine pouvait
s'aggraver pour racisme. Mme Truchelut avait précisé sa pensée
concernant le voile, qu'elle voyait comme un signe d'oppression des
femmes, précisant avoir été elle-même battue dans son enfance.
En outre, elle avait insisté sur le caractère laïque de ses parties communes.
"C'est le fruit d'un long cheminement spirituel" avait déclaré
Horia Damiatti, sans en dire plus, si ce n'est : "Le voile, je le mets
où je veux".Les avocats de l'accusation n'ont eu de cesse de taxer de
racisme Yvette Truchelut, qui en fut fort affectée.
On la soupçonna même d'être juive pendant l'audience, pour expliquer ce
refus du voile et sous-entendre une certaine haine anti-islam, non pas
une haine raisonnée, mais une manière de haine "communautariste" et
héréditaire, peut-être exacerbée par les conflits du proche-orient,
peut-on supposer.
Mme Truchelut se déclare pourtant athée et se veut tout simplement
"laïque". Sa famille serait originairement catholique. Dans l'affaire
elle a dû se séparer de son gÏte, pour couvrir le procès d'une part et
d'autre part parce qu'elle était tout à fait affectée de cette mauvaise
aventure.
Aujourd'hui elle se retrouve endettée, d'autant qu'il faudra verser à
Horia Damiati ainsi qu'aux membres de sa famille ayant participé au
procès, la somme de 2000 euros, toute personne comprise. Ce n'est qu'au
dernier moment que la mère de la plaignante a décidé de se joindre à sa
fille.
Les mauvaises langues diront que cela agrandissait le gâteau d'une part supplémentaire...
L'avocat général, a tout simplement déclaré ne pas vouloir faire
de "martyres" d'un côté ou de l'autre en ne réclamant pas d'amende, ce
qui démontre bien qu'au-delà de l'affaire, des parties se
reconnaissaient, pro-voile et anti-voile, favorables ou défavorables à
un islam "public", laïcs ou islamophiles, mais aussi d'autres
idéologies plus radicales.
Mme Truchelut est une femme d'une cinquantaine d'année, elle est
entière et semble être animée par des principes qui pourraient être
qualifiés de "tranchés". Il ne semble pas avoir été considéré, au cours
du procès, qu'elle tâchait peut-être aussi de préserver une
convivialité propre à son établissement et conforme à ses convictions
laïques.
Conviction contre conviction, celles de Mme Truchelut ne valaient pas
bien lourd face à celle d'une "minorité visible" soutenue par la loi,
par les subventions de l'Etat, par des associations dont le seul but
est de chercher la discrimination, le racisme ou encore le sexisme,
subventionnées pour combattre ces fameuses discriminations,
discriminations qui justifient leur existence et leurs revenus...
La situation est peut-être plus tragique encore que cela veut bien être
dit. A trop jouer l'islam contre le christianisme, à trop vouloir
mettre en avant un racisme réel, mais parfois aussi fictif, à trop
vouloir classifier les personnes selon leurs origines, à vouloir nier
toute racine culturelle au pays, nous nous trouvons dans une situation
où les "communautés", selon l'usage nouveau qui est fait de ce mot, se
séparent et s'affrontent pour revendiquer leur propre vision des
choses, dans des espaces qui se veulent communs.
Les différentes lois qui ont été votées contre les "discriminations",
mot nouveau également et porteur de toute une idéologie, idéologie qui
s'applique plus particulièrement sur les territoires occidentaux,
n'arrangent pas non plus les choses.
Si l'intention est bonne, la pratique crée des différences juridiques entre les personnes.
Ici c'est Fanny Truchelut qui en est victime, traitée comme un voyou,
un vulgaire délinquant, une moins que rien, taxée de racisme, pour ses
convictions affichées.
Il n'a pas été établi que Mme Truchelut soit raciste...
Le lecteur qui s'attardera à visiter le site "Riposte laïque" comprendra combien la situation de Fanny Truchelut a été compliquée,
combien elle semble avoir été prise au piège.
Sans aller jusqu'à la défendre, l'on pourra noter que le voile est
décrié par des personnalités musulmanes ou anciennement musulmanes
(ainsi de Souad Sbaï, en Italie) et qu'il n'est pas donné pour
absolument nécessaire dans la pratique de cette foi.