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Le blog de Blaise
vendredi 30 novembre 2007, a 22:15
Contre le traité "simplifié"

Je m'étais déjà exprimé au sujet du traité "simplifié" qui devrait passer comme une lettre à la poste avec sa ratification par l'Assemblée nationale. La résistance s'organise, et de façon très symbolique, par des personnalités de gauche et de droite réunis, même le journal l'Humanité s'y est mis!

 

Ce dimanche, une conférence réunira Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Pierre Chevènement, ils ne seront pas seuls! Ce débat est au delà des clivages politiques. Voici la copie d'un blog consacré à Jean-Pierre Chevènement:

 

Rassemblement national pour un référendum sur le projet de «constitution européenne bis» dimanche 2 décembre à 15h

Une date à réserver sur vos agendas. Venez nombreux !


Rassemblement national pour un référendum sur le projet de «constitution européenne bis» dimanche 2 décembre à 15h
La ratification parlementaire du « traité simplifié » qui n'est autre qu'une Constitution européenne bis, serait un double déni de démocratie :
  • parce qu'on ferait passer nuitamment par la fenêtre ce qui a été rejeté au grand jour par la porte,
  • parce que la Constitution-bis signée à Lisbonne enterrerait définitivement, au nom du peuple français mais contre sa volonté explicite, la République française confirmée par les référendums de 1958 et 1962.

    Face à ce vrai faux « mini traité » qui est une authentique maxi-traîtrise, Jean-Pierre Chevènement, ancien ministre, président d'honneur du Mouvement Républicain et Citoyen, et Nicolas Dupont-Aignan, député de l'Essonne, président de Debout la République organisent un rassemblement national et européen Pour un référendum sur la «Constitution européenne bis» :

    Avec :
  • Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public
  • Jens-Peter Bonde, porte-parole du parti danois "Mouvement de juin", président du groupe Indépendance et démocratie au Parlement européen

    En un jour emblématique pour la défense de la démocratie, Nicolas Dupont-Aignan et Jean-Pierre Chevènement appelleront tous les Français à se mobiliser pour exiger une consultation populaire sur le traité de Lisbonne.

    A partir de 15h, le dimanche 2 décembre 2007, à la Maison de la Chimie
    28 bis rue Saint Dominique, Paris VIIe
    Métro Invalides (lignes 8 et 13) ou RER C.

    Voir le plan d'accès sur Google Maps ou le plan ci-dessous.
 
 

vendredi 30 novembre 2007, a 20:35
Manifestation à Khartoum contre Mme Gibbons

Ils sont plusieurs milliers de personnes dans la rues, certains brandissent des sabres tandis que la foule scande à l'exécution pour l'institutrice Gillian Gibbons qui avait cru user de pédagogie avec ses élèves de 6/7 ans, en leur permettant de nommer un nounours "Mohamed" pour une leçon sur les animaux et leur élevage. Arrêtée et  jugée, elle risquait 15 jours de prison, une amende et quarante coups de fouets, mais la peine n'a aboutit qu'à 15 jours de prison et à son expulsion, ce qui est trop peu pour la foule réunit dans les rues.
 
Et cette foule est d'autant plus virulente, que les prêcheurs en ce jour de prière, le vendredi, ont déclaré que l'institutrice avait agi intentionnellement, un religieux s'est exclamé "C'est une femme arrogante qui est venue dans notre pays pour toucher son salaire en dollars et enseigner la haine de notre prophète Mahomet", les autorités, qui ne tolèrent pas habituellement ce type de réunion dans Khartoum, laissent faire, les autorités judiciaires avaient par ailleurs fortement critiqué la clémence du tribunal. Dans les rues les slogans demandent à "punir par balles ceux qui insultent le prophète", "Pas de tolérance, exécution", "Tuez-la, Tuez-la au poteau d'exécution!". C'est la secrétaire de l'école dans laquelle l'institutrice travaillait qui a porté plainte, relayé par les parents d'élèves, dont l'un, prénommé Mohamed, avait eu le désir que le nounours porte le même prénom que lui.
 
Les autorités du pays n'ont pas communiqué sur l'endroit où l'institutrice britannique est détenue, et si elles ont tenu à l'écart les manifestants, elles ont permis à l'un d'entre eux d'aller remettre une lettre de protestation à l'ambassade britanique. Le défilé à certains moments semble avoir pris des allures de guerre contre l'occident, à en croire certains slogans, qui promettaient "la victoire des armées de Mohamed" sur l'occident, en référence à une bataille ancienne contre les juifs en Arabie, et un journaliste a été protégé de la foule par les services d'ordre. De fait, ce sentiment anti-occidentale est entretenu par le pouvoir, dans sa gestion de la crise du Darfour en opposition à l'occident et notamment aux Etats-Unis.
 
C'est certainement ce qui ressort du discours modéré de Tarik Ramadan, dans son article "Autour de la triste histoire de Madame Gillian Gibbon...", dans lequel il appelle à la libération de l'institutrice: "Tout se passe comme si l'enseignante est devenue le moyen à travers lequel un gouvernement montre son attachement à l'islam et par lequel quelques musulmans expriment leur colère vis-à-vis de l'Occident.(...) Cela a à voir avec un jeu malsain de politique intérieure et internationale destiné à mobiliser l'émotion populaire au prix sacrifié de la dignité et de l'intégrité d'une femme."
 
Un récit de la manifestation se trouve sur france 24

mercredi 28 novembre 2007, a 22:52
Le pape et le sida

Bien que le dernier pape ait été mis en cause au sujet du sida en Afrique, accusé  d'avoir proscrit le préservatif alors qu'il n'en était rien, puisqu'il avait en effet simplement prôné l'abstinence et plus particulièrement le mariage, Benoit XVI a fait une déclaration dans le sens de la compassion envers les malades souffrants de cette terrible maladie. "Je me suis spirituellement proche" a-t-il déclaré à leur attention.
 
''Je suis spirituellement proche de ceux qui souffrent de cette terrible maladie, comme également de leurs familles, en particulier de celles touchées par la perte d'un conjoint. Je les assure tous de ma prière" a déclaré le pape "Je désire  en outre exhorter toutes les personnes de bonne volonté à multiplier les efforts pour arrêter la diffusion du virus HIV, à combattre les préjugés qui souvent frappent ceux qui en sont affectés, et à prendre soin des malades, spécialement lorsque ce sont encore des enfants''.
 
La déclaration du pape n'a rien de surprenant en soi, ce n'est pas la première fois qu'un pape se déclare solidaire des personnes qui souffrent, mais cette déclaration a son importance, si elle ne sera pas reprise par les grands médias, la parole du pape a au moins le mérite de reconnaitre, et de tenter de faire reconnaitre la souffrance des personnes atteintes de cette terrible maladie, y compris des enfants, parfois contaminés par leur parents, ou même par leur mère, au cours de la grossesse. Les malades sont par ailleurs parfois soumis au mépris de la société alentour, ainsi en Afrique il y a peu, des malades ont été enterrés vivant. 
 
Mais le pape est un pape, bien entendu, et c'est par la continence et l'abstinence sexuelle qu'il entend lutter contre le sida ainsi qu'il l'avait déclaré en Afrique ou lors de ces précédents voyages. L'audience du pape étant grandissante, cet appel à la compassion envers les malades du sida, à l'aube de la journée mondiale contre cette maladie,  n'est pas une petite déclaration, mais pourra trouver tout son effet, en espérant que cela soit le cas pour l'attitude des bien-portants envers les malades, mais aussi des malades envers les bien-portants, puisque le message a aussi ce sens...
 

mercredi 28 novembre 2007, a 16:28
Décès de Fred Chichin, du groupe Rita Mitsouko

Fred Chichin, le guitariste du groupe Rita Mitsouko est décédé ce mercredi matin à l'âge de 53 ans, d'un cancer fulgurant, qui avait déjà contraint le groupe à annuler plusieurs concerts. Il n'aura fallu que deux mois pour que la maladie l'emporte.
 
Fils de parents communistes et militants, il avait participé à plusieurs groupes underground rock et punk, avant de rencontrer Catherine Ringer en 1979, d'en tomber amoureux,  et de former avec elle le groupe des Rita Mitsouko dans lequel il s'occupera de la composition musicale des morceaux, et jouera du clavier, de la basse ainsi que de la batterie.
 
Leur dernier album, Variety, était sorti en juillet 2007, et le décès de Fred Chichin empêchera donc la poursuite des scènes prévues dans différentes villes. Les Rita Mitsouko ont sorti au cours de la carrière du groupe onze albums, et ont reçu cinq récompenses, dont le prix Roger-Seiller du groupe français en 2001 et des prix aux victoires de la musique
 
Une vidéo d'un titre du dernier album



mercredi 28 novembre 2007, a 12:36
Un témoignage sur l'accident de Villiers-Le-Bel

Tandis que les premiers éléments de l'enquète  concluent à l'accident, des témoignages viennent contredire ces résultats.

 

Ici un homme qui n'est pas un témoin direct de l'évènement, suppose que les policiers roulaient à vive allure, et évoque les dégats sur la voiture de police. Il resterait intéressant toutefois de savoir, comme cela a été suggéré, si la voiture a connu des dégradations de la part de jeunes manifestants, ce qui pourrait expliquer le capot particulièrement enfoncé.



mardi 27 novembre 2007, a 22:04
En prison au Soudan pour un nounours

Gillian Gibbons a passé sa deuxième nuit dans une prison soudanaise, cette institutrice britannique de 54 ans, qui officiait dans une école privée, est enfermée suite à la plainte de parents d'élèves, mécontents de ce qu'elle ait permis à ces élèves de six à sept ans de nommer un nounours en peluche du nom de Mohamed, le nom du prophète de l'islam, ce qui a du choquer les musulmans pour lesquelles toute représentation en est interdite.
 
L'enquête est menée de façon approfondie, avec interrogatoire et auditions de témoins.  Dans le code pénal du Soudan relatif aux religions, rites et croyances, ce "délit" pourrait être puni de 6 mois de prison, de quarante coups de fouets, et d'une amende. Selon le directeur de l'école, le nom du nounours avait été voté en classe parmi de nombreux autres noms, mais les élèves se sont décidés en faveur de celui-ci par 20 voix sur 23. Les élèves, qui devaient ramener le nounours à leur domicile à tour de rôle, devaient noter dans un carnet tout ce qu'il faisait avec le nounours chez eux.
 
Le directeur avait par ailleurs mis en garde l'enseignante: " Je lui ai dit que c'était très délicat. Mais elle était innocente, presque naïve. Elle a répondu: "Mais ce sont les enfants qui ont choisi le nom Mohammed!" C'est pour lui en toute innocence que cette institutrice avait accepté de donner ce nom à la peluche.
 
L'école privée a du présenter ses excuses et a fermé ses portes jusqu'au mois de janvier, par peur des représailles. Les services diplomatiques de Grande-Bretagne tentent d'obtenir la libération de cette femme, originaire de Liverpool.

mardi 27 novembre 2007, a 19:59
Des émeutes du Val d'Oise

Cela pourrait être un fait divers comme il y en a tant, le triste récit d'un accident de la route ce dernier dimanche, avec deux jeunes gens qui roulent inconsciemment sans casque sur une petite moto, et qui malheureusement y perdent la vie... Mais cet accident s'est produit dans un quartier dit sensible, au coeur de Villiers-Le-Bel, et avec une voiture de police, ce qui a aussitôt embrasé tout le département. Les premiers résultats de l'enquête  annoncent pourtant que les policiers ne seraient pas dans leur tort, mais ce serait vu refuser une priorité, et si la voiture roulait vraisemblablement à vitesse réduite, tandis que la petite moto avait sa vitesse la plus élevée enclenchée, l'impact fut fatal. A combien roulait la moto? Une source non fiable m'affirme que c'était à 80 km/h.  Ce type de véhicule n'est pas  homologué pour se rendre sur une route.
 
Dans le déroulement des faits, il semblerait qu'aussitôt après l'accident de nombreuses personnes se seraient réunis autour des deux jeunes garçons à terre, ce qui aurait eu pour effet de faire fuir les policiers, et d'empêcher les pompiers de tenter de les réanimer correctement. La voiture dont l'image est diffusée dans de nombreux journaux devrait son capot littéralement défoncé à l'acharnement de quelques "jeunes" du coin, avant que d'autres personnes ne viennent la garder, pour qu'elle échappe, plus tard, à l'instar de nombreuses autres voitures, au feu. Dès le premier soir, au pied des immeubles et non loin du théâtre de l'évènement, une rumeur s'étend: "ils" l'auraient fait exprès, "ils" auraient provoqué l'accident. Lorsque le commissaire de police, soucieux de calmer les esprits se rend sur place, il est chassé à coups de barre de fer et doit se rendre dans un état grave à l'hôpital, ayant le nez et les côtes cassées. 
 
Le maire de la ville  tente de calmer les esprit, sans succès. Plus tard dans la nuit de dimanche, les affrontements commencent, à 200 mètres du lieu de l'accident, avant de s'étendre, faisant dans la nuit 24 blessés parmi les policiers, dont 2 graves, puis dans la nuit qui suit 64 blessés de plus dont 5 graves. Deux journalistes aussi seront blessés dans les affrontements, plusieurs dizaines de commerces seront incendiés, des restaurants, une antenne du trésor public est dévastée, et deux commissariats incendiés, tout comme une... bibliothèque. Les émeutes se sont étendues dans tout le Val d'Oise, de Villiers le Bel à Sarcelles, en passant par Argenteuil, Cergy, Ermont, Goussainville ou encore Fosses.
 
Le souvenir des émeutes de l'année 2005 revient dans les esprits. Deux jeunes garçons se croyant à tort ou à raison poursuivis par la police s'était caché dans un transformateur EDF, et l'un d'eux avait péri électrocuté tandis que l'autre restait gravement blessé, ce qui avait entamé un enchainement de violence, avec son cortège de véhicules brûlés, d'affrontements avec la police, et de bâtiment publics incendiés, des écoles maternelle mais aussi des bibliothèques et dans une manifestation, à la mémoire du jeune homme électrocuté, une affiche: mort pour rien. C'est bien en référence à ce message qu'un écriteau a été déposé dans Villiers Le Bel, et reprenant le "mort pour rien".
 
Les forces de l'ordre craignent que les nuits se succèdent avec une amplification des violences, les départements voisins du 93 et 92 se préparant selon certaines sources à rejoindre leurs comparses du 95. "Nos collègues sur le terrain sont effarés, ils sont face à des jeunes super organisés, très mobiles et prêts à tout. C'est très chaud, ils ont vraiment la sensation qu'on veut tuer du flic" explique David Barbas, du SNOP, premier syndicat d'officiers de police . Du coté des émeutiers, on recense des armes à feu, telles que pistolets à grenaille ou fusils à pompe. Bruno Beschizza, secrétaire général du syndicat Synergie police, s'insurge de ce qu'on parle de "jeunes" préférant les termes de délinquants, voire de criminels, expliquant bien que les policiers sont visés par ces tirs par balle.
 
Comment les évènements ont-ils commencé? Tout juste après ce terrible accident, tous les uniformes ont été pris à partie aussitôt, les policiers se sont écartés (mais seraient restés présents à l'arrivée des secours selon le procureur ), craignant vraisemblablement  des représailles, les pompiers aussi ont jugé le climat trop tendu pour mener leur intervention correctement, et ont dû le retarder, le commissaire, qui courageusement et dans un esprit de conciliation s'est porté sur les lieux a été pris à partie également, plus tard on brûle une bibliothèque... Les délinquants se comportent comme s'ils avaient affaire à une bande adverse, démolissant des symboles de l'Etat, comme la bibliothèque... Les appels au calme des familles endeuillées n'ont pas suffi à calmer les esprits.
 
Après les déclarations de François Fillon  , c'est Nicolas Sarkozy lui-même qui interviendra dès mercredi, à son retour de Chine, en se rendant à Eaubonne, au chevet du commissaire divisionnaire blessé dans l'émeute, et de nombreux politiciens de tous bords se sont exprimés sur les violences de ces deux derniers jours, soulevant des sujets différents, pour tenter de comprendre cette escalade dans la violence.

jeudi 22 novembre 2007, a 15:58
Qui désignera le prochain Dalaï Lama?

Cela pourrait paraître anecdotique, mais les implications sont bien plus étendues qu'il n'y parait: le Dalaï Lama, en visite au Japon, aurait déclaré au quotidien nippon "Sankeï Shimbun", que le choix du futur Dalaï Lama pourrait se faire de son vivant: "Si le peuple tibétain veut soutenir le système du Dalaï Lama, il peut éventuellement choisir le prochain Dalaï Lama tant que je suis encore en vie. Parmi les options qui s'offrent aux Tibétains, il y a le choix démocratique par les hauts prélats du bouddhisme tibétain ou la désignation d'un successeur par moi-même", ce qui va tout à fait à l'encontre de la tradition, mais précise-t-il, "les Tibétains ne supporteraient pas un successeur désigné par les autorités chinoises".
 
En effet les Dalaï Lama dans toute la tradition tibétaine, sont désignés après la mort du dernier chef, par des moines et des maîtres spirituels qui pour le remplacer se mettent à la recherche de sa réincarnation. C'est parmi des enfants candidats qu'est désigné le nouveau chef, après avoir constaté que l'enfant a gardé des souvenirs de ses précédentes incarnations en tant que dalaï Lama, comme par exemple de reconnaître des objets lui ayant appartenu lors de sa précédente vie. Les Dalaï lama sont des bodhisattvas, c'est à dire un être éclairé qui a choisi de renaître pour le bien de tous les êtres, et ne saurait donc être désigné qu'après enquête. L'enfant désigné est ensuite emmené dans un monastère, pour parfaire sa formation bouddhiste.
 
Mais comme Pékin a décidé que chaque décision des lamas ne serait validée qu'après son approbation, cela peut faire craindre que la Chine, qui occupe le Tibet, dont le Dalaï Lama est traditionnellement le chef d'Etat en même temps que chef spirituel bouddhiste, pourrait être tenté de désigner un Dalaï Lama qui lui serait favorable. En effet, dirigé d'une main de fer depuis 1951 par la Chine, le Tibet demande, par l'intermédiaire de son chef exilé en Inde, une autonomie réelle, ce que refuse catégoriquement Pékin. Et la Chine n'a en effet pas manqué d'intervenir en déclarant que "La réincarnation d'un bouddha vivant est la seule voie de succession du bouddhisme tibétain et suit  des rituels religieux relativement détaillés et des conventions historiques", accusant de fait le Dalaï Lama de trahir toute la tradition dont il devrait être porteur.
 
Le Dalaï Lama est aujourd'hui agé de 72 ans, et bien sûr tôt au tard la question de sa succession devra se soulever, ce qui ne peut manquer d'inquiéter les Tibétains, d'autant qu'un jeune garçon de six ans a été arrêté par les autorités chinoises après sa désignation par le Dalaï Lama comme nouveau Panchen Lama, c'est à dire le deuxième personnage de l'Etat, dont l'implication est traditionnellement grande dans la recherche du nouveau Dalaï Lama, ce qui peut accréditer les craintes du peuple tibétains d'irrégularité lors des futures recherches.
 
Des informations sur le Tibet ici

mercredi 21 novembre 2007, a 19:45
La Lupercale, quand le mythe rejoint la réalité

Des archéologues italiens affirment avoir découvert la grotte mythique, la Lupercale, dans laquelle Romulus et Remus auraient été, selon la légende, allaités par une louve, qui aurait recueilli  ces deux fils du Dieu Mars après leur abandon sur les rives du Tibre. Les deux enfants étant également fils de la vestale Rhea Silvia, fille du roi de la ville légendaire d'Alba Longa, le frêre de celle-ci avait ordonné qu'ils soient noyés dans le fleuve, pour garder le trône en héritage, mais ces ordres avaient été mal exécutées.
 
Son existence dans les murs de Rome étaient connues, en attestent des documents qui relatent très précisément les fêtes païennes qui s'y déroulaient en l'honneur du Dieu des troupeaux, Faunus Lupercus. Une fois l'an, le 15 février, en souvenir de l'allaitement de Romulus et Remus, douzes prêtres de Faunus, les Luperques (qui représentaient les grandes familles aristocrates romaines), sacrifiaient un bouc, puis touchaient avec le couteau le front de deux jeunes hommes vêtus d'un simple pagne en peau de bouc. Le sang étaient ensuite essuyé par un flocon de laine trempé dans le lait, puis les jeunes hommes, qui devaient à ce moment rire aux éclats, partaient ensuite dans la ville pour fouetter, avec les lanières du bouc sacrifié, les femmes qui souhaitaient enfanter dans l'année, pour les rendre fécondes. Le pape Gélase I avait fait interdire cette fête païenne au Vème siècle. Selon Tite Live, Romulus et Remus auraient pu être nourris par une "lupa", louve en latin, mais dans l'autre sens du mot: ce serait en fait une prostitué, ce qui expliquerait d'une façon plus historique les origines de cette légende.
 
Le ministre de la culture italien (voir la vidéo et aussi ici) a tenu à révéler en personne la découverte de cette grotte, dans laquelle Rome, la ville éternelle, trouve son origine mythique. C'est entre le temple d'Apollon et l'église Sainte-Anastasie, tandis qu'ils travaillaient sur les ruines du palais de l'empereur Auguste que les archéologues ont découvert la grotte. Englobé dans le bâtiment et révélant l'aigle impériale blanc au centre de sa voûte, la grotte est ornée de coquillage et de mosaïques et mesure 7 mètres de haut. C'est une sonde qui a été descendue dans la cavité, pour en remonter des images qui font croire qu'en effet il s'agit bien de la célèbre grotte, dont il faudra ôter les détritus avant de pouvoir poursuivre les recherches archéologiques.



mardi 20 novembre 2007, a 17:31
Grève: la France devient folle...

Alors que sur les quais des franciliens s'agglutinent, de plus en plus aigris de la situation, pressés et fatigués après une bonne semaine de grève, les anti grévistes s'organisent et défilent eux aussi. Deux fronts semblent se dessiner dans le pays, d'un coté les grévistes, et de l'autre les anti...
 
Ils sont venus un dimanche malgré les difficultés à se déplacer pendant les grèves. La manifestation tire son origine de groupements tels qu'Alternative libérale, plutôt favorable à l'action entreprise par Nicolas Sarkozy. Si le mouvement revendique 20000 personnes dans la manifestation, les services de police en comptent 8000. Leurs chants ne sont pas toujours très bien assurés, ils n'ont pas l'habitude de défiler ainsi. Dans le cortège, des personnes de tous les ages, parfois avec les cheveux blancs. "Nous sommes dans un pays fasciste de gauche" s'exclame une femme, relayée par un autre manifestant, qui confirme. Tous veulent pouvoir aller travailler et le disent bien haut. Les haut-parleurs crachent la chanson détournée du groupe YMCA, "SNCF, on est les rois de la France...", et les manifestants se disent pris en otage par une minorité, et mettent en avant le vote des Français dans leur ensemble.
 
Pourtant le discours des cheminots n'est pas non plus totalement faux, et sonnerait presque libéral parfois: ils expliquent avoir signé un contrat, et que selon les termes de ce contrat, la retraite "spéciale" leur a été attribuée. Ce n'est pas entièrement faux, au moment où ils signaient leur contrat, les conditions étaient définies, mais ce serait oublier que nous vivons sur un régime de retraite par répartition. Il faut dans le même temps admettre que ce ne sont pas les régimes spéciaux de retraite qui permettront par leur réforme de rééquilibrer les caisses, tout le monde peut s'en rendre compte, ce qui signifie bien qu'il ne s'agit que d'un principe, principe d'égalité entre tous, mais qui part d'une évidence: les uns ne peuvent pas travailler moins longtemps que les autres, rien ne le justifie.
 
Les cheminots ne semblent pas se rendre compte de ce que leur démarche entraîne: la SNCF a le monopole du rail, et les salariés ne peuvent toujours rentrer chez eux dans un délai raisonnable, ils prennent des jours de congés qui leur manqueront plus tard, ils sont parfois intérimaire, et sont payés à l'heure, ils y perdent donc de l'argent, ou encore ils sont chômeurs et paralysés dans leurs recherches à cause des grèves, des femmes seules aussi doivent faire garder leurs enfants sans toujours y réussir, et par delà toutes ces considérations, la grève coûtent très cher à tout le monde, pour la SNCF bien sûr, mais aussi les autres entreprises qui en pâtissent, et la note sera, tôt ou tard, présentée, à l'usager des trains également.
 
Les méthodes des cheminots et des bloqueurs d'université en général est de plus en plus contestée également. A la SNCF, certains grévistes feraient pression sur les non grévistes, les menaçant parfois physiquement, crevant à l'occasion les pneus de leurs voitures, dans les assemblées générales des universités, des groupements politiques feraient de l'entrisme au moment du vote, et les bloqueurs agissant de façon parfois arbitraire ont pu provoquer des réactions violentes des étudiants anti bloqueurs, et même, de véritable bagarres, avec intervention des CRS pour séparer les belligérants.
 
C'est toute une partie de la France qui se dresse tout doucement contre l'autre. L'un des grands sujets des présidentielles, le pouvoir d'achat, en est sûrement en partie responsable: une partie des Français veut travailler, et gagner plus d'argent, une partie des étudiants, qui pour la plupart ont été bloqués pendant les manifestations contre le CPE, veulent réussir leurs études et le faire sérieusement. Les grévistes de tout bord empêchent les autres de travailler, de profiter de leurs familles, de continuer à travailler à leurs études... et pendant ce temps-là, sur les écrans de télévision, un cheminot se plaint de finir sa carrière à 1800 euros net, sans considérer que derrière la caméra, des salariés dont le salaire n'éxcède pas les 1000 euros par mois vont le regarder, des grévistes affichent des attitudes jusqu'auboutiste, décider à cesser le travail "jusqu'à 55 ans s'il le faut", refusant tout changement.
 
Le secrétaire de la CFDT qui avait critiqué les méthodes de certains syndicalistes et leur intransigeance s'est quasiment fait "sortir" d'un défilé, se ruant dans une voiture pour leur échapper, sous la protection de son service d'ordre. Il s'était exprimé sur France2 pour fustiger une "forme de coproduction entre le gouvernement et la CGT en particulier pour organiser cette grève, pour montrer ses muscles. (...) On a d'un côté des syndicats qui ont fait croire aux cheminots qu'ils pourraient continuer à travailler 37 ans et demi alors qu'on sait pertinemment que les 40 ans pour tous les salariés dans notre pays sont inéluctables" a-t-il ajouté. "Cette grève, il faut maintenant la suspendre et négocier au plus vite", ce qui constitue, il faut bien l'admettre, l'attitude la plus raisonnable. La grève montre un triste visage de certains syndicats, dont quelques uns sont dépassés par leur base, qui ne souhaite pas de négociations, et les porte-paroles, qui ont été élus par ces mêmes base, ne peuvent que se laisser déborder, ou se trouver par la suite totalement discrédités. 
 
Toute cette agitation et cette intransigeance sont d'autant plus regrettable qu'aujourd'hui ce sont les fonctionnaires qui se sont jetés dans la rue, pour le pouvoir d'achat, parmi eux des enseignants dont le métier est difficile, mais aussi des infirmières, dont on connaît les difficultés. Or le pouvoir d'achat est un sujet qui touche chaque Français, bien au delà des régimes de retraite spéciaux, et qui ne devrait pas monter les Français les uns contre les autres. Mais la grève des cheminots occulte cette nouvelle manifestation. En attendant, si la grève continue encore longtemps, ce sera au détriment des salariés, qui pour la plupart n'en peuvent plus.
 
La vidéo de la manifestation anti grève



mardi 20 novembre 2007, a 11:13
La Marseillaise, sifflée pendant le match France-Maroc

La presse en a relativement peu parlé: la Marseillaise a été sifflée lors du match France-Maroc, autant dire Maroc-France, puisque le stade était presque entièrement constitué de supporters "marocains", bien qu'il se soit déroulé au stade de France, à Saint-Denis. C'est à peine si quelques journaux en relatant le déroulement du match l'évoquent.
 
Ce n'est pas sans rappeler le match France-Algérie, au cours duquel la Marseillaise avait aussi été sifflée, ce qui avait donné lieu à des amendes pour les supporters indélicats. La classe politique qui s'était tue avait même fini par intervenir, jusqu'à ce que Jacques Chirac, au cours d'un second match ne quitte le stade, la Marseillaise étant à nouveau sifflée, en se donnant l'air tout à fait outragé, mais d'une façon assez peu crédible.
 
Il n'y a guère que les blogs pour s'en offusquer aujourd'hui. Jean-Michel Larqué aurait déclaré:  "ce sont les mêmes qui quand on les prend en flagrant délit, disent qu'on leur manque de respect"..  Des joueurs marocains déplorent les sifflements tout en remarquant que seul le début de l'hymne a été sifflé, et l'un d'eux, Evra fait la réflexion suivante: "Je n'ai pas vu un seul maillot tricolore, en tout cas, s'il y en avait, je ne les ai pas vus."   Lorsque par la suite les joueurs français prennent la balle au pied, ils sont eux aussi copieusement sifflés. Pour le joueur Marouane Chamakh "Il y avait plein de Marocains dans le Stade, c'était très chaleureux. On avait hâte de faire un bon match pour ce public-là. On s'est senti un peu chez nous. Ça nous a fait chaud au cœur…"
 
Sur un blog , Yoann Defaix commente "Mon indignation aurait été la même si les sifflets avaient visé l'hymne du Maroc. Mais là, ce sont des Français d'origine marocaine, ou binationaux, qui houspillent leur pays, la France."  Ailleurs, "le Fou-losophe" s'indigne "En effet, l'hymne national français, s'il avait été joué au Maroc, n’aurait jamais été "souillé" de la sorte! Non, les Marocains respectent le peuple français comme les français respectent le peuple marocain! (...) Il n'est pas difficile d'analyser le problème: des français d'origine maghrébine en mal-être, qui, pour seul défouloir, sifflent ce qui représente le mieux notre nation (mais aussi la leur!)"
 
Mais finalement peu de réaction de la part des médias classique, si ce n'est le compte-rendu du match dans la presse: oui, la Marseillaise a été sifflée nous relatent-ils, mais il s'agit d'un bon nul à l'extérieur, comme dirait Jérome Rothen. Aucune réaction politique à  ce jour concernant les sifflements. Mais où se trouve Nicolas Sarkozy qui exaltait tant la nation? L'on peut croire que si l'hymne européen avait été sifflé, il se serait manifesté. Et Ségolène Royal, qui avait proposé que le jour du quatorze juillet, chaque famille mette son drapeau tricolore aux fenêtres n'a rien à dire non plus? Non... Les drapeaux ont été rangés, peut-être jusqu'aux prochaines élections, si c'est encore à la mode bien sûr, et si cela plaît aux électeurs, ce peuple qui se croit souverain, alors on enlèvera la poussière qui se sera accumulée dessus, et l'on reparlera de la pucelle d'Orléans, comme on sort les vieilleries du grenier.
 
Il est pourtant légitime d'aimer un drapeau et d'aimer un hymne, cela ne fait de personne un va-t-en guerre ou une brute sanguinaire, encore moins un ignoble "fasciste". L'hymne n'a pas la même signification dans un stade de foot ou lorsqu'il est chanté sur les champs Elysées à la libération, mais se respecte en tant que symbole. Il est un peu regrettable que notre société n'en ait plus conscience et que nos politiciens, si soucieux par ailleurs de les utiliser lorsqu'ils leur sont utile ne jugent pas bon de les faire respecter.



mardi 20 novembre 2007, a 00:32
Un monastère orthodoxe détruit illégalement en Turquie par des fonctionnaires

C'est le site Zenit.org qui nous l'apprend: le monde orthodoxe s'est ému de la destruction récente , le 13 novembre dernier par des fonctionnaires du gouvernement turc, d'un monastère orthodoxe vieux de plusieurs siècles, sur l'Ile des Princes. La destruction est illégale, et l'est d'autant plus qu'il s'agit d'un batiment historique. L'Ordre de Saint-André, dont le siège est à New-York s'est exprimé à travers un communiqué, soulignant que "le monastère du Saint-Sauveur avait survécu à de nombreux incendies et tremblements de terre au cours des siècles".
 
Le communiqué ajoute "Détruire un édifice sacré d’une telle importance historique et culturelle, est incivil et d’autant plus injuste que la ville d’Istanbul a été choisie comme capitale européenne en 2010". Une lettre a aussi été envoyée au chef du district des Iles des Princes, par le Patriarche oecuménique Bartholomée, dans laquelle le Patriarche exprime des "sentiments de déception et d’émoi". Le monastère qui était en phase de restructuration a été investi par les fonctionnaires qui ont jeté les tuiles, détruit les cadres, et sont allé jusqu'à menacer les habitants aux alentour. Si l'on en croit le communiqué de l'Ordre de Saint-André, ce ne szerait pas la première fois que le monastère serait visé: "Au nom de tous les peuples de foi qui attachent de la valeur à la liberté religieuse (...) nous exhortons le gouvernement turc à mettre immédiatement fin à la destruction de ce monastère historique et à l’incessante persécution contre les humbles gardiens et travailleurs qui vivent dans les propriétés du monastère ".
 
Le patrimoine turc est riche d'anciennes traditions chrétiennes et d'églises des premiers siècles. A Istambul se trouve par exemple l'église Saint-Sauveur-in-Chora , splendide église transformée en mosquée, puis en musée, et dont les fresques, conservées derrière les matériaux qui servaient à les cacher, comptent parmi les plus belles du monde byzantin. Il serait donc particulièrement regrettable que ne soit pas prise en compte les plaintes parfaitement justifiées de l'Ordre de Saint-André, considérant la richesse historique du patrimoine qui se trouve dans le pays. 

lundi 19 novembre 2007, a 21:36
Le procès d'un deuxième frère de Rachida Dati, Omar,

L'avocat s'étonne de voir la presse dans la salle pour un procès qu'il qualifie de "banal", en évoquant une "curiosité malsaine et d'une tentative de pression inadmissible sur les juges"  avant de raconter le parcours de l'accusé depuis sa mise en examen: "Il a fait des bêtises pendant une période de sa vie mais il est sorti d'une spirale infernale. Il s'est réinséré tout seul, il travaille, a construit une maison. C'est contre-productif de l'envoyer en prison". Pourtant malgré tout ce que pourra dire l'avocat, son client n'est pas comme les autres, puisqu'il est le frère du garde des sceaux.
 
Omar Dati, n'est pas présent dans la salle d'audience, et selon son avocat, un de ses enfants a des problèmes de santé grave, qui nécessitaient sa présence à Lyon, pour des séances de chimiothérapie, personne n'ayant pu le remplacer. "c'est un dossier de stupéfiants intolérable, car le grossiste et son adjoint Dati ont déjà eu affaire à la justice pour des faits de même nature" affirme le procureur, et en effet, "Dati" a reconnu lui-même avoir "dealé" pour 5 à 6000 euros de cannabis en l'espace de deux ans. En 2001, il avait été condamné à 4 mois avec sursis pour trafic d'héroïne, mais cette fois-ci il s'agit de cannabis, et plus précisément, il est poursuivi pour "acquisition, détention, transport, usage et offre ou cession", aux cotés de quatre autres personnes, dont son grossiste, Riadh Boukadida.
 
La presse avait révélé au moment du procès de Jamal Dati, autre frère du ministre de la justice a avoir été condamné pour des faits relativement similaire, qu'Omar Dati avait été placé en contrôle judiciaire au mois de juin 2005. Les faits ayant été commis en 2004-2005, ils sont antérieurs à la loi sur la récidive. Sorti d'une spirale infernale ou non, le frère de rachida Dati n'arrange pas les affaires du ministre, qui a déjà fort à faire avec sa carte judiciaire auprès des magistrats. Il ne faudrait pas que l'habitude s'installe de voir la famille du garde des sceaux sur le banc des accusés, cela reste du plus mauvais effet: le garde des sceaux est aussi un garant de moralité, d'une certaine façon.

samedi 17 novembre 2007, a 17:45
Carte judiciaire: "c'est aller à contresens de l'Histoire"...

 

La nouvelle réforme de la carte judiciaire organisée par le garde des sceaux prend forme, et se dessine un peu plus clairement à présent, mais elle est finalement moins ambitieuse que prévu. En effet, suivant le projet initial, il s'agissait d'aligner la carte des tribunaux de grande d'instance sur la carte des départements. S'il y eut beaucoup de protestations, il faut croire qu'elles ont été entendues par le ministre qui a revu à la baisse les prétentions de la réforme, ministre qui avait fait paraître un article dans les colonnes "débats" du Figaro, dans lequel il expliquait que la carte judiciaire avait besoin d'être rénovée, puisque datant de 1958, expliquant que les "Français veulent une justice plus proche, plus efficace, plus humaine et plus accessible", arguant du fait qu'en regroupant les tribunaux, ils seront plus efficace "en favorisant le recours aux nouvelles technologies". L'argument principal, est que la carte judiciaire date de 1958, et qu'en tant que telle, elle a fort besoin d'être rénovée. "La proximité géographique ne doit pas être confondue avec la proximité judiciaire" dit-elle. En conséquence, 176 des 473 tribunaux d'instance, c'est à dire les tribunaux qui traitent principalement de la mise sous tutelle, mais aussi des expulsions et du surendettement, seront supprimés ainsi que 23 des 181 tribunaux de grande instance du pays.
 
Maître Eolas détaille sur son blog ce que sont ces différents tribunaux, à la date du 25 juin, et donne un éclairage tout à fait essentiel sur cette réforme qui au moment où il l'écrit, n'est pas encore définitivement tracée, donnant un contre-argument  pour la date de 1958 dans un article plus récent: "le projet de départ était d'aligner la carte des tribunaux de grande instance sur la carte des départements qui date de 1790." Il précise notamment que la carte judiciaire "a été modifiée à de nombreuses reprises, notamment avec la créations des tribunaux de grande instance de Nanterre, Bobigny, Créteil au début des années 70, et de la cour d'appel de Versailles en 1975. Dire que cette carte date de 1958 est donc faux." Personne ne conteste au sein de la profession que la carte avait pourtant besoin d'être réformée, prend-il soin de préciser.
 
Sous l'article de Rachida Dati, un commentaire affirme que les Français ne veulent justement pas avoir affaire à la justice, et que pour les citoyens honnête ce n'est jamais le cas. Pourtant la question est plus importante qu'il n'y parait puisque les tribunaux supprimée concernent le quotidien, le droit de la famille, c'est à dire les divorces ou d'autres sujets, tels que le droit de visite des grand-parents (ce qui touche aussi les parents bien sûr) par exemple, mais aussi la mise sous tutelle à laquelle tôt ou tard, les justiciable pourront être confrontés, ou encore le surendettement qui explose dans notre pays, et le sujet préoccupant des expulsions de domicile.
 
Plus les tribunaux sont éloignés, plus les frais pour s'y rendre s'élèveront en conséquence,les tribunaux se trouvant rarement à proximité des gares. Pour une personne agée cela peut être problématique, c'est la raison pour laquelle le garde des sceaux l'évoque dans son article: "si une personne mise sous tutelle ne peut venir au tribunal, le juge et son greffier se déplaceront à l'hôpital ou dans la maison de retraite." On imagine pourtant mal les juges et les greffiers se rendre ainsi dans les maisons de retraite... Selon Arnaud Montebourg, 800 000 personnes  seraient à ce jour concernées par la mise sous tutelle. Le garde des sceaux ajoute: "le contentieux familial continuera à être traité dans les tribunaux d'instance renforcés, là où il n'y aura plus de tribunaux de grande instance", ces mêmes tribunaux d'instance qui ont pour nombre d'entre eux été supprimés...(!) On peut imaginer une femme (ou un homme) seule avec des enfants, contrainte de subvenir à leurs besoins parfois difficilement, prendre une journée de congés, faire garder ses enfants, pour se rendre au tribunal, loin de son domicile, tandis que l'aide juridictionnelle sera aussi réformée normalement sous peu (cela est détaillé ici )
 
La moitié des 271 conseils de prud'hommes devraient aussi être supprimée, selon Brigitte Bruneau, secrétaire général de l'Union syndicale autonome justice (USAJ) qui s'attend à une telle annonce pour la fin du mois, et pour le Syndicat de la magistrature, il ne s'agit dans le cadre de carte judiciaire que d'une logique de rentabilité, car les tribunaux sont supprimés en fonction de leur seuil d'activité. Et pourtant cela devrait coûter fort cher en terme d'aménagement, sans évoquer les employés qui devront être redéployés, d'un tribunal à l'autre.
 
Sur son blog, Maître Eolas, qui a pris soin de préciser dès le départ que les avocats sont "des professions libérales et nous devons nous adapter au fait du prince", ajoutant dans son billet plus récent:"Une réforme cohérente aurait voulu que l'on déplaçât des juridictions isolées vers des nouveaux pôles urbains, et qu'on en augmente plutôt le nombre. Or c'est tout le contraire. On concentre et centralise. C'est aller à contresens de l'histoire."
 
Le "fait du prince". Oui, le prince et la justice vont toujours de paire, ce n'est pas nouveau! Du jugement de Salomon au chêne de Saint-Louis, c'est bien la tradition qui nous le rapporte, le prince a à sa charge d'organiser la justice dans l'Etat, et il est jugé selon son bon sens. Une petite réflexion autour du billet de Mme Dati: Les tribunaux devront "traiter des contentieux de plus en plus complexes, compte tenu de l'application croissante des règles de droit international et européen." Eh bien soit! Mais n'y a-t-il pas trop de lois en France , pour tout et pour rien ? Ce serait peut-être une piste...? D'autant plus que les procès coûtent fort cher, au citoyen concerné aussi.
 
Le lecteur aura tout à gagner à consulter le blog de Maître Eolas. Lire surtout ceci.

samedi 17 novembre 2007, a 10:17
La chanson officielle de la grève

  Trouvée sur Bafweb.



jeudi 15 novembre 2007, a 21:57
Journée de grève!

(Ce très bon dessin est de Hub, et a paru sur come4news

 

Bien sûr, la grève, c 'est d'abord un véritable souci pour chacun, il faut rentrer à l'heure pour les enfants,  supporter les longues attentes dans les gares, ou encore l'épuisement après une journée passée à courir après des trains ou des bus bondés, dans lesquels on va s'entasser, se faire écraser par les autres voyageurs, et parfois supporter des odeurs un peu gênantes, particulièrement en fin de journée. C'est dans un premier temps les gens excédés, qui se disputent pour une place dans un wagon, et les personnes du quai qui apostrophent les passagers dans les trains, pour qu'ils se poussent dans les couloirs du train entre les deux rangées de sièges. C'est aussi les disputes entre passagers pour un oui ou un non, de ceux qui déclament que, comme tout le monde, ils veulent rentrer chez eux...

 
Mais parfois, c'est aussi les autres, ceux devant lesquels on passe chaque jour, dont on connaît le visage, mais auxquels on a jamais adressé la parole, c'est le voyageur qui se trouve au milieu du wagon, et qui ne pouvant se retenir à quoi que ce soit, se retient à vous, s'excusant et vous remerciant de l'avoir empêché de tomber. Ce sont les voyageurs qui s'entraident enfin, prenant soin du passager avec un enfant, pour qu'il ait de la place, et qui pour une fois, se parlent, allant jusqu'à plaisanter entre eux. De tous ces passagers que nous croisons presque quotidiennement dans le train, connaissant leurs habitudes de voyageur transilien, les retrouvant parfois le soir, sur le quai, à Paris, après une journée de travail.
 
A la gare du nord,dans le bus qu'une petite foule a quasiment pris d'assaut dès son départ, les passagers s'acclimatent les uns aux autres, en cherchant le bon appui pour être un peu plus à l'aise. Un panneau clignotant affiche "bienvenue dans le bus de la ligne 38, nous vous souhaitons un bon trajet". Un peu gênés d'abord par la promiscuité inévitable, chacun finit par se détendre, au point de s'amuser un peu de la situation. Une passagère demande un conseil à son voisin: quelle sera la meilleure solution pour atteindre la station de métro habituelle? Remonter le boulevard? prendre telle rue? Si le voisin semble ravi de la renseigner, il n'est pas le seul, d'autres passagers se joignent à lui pour aider la femme à trouver son chemin. Puis l'on découvre que pour la plupart, les passagers sont perdus: pas facile de s'orienter dans Paris, lorsqu'on connaît mieux le plan du métro que le plan de la ville! Tout le monde alors se donne donne de bons conseils...
 
Cela ne se passe pas toujours ainsi, et c'est regrettable. Inutile pourtant de s'énerver, inutile de se disputer pour trouver sa place, avec un peu de patience, on voyage parfois plus à l'aise. Un peu de courtoisie et d'entraide, font parfois du bien dans une journée épuisante et plus difficile qu'à l'accoutumée. Même si le lendemain, bien sûr, les passagers qui la veille ont pu sympathiser, reprendront la même attitude indifférente...
 
Sauf pour les plus belles rencontres...

jeudi 15 novembre 2007, a 13:39
Traité européen : Sarkozy coupable de haute trahison

  Cet article, écrit par Olivier Bonnet, a paru sur Come4news le 15 novembre, sur le lien suivant: http://www.come4news.com/traite-europeen-sarkozy-coupable-de-haute-trahison-1195128338.html

 

anne_marie_le_pourhiet"Le projet de «traité modificatif» (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre. On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de «mini-traité» ou de «traité simplifié» puisqu'il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu'en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire. Dans la mesure où ce texte se borne en réalité à recopier sous une autre forme les trois quarts des dispositions du traité établissant une constitution pour l'Europe, il eût certainement été plus simple de reprendre le texte initial en en rayant seulement les dispositions symboliques abandonnées. On comprend cependant que cette formule ait été écartée car elle aurait manifesté de façon trop criante que l'on se moquait ouvertement de la volonté des peuples français et néerlandais" : cette analyse n'est pas de n'importe quel gauchiste hirsute - ni souverainiste au crâne rasé - mais d'Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l'université de Rennes et auteur de droit constitutionnel, dans un texte titré Haute trahison.

Elle y ose la formule de "coup d'Etat", argumentée ainsi : "comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté lintégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions quil contenait au motif que celles-ci «nauraient pas fait lobjet de contestations» ? (...) On pouvait peut-être apercevoir que le «non» de gauche déplorait davantage la menace sur lEtat-providence et le «non» de droite la perte de lEtat régalien, mais il est certainement impossible et inconcevable de sonder le cerveau de chaque Français en prétendant y déceler des dispositions quil aurait rejetées et dautres quil aurait approuvées. La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature. (...) on ne peut quêtre bouleversé par le coup dEtat ainsi perpétré en France. Si le président a la conviction que les dispositions restant dans le traité modificatif ont fait lobjet dune approbation implicite des Français, encore faut-il quil sen assure en organisant un nouveau référendum tendant à obtenir leur accord explicite. Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup dEtat ? Le non_r_f_rendumtexte de la très populaire Constitution de 1793 ny allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : «Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à linstant mis à mort par les hommes libres». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française il convient de sy conformer et de se tourner plutôt vers larticle 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : «Quand le gouvernement viole les droits du peuple, linsurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs». La Déclaration des droits de lhomme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de lactuelle Constitution, range aussi la résistance à loppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de lhomme. Notre texte constitutionnel affirme encore que le principe de la République est «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple» et que son président est élu au suffrage universel direct pour veiller au respect de la Constitution, assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de lEtat et garantir lindépendance nationale. Le terme qui vient à lesprit pour désigner le mépris présidentiel de la volonté populaire est évidemment celui de haute trahison. Malheureusement, une révision des dispositions sur la responsabilité pénale du chef de lEtat, intervenue en février 2007, a substitué à lantique et belle formule de haute trahison, lexpression affadie et banale de «manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec lexercice de son mandat». Cela manque singulièrement dallure et de force mais lon sen contentera cependant en proposant aux parlementaires, au lieu de commettre eux-mêmes une forfaiture en autorisant la ratification dun traité rejeté par leurs mandants, de se constituer en Haute Cour pour sanctionner le coupable. Sans insurrection ni destitution, nous naurons alors plus quà pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots." Et en plus, il avoue !
sarko_telegraphLe futur Président l'avait annoncé clairement dès mars dernier : il n'organiserait pas de référendum justement par crainte que le vote ne soit négatif. Un cran dans le cynisme vient d'être franchi, comme le rapporte le quotidien britannique The Telegraph dans son édition d'hier. Sarkozy a en effet déclaré, lors d'une réunion à huis-clos de parlementaires européens à Strasbourg : "La France nétait quen avance sur les autres pays dans son vote pour le «non». La même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé. Il y a un clivage entre les peuples et les gouvernements. Un référendum aujourdhui mettrait lEurope en danger. Il ny aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni." S'il ne veut pas de référendum, ce n'est donc pas de peur que la réponse soit négative mais parce qu'il en possède la certitude : c'est bien en quoi celui qui incarne la souveraineté du peuple français, en violant délibérément sa décision, se rend effectivement coupable de haute trahison. A noter qu'aucun média français ne s'est fait l'écho de la scandaleuse déclaration présidentielle. Seuls en parlent sur le Web le Collectif du 29 mai, qui a mis en ligne une pétition, et Solidarité & Progrès, le parti du controversé Jacques Cheminade. Pour notre part, après un premier billet titré La démocratie confisquée, nous avons publié un Appel à la gauche parlementaire, non pas à réunir la Haute Cour de justice pour destituer le félon - nous n'osons en rêver - mais simplement pour refuser la modification constitutionnelle nécessaire à la ratification parlementaire, et ainsi à obliger Sarkozy à organiser un nouveau référendum. Faute de quoi, comme l'écrit Anne-Marie Le Pourhiet, ils commettraient eux-mêmes une forfaiture. Nous réaffirmons évidemment cette exigence.

mercredi 14 novembre 2007, a 20:12
Vers la fin du mythe de mai 68?

 

La vidéo que diffuse Rue 89 est particulièrement parlante sur les désaccords qui existent autour de la loi de réforme sur les universités. L'exaspération semble être à son comble entre les étudiants qui souhaitent aller en cours, et ceux qui souhaitent le blocage.
 
Ils sont alignés devant les portes de l'université, interdisant le passage, et face à eux, une rangée de CRS est acclamé par la foule des autres étudiants. "Allez les bleus" clament-ils pour encourager les CRS à charger les "bloqueurs",  et en chantant la Marseillaise, puis ils crient de joie lorsque les bloqueurs sont emmenés, brusquement par les CRS qui les chargent, afin de dégager l'entrée..
 
Aurait-on imaginé cela il y a quelques années? Traditionnellement les étudiants sont plutôt positionnés dans la lignée un peu romantique de mai 68, avec son cortège de manifestants chargeant les CRS,  et jetant des pavés en prétendant que la plage se trouvent en dessous.
 
En passant les portes pour aller en cours, les étudiants qui hurlaient à la liberté d'étudier, s'engagent en levant les bras en signe de victoire, devant les étudiants déboutés l'instant d'avant de l'entrée, et prennent des airs un peu provocateurs. Est-ce la fin du mythe de mai 68? Et si l'on en croit certains témoignages, les bloqueurs n'auraient pas eut des attitudes très démocratiques dans leurs façons d'envisager le blocage des universités.



mardi 13 novembre 2007, a 19:15
Grèves: au sujet des votes dans les AG

 

"L'université doit demeurer un lieu ouvert, où le débat et l'échange d'idées doivent pouvoir se faire librement" déclarait le président de l'université de Lyon II lors d'un communiqué alors que des étudiants occupaient lundi les locaux du campus de Bron, empêchant la tenue des cours, avant de voter la reconduction de la grève. De fait c'est une dizaine de sites qui sont bloqués par la grève dans les universi