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Le blog de Blaise
vendredi 31 octobre 2008, a 15:18
Les commentaires
 

Pour faciliter les conversations et pourquoi pas, les débats, les commentaires seront désormais automatiquement validés sur ce blog, pour les nouveaux articles.

Il va de soi que les commentaires injurieux ou racistes seront automatiquement effacés, en conformité avec la loi et selon ma propre volonté.

Merci à tous ceux qui viendront commenter et pourquoi pas débattre, ce qui manque particulièrement sur ce blog!

Merci à tous par avance

jeudi 30 octobre 2008, a 14:24
Le juge était-il marabouté?
 

Nicolas Sarkozy est-il superstitieux? Les hommes politiques le sont parait-il, n'hésitant pas à consulter les oracles, à voir les sorciers dans des pays étrangers, pour une élection ou pour une décision, passant de l'horoscope personnalisé à la séance de voyance, ou à des pratiques vaguement chamaniques. C'est du moins ce que certaines biographies et quelques journalistes trop bavards racontent. Les journalistes, ces mauvaises langues...

Cette fois-ci, c'est une société commerciale qui reprend le flambeau, en publiant des poupées Vaudou de Nicolas Sarkozy et peut-être dans un souci de parité, de Ségolène Royal, par la même occasion. Ainsi ne dira-t-on pas qu'elle est boudée parce qu'elle est femme.

Mais, cela se sait, Nicolas Sarkozy ne se laisse pas faire et avait aussitôt entamé un procès, dans lequel le juge ne lui donne pas raison. Le tribunal a en effet estimé que la "représentation non autorisée de l'image de Nicolas Sarkozy ne constitue ni une atteinte à la dignité humaine, ni une attaque personnelle. Elle s'inscrit dans les limites autorisées de la liberté d'expression et du droit à l'humour".

Sans être paranoïaque, imaginer lorsqu'on est superstitieux, ce qui n'est sans doute pas le cas de notre président, qu'à chaque réforme impopulaire, quelques milliers de personnes iront pratiquer des rites vaudou en plantant dans une poupée à son effigie des épines sur tout le corps, peut-être même en récitant des rites magiques, cela a tout de même de quoi faire froid dans le dos.

Et encore, le président a de la chance! Il n'est pas né celui qui ira clouer un poulet sur la porte de l'Elysée ou dessiner sur le pas de la porte un pentagramme, les abords sont bien trop surveillés pour ce faire. Mais tout de même, sait-on jamais... Qui n'a pas un jour frémi en pensant qu'un message internautique ayant fait plusieurs fois le tour de la terre sur la toile, n'allait pas lui porter malheur s'il interrompt la chaine? Passer à côté de la fortune, tout de même!

D'ailleurs, c'est un comble! Lui qui avait hypnotisé et comme envouté quelques millions de français, se trouve à présent la cible d'une bande de comploteurs maléfiques, qui poupée vaudou à la main, le narguent! A n'en pas douter, ils ont aussi envouté le juge, marabouté à distance avec on ne sait trop quel rite étrange. S'agit-il de clous de cercueil? A moins que le juge ne possède une poupée de Nicolas Sarkozy et une autre, plus artisanale, de Rachida Dati?

L'histoire ne le dit pas. Reste une solution pour le président : trouver un marabout pour lui faire une poupée à l'effigie du juge ou pour lancer envers celui-ci un rite pour se le mettre dans la poche, malgré les propos des juges sur le blog de Maïtre Eolas. Ce ne sera pas difficile à trouver, il suffit de faire les bouches de métro ou les petites annonces.

PS : inutile de faire une petite poupée à l'effigie d'un petit bébé lisant son journal sur la cuve des toilettes, j'ai près de moi un fer à cheval et je n'hésiterai pas à m'en servir.

mercredi 29 octobre 2008, a 16:41
L'obamania des électeurs sous influence
 

Ite missa est, croit-on lire de l'élection américaine, dans la plupart des journaux. Tout juste si quelques réserves se font entendre sur la victoire présumée de Barack Obama, tandis que les sondages, qui le donnaient largement gagnants, révèlent à présent un fléchissement de sa campagne, que le candidat tente de renverser par une couteuse publicité télévisuelle, couteuse et envahissante, puisqu'elle déplacera aussi un match de baseball, sport fort prisé outre atlantique sur les chaines de télévision.

Mais si le ralentissement est constaté aux Etats-Unis, en France, "l'obamania" ne connait, en revanche, pas de fléchissement. Un récent sondage proclame que 81% des français lui sont favorable et que seul 7% d'entre eux seraient prêts à voter pour Mc Cain.

Ce n'est certes pas sans rapport avec le fait qu'Obama soit "noir". N'être pas dans son camp reviendrait presque à être raciste en notre pays, dont les journaux n'ont eu de cesse de titrer à l'accession du premier noir à la maison blanche, gage d'espoir pour une partie du monde, tout comme lors de la dernière élection, le principal atout de Ségolène Royal était d'être femme et d'être la première en position d'emporter l'élection.

Les personnes sondées ne connaissent naturellement que bien peu de chose du programme et de la personnalité du candidat de ce pays lointain, c'est donc bien sur son aspect physique que celui-ci est jugé et le sondage ne dit pas autre chose : plus de 30 % d'entre eux mettent la couleur de peau en avant pour leur choix.

On ne saurait d'ailleurs blâmer ces réponses. Ce serait le premier "noir" à la Maison blanche, perspective historique selon les journaux (!). Les américains voteront-ils pour un noir, se demande-t-on, l'Amérique en a-t-elle finit avec ses vieux "démons" racistes? Autant de questions qui suggèrent que l'américain moyen (et par extension les "blancs") est un imbécile foncièrement raciste qui ne saurait se dédouaner qu'en votant pour un noir...

Et vous? Oseriez-vous voter contre un noir?

Le fameux effet Bradley, que toute la presse évoque, ne dit pas le contraire. De peur de paraitre raciste, des électeurs blancs répondent aux sondeurs qu'ils voteront pour le candidat métis, malgré leurs intentions. Quelle est cette contrainte psychologique, qui s'impose aux personnes blanches mais pas aux "noirs", qui de leur côté admettent à plus de 90% qu'ils voteront Obama, sans que cela pose un problème moral?

La proximité historique, liée à l'esclavage? Barack Obama n'est pas un descendant d'esclave...

Quelle est cette contrainte psychologique, qui fait qu'un blogueur noir, favorable à Mc Cain, subit des menaces de mort des autres noirs? Quelle est cette folie "raciale" qui prend nos journalistes, de tant préter attention à la couleur de peau du candidat démocrate?

Les électeurs sont-ils donc si légers pour prendre en compte, avant tout le reste, la couleur de peau d'un candidat, plutôt que son programme?

C'est bien ce qu'il semble et cela laisse mal augurer de l'état de la démocratie en général, toute empreinte de démagogie et de faux semblants, servie par une presse pleine de bons sentiments et qui au cours de la campagne est restée acquise aux démocrates et plus particulièrement à Obama...

samedi 25 octobre 2008, a 14:53
Milan Kundera réclame des excuses dûment formulées
 

Milan Kundera, qui avait été mis en cause par un hebdomadaire Tchèque, dans la dénonciation d'un déserteur à la police communiste, en 1950, dénonciation qui avait envoyé le déserteur en camp de travail forcé pour 14 ans, réclame comme il se doit des excuses au journal, menaçant dans le cas contraire d'entamer un procès.

Jiří Srstka, qui représente ses intérêts à Prague, a tout simplement fait savoir que "Milan Kundera a soumis au propriétaire de l'hebdomadaire Respekt une demande d'excuse dûment formulée et dans le cas où le journal n'y donnerait pas suite, il réclamera ses droits par la voie juridique, c'est naturel "

Selon les actualités du site "Radio Prague", le rédacteur en chef du magasine "Respekt", fera publier une réponse dès la semaine prochaine, sans qu'il soit précisé si la réponse sera sous la forme d'une excuse ou du maintien des accusations de délation à l'encontre de l'écrivain.

Rappelons que c'est un rapport de police qui désigne Milan Kundera comme le délateur, et dont voici le détail : "aujourd'hui vers 16 heures, un étudiant, Milan Kundera, né le 1er avril 1929 à Brno, résidant à Prague VII, Cité universitaire, rue Roi George VI, s'est présenté dans ce département et a rapporté qu'une étudiante, Iva Militka, (...) avait rencontré (...) un certain Miroslav Dvoracek qu'elle connaissait".

 "Après consultation de la liste des personnes recherchées, il a été constaté que ce dernier était sous mandat d'arrestation (...). Sur la base de cette information, les organes cités ci-dessus sont restés dans la cité universitaire pour surveiller la chambre de ladite Militka. Vers 20 heures, Dvoracek s'est effectivement rendu dans cette chambre et a été arrêté".

Milan Kundera avait, aussitôt après la publication, clamé son innocence : "Je suis complètement pris au dépourvu par quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout, dont je ne savais rien hier encore et qui ne s'est pas produit. C'est un coup bas, je n'ai jamais vu, jamais rencontré cette personne. C'est tout ce dont je me souviens."

A la même agence de presse tchèque, il avait ajouté "C'est l'assassinat d'un écrivain, avec toutes les conséquences que cela a", estimant qu'il s'agissait d'un coup monté à l'approche de la Foire du livre de Francfort.

Le document de police semble être authentique, mais cela ne signifie pas pour autant que Milan Kundera soit bien le délateur, car il s'est déjà produit que ces fiches soient inexactes et mettent en cause, à tort, des personnes innocentes. Elle n'a toutefois pas servi à embarrasser l'écrivain à l'époque du régime communiste, ce qui semble exclure l'hypothèse du document fabriqué pour lui nuire, alors qu'en 1950 il n'était qu'étudiant.

S'est-on présenté sous une fausse identité? Miroslav Dlask aurait déclaré à son épouse, Iva Militká (c'est dans son logement d'étudiant que Dvoracek a été arrêté), avoir lui-même dénoncé Miroslav Dvoracek, ce que confirme l'historien de la littérature Zdeněk Pešat. Mais cela n'exclue pas la possibilité de plusieurs délateurs et n'innocente pas Milan Kundera. Sa déposition a-t-elle été faite sous l'identité de Milan Kundera? Est-ce seulement possible? Miroslav Dlask étant décédé, ce point ne pourra pas être précisé.

La fiche de police n'indique naturellement pas si le délateur était conscient d'envoyer sa victime dans les camps de travail où Dvoracek sera détenu, notamment dans une mine d'uranium. Actuellement en Suède, il est âgé de 80 ans et diminué suite à une crise cardiaque. Selon, son épouse, "Il sait qu'il a été dénoncé, alors maintenant, savoir qui l'a fait, cela ne fait aucune différence pour lui". Il avait toujours cru que c'était Iva Militká qui en était responsable.

C'est naturellement en Tchéquie, touchée de cette partie récente de son Histoire, que le débat est le plus enflammé. L'intervention de Václav Havel est certainement la plus sage : "Même si Kundera avait vraiment signalé à la police - ce que je ne crois pas - qu'un espion se cachait, il convient de replacer cela dans le contexte de l'époque. Un individu n'avait pas besoin d'être un communiste fanatique et passionné pour œuvrer pour un monde meilleur en toute bonne foi. Il lui suffisait de redouter qu'on tende un piège, à lui ou à l'un de ses proches. Chers jeunes historiens, soyez prudents dans votre appréciation de l'histoire. Vous vous exposez sinon, malgré votre bonne volonté, à plus de dommages que de profits, à l'instar de vos prédécesseurs (communistes). Milan, restez au-dessus de tout ça ! Comme vous le savez sûrement, il arrive à l'homme dans sa vie des choses plus graves que des diffamations dans un journal."

Le délateur, quel qu'il soit, était un jeune étudiant, tombé dans une époque et sous un régime où la pensée individuelle était noyée sous une propagande intense. C'est à ce titre que pour les européens occidentaux, toute cette affaire est intéressante. Le témoignage de Václav Havel est concordant avec ce qu'écrivait Georges Orwell dans son livre "Hommage à la Catalogne". Rappelons aussi que c'est le communisme qui lui inspirera son livre désormais fameux, "1984".

On ne peut dénier aux Tchèques le désir de revenir sur le passé récent pour y chercher la vérité, de cette vérité qui rend libre. C'est Milan Kundera qui en fait les frais ici, peut-être à tort et dans une époque qui ne sait plus assez ce que fut ce régime, dans lequel personne n'était vraiment libre. Même si, cinquante ans plus tard, il n'était pas forcément nécessaire de revenir sur le cas de Dvoracek, pour lequel cela ne semble plus avoir une grande importance.

lundi 20 octobre 2008, a 17:04
Soeur Emmanuelle, Dieu, et... le sens de l'humour
 

Elle aurait eu 100 ans le 16 novembre prochain. Soeur Emmanuelle, née Madeleine Cinquin en Belgique, est décédée dans la nuit de dimanche à lundi, ce 20 octobre. Au-delà de sa prise d'habit, soeur Emmanuelle était très aimée et très charismatique. Elle laisse une association qu'elle avait créé et qui s'est répandu dans plusieurs pays au monde.
 
Née à Bruxelles, elle avait perdu son père à l'âge de 6 ans, noyé sous ses yeux sur la côté d'Ostende. Elle prendra l'habit à l'âge de 23 ans, malgré l'opposition de sa mère.
 
Soeur Emmanuelle, diplômée de sciences philosophiques et religieuses, avait enseigné les lettres en Tunisie, en Turquie ainsi qu'à Alexandrie, en Egypte, pays auquel elle s'attachera. Dès l'âge de la retraite, à 63 ans,  c'est au Caire, dans dans le bidonville d'Ezbet el-Nakhl qu'elle s'installera, consacrant toute son énergie à aider les chiffoniers et leurs enfants. Elle dira de cette expérience qu'elle y a beaucoup appris de la foi des ces gens pauvres.
 
Elle viendra plus particullièrement en aide aux enfants, dans le domaine de la santé et de l'éducation.
 
En 1993, à 85 ans, c'est sur ordre de sa hiérarchie qu'elle prend sa retraite en France. Elle eut préféré mourir dans le bidonville du Caire auprès des chiffoniers, mais s'installera malgré tout dans un couvent, dans le Var, en soeur obéissante.
 
Soeur emmanuelle a été une des personnalités préférées des français. Sans doute est-ce lié à son charisme bien particulier et à la gentillesse qu'elle mettait tyoujours dans sa façon de répondre aux entretiens avec des journalistes.
 
Devant Bernard Pivot qui lui demandait si ses consoeurs n'étaient pas un peu jalouses qu'elle leur soit plus proche du paradis, elle avait rétorqué que ce n'était pas du tout sûr. Bernard Pivot avait alors avancé qu'elle y était sans doute plus que lui-même, sinon disait-il, le "Bon dieu a le sens de  l'humour!". Et c'est avec un rien de malice que soeur Emmuelle lui avait répondu qu'il ne croyait pas si bien dire.
 
A la question de savoir si elle avait déjà douté, elle répondait par l'affirmative : oui, un jour qu'un enfant avait reçu une balle perdue. Mais comment Dieu peut-il permettre une chose pareille s'était-elle dit, s'adressant directement à Dieu, en le tutoyant... Et puis elle avait simplement prié la Vierge-Marie.
 
Soeur Emmanuelle ne s'affichait que pour son association, partant dès que sa présence n'était plus utile, mais elle restait toujours aimable et pétillante. Elle avait le sens de la répartie et parlait de la foi en toute simplicité. Dans une tribune du figaro, elle écrivait, au sujet du Christ à l'occasion de Paques : "aimer, aimer de cet amour merveilleux, gratuit, sur le modèle du sien, où nous cherchons tout simplement à procurer à l'autre un rayon de joie, pour la partager avec lui et non pour rester exclusivement penché sur notre nombril." Elle dira un jour à l'abbé Pierre qu'il s'habillait bien trop en noir et que les apôtres étaient sans doute vêtus avec bien plus de couleur...
 
Ces opinions ne rencontraient pas toujours celles du Vatican. Ainsi elle se disait, selon le journal le Figaro, pour le mariage des prêtres, soulignait les bienfaits de la pilule. elle disait aussi avoir préféré "l'absolu" à l'amour qu'elle portait à un homme. Cela ne l'a d'ailleurs pas empéché de se flatter d'être religieuse, avec un sourire dans les yeux, disant que cela la débarrassait des "messieurs"...
 
Le porte-parole du Vatican a déclaré, à l'annonce de sa mort "Son témoignage a montré comment la charité chrétienne réussit à aller au-delà des différences de nationalité, de race, de confession religieuse", ajoutant "Son engagement efficace dépassait les frontières, comme Mère Teresa de Calcutta".
 
Est-elle au paradis, selon l'opinion de Bernard Pivot? Au moins aura-t-elle servi les autres, les plus pauvres, mais aussi les tout petits, fidèle en cela à la parole du Christ.
 
Ce n'est d'ailleurs pas fini, grâce à son association, auprès de laquelle tout un chacun peut faire un geste (son association).
 
D'autres vidéos ici



dimanche 19 octobre 2008, a 22:48
Histoire de se détendre un peu
 

Une petite vidéo sur Gad el Maleh, tellement juste et tellement drôle.

Pour une crise... de rire!



samedi 18 octobre 2008, a 15:50
Le romancier Milan Kundera, un "informateur"?
 

Le texte (version traduite) du magasine "Respekt" ne pouvait que retentir dans toute la presse tchèque, mais aussi française. Adam Hradilek, son auteur, travaille à l'Institut pour l'étude des régimes totalitaires. Selon lui, fiche de police à la main, l'écrivain français d'origine Tchèque, Milan Kundera, aurait, en 1950, dénoncé un espion à la solde de l'ouest, du nom de Miroslav Dvoracek. Reconnu coupable de haute trahison, celui-ci échappera à la peine de mort de justesse et sera soumis pendant 14 ans aux travaux forcés mais aussi à la privation de ses droits civiques pour dix ans. Il se verra également confisqué de tous ses biens.

La fiche de police exhumée par l'auteur existe bel et bien et correspond à Milan Kundera pour le nom, la date et le lieu de naissance mais son authenticité devra toutefois être confirmée, d'autant que des voix s'élèvent pour défendre l'écrivain. Elle a été diffusé en ligne sur un site internet.

Le texte du magasine Respekt est à charge. Il décrit d'abord le rapport de l'auteur du roman "La plaisanterie" avec son pays natal, dans lequel Milan Kundera ne se rend que très rarement, toujours incognito. il ne fait pas même traduire ses romans, écrits désormais en français, en tchèque. Lorsqu'il prend une chambre d'hôtel, se serait toujours sous un nom d'emprunt. Il a également défendu à tous ces amis de répondre à la presse et protège jalousement sa vie privée, ne donnant pas même d'entretien aux journalistes depuis des dizaines d'années. Pour Adam Hradilek, cette attitude cache quelque chose. Il s'empresse d'ailleurs d'expliquer pourquoi, en relatant l'histoire de Miroslav Dvoracek.

Miroslav Dvoracek était passé à l'ouest après les purges, effectuées par le régime, dans l'armée. L' école de pilote de l'air dont il faisait partie avait été dissoute. Transféré dans un régiment d'infanterie, il y prendra la décision de s'enfuir en Allemagne. Il ne reviendra qu'en tant qu'espion, avec de faux papiers. Passant par la fôret de Bohème il entre clandestinement en Tchéquie, camouflé dans un vêtement blanc pour être confondu avec la blancheur de la neige. Il passe la nuit dans une ferme, où passent habituellement les espions de l'ouest. Mais sa destination est Prague, où il devra entrer en contact avec un certain Vaclavik. C'est là qu'il rencontre une amie d'enfance, Iva Militka, qui le logera.

Cette amie et Milan Kundera ont un ami commun, Dlask, qui selon Adam Hradilek, aurait pu demander à Milan Kundera de le dénoncer à la police par jalousie, à moins que Milan Kundera ne se soit trouvé en indélicatesse avec le parti et n'ai trouvé là une manière de se racheter, suite à une correspondance avec un ami interceptée, laquelle contenait une critique du partie. Milan Kundera ne connaissait pas directement Miroslav Dvoracek, mais à cette époque, il était un communiste convaincu. Ne jugeons pas trop vite cette conviction : l'ambiance s'y prétait. Il avait pris la carte du parti communiste Tchèque et écrivait des poèmes à la gloire du socialisme, mais la piste d'un acte gratuit est plus ou moins exclu par l'auteur du texte. Il deviendra ensuite un "réformateur" et sera alors déconsidéré par le parti, qui l'expulsera. Il étudiait à ce moment-là à la Faculté de cinéma FAMU.

Miroslav Dvoracek cherchera sans succès Vaclavik et trouvera, à son retour chez son amie, deux policiers qui l'emmèneront pour l'interroger. Ce sera le début de son calvaire en détention, dans des conditions très dures ensuite.

Il faut lire le récit du magasine Respekt. Il est très instructif sur cette sombre époque. Les lettres étaient interceptées et tout passait par le parti. L'on pouvait se dénoncer joyeusement, parfois entre proches. Miroslav Dvoracek vit aujourd'hui en Suède et a toujours cru qu'Iva Militka l'avait trahi.

Mais il serait trop simple de s'arrêter là. Milan Kundera tout d'abord se défend de cette accusation, en déclarant à une agence de presse Tchèque "Je suis complètement pris au dépourvu par quelque chose à laquelle je ne m'attendais pas du tout, dont je ne savais rien hier encore et qui ne s'est pas produit. C'est un coup bas, je n'ai jamais vu, jamais rencontré cette personne. C'est tout ce dont je me souviens. "

L'authenticité du document de police pose déjà question. L'Académie de Littérature tchèque demande des preuves "tangibles" selon une dépèche AFP et l'écrivain tchèque Josef Skvorecky, dont la femme avait aussi été soupçonnée d'être une informatrice, déclare que "La police communiste et la police secrète sont des organisations toute-puissantes, incontrôlées et incontrôlables. Celui qui se fie à leurs archives comme aux Saintes Ecritures est un idiot".

Des historiens prennent aussi la parole. Pour l'un d'eux le document est très standard et devra être recoupé s'il est authentique avec le procès verbal de la déposition, qui doit se trouver quelque part, tandis qu'un autre rappelle que le romancier avait des responsabilités au sein d'une résidence étudiante, responsabilités qui l'obligeaient à informer la police de toute présence suspecte dans l'établissement.

Enfin pour un autre historien, Dlask aurait admis avoir dénoncé Miroslav Dvoracek, mais cela ne convainc pas plus de l'innocence de Milan Kundera, qui aurait pu, lui aussi, dénoncer à son tour l'espion de l'ouest. Dlask avait épousé par la suite Iva Militka.

Dans le roman "La plaisanterie", un personnage est arrêté pour avoir conclue une lettre par une plaisanterie : "L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie ! Vive Trotski !". Une plaisanterie innocente, sauf pour le parti. En sera-t-il de même pour cette fiche de renseignement? Est-ce une manière de plaisanterie? On ne saurait dire encore si Milan Kundera a bien dénoncé Miroslav Dvoracek. Retenons également que l'affaire a plus de cinquante ans.

Mais si le tout est bien embrouillé, l'histoire est digne d'un roman.

Milan Kundera est né en 1929 à brno et est un écrivain et romancier connu et reconnu. Il est aussi l'auteur de "L'insoutenable légèreté de l'être", qui fut porté au cinéma.Il s'est installé à Paris en 1978.



jeudi 16 octobre 2008, a 18:06
La ville de Saint-Denis est-elle en territoire étranger?
 

Le stade de France est-il un stade en territoire étranger? C'est en tous cas ce que la déclaration du secrétaire d'Etat, Bernard La Porte, laisse supposer, en proposant de "délocaliser ces matches qui sentent un peu la poudre", pour ajouter qu' "il faut les jouer chez eux ou alors en province". Le ministre a rectifié ensuite, ne voulant pas "stigmatiser" une partie de la population.
 
Mais il est trop tard... Le secrétaire d'Etat a ouvert le boite de Pandore. Si tant de précautions ont été prises pour le match amical, si les organisateurs ont fait preuve de tant de démagogie, c'est que l'emplacement même du stade de France faisait craindre les sifflements qui ont eu court, mardi soir dernier.
 
Ce n'est pas la première fois que Bernard La Porte met les pieds dans le plat. Il n'est pas politicien, et n'a pas l'habitude de pratiquer la langue de bois. Il avait déjà légèrement offusqué Rachida Dati en déclarant n'être pas le père de l'enfant qu'elle porte, sur le ton de la plaisanterie.
 
Mais ce n'est pas tant la banlieue elle-même qui est à critiquer dans ce cas de figure.
 
 L'on a eu l'occasion, à travers l'aventure de Luc Besson à Montfermeil, de découvrir que les productions de film, pour tourner en banlieue, prennent des gardiens de sécurité du coin, pour s'assurer que la population sera calme... cela ne marche pas toujours, en témoigne l'incendie des dix voitures prévues pour le film.
 
Selon un article du figaro, les sifflements étaient prévus depuis quelques semaines. Il s'agissait de ne pas faire moins bien que les supporters "marocains" ou "algériens". L'on aura beau dire que les "siffleurs" sont tous français, le problème reste le même : ils ne se reconnaissent pas en tant que français, mais plutôt d'une nation idéalisée comme la leur et dans laquelle ils n'iraient pas vivre de leur plein gré.
 
Comment le pourraient-ils d'ailleurs? Résidents du 9-3, dont Brice Hortefeux déclarait devant des étudiants africains "(qu') un tiers de la population est de nationalité étrangère (...) Un autre tiers est composé de Français d'origine étrangère et le troisième tiers de Français “de souche”, même s'il faut utiliser cette expression avec précaution", avant d'ajouter pour finir "C'est évident que cette situation pose des problèmes.", il leur est difficile de se reconnaitre comme part entière de la société.
 
Ce n'est peut-être pas tant la concentration de personnes d'origine étrangère qui pose question. Les gouvernements de droite comme de gauche n'ont pas réellement mesuré la problématique, en laissant les banlieues se devenir des "zones de non droit", dans lesquelles les petits traffics de cité ont cours, mais où les services de police ou encore les pompiers ne se rendent plus sans renforts, pour raison de sécurité.
 
D'autant qu'à ce problème s'en rajoutent d'autres, qui en découlent, d'ordre social : difficile de trouver du travail avec une adresse un peu trop marqué, difficile de réussir un parcours scolaire dans un univers qui ne s'y prète pas.
 
Faut-il punir les huées envers la Marseillaise? Assurément! L'Etat doit se faire respecter, dans les cités comme ailleurs, s'il ne le fait pas sur ses symboles, autant laisser tomber pour la suite. Partir en province jouer les matchs de foot, ne fera que contourner une situation, l'aggravera peut-être.
 
L'intervention de Bernard La Porte peut faire polémique, elle n'en pose pas moins les bonnes questions...

mercredi 15 octobre 2008, a 17:02
Tiens, on a sifflé la Marseillaise...
 

C'est à un spectacle qui tend à devenir habituel qu'ont assisté mardi soir les téléspectateurs et spectateurs du match amical France-Tunisie, qui se déroulait au stade de France. Comme ce fut déjà le cas à plusieurs reprises, l'hymne français a été sifflé, copieusement, alors que le match se jouait à domicile.
 
Le comportemant honteux des supporters a été souligné, dans divers papiers fort bien rédigés. Quelques-uns en attribue la cause à une mauvaise intégration des "communautés" maghrébines de France, ce qui n'est pas dénué de bon sens.
 
Il ne sera pourtant pas fortuit de remarquer que c'est là un fait nouveau : jusqu'à très récemment, la presse dans son ensemble ne s'offusquait pas des sifflements pendant l'hymne, et c'est tout juste si un petit paragraphe en faisait mention.
 
Non seulement elle ne le remarquait pas, mais aujourd'hui elle ne le fait que partiellement. Tout un chacun se souvient que l'hymne a été sifflé face au Maroc et face à l'Algérie, mais on ne dit pas en revanche qu'il l'a été aussi face à l'Espagne, à l'Italie et même à Israël, sans que cela ne soulève une protestation bien vive...
 
Mardi soir, lorsque les les deux équipes sont arrivées sur la pelouse du stade de France, non pas séparément, mais mélées, comme une seule équipe le serait, avant que les chanteuses sélectionnées pour ne pas déplaire au public n'entonnent les hymnes, il y avait, face à cette mise en scène pathétique, de bonnes raisons de siffler la Marseillaise...
 
La première chanteuse, Amina, vétue d'un tailleur et d'un châle, coquettement jeté sur ses épaules, s'est lancée face à un public enthousiaste chantant l'hymne tunisien. Bien que de nationalité tunisienne, Amina avait représenté la France à l'eurovision et vit dans notre pays. Son parcours n'est pas inintéressant, c'est une chanteuse confirmée, doublée d'une actrice de cinéma.
 
Puis ce fut le tour de Laam, en basket, capuche et casquette sur la tête, avec une veste entrouverte laissant apparaitre un maillot à son nom, tout écrit de rose. La présence de Laam avait été souhaitée par les organisateurs. Si la chanteuse n'est pas mauvaise, son style n'était peut-être pas le plus requis. Ne surtout pas déplaire à nos invités. Ce n'est pas Roberto Alagna, c'est sûr, mais c'est bien plus dans l'air du temps. En effet, Laam est née en tunisie... .
 
Tartuffe n'aurait pas mieux fait.
 
Malgré toute cette mise en scène,  dans laquelle il est facile de deviner que les organisateurs s'étaient déjà mis à genoux, les sifflements se sont copieusement faits entendre, non pas d'un ou deux spectateurs, mais du stade entier.
 
Pour être respecté, il faut déjà se respecter soi-même.
 
On a ainsi traité les hypocrites.
 
Mais une question reste et elle n'est pas posée. Comment se fait-il que notre drapeau, notre hymne, c'est à dire tout ce qui nous représente, soient aussi maltraités? Pourquoi notre pays qui fut tant aimé, y compris dans ses anciennes colonies, non pas par les agités qui sévissent sur les forums et parfois dans les rues, mais par les habitants se souvenant de cette époque, est-il tant décrié aujourd'hui?
 
Pourquoi un pays qui a représenté les droits de l'Homme, les Lumières, le bon goût, que les touristes viennent visiter pour son passé et son art, a-t-il aussi mauvaise presse?
 
On remarquera le communiqué du PS : "En effet, même si la France a eu pendant des années une politique coloniale en Tunisie, même si les Français d'origine tunisienne, et plus largement les Maghrébins ou les Français d'origine maghrébine (...), sont trop souvent victimes de discrimination et de harcèlement policier (...) il n'en demeure pas moins que la République, en dépit de ses promesses non tenues, n'est pas à humilier en sifflant son hymne". Avec des amis pareils, l'on a plus besoin d'ennemis.
 
On remarquera aussi l'empressement des politiciens français, leur chef en tête, a condamner un acte que quelques années plus tôt ils n'auraient pas même relevé.



mardi 14 octobre 2008, a 20:33
Quand Luc Besson se "frotte" à la banlieue
 

Luc Besson ne devrait pas tourner de scène pour son dernier film "From Paris With Love" à Montfermeil, comme initialement prévu. Le réalisateur du grand bleu et du cinquième élément aurait décidé d'annuler le tournage suite à l'incendie de dix voitures, prévues pour les cascades du film, avec John Travolta. C'est en tous cas ce que la mairie de Montfermeil affirme tandis que la société du réalisateur, europacorp, annonce reprendre le tournage dans quelques jours.

Ces incendies de véhicules interviennent après des désaccords sur les rémunérations des figurants et des gardiens de sécurité, tous habitants de la cité, ainsi que la mairie et Luc besson en avait convenu.

En tout, ce sont 90 habitants qui étaient concernés par ces petits boulots et rôles de figurants. Mais lorsque le budget du film fut connu, 38 milions d'euros, "certains jeunes" se sont révoltés, réclamant, plutôt que les 120 euros par jour proposés, la somme de 200 euros à la journée.

en plus du geste de la production du film, des "jeunes" étaient allés jusqu'à demander un "geste" supplémentaire, rien de moins qu'une salle de concert ou un centre culturel, ajoutant que "la seule sécurité qu'il y aura ici sera celle des habitants du quartier". Selon les manifestants déclamaient que les promesses de Luc besson n'avaient pas été tenues, concernant la rémunération.

Le geste réclamé n'était donc pas anodin, ici, cela s'apparenterait quasiment à une tentative d'intimidation. Il faudrait donc payer pour se trouver en sécurité, un peu à la façon des pratiques de la mafia dans certaines contrées. L'on imagine la scène... Est-ce une demande de charité, ou du racket?

Mais le plus déroutant est sans doute la réaction de la mairie UMP de la ville. Le figaro en rapporte les propos : "C'est une décision abrupte" déclare-t-elle, avant d'ajouter "Les voitures brûlées, c'est la Seine-Saint-Denis. On vit avec ça. Si on vient, on sait qu'il y a des risques, on assume, ce n'est pas le Club Med", avant d'ajouter "Je suis triste pour tous les habitants qui portaient leur part à cette production et dont j'espère, Luc Besson, avait mesuré l'engouement".

Luc Besson n'est pas gentil... C'est peut-être ce qu'il faut en conclure du discoutrs de la mairie. Les gentils habitants de la gentille commune de Monfertmeil sont déroutés. Des voiture ont brulé et ce n'est évidemment pas de la faute de la majorité des habitants, mais la situation est devenue intenable...

Il est un peu étonnant que Luc Besson ne se soit pas rendu compte que la situation pouvait dégénérer. Réalisateur engagé et reconnu dans son rôle pour les banlieues, il n'a sans doute pas bien mesuré les risques et les frictions qui pourraient se produire dans cette ville où les tensions lors de l'émeute en 2005 avaient été "palpable".

les figurants n'en seront pas moins rémunérés, c'est Luc Besson qui en a convenu. rémunéré sur une base de 200 euros par jour de tournage, si le lecteur a fait son calcul, cela représente sur 21 jours travaillés la somme de 4200 euros.

Les auteurs des incendies seraient des jeunes recalés, ou l'acte ferait suite à une tentative de racket, à moins que l'équipe de tournage ait été refusée par des habitants. Les résidents du 9-3 seront certainement ravis d'apprendre que les voitures qui brûlent font partie du paysage et que l'on peut en faisant pression sur des sociétés privées augmenter quasiment du double son salaire.

Amis lecteurs, si votre patron vous refuse une augmentation, vous savez désormais quoi faire...

Sources :

http://www.lepoint.fr/actualites-societe/apres-un-incendie-de-voitures-luc-besson-annule-un-tournage-a/920/0/282381

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2008/10/14/01016-20081014ARTFIG00534-des-voitures-brulees-privent-montfermeil-de-travolta-et-de-besson-.php



mardi 14 octobre 2008, a 12:48
Mort de Guillaume Depardieu
 

Guillaume Depardieu est mort dans la nuit de dimanche à lundi, à 2h00 du matin, "des suites d'une pneumonie", selon une dépêche de l'agence AFP. Il aurait attrappé un virus, lequel aurait provoqué une pneumonie foudroyante.
 
Fils de Gérard Depardieu, ce qui sans doute facilité sa carrière, tout en étant difficile à porter pour sa carrière propre, il a tourné dans une vingtaine de film, dont on trouvera sur allociné  toutes les références et toutes les bandes annonces disponibles.
 
Les déclarations autour du personnage sont, comme il se doit, élogieuses. Chacun y va de son petit compliment sur l'acteur décédé, comédien prodigieux pour les uns et les autres.
 
Personnellement je ne sais pas s'il est devenu un grand acteur dans ses nouveaux films. Cela fait bien longtemps que j'ai cessé de m'intéresser au cinéma français moderne, un cinéma dégoulinant de bonne moralité et sirupeux de bons sentiments.
 
C'est donc par hasard que j'ai vu le film dans lequel il a eu son premier grand rôle : "Tous les matins du monde". Le titre n'engageait pas. L'on pense aussitôt à une de ces interminables histoires d'amour, toujours un peu cérébrales et toujours pleines de bons sentiments...
 
Mais il n'en est rien. Le film relate la vie de Marin Marais, et plus particulièrement, selon "Allociné", "L'histoire de M. de Sainte Colombe, homme farouche et sombre, grand maitre de la viole de gambe et professeur de Marin Marais, prestigieux musicien de Louis XIV."
 
Guillaume Depardieu incarne Marin Marais jeune, et son père, Marin Marais plus vieux. Jean-Pierre Marielle y est également formidable. Si le film peut paraitre un peu long, il mérite le détour, notamment pour les mélomanes.
 
A voir pour les lecteurs qui ne l'auraient pas encore fait.



lundi 13 octobre 2008, a 23:23
Fanny Truchelut, condamnée en appel pour discrimination religieuse
 

Yvette Truchelut, dite Fanny, ancienne propriétaire d'un gîte à Julienrupt, dans les Vosges, vient d'être condamnée pour discrimination religieuse, après avoir fait appel, à verser 2000 euros de dommage et intérêt à Horia Demiati et à trois autres membres de sa famille, ainsi qu'à une peine de deux mois de prison avec sursis, ce qui a provoqué sur certains sites une réaction outragée.
 
Rappelons les faits : Horia Demiatti réserve une chambre de gîte chez Mme Truchelut par internet. Il n'est pas farfelu de supposer qu'elle a donné son nom, nom à consonnance maghrébine, ce qui ne semble pas avoir posé de problème.

Mais lorsqu'elle se rend au gite, Mme Truchelut soumet à condition l'accès au partie commune de son gîte à cette famille musulmane (Horia Damiati et sa mère ainsi que cinq autres personnes), demandant aux deux femmes voilées de s'y rendre tête nue, ce que nie l'accusation en la personne d'Horia Damiati, la plaignante, qui déclare que l'accès lui a tout simplement été refusé dans l'ensemble du bâtiment, malgré une réservation à l'avance.
Elle récupère ses arrhes.

Rapidement Horia Damiati entame des démarches judiciaires.
 
Du côté de Mme Truchelut, se fut d'abord l'avocat de Philippe de Villiers qui prit sa défense, à titre gracieux, avant qu'un autre avocat ne le remplace. Sa présence donnait un tournant politique à l'affaire, tournant qui ne servait pas forcément la cause de Fanny Truchelut.

De l'autre côté Horia Damiati a tout simplement été épaulé par les avocats des associations anti-racistes classiques, le MRAP, la ligue des droits de l'Homme et la LICRA...
 
Pour la justice, il s'agissait de déterminer s'il y avait eu ou non refus de service pour discrimination, et la peine pouvait s'aggraver pour racisme. Mme Truchelut avait précisé sa pensée concernant le voile, qu'elle voyait comme un signe d'oppression des femmes, précisant avoir été elle-même battue dans son enfance.
En outre, elle avait insisté sur le caractère laïque de ses parties communes.
 
"C'est le fruit d'un long cheminement spirituel" avait déclaré Horia Damiatti, sans en dire plus, si ce n'est : "Le voile, je le mets où je veux".Les avocats de l'accusation n'ont eu de cesse de taxer de racisme Yvette Truchelut, qui en fut fort affectée.
On la soupçonna même d'être juive pendant l'audience, pour expliquer ce refus du voile et sous-entendre une certaine haine anti-islam, non pas une haine raisonnée, mais une manière de haine "communautariste" et héréditaire, peut-être exacerbée par les conflits du proche-orient, peut-on supposer.
 
Mme Truchelut se déclare pourtant athée et se veut tout simplement "laïque". Sa famille serait originairement catholique. Dans l'affaire elle a dû se séparer de son gÏte, pour couvrir le procès d'une part et d'autre part parce qu'elle était tout à fait affectée de cette mauvaise aventure.
 Aujourd'hui elle se retrouve endettée, d'autant qu'il faudra verser à Horia Damiati ainsi qu'aux membres de sa famille ayant participé  au procès, la somme de 2000 euros, toute personne comprise. Ce n'est qu'au dernier moment que la mère de la plaignante a décidé de se joindre à sa fille.

Les mauvaises langues diront que cela agrandissait le gâteau d'une part supplémentaire...
 
L'avocat général, a tout simplement déclaré ne pas vouloir faire de "martyres" d'un côté ou de l'autre en ne réclamant pas d'amende, ce qui démontre bien qu'au-delà de l'affaire, des parties se reconnaissaient, pro-voile et anti-voile, favorables ou défavorables à un islam "public", laïcs ou islamophiles, mais aussi d'autres idéologies plus radicales.
 
Mme Truchelut est une femme d'une cinquantaine d'année, elle est entière et semble être animée par des principes qui pourraient être qualifiés de "tranchés". Il ne semble pas avoir été considéré, au cours du procès, qu'elle tâchait peut-être aussi de préserver une convivialité propre à son établissement et conforme à ses convictions laïques.

Conviction contre conviction, celles de Mme Truchelut ne valaient pas bien lourd face à celle d'une "minorité visible" soutenue par la loi, par les subventions de l'Etat, par des associations dont le seul but est de chercher la discrimination, le racisme ou encore le sexisme, subventionnées pour combattre ces fameuses discriminations, discriminations qui justifient leur existence et leurs revenus...

La situation est peut-être plus tragique encore que cela veut bien être dit. A trop jouer l'islam contre le christianisme, à trop vouloir mettre en avant un racisme réel, mais parfois aussi fictif, à trop vouloir classifier les personnes selon leurs origines, à vouloir nier toute racine culturelle au pays, nous nous trouvons dans une situation où les "communautés", selon l'usage nouveau qui est fait de ce mot, se séparent et s'affrontent pour revendiquer leur propre vision des choses, dans des espaces qui se veulent communs.

Les différentes lois qui ont été votées contre les "discriminations", mot nouveau également et porteur de toute une idéologie, idéologie qui s'applique plus particulièrement sur les territoires occidentaux, n'arrangent pas non plus les choses.
Si l'intention est bonne, la pratique crée des différences juridiques entre les personnes.
Ici c'est Fanny Truchelut qui en est victime, traitée comme un voyou, un vulgaire délinquant, une moins que rien, taxée de racisme, pour ses convictions affichées.
Il n'a pas été établi que Mme Truchelut soit raciste...

Le lecteur qui s'attardera à visiter le site "Riposte laïque" comprendra combien la situation de Fanny Truchelut a été compliquée, combien elle semble avoir été prise au piège.
Sans aller jusqu'à la défendre, l'on pourra noter que le voile est décrié par des personnalités musulmanes ou anciennement musulmanes (ainsi de Souad Sbaï, en Italie) et qu'il n'est pas donné pour absolument nécessaire dans la pratique de cette foi.



mercredi 08 octobre 2008, a 15:28
A populisme, populisme et demi...
 

Le nom de Stellio Capochichi n'est pas particulièrement connu. En revanche, le personnage commence à l'être tristement sous le nom de Kemi Seba, lequel a été condamné par le tribunal à six mois de prison dont quatre avec sursis, pour avoir reconstitué son organisation, la "tribu Ka" , rebaptisée sous le nom de "Génération Kemi Seba", selon une dépèche AFP du 7 octobre. La peine est assortie d'une privation pour un an des droits civiques, civils et familiaux. Il ne s'agit que d'une deuxième condamnation après des propos antisémites sur son site internet, qui lui avaient déjà valu un mois de prison ferme et deux ans d'inéligibilité.

Pour sa défense (si l'on peut dire), Kemi Seba avait argué de ce que, "contrairement à la Tribu Ka, Génération Kemi Seba admettait les "non-Noirs". Autrement dit les "leucodermes", ainsi que le personnage appelle les "blancs", là où bien souvent d'autres africains les appellent les toubabs. Etaient-ils admis? Sans doute, mais l'on ne dit pas s'ils étaient nombreux.

D'où vient le mot toubab, me direz-vous? Il se dit, parfois, que c'est ainsi que les blancs étaient appelés et qu'il s'agit d'un mot désignant les maîtres des esclaves... Il n'en est pourtant rien. Le mot "toubab" vient du Sénégal et plus particulièrement d'un mot arabe, "tabib", dont il est le pluriel, ce qui a donné tubabu au Mali et tubaab au Sénégal.

Il désigne les docteurs et comme les docteurs en Afrique étaient souvent européens, et plus particulièrement français, le mot a fini par désigner les personnes de couleur blanche, les fameux "leucodermes" donc, dont le mot trouve son origine dans le grec ancien. C'est également depuis le Maroc, que le mot "toubib" est arrivé en France, à travers les militaires et toujours pour la même origine.

Le pseudonyme de Kemi Séba est tout aussi connoté. En "égyptien ancien" (mais les traductions de ce type sont contestées) cela voudrait dire , tout simplement, "l'étoile noire". Il fallait oser se faire appeler "l'étoile noire"! Pourtant il n'y a pas de hasard dans ce choix. En effet, les "noirs" les plus extrémistes sont convaincus que l'Egypte ancienne était une civilisation "noire" et que les blancs auraient délibérément menti sur la couleur de peau de ces êtres antiques, à partir de l'antiquité, même si le discours ne tient pas face à la plus petite analyse  d'un historien sérieux... Les Egyptiens ne sont pas des blancs européens immaculés, il y eut même quelques pharaons noirs, mais ceux-ci ne sont pas, ainsi que cela est prétendu, une population noire de peau et de culture, et qui serait purement africaine, loin s'en faut...

Cela n'empêche nullement des noirs extrémistes d'aller prétendre que les grecs antiques ont tout volé aux populations africaines à travers l'Egypte... dans ce scénario, les blancs rejoignent les colonialistes honnis, ces misérables impérialistes, voleurs de richesse et de terre comme à l'ère moderne (ce qui est un raisonnement un peu rapide, depuis que l'on sait qu'en réalité l'Afrique a bien plus couté qu'elle n'a rapporté. On se réfèrera à Jacques Marseille sur ce sujet, pour son très sérieux livre, "Empire colonial et capitalisme français"). De là à comprendre que les "leucodermes" sont mauvais de père en fils, c'est à dire racialement, il n'y a qu'un pas...

 Les noirs, dans ce scénario, géniaux mais opprimés, perdent leur culture et les blancs les avilissent, leur volant leur richesse, intellectuelle et culturelle, sans lesquelles ils ne seraient rien. Si les bases scientifiques sont minces, le désir de supériorité raciale est tel, que ces extrémistes se prennent au jeu. Est-ce le cas de Kémi séba?

Kémi Séba ne semble pas supporter les juifs non plus, car ceux ci seraient, selon les théories de la tribu Ka, à l'origine de la première (excuse de) l'exploitation des noirs à travers le récit du déluge, dans lequel l'ancêtre putatif des noirs, Cham, est censé, suite à une erreur de jugement envers son père Noé, servir ses frères par la suite, ainsi que sa descendance. Selon le récit, Cham est l'ancêtre des habitant du sud , c'est à dire des "noirs". Ce qui, d'une certaine façon, rend les juifs responsable de l'asservissement des africains. L'on oublie ici (volontairement?) que c'est bien plus tard que les hommes réinterprèteront ce verset ancien de la Bible...

Il suffit de voir une fois les interventions de Kémi Séba pour se rendre compte de son "populisme". Le "colonialisme", "l'impérialisme", autant de mots marquants mais qui perdent tout leur sens dans ses discours, dans lesquels ils forment autant de clichés pour ses thèses, en dirigeant à présent le mouvement des damnés de l'impérialisme.

Mais la bêtise est toujours bien commode pour séduire l'homme (enfin pas tous heureusement!) de la rue, celui qui est trop pressé, ou trop dans l'embarras pour vraiment prendre le temps de réfléchir. Et puis il est si commode de se dire opprimé pour excuser ses propres insuffisances...

Quoi qu'il en soit, le plus surprenant dans ce personnage, c'est bien sa contradiction. Noir, dans un pays où les blancs sont non seulement nombreux, mais aussi plus que majoritaires dans la culture et dans la population, ayant déclamé sa haine des "leucodermes" par le passé, il reste en France, dans ce pays colonialiste, raciste et impérialiste selon lui. Pourquoi ne pas partir, aller en Afrique? Pourquoi ne pas prendre le large, dans un pays où les blancs ne sont pas?

Mystère...



samedi 04 octobre 2008, a 00:05
Vers une loi française anti-burqa?
 

Au lendemain du refus d'accorder la nationalité française à une femme marocaine portant la burqa, refus motivé en raison de la pratique radicale  de sa religion et qui avait réunit l'approbation de tous les camps politiques confondus, Jacques Myard avait réclamé l'intervention du législateur pour prohiber son port. C'est donc en toute logique, que le 23 septembre 2008, le député a présenté une proposition de loi pour interdire cette pratique, la motivant pour des raisons laïques et d'égalité entre les sexes, notamment.

"Le port du voile intégral, explique-t-il, constitue la forme la plus extrême des dérives communautaristes, et porte directement atteinte au vouloir vivre ensemble dans une société diversifiée et démocratique, fondée sur l'égalité des sexes."

Rappelons d'abord ce qu'est une burqa. Il s'agit d'un vêtement ample qui recouvre entièrement celle qui le porte, des pieds à la tête, ne laissant qu'une légère fente au niveau des yeux, parfois avec de petites grilles les cachant eux aussi, là où le voile plus "classique" ne couvre que les cheveux et le cou. C'est ce que le député met en avant : "Si le port du foulard islamique constitue un signe distinctif montrant l'appartenance à une religion, la forme la plus extrême de cette pratique consiste à couvrir entièrement le corps de la femme en masquant totalement son visage, de façon à la rendre méconnaissable en public." La burqa est plus particulièrement portée en Afghanistan, notamment.

Et Jacques Myard va plus loin dans la motivation de sa demande, il explique : "Cette pratique va bien au-delà d'un signe distinctif et prosélyte, il s'agit de la négation même de la personne dans la sphère publique. La femme devient un objet nié voire méprisé dans sa personnalité. N'ayant plus de visage, la société ne peut la reconnaître comme personne, mais uniquement comme objet anonyme d'un groupe communautaire. Elle se trouve dans l'impossibilité d'établir le moindre contact humain en dehors de sa famille. Ce type de voile ou de vêtement (...) crée une barrière infranchissable entre la personne qui le porte et la société dans son ensemble. Cette déshumanisation de la femme constitue une violation grave de la dignité humaine. Elle est inacceptable."

Cette proposition de loi veut s'inscrire en droite ligne de l'interdiction du port du voile dans les établissements scolaires également et c'est par là que le député commence sa présentation, tout en rappelant l'attachement des français aux principe de la laïcité. Mais l'objectif en est clair : il s'agit d'interdire sous peine d'amende le port du voile lorsqu'il s'apparente à la burqa, c'est à dire lorsqu'il couvre tout le corps de la femme, au point de la rendre méconnaissable dans les rues.

"L'article premier pose comme principe l'interdiction de cacher totalement son visage sous couvert d'un prétexte religieux ou culturel. L'article 2 définit cette pratique aussi bien que l'incitation à cette pratique comme un délit, passible dès lors d'une amende et d'une peine de prison. Enfin l'article 3 permet à l'autorité administrative d'expulser tout étranger qui se rendrait coupable de ce délit."

Le rapport au voile semble avoir évolué avec le temps. Il n'était pas rare autrefois de s'entendre dire qu'il n'a rien à voir avec l'islam, mais qu'il est juste affaire de coutume régionale. Puis le temps passant, le discours s'est radicalisé, l'expliquant ensuite comme un rempart contre les agressions masculines, là où les textes le recommandent pour éviter d'éveiller la concupiscence. Dans la pratique, il est difficile de savoir si le voile revêt un caractère obligatoire puisqu'il est possible, dit-on en islam, d'être bonne musulmane en allant tête nue. Tout au moins, le CFCM ne s'est jamais prononcé clairement sur le sujet.

La Hollande, autre pays du fromage, mais aussi d'une certaine "permissivité", avec un modèle de société original et permissif en Europe, avait aussi envisagé une loi semblable, avant de se limiter à interdire ce type de voile dans les écoles uniquement. La très tolérante Hollande aurait en effet vu ses citoyens musulmans se radicaliser avec le temps, et le meurtre de Théo Van Gogh n'a certainement pas arrangé la situation. Rappelons-nous qu'il s'agit aussi du pays de Geert Wilders et de Ayaan Hirsi Ali...

Cette proposition n'a pas fait grand bruit et pourtant elle touche à des principes essentiels, comme la liberté de conscience et de culte. Elle aurait, pour le moins, le mérite de clarifier certaines positions si elle était mise en application. Ainsi nous refusons sur le territoire l'excision, laquelle est parfois encouragée dans la pratique de l'islam, à travers un hadith (« Enlève une partie (du clitoris) sans faire souffrir, car cela embellit le visage et comble le mari » [12]. Rapporté par Al-Hakim, At-Tabarani et d'autres), généralement contesté. La burqa elle-même n'est généralement pas de mise au Maghreb mais semble être tolérée en Europe.

Faut-il tolérer toutes les pratiques dès lors qu'elles se parent de la raison religieuse, même lorsqu'elles sont contraire à nos propres convictions humanistes?

Il faut s'étonner de certaines réactions sur la toile internautique. Jacques Myard n'a pas forcément bonne presse auprès de tous les courants d'opinion. Il est le député qui s'est opposé au pacs, mettant en avant son aspect de mariage civil entre homosexuel. Il a souhaité que soit rétablie la peine de mort envers les auteurs d'actes terroristes, ce qui en fait, pour les esprits simples, un partisan de la peine de mort tout court. Il est aussi l'un des deux députés ayant voté contre la loi autorisant la "modification de la Constitution en vue de la ratification du Traité de Lisbonne".

Mais comme souvent en notre pays, héritier de la Révolution et par conséquent de la Terreur, il est difficile d'évoquer sereinement un sujet de société, en mettant de côté les divergences politiques. Ainsi dans les deux seuls "posts" (voir et aussi)  consacrés à cette proposition de loi, l'on s'insurge, tout en faisant mine de venir à l'aide des "pauvres" musulmanes, qui seraient contraintes d'ôter leur voile, manifestant ainsi une certaine incompréhension de la proposition de loi. En effet, il ne s'agit pas de légiférer contre le "voile" en lui-même, mais contre celui qui constitue un enfermement pour la femme qui le porte et l'isole totalement du monde, la rendant méconnaissable, anonyme, lui enlevant de cette façon toute identité et partant, toute relation saine avec le reste de la population.

Merci à D.D.



jeudi 02 octobre 2008, a 10:19
La crise sera-t-elle salutaire?
 

Tout un chacun n'a que ce mot à la bouche : la "crise" par ici, la "crise" par là... Avec toutes les questions que ces cinq petites lettres appellent : Faut-il retirer ses économies de sa banque se demande-t-on, va-t-on connaître une crise sévère, comparable à l'Argentine ou à la crise de 1929, de triste mémoire? Va-t-on perdre nos emplois, nous prolétariser, chacun tour à tour? Comment sera demain? Et il faut bien l'avouer, le sujet est inévitable, personne ne semble pouvoir y échapper.
 
Toutes ces questions ne trouvent pas de réponse précise pour le moment, mais une chose est sûre : la crise est pour l'instant bien commode à certains. Elle fait fonctionner les journaux, qui trouvent là matière à se relever de leur crise personnelle, au risque de l'alimenter, elle permet de licencier sans avoir à donner de trop longues explications et sert même l'Etat, que l'on croyait au bord du gouffre, lui qui se révélait incapable de renflouer les caisses de sécurité sociale, mais qui trouve des ressources pour renflouer celles d'une banque en déficit...
 
Dans un avenir proche, son évocation sera sans doute encore plus commode, notamment lorsqu'il faudra expliquer aux contribuables que les impôts augmentent, en proportion, bien sûr, des sommes distribuées pour les banques, qu'il fallait bien aider... sans leur demander leur avis, contrairement à ce qui s'est passé aux Etats-Unis à travers des élus et sans doute aussi avec un petit coup de pouce pour l'Etat français, mais sans trop le dire... Exit, le pouvoir d'achat!
 
D'ailleurs, même sans crise, le contribuable moyen devra déjà sortir de l'argent de sa poche, l'Etat ayant déjà imaginé, pour le trou abyssal de la sécurité sociale, de demander aux mutuelles de santé de mettre la main à la poche, ce qui sera, n'en doutons pas, une façon de le taxer à nouveau, par mutuelle interposée, au delà des différentes taxes, imaginées chacun de ces derniers mois à son intention.
 
Aussi l'aide de l'Etat est-elle demandée par plusieurs acteurs publics, notamment dans le secteur de l'immobilier, le but étant de ne pas laisser se produire une chute brutale du marché, dommageable aux propriétaires. C'est aussi l'occasion d'apprendre, pour ceux qui en douteraient, que ce marché est surévalué et que nous aurons, un peu à la façon des "subprimes", une autre crise dans la crise  , pour les propriétaires français, à l'occasion des prêt-relaie, tout en sachant que l'aide de l'Etat, c'est tout simplement la main dans la poche des contribuables, à nouveau.
 
Si la crise effraye, à plus ou moins juste titre, la situation initiale n'est pas "rose" pour autant. Déjà, récemment, des sondages nous apprenaient que le pouvoir d'achat stagne, voire qu'il baisse, à travers des chiffres que n'importe qui contesterait, en comparant un caddie mal abondant et sa facture, plus élevée que les mois précédents et bien au-delà du pourcentage présenté. Déjà un sondage nous annonçait que 39 % des français renoncent à se soigner aussitôt que nécessaire, reportant des soins lorsqu'ils ne les annulent pas, notamment auprès des spécialistes, concernant par exemple les soins dentaires, qui ne sont qu'un exemple.
 
Dans de trop nombreux cas, c'est la spéculation, accompagnée de la possibilité de contracter des crédits bancaires qui permet des prix élevées. L'essence, la nourriture, tout passe par des spéculateurs et c'est bien cette spéculation, sur les crédits aux particuliers, sur la nourriture, sur les prix immobiliers, etc, qui ont provoqué cette crise, en plus du déséquilibre mondial entre les salaires et les monnaies, s'ajoutant au libre échange, lequel a permis à l'Union européenne d'abolir les frontières douanières plus que partout ailleurs. Le sujet est sensible et ne saurait être trop développé par les pouvoirs publics.

 Il faut sauver ce qui reste de cette économie, la valeur de la monnaie est, dit-on, à ce prix. Aussi le contribuable a-t-il tout intérêt à s'y investir. Peut-être est-ce vrai, peut-être sommes nous au bord de l'effondrement et peut-être soutiendrons-nous à bout de bras une économie mise à mal par les spéculateurs, mais cela ne saurait résoudre les vrais problèmes qui nous sont posés. En effet, les premières propositions (réinjecter) consistent à répondre aux effets mais pas aux causes premières.

Si l'immobilier est soutenu par l'Etat, donc le contribuable, alors le marché de l'immobilier restera artificiellement surévalué comme il l'est aujourd'hui et à la merci des spéculateurs et des stratégies bancaires. Si nous sauvons les banques, avec l'argent public, alors aucune raison ne justifiera un changement de comportement de leur part. Peut-être, dans ce cas de figure, raisonnons-nous faussement, comme il en est de notre sécurité sociale, que nous voulons sauver de toutes nos forces, sans nous rendre compte de ses défauts structurels et inhérents à elle-même. Elle coule, mais nous ne faisons que réinjecter de l'argent, sans nous demander la raison de son naufrage, par idéologie, nous rendant à peine compte de ce qu'elle nous coûte, et de son manque d'efficacité de plus en plus marqué à travers les nombreux plans inefficaces de ces dernières années.

Mais la question reste posée : et si en sauvant un système capitaliste efficace, mais dans sa version dévoyée et servie par des intermédiaires boiteux et presque crapuleux, nous ne faisions qu'alimenter cette crise, pour une longue échéance? Si nous nous soviétisions? Devons nous sauver les banques? Est-ce nécessaire? N'est-il pas sain que les canards boiteux de notre système payent les conséquences de leur attitude? Et si plutôt qu'une crise, rude, mais courte, nous servions les intérêt d'une crise longue, mais plus rude encore, en intervenant parce qu'étant mal dirigés?

Peut-être alors nous souviendrons-nous de Winston churchill, qui au lendemain des accords de Munich déclarait "Vous vouliez la paix, vous vouliez sauver l'honneur: vous aurez la guerre et le déshonneur!". Plus tard le même homme déclarait, "je vous promets du sang, de la sueur et des larmes"... Peut-être devrions nous nous en inspirer, songer à consommer mieux, différemment, en nous re-concentrant sur les hommes et sur leurs besoins, tout en tenant compte, au-delà de la valeur de l'argent, de celui de la valeur de la vie humaine et de son travail.

 

Une vidéo de crise, pour rester dans l'ambiance



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