Elle est si bien intégrée au paysage du premier arrondissement de
Paris, qu'elle reste relativement méconnue des parisiens, mais aussi
des passants occasionnels. La colonne de Médicis, qui a résisté au
temps et à la destruction d'une façon quasi miraculeuse, faisait
originellement partie de l'hôtel de la Reine, construit à la demande de
la reine Catherine de Médicis.
Les raisons de sa construction ne sont pas bien déterminées. Un
monogramme inscrit sur la colonne, présentant un H et un C entrelacés,
laisse penser qu'il s'agit d'une colonne commémorative, mais des
biographes s'accordent pour dire qu'elle servait plus particulièrement
à la reine et à son astrologue pour observer le ciel, ce qui attire
encore aujourd'hui des curieux de la mémoire de Cosimo Ruggieri,
l'astrologue de la reine.
La colonne est creuse, haute de 31
mètres et large de 3 mètres. A l'intérieur un escalier de 147 marches
permet de monter en haut de l'édifice qui n'est guère ouvert aux
visiteurs. A son sommet, une plateforme de quatre mètres sur quatre
mètres indique à chacun de ses côtés un point cardinal. La
colonne communiquait directement à l'hôtel de la reine par une porte.
La reine aurait interrompu la construction du palais des tuileries
avant de s'y installer, suite à la prédiction de son astrologue, lequel
lui aurait annoncé qu'elle mourrait près de Saint-Germain, ce qui lui
fit, selon certains biographes, éviter comme la peste toute résidence à
proximité des sites portant ce nom.
L'époque de Catherine de Médicis est en effet largement traversée
de superstition. Côme Ruggieri sera, plus tard dans sa vie, poursuivi
pour sorcellerie, suite à un complot, et une figurine de cire de sa
composition sera trouvée, figurine à l'effigie du roi Charles IX, ce
qui le compromettra d'autant plus que la santé du roi est faible au
moment de l'affaire. Il conservera cette mauvaise habitude de planter
des aiguilles dans des figurines de cire par la suite, ce qui lui
vaudra de nouveaux problèmes. C'est aussi l'époque du bien connu
Nostradamus, que la reine aurait rencontré et qui lui aurait prédit, à
l'aide d'une étrange roue, la durée des règnes de ses fils.
La reine ne se trouvait pas à Saint Germain le jour de sa mort : elle
était à Blois. Mais l'Histoire est parfois ironique, si la prédiction
n'est pas une légende poétique de ses biographes. Lorsque Catherine de
Médicis demanda son nom à son confesseur, appelé pour lui donner
l'extrême onction, elle s'entendit répondre : Julien de Saint-Germain.
Le
quartier des halles change à plusieurs reprises d'aspects, mais la
colonne reste. C'est monsieur de Bachaumont, chroniqueur du XVIII ème
siècle, qui l'achètera en 1748, la sauvant de la démolition qui lui
était promise. Il l'offrira par la suite à la ville de Paris. Elle est
aujourd'hui adossée à la bourse de commerce, au jardin des Halles et en
sortant des transports en commun, les voyageurs passent devant, sans
forcément y prêter attention.
Un cadran solaire avait été installé sur la colonne en 1764, à la
demande du prévôt des marchands, mais celui-ci a depuis tout à fait
disparu. Sa réhabilitation serait demandée, à l'occasion de la
rénovation du jardin des Halles, par le Chef du Dpt
astronomie-astrophysique du Palais de la découverte, également
Président de la Commission des cadrans solaires et Chercheur associé au
Syrte, Observatoire de Paris. Le cadran solaire était tout à fait
remarquable et ce projet serait bien venu.
La tour attirait déjà à son époque la curiosité. Elle n'est plus
aujourd'hui qu'un vestige insolite et finalement peu connu, mis à part
des visiteurs avertis. Elle est aussi, pour les amoureux de Paris, un
témoin de son Histoire, témoin encore debout. Peut-être un jour un
romancier ou un scénariste aura-t-il le bon goût de la sortir de son
quasi anonymat, pour en faire l'objet d'un film d'aventure exaltant,
avec tout le mystère qui l'entoure. Le Louvres n'a-t-il pas déjà son
fantôme?
Voir ce site pour les photos de la colonne et pour les informations qui s'y trouvent.
Eric Zemmour, est-il raciste? La polémique enfle doucement, mais sûrement, autour d'un propos que le journaliste a tenu lors d'une émission télévisuelle, autour du mot "race". Eric Zemmour a en effet affirmé l'existence des races, en se disant, au cours d'une conversation, de race blanche et disant son interlocutrice, Rokhaya Diallo, présidente du collectif Les Indivisibles, de race noire, dans l'émission « Paris / Berlin : le débat » diffusée sur Arte, et dont le titre était " Demain, tous métis?".
Il n'en fallait pas moins pour que l'association SOS racisme ne s'indigne, se scandalisant de ce discours par un bref communiqué diffusé sur son site, indignation partagée par le site acrimed, mais aussi par d'autres blogues, reprenant la même nouvelle avec une offuscation intacte, et parmi lesquels on compte l'intervention de Patrick Lozès, président du CRAN, qui milite pour que des "noirs" soient socialement mis en avant, suivi en cela par d'autres d'intervenants sur le site Le Post...
Parti sur le mot honni de "race", Eric Zemmour aurait ensuite tempéré, en utilisant le terme radouci de "type", le premier terme ne passant décidément pas, mais cette acrobatie syntaxique n'a pas suffit à apaiser l'ire des censeurs du politiquement correct : les races n'existent pas, c'est ainsi, nous apprennent tous ces intervenants, en discuter reviendrait automatiquement à rallier "les heures les plus sombres de notre Histoire", c'est du moins ce qui se lit en filigrane derrière toutes les interventions relatant le propos...
Mais ce serait trop peu que de s'arrêter en chemin, dans une aussi saine colère, comme dirait notre néo-Jeanne d'Arc, que de simplement dénoncer ainsi ce "malotru de la sémantique". Il faudrait, nous dit-on, que Zemmour, dont l'esprit est si tordu, cesse d'intervenir ainsi sur nos chaînes de télévision, que nous payons chaque année si grassement avec nos impôts (s'il n'y avait que ça...) pendant une si grave crise économique, causée par des capitaliste sans scrupule et avides d'argent... Virons-le... D'autant que c'est un fieffé réactionnaire!
Faut-il s'étonner que les associations n'aient pas déjà lancé, autour du journaliste, leurs d'avocats habituels et habitués au sujet en cours? Peut-être, ou peut-être pas. En ouvrant le dictionnaire de l'Académie, qui fait autorité en langue française, sur le mot tant décrié, l'on constate que sa définition n'a rien de franchement péjoratif : "Lignée, ensemble des ascendants et des descendants d'une même famille." Or on ne saurait nier que les "descendants" d'une même famille possèdent une ressemblance avec leurs "ascendants", ce qui est d'autant plus criant si leur pigmentation possède une particularité quelconque.
Si plus loin le dictionnaire s'attarde sur le sens qui est parfois donné à ce mot : "se dit aussi d'un Groupe d'individus qui se distingue d'autres groupes par un ensemble de caractères biologiques et psychologiques dont on attribue la constance, non pas à l'action du milieu, mais à une lointaine hérédité.", il n'affirme pas non plus que la "race" prédomine de façon scientifique aux qualités d'un individu, il énonce simplement un usage du mot et l'esprit dans lequel il peut être utilisé, ce qui fut d'ailleurs fait par le passé pour qualifier des familles, sans rapport avec leur couleur de peau.
Le mot "métissage" en revanche est défini de façon très brève : "Croisement de races". Le dictionnaire de l'académie donne pour exemple l'espèce ovine, mais le mot s'attache aussi à l'espèce humaine puisqu'il est couramment utilisé aujourd'hui. Il perdrait donc tout son sens dans la négation d'une quelconque définition du terme initial de "race". Pour le mot "racisme", la définition est elle aussi claire et courte : " idéologiebaséesurunesupérioritésupposéedecertainesraces,toujoursprônéeparceuxquiestimentappartenirauxracesestimées"supérieures", mais cette définition perd tout son sens également sans sa racine...
Ainsi l'association SOS racisme, tout en s'offusquant de ce qu'Eric Zemmour utilise un tel mot, ne conçoit peut-être pas qu'elle perd toute raison d'être si le mot "race" perd tout sens. Elle ne serait alors que chimère, un simple préjugé... tout autant que son titre! Il ne lui resterait plus alors qu'à remettre en avant le principe de race ou au minimum à le faire exister pour retrouver un sens concret! Elle le remet au goût du jour en criant au racisme. Changer d'appellation?
Le site wikipedia, explique dans sa définition du mot "race" que l'Europe préfère le terme adoucit de "type" en ajoutant derrière le terme "caucasien" ou "africain", par exemple, ce qui n'exprime qu'une diversité de "pigmentation" ou de faciès mais qui en soit ne fait pas franchement différence en rapport avec l'appellation tant décriée... L'on ne saurait en effet être de type caucasien avec des parents de type africains, à moins d'être métissé, ce qui nous ramène à la définition du mot "race" avec son ensemble d'ascendants et de descendants...
Quant à Patrick Lozès, qui milite pour les personnes "noires" aux plus hauts postes de l'Etat après l'élection de Barack Obama, il serait sans doute bien pris au dépourvu si une personne blanche réclamait la présidence de son association, le CRAN, association qu'on ne saurait imaginer prendre la défense d'une personne de type caucasien ou asiatique, ce qui pourrait d'une certaine façon revenir, non pas à une forme de racisme, puisqu'il n'y a pas d'affirmation de supériorité "raciale", mais bien à une forme de ségrégation entre les "types".
L'on voit donc que dans cette chasse à la bète immonde, voire aux sorcières, les écrits incantatoires autour du journaliste Eric Zemmour, déjà cité dans sa dénonciation toute personnelle du féminisme et du communautarisme, et qui s'inquiétait dans la même émission de l'obsession moderne autour de la race, "j'ai le sentiment qu'à la sacralisation des races de la période nazie et précédente a succédé la négation des races. Et c'est d'après moi aussi ridicule l'une que l'autre. Qu'est-ce que ça veut dire que ça n'existe pas ? On voit bien que ça existe ", a tout du procès d'intention.
Et c'est sans doute là qu'est le drame de notre époque, dans laquelle un maire peut devenir "une maire" de quelques milliers de citadins, voire plus, un écrivain prendre la vilaine appellation "d'écrivaine", ou un professeur s'affubler d'un "e" dans l'appellation de professeure, amenant les journalistes à ajouter péniblement un "euh" en fin de mot, tout à fait difficile à prononcer et particulièrement déplacé, tandis qu'un homme qui serait sage-femme le restera, sans égard pour son "sexe", pardon, son genre et sans pour autant manifester une désaprobation quelconque. Du reste, puisque toutes ces acrobaties sémantiques ne sont qu'idéologiques, cette dernière appellation ne choquerait personne...
Rangeons donc nos dictionnaires, au bon plaisir des belles âmes que sont les anti-racistes idéalistes et autres champions de l'égalité républicaine, puisque le sens et le genre des mots nous sont dictés par l'air du temps. Changeons d'ailleurs à l'instar de nos femmes de ménage/technicienne de surface et de nos vieux/personnes agées ou encore de nos aveugles/malvoyants le nom de nos dictionnaires si politiquement incorrects. Appelons-les des référents orthographiques par exemple, avant de nous attaquer à la lourde tâche qui nous incombe d'en finir aussi avec l'Histoire, non plus à grands coups de lois mémorielles, mais en la réécrivant tout de bon en même temps que nos dictionnaires.
Cela aurait en effet l'avantage, plutôt que de nous retrancher collectivement derrière des faux semblants, avec des faux airs de vierges effarouchées, tiquant sur le moindre mot pour masquer les préjugés de notre époque, d'être un signal clair pour notre génération, de ce qu'elle doit dire et comment elle doit le dire. A moins que tout cela ne soit déjà fait...
Mais auparavant, nous avons une urgence : virer Zemmour ou le faire passer devant le tribunal de l'inquisition, pardon, médiatique pour qu'il se taise...
Pas ce de connexion internet avant demain et peut-être un peu plus!!!
Patientons donc ensemble en écoutant ce très agréable enregistrement sur la musique de Mozart, Mozart dont Sacha Guitry disait que le silence qui le suit est encore de lui...
"Un extrait du concert donné par le choeur les éléments et l'Orchestre de Chambre de Toulouse au festival Musiques des Lumières de Sorèze en juillet 2008 sous la direction de Joël Suhubiette. "
Ce soir la chaine direct 8 (tnt) rediffuse le film "Chute libre".
Je conseille aux lecteurs de passage de regarder ce film, dans lequel
Michael Douglas est formidable. C'est l'histoire d'un homme ordinaire
qui sort d'un seul coup de ses gonds, à l'occasion d'un embouteillage
et qui en arrive à être violent. La violence de ce film n'est jamais
gratuite, mais le film est déconseillé aux moins de douze ans.
J'ai trouvé un petit extrait à vous montrer, malheureusement il me
semble qu'il ne rend pas hommage au film, qui s'avère être à la fois
plus tragique et plus drôle.
Ce soir donc, à 22h30, pour celles et ceux qui ne l'auraient pas vu. L'extrait est en anglais, malheureusement...
Parce qu'il faut bien se détendre de temps en temps.
Me voici donc contraint de ne déposer qu'un lien, mais que le lecteur aille voir ce film, il le mettra de bonne humeur! Si l'on peut me le trouver en version google, Youtube ou dailymotion par exemple, je suis preneur!.
Suite au discours de Ratisbonne, 138 dignitaires musulmans
avaient signé une lettre à l'attention du pape, ce qui devait aboutir,
plus tard et pour prolonger le dialogue, au premier forum entre catholiques et musulmans, lequel
vient tout juste de finir, avec des engagements précis de part et
d'autre, déclinés en plusieurs points, principalement autour des droits des individus.
Les protagonistes avaient choisi pour thème de cette rencontre, "Amour de Dieu et amour du
prochain, dignité de la personne et respect mutuel
". Le discours qu'a fait le pape, le 7 novembre, devant les dignitaires rappelle
combien le Vatican n'a de cesse de réclamer une certaine réciprocité et
le respect des minorités religieuses.
"Mon espoir, (...) est que ces droits fondamentaux de l'homme
seront protégés partout et pour tout le monde. Les dirigeants politiques et
religieux ont le devoir d'assurer l'exercice libre de ces droits dans le
plein respect pour chaque individu, de la liberté de conscience et de la
liberté religieuse. La discrimination et la violence qu'aujourd'hui encore
les croyants éprouvent dans le monde entier, et les persécutions souvent
violentes auxquelles ils sont sujet, représentent des actes inacceptables et
injustifiables, plus graves et déplorables quand ils sont effectués au nom
de Dieu" a-t-il déclaré, ajoutant "Le nom de Dieu peut seulement être un nom de paix et fraternité, de
justice et d'amour."
Le pape avait auparavant rappelé que le respect du prochain existe dans le christianisme et l'islam et avait aussi ajouté "Nous devrions travailler ainsi ensemble en
favorisant le respect véritable pour la dignité de la personne humaine et
les droits fondamentaux de l'homme, bien que nos visions anthropologiques et
nos théologies justifient cela de manières différentes."
Le pape avait-il entendu l'appel des 144 signataires de la lettre
intitulée "Appel des chrétiens du monde musulman"? Diffusée par le site Notre-Dame de Kabylie et émanant de chrétiens,
notamment de convertis, vivant dans le monde musulman et en Europe,
elle rappelle la persécution des musulmans convertis au christianisme,
obligés de se taire lorsqu'ils ne sont pas tout simplement condamnés à
mort selon des préceptes en vigueur en islam, dans de trop nombreux pays encore, posant trois préalable à un dialogue franc avec l'islam :
1. la loi islamique ne saurait s'appliquer à des n
on musulmans. (il est certainement question ici de la charia)
2. la dhimmitude,
qui fait des chrétiens des exclus et des parias, n'est plus acceptable
et doit être abolie, car elle porte atteinte à la dignité humaine, tout
comme l'esclavage. (pratiqué encore notamment en Mauritanie, sur les non-musulmans)
3. la liberté de changer de religion doit être partout
reconnue comme un droit fondamental, un droit qui vient de Dieu lequel
ne force personne à L'adorer.
Les signataires de la lettre n'attendent toutefois pas de miracle, lorsqu'ils rappellent, à juste titre : "Notre appel se veut respectueux mais pressant,
et nous l'adressons bien sûr à vous, les honorables délégués des Cent
trente huit signataires, qui avez eu cette heureuse initiative, bien
que nous n'ignorons pas le problème de légitimité qui se pose en Islam,
puisqu'il n'y a pas d'autorité religieuse décisionnaire reconnue par
tous."
Toujours est-il que la rencontre a bien donné une
déclaration commune, qui
va dans le sens des droits humains pour les uns et les autres. La
déclaration conjointe peut laisser espérer les chrétiens d'orient, car
elle revient sur les droits des personnes : "(...)la personne requiert le respect de
sa dignité originelle et de sa vocation humaine. Elle a donc droit à
une pleine reconnaissance de son identité et de sa liberté par les
individus, les communautés et les gouvernements, appuyée par une
législation civile qui garantisse des droits égaux et une entière
citoyenneté. (...) L'amour du prochain authentique implique le respect de la personne
et de ses choix dans les domaines de la conscience et de la religion.
Il inclut le droit des individus et des communautés à pratiquer leur
religion en privé et en public.",
ce qui n'est pas le cas en de nombreux territoires musulmans
actuellement, ainsi que les derniers procès en Algérie en témoignent.
Les droits des femmes ne sont pas absents de cette déclaration : "Nous
affirmons que la création de l'humanité par Dieu revêt deux grands
aspects : la personne humaine, homme et femme, et nous nous engageons
ensemble à garantir que la dignité humaine et le respect soient étendus
sur une base d'égalité aux hommes et aux femmes." L'on s'amuse malgré
tout sur certains blogs, de ce que plus loin les chrétiens s'engagent
conjointement à ne pas pratiquer le terrorisme : "Nous professons que catholiques et musulmans sont appelés à être des
instruments d'amour et d'harmonie parmi les croyants, et pour
l'humanité entière, en renonçant à toute oppression, toute violence
agressive, tout terrorisme, spécialement lorsqu'il est commis au nom de
la religion, et en mettant en avant le principe de la justice pour tous."
Dans l'histoire moderne, on ne trouve en effet pas d'exemple de
terrorisme pratiqué par les chrétiens... Peu importe d'ailleurs, si des
musulmans s'engagent sur ce principe, c'est un déni assez clair du
terrorisme islamique.
Au-delà des droits, le dialogue ne s'est pas étendu à la théologie, ce
qui aurait été difficile, l'islam se considérant comme la révélation
ultime et tenant les livres saints des juifs comme des chrétiens pour
des livres falsifiés. Devant ces difficultés, dans lesquels le dialogue
ne saurait être constructif, l'Eglise préfère donc se contenter de
thèmes plus "pratiques".
En sortant de la conférence, l'un des interlocuteurs
catholiques a évoqué les réticences à prendre des accords autour des
convertis et de la liberté religieuse ainsi que de la tentative de se
servir du forum pour la cause palestinienne, de la part des
interlocuteurs musulmans. De l'autre côté, un dignitaire musulman
évoque une méconnaissance de l'islam, ce qui n'est guère surprenant, la
tradition musulmane tenant les chrétiens, mais aussi les juifs,
pour des falsificateurs... Hormis cela, les interlocuteurs semblent
unanimement satisfaits du dialogue.
Le résultat du forum ne donnera peut-être pas de
véritables effets, puisque ces dignitaires musulmans ne sauraient être
représentatifs de tous les autres musulmans, mais c'est toujours un pas
vers une meilleure compréhension entre les différentes religions.
Rendez-vous a été pris dans deux ans, pour discuter à nouveau. Les
musulmans espèreraient notamment un nouvel interlocuteur autour de
phénomènes tels que les caricatures de Mahomet.
"Quiconque prend la race, ou le peuple, ou l'État, ou la forme de
l'État, ou les dépositaires du pouvoir, ou toute autre valeur
fondamentale de la communauté humaine - toutes choses qui tiennent dans
l'ordre terrestre une place nécessaire et honorable,- quiconque prend
ces notions pour les retirer de cette échelle de valeurs, même
religieuses, et les divinise par un culte idolâtrique, celui-là
renverse et fausse l'ordre des choses créé et ordonné par Dieu :
celui-là est loin de la vraie foi en Dieu et d'une conception de la vie
répondant à cette foi."
La victoire du candidat Barak Obama, démocrate (et noir), était largement annoncée (sans pour autant être un raz de marée)
. En Afrique, ce ne fut qu'un cri de joie qui retentit d'un bout à
l'autre, à telle enseigne que le Keinya, dont son père est originaire,
vient de décider d'un jour férié pour l'occasion, tout en étant loin
d'être le seul pays africain à s'en féliciter. De la même façon, en
Europe également, les gouvernements, les gens du commun, mais aussi et
surtout les journalistes, se félicitent de ce qu'une personne de
couleur occupe un poste aussi élevé. Le mot qui revient toujours est :
l'espoir.
Victoire de la démocratie?
De fait la couleur de peau du candidat a pris une place
importante. C'est à cause d'elle que le monde entier se réjouit, à
cause d'elle que l'Afrique exulte, à cause d'elle que l'on parle de
"changement" et de renouveau, c'est pour elle que se félicitent les
associations anti-racistes de France et de Navarre... Car c'est un fait
: le président de la maison blanche, de l'Etat le plus puissant de la
planète, a changé de couleur, il est donc noir... noir, comme les
journaux n'ont cessé de nous le répéter ces derniers mois. L'on oublie
souvent de préciser qu'il a aussi été élu par un électorat composé de
nombreuses personnes blanches. Il est vrai également qu'après Georges
Bush le monde entier attendait aussi une présidence différente. Est-ce
une façon de se racheter pour les Etats-Unis de leurs guerres récentes
et de leur image dans le monde?
Il n'y aurait pourtant pas de quoi fouetter un chat : ce n'est pas
la couleur du candidat qui fera sa valeur en tant que président, pas
plus aux Etats-Unis qu'en France, où des associations militent déjà
pour un hypothétique président au teint plus basané que notre président
national, dont on murmure, ici et là, qu'il descendrait pourtant d'un
immigré juif-hongrois, ce qui, il faut bien l'admettre, ne le rend pas
si foncé que d'aucuns voudraient bien le voir.
Mais est-ce la victoire de la démocratie? Peut-être les mauvaises
langues, et l'on sait qu'il y en a toujours, iront dire qu'il s'agit
surtout d'une victoire de la démagogie, autour du mot "changement",
grande star de toutes les campagnes de la planète, mais aussi et
surtout de l'argent, dépensé à profusion pour l'alimenter, jusqu'au
dernier moment. On regrettera peut-être aussi un jour de constater que
le vote en occident s'ethnicise : les afro-américains ont en très
grande majorité (à plus de 90%) voté pour le candidat qui leur
ressemble. Les nouveaux inscrits se comptent certainement en grande
partie parmi eux et peuvent avoir eu un impact décisif.
Si l'élection de Mc Cain aurait aussitôt jeté l'opprobre sur les
électeurs américains, un doute plane désormais sur l'électorat européen
et particulièrement français. La presse française, obsédée par le
progrès et les notions d'égalité et de non-discriminations, c'est à
dire obsédée par la race et l'ethnie, s'interroge sur la
représentativité des minorités dites "visible" dans le circuit
politique.
Rama Yade est en conséquence omniprésente dans la presse du jour.
Elle qui avait sous-entendu que son pays est le Sénégal au cours d'un des ses déplacements en tant
que secrétaire d'Etat français, se pose aussi la question, décrivant
les partis comme terriblement conservateurs et empêchant l'émergence de
candidats issus de l'immigration à la tête de l'Etat. Elle s'était déjà
plainte à Colombes, lors des élections municipales, se voulant
représentative des habitants
de la commune, ou du moins de ceux issuent de l'immigration... On ne
saurait que la plaindre à notre tour, tout en regrettant qu'elle ne
soit que rarement présente à son poste communal!
Des personnes d'origine étrangère y sont interrogés également et
des associations communautaires donnent leur avis : la France serait en
retard et pas même apte à se donner un candidat de l'immigration à la
tête de son gouvernement, ce qui semble être, à entendre tous ces
intervenants, une très large tâche à la face du pays.
Il n'y aurait pas que la France d'ailleurs, le Vatican aussi
serait très en retard, mais mûr, selon Mgr Grégory, noir lui-même, pour
élire un pape noir. C'est à dire un pape qui ressemble aux fidèles africains en
somme... L'évêque se sent-il discriminé lui-aussi? Estime-t-il qu'en
fonction de la couleur de sa peau, il mérite d'être pape?
S'imagine-t-il que le Vatican souhaite prendre exemple sur les
Etats-Unis?
Tous ces journalistes philosophent donc sur le retard de la
société en matière d'intégration, sans toutefois poser la question de
leur représentavité en leur sein. Combien y a-t-il de journalistes de
couleur dans nos grands journaux? La question n'est pas posée. A quand
des directeurs de rédaction noir? On se souvient que Renaud Camus s'était interrogé sur la
représentativité ethnique au sein d'une radio, et n'a plus depuis
reparu dans la presse suite au scandale... Ce serait pourtant,
peut-être, à méditer.
Le jeu que joue la grande presse est inquiétant. Il est
compréhensible que les noirs américains se sentent concernés par la
couleur de peau du président, leur histoire nationale est lourde...
Mais cette démagogie qui consiste à tout faire tourner autour du sexe
d'un candidat ou de la couleur de sa peau fait oublier à tout un chacun
l'essentiel : un président dirige un pays, prend des décisions sociales
mais aussi militaires, intervient sur l'économie et n'est pas, loin
s'en faut, une simple image médiatique. Il doit avoir du talent,
au-delà de son apparence physique.
Il en va de même pour les papes, qui ne sont pas uniquement des
porte-manteaux pour tiare... Un catholique suit le pape, qu'il soit
noir , blanc, ou encore asiatique : il est représentatif dans la foi,
pas pour sa couleur de peau et sa dimension est plus spirituelle qu'un
papier, même le mieux ficelé, de nos plus grands journaux quotidien...
A tout prendre, un pape chinois, indien ou arabe serait plus grandement
symbolique qu'un pape noir et africain, parce que plus en rapport avec
les souffrances de certains chrétiens pour leur foi. A tout prendre un
"latinos" ou un amérindien serait plus symboliquement représentatif
qu'un "noir " à la tête des Etats-Unis.
Mais ce n'est pas ce qui compte pour la presse. Puisqu'on vous dit que le président des Etats-Unis est noir...
Que le lecteur me pardonne de revenir sur le sujet de Milan Kundera, mais c'est l'actualité qui y pousse.
Tandis
que le journal "Respekt", qui avait mis en cause le romancier
Milan Kundera dans la dénonciation en 1950 d'un déserteur passé à
l'ouest, alors que la Tchécoslovaquie vivait sous régime communiste, a
annoncé qu'il
ne présenterait pas les excuses réclamées par
l'écrivain, il semblerait que Milan Kundera renonce à porter l'affaire
devant la justice, comme il l'avait annoncé.
C'est en tous cas ce qu'aurait déclaré un autre écrivain tchèque,
Petr Prouza, à l'hebdomadaire Tyden selon le site radio Prague : "J'ai essayé de le convaincre de porter plainte, confie Prouza,
mais
les époux Kundera sont très éprouvés par cette affaire et leur santé
a
été affectée. Ils ne veulent pas porter l'affaire devant la justice."
L'écrivain
préfèrerait se consacrer à son nouveau roman, ce qui constitue une
bonne nouvelle pour ses lecteurs, nombreux de par le monde. Son dernier
roman, "L'ignorance" date déjà de l'année 2003, le nouveau sera
certainement très attendu, d'autant plus après l'article du journal
Respekt.
En attendant, le site Biblios.com diffuse une lettre de solidarité, signée par des écrivains de renom.
"(...) Nous observons que Kundera a émis
un démenti catégorique quant à ces accusations; et qu'un témoignage
émanant d'une éminente personnalité scientifique de Prague le disculpe très
clairement de ce qu'on lui impute. Nous notons aussi que la presse, trop
souvent, a répandu cette rumeur diffamatoire avec une légèreté consternante,
sans prendre soin d'insister sur ce qui la contredit.
Il ne s'agit, ni plus ni moins,
que de ternir l'honneur de l'un des plus grands romanciers vivants, sur des
bases pour le moins suspectes. Nous tenons à exprimer notre indignation devant
une telle campagne orchestrée de calomnie, et à affirmer notre solidarité
envers Milan Kundera."
Suivent des signatures prestigieuses :
John M. Coetzee (Prix Nobel)
Jean Daniel
Carlos Fuentes
Gabriel Garcia Marquez (Prix Nobel)
Nadine Gordimer (Prix Nobel)
Juan Goytisolo
Pierre Mertens
Orhan Pamuk (Prix Nobel)
Philip Roth
Salman Rushdie
Jorge Semprun
On
remarquera la signature de Salman Rushdie, qui avait été soutenu par
Milan Kundera à l'occasion de son roman "Les versets sataniques",
tandis que le monde entier en condamnait l'auteur.
La personnalité scientifique de Prague semble être l'historien de la littérature Zdeněk Pešat, qui avait désigné Miroslav
Dlask comme le délateur, sur son témoignage propre. Miroslav
Dlask avait épousé bien après 1950 Iva Mitlika chez laquelle les services de police avait arrêté le déserteur.
La décision de Milan Kundera, âgé de 80 ans, d'abandonner toute
tentative de poursuite est certainement plus sage, continuer à écrire
son roman, bien plus constructif. Il a par ailleurs déjà été souligné que les fiches de la police d'État de l'époque ne sont pas toujours fiable, et c'est sur l'une d'entre elles que se base le journal Respekt dans son affirmation.
L'affaire est anecdotique, mais ne manque pas de sel. Une famille
allemande sera prochainement expulsée d'Égypte, au motif qu'elle est
trop extrémiste selon le gouvernement égyptien. Ce n'est pas le
scénario d'une comédie à succès, ce n'est pas une caricature tout droit
sortie de l'imagination d'un improbable scénariste hollywodiens, mais
bel et bien la réalité.
La famille, qui se compose d'un homme, de ses deux sœurs, de sa mère
et de sa femme, tous convertis à l'islam, a déchiré ses papiers
d'identité, de peur d'être reliée à un "pays d'infidèles". Accusée
d'extrémisme islamique au pays des frères musulmans, tout la petite
famille est allée faire un séjour en prison et n'en sortira que pour
être expulsée du pays.
Nous voici donc, en quelques sortes, face à des sans-papiers allemands,
dans un pays musulman, en demande d'une certaine façon de l'asile
politique, pour ne pas être contrainte de s'en retourner dans un pays
européen, appliquant pourtant les droits de l'homme. Si l'histoire ne
dit pas s'il se trouvait des associations anti-raciste pour les aider à
s'installer au pays, l'on sait que la communication était difficile
avec les policiers : en effet, ni l'homme si ses parentes ne parlent
couramment arabe.
Naturellement, lorsqu'on ne dispose pas de papiers d'identité, quelle
qu'en soit la raison, le premier réflexe à avoir est d'aller en
demander à l'ambassade du pays d'où l'on vient, fut-il un pays peuplé
d'infidèles. L'ambassade d'Allemagne a toutefois refusé d'en donner, au
motif qu'ils pourraient être à nouveau détruits mais collaborera avec
l'Égypte pour faciliter l'expulsion. Il n'est pas encore établi quel
sera le pays qui couvrira les frais pour le vol de retour...
Des témoins affirment que toutes les femmes sont voilées et que seuls
leurs yeux apparaissent derrière le vêtement. Après l'arrestation, il
leur fallut débattre pour savoir si un vrai musulman accepterait d'être
photographié pour les passeports!
Le dernier numéro du magazine l'Express a été interdit de parution au
Maroc, ce que révèle le journal lui-même. C'est l'objet du dossier proposé qui a conduit à cette censure. Son titre : Le choc Jésus-Mahomet. Le
dossier était prévu en vue de la rencontre au Vatican entre dignitaire
catholiques et musulmans, prévue pour perpétuer le dialogue installé
après le discours de Ratisbonne.
Le ministère marocain de la Communication a tout simplement interdit la
parution, déclarant du dossier qu'il porte "atteinte à l'islam", en
vertu de l'article 29 du Code marocain de la presse" qui permet
d'interdire les parutions "lorsqu'elles portent atteinte à la religion
islamique, au régime
monarchique, à l'intégrité territoriale, au respect dû au roi ou à
l'ordre public".
Mais les dirigeants du magazine sont pris au dépourvu et ne semblent
pas comprendre ce qui est reproché au dossier. Des précautions avaient
été prises : pour ménager les sensibilités marocaines, le visage de
Mahomet avait été voilé, conformément à l'usage en islam de ne pas
montrer son visage. Aucun article précis n'est mis en cause. C'est
donc tout le dossier qui peut être suspecté.
Le dossier de l'Express n'apporte pourtant rien de nouveau. Il
s'inspire plus particulièrement d'un livre de Christian Makarian, le
directeur adjoint de la rédaction. Le titre du livre est "Le choc
Jésus-Mahomet", avec pour sous-titre "Jésus et Mahomet ne parlent pas
du même Dieu". Parmi les dossiers, plusieurs titres, "Jésus, le
messager rebelle" et "Mahomet, prophète et guerrier", ou encore,
"Jésus-Mahomet, ce qui les sépare".
Selon un court article du site algérie-dz , ce serait
la partie intitulée "Mahomet, prophète ou guerrier" qui serait à
l'origine de l'interdiction, ce qui serait assez paradoxal, puisqu'aussi bien la Sira que le Coran
décrivent les activités guerrières de Mahomet, dans la tradition
musulmane elle-même, allant jusqu'à définir les parts de butin.
Le dossier, revenant sur le Coran, rappelle également qu'il y est écrit
au sujet des livres dits "précédents", aussi bien la Thora que les
évangiles, qu'ils auraient été falsifiés, et que, toujours selon le
Coran, les chrétiens joindraient à Dieu et à Jésus, Marie elle-même, au
sein de la Trinité. De fait, la comparaison entre Bible et Coran, est
rapidement difficile, les bases étant mal établies.
"Les textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l'islam ne
sont pas comparables" affirme également l'auteur, comparant l'effort
d'exégèse moderne dans la Bible et les difficultés à le faire dans le
Coran, qui se veut incréé et révélé par l'ange Gabriel, là où la Bible
ne se veut qu'inspirée. Il serait aussi écrit, selon l'islam, en lettre
d'or au ciel où seuls les anges pourraient le consulter. Les passages
appelant à la violence dans le livre saint de l'islam sont aussi
évoqués. Un peu de tout cela a sans doute joué dans l'interdiction.
Il ne sera pas surprenant si d'autres pays du Maghreb, Algérie et
Tunisie en tête, interdisent à leur tour la parution du magazine...
sans être blasphématoire, le dossier de l'Express a quelque chose d'un
peu embarrassant pour l'islam, rappelant la violence de ses extrémistes
et les différences avec le christianisme, dont il prétend être la
continuité.
C'est le magazine courrier international qui apporte du nouveau dans l'affaire Milan Kundera, à travers un
entretien avec Jiří Reichl porte-parole de l'institut, et Vojtech Ripka
(VR), un chercheur au centre d'archives de Prague. Les deux
interlocuteurs, répondant pour le magazine Respekt qui avait révélé
l'existence d'une fiche de police mettant en cause le romancier dans
une délation, affirme que le journal maintiendra son accusation, après
que Milan Kundera l'ait sommé de présenter des excuses, menaçant
d'intenter un procès.
Le document de police date de 1950 et serait bien authentique selon
les deux représentants du magazine. Ainsi que cela a déjà été révélé,
s'y trouve une déposition décrite comme celle de Milan Kundera :
"aujourd'hui vers 16 heures, un étudiant, Milan Kundera, né le 1er
avril 1929 à Brno, résidant à Prague VII, Cité universitaire, rue Roi
George VI, s'est présenté dans ce département et a rapporté qu'une
étudiante, Iva Militka, (...) avait rencontré (...) un certain Miroslav
Dvoracek qu'elle connaissait"
C'est cette dénonciation, qui
n'est peut-être pas la seule envers le déserteur (on se rappelle qu'un autre étudiant
s'était désigné comme le délateur), qui a selon le journal, provoqué
l'arrestation et la mise en détention de Miroslav Dvoracek, déserteur
passé à l'ouest, dans un camp de travail pour quatorze très longues
années.
Milan Kundera s'était déclaré pris au dépourvu, disant la
publication de l'article calomnieuse et lui avait aussitôt dénié tout
rapport avec la vérité.
Mais le magazine affirme et continue à
affirmer que le document est parfaitement authentique, ce qui jouera
très certainement un rôle dans le procès qu'intentera Milan Kundera,
ainsi qu'il l'a évoqué en cas de maintien de ces accusations.
La quasi totalité des articles défendait Milan Kundera dans la
presse française, les gens de lettre également se sont pressés à sa
défense. Il n'est cependant pas pris en compte le fait que le magasine
affirme avoir d'abord tenté de contacter l'écrivain (ce qui était
également souligné dans le document publié) : "Adam Hradilek a fait de
bonnes recherches puis a essayé de contacter
Milan Kundera, et ce, avec le magazine Respekt. N'ayant obtenu aucune
réponse de sa part, ils ont décidé de publier les documents."
Tout
cela est naturellement embarrassant pour l'écrivain, qui même s'il est
innocent de ce dont on l'accuse, aura sans doute du mal à obtenir gain
de cause devant un document émanant directement de la police d'État de
l'époque et qui justifie la suspicion de l'auteur du papier dans
"Respekt". Il est toutefois établi par certains intervenants que ces
documents ne seraient pas toujours fiable.
Mais quoi qu'il arrive, la qualité des romans de Milan Kundera n'en
souffrira pas, même si ses lecteurs, nombreux de par le monde, se
désolent de cette accusation, infondée selon de nombreux écrits.
Qu'il
me soit d'ailleurs permis d'émettre une critique des différentes
interventions dans la presse française. Que la presse dans son ensemble
défende un grand écrivain de langue française ne pose aucun problème,
même s'il est apparent dans certains cas que les auteurs n'avaient pas
pris le temps de lire le texte initial... Mais je ne peux m'empêcher de
penser que s'il s'agissait de quelqu'un d'autre, les mêmes auraient
tiré à boulet rouge sur le vilain dénonciateur, s'étranglant de rage
devant une ignominie monstrueuse "qui rappelle les heures les plus
sombres de notre Histoire", tout en évoquant la morale et le sens
commun.
Je n'aurais personnellement jamais écrit sur ce qu'il faut bien
appeler "l'affaire Kundera", si la grande presse n'avait donné le pas.
De fait, puisqu'un magazine tchèque avait lancé tout cela, la presse
française ne pouvait faire autrement que de reproduire à son tour
l'information, même si l'on peut s'offusquer de ce que les
protestations de l'écrivain n'aient généralement pas été reprises
ensuite.