Les français méritent bien qu'on se moque d'eux, ils l'ont suffisamment prouvé. D'ailleurs, ne comprenant que rarement ce qui est bon pour eux, les français ont besoin de chaperons, en la personne de leurs dirigeants : ils ne peuvent se passer d'eux et ne sauraient en changer, ni même tenter de les remplacer!
La preuve : il y eut le référendum sur le traité constitutionnel, à l'occasion duquel les français seraient devenus les moutons noirs de l'Europe par leur "non", avant que le gouvernement ne tranche : l'on avait estimé en haut lieu que les députés étant élus au suffrage universel, les français étaient dignement représentés. La copie du traité, dite "de Lisbonne", sera adoptée, bien au-dessus d'eux.
Mais s'il n'était pas faux de dire que les français étaient représentés, l'acte était politiquement malhonnête et consistait à s'assoir sur le référendum. Tant pis pour les électeurs, ils l'avaient bien cherché. Ils en avaient redemandé. On avait rapidement conclu qu'ils souhaitaient ce traité car plus rien ne s'y opposait, les points litigieux étant contournés, après une écoute "active" des réclamations du bon peuple. Nous avons une chance folle d'avoir des élus si attentif, qu'ils comprennent aussitôt, à demi-mot, sans nul besoin de nous entendre.
C'est aussi ce que fait aujourd'hui la mairie de Paris, qui n'ignore nullement que les parisiens ne veulent pas de tours dans leur ville, mais qui souhaite imprimer sa marque sur le paysage parisien. Paris aura ses tours, qu'il le veuille ou non. Mieux encore : il aura ses tours et il le voudra, et s'il n'est pas d'accord, Il le voudra malgré lui, comme naguère les français avec leur traité.
Ne disons bien sûr pas le contraire : la question des tours se pose légitimement. Paris n'est pas extensible et manquera, tôt ou tard de place. Pour solution, la ville peut s'étendre en hauteur, à défaut, il lui faudra prendre du terrain sur la proche banlieue. D'autant que les tours ne concerneront pas le centre-ville. C'est une option, dans une ville qui manque de logements et notamment, de crèches.
Mais voila, les parisiens ne le veulent pas. Pas de tours à Paris. Paris n'est pas une ville en raideur comme New-York... elle veut rester comme elle est.
Aussi la mairie ne recule devant rien. C'est avec un aplomb sans faille qu'elle communique sur le sujet. Paris a déjà des tours nous dit-on. Tenez, la tour Montparnasse n'est pas une tour peut-être? Bien sûr que si c'est une tour et une belle même! Les parisiens la connaissent bien qui y montent volontiers!
Mieux encore : Paris possèdent deux tours sur l'île de la cité, et on vient du monde entier pour les visiter! Les parisiens les aiment aussi ces tours! Mais si! Les tours! Mais voyons! Mais si, vous le savez! Notre-Dame, ça ne vous dit rien? 62 mètres!
Puis comble de mauvaise foi, on annonce désormais aux parisiens, qu'en réalité, leur désir de tours est bien là, présent au fond d'eux-même, sans qu'ils ne le soupçonnent. C'est dans leurs trippes vous dit-on! Oui, suite à un sondage, les parisiens l'ont admis : ils souhaitent plus de logements, plus de social. et qu'est-ce que c'est si ce n'est pas un désir de tour cela, gros comme une maison, haut comme une tour? Ils les veulent vous dit-on!
Eh bien, que les parisiens ne s'inquiètent pas : leurs tours, objet de tous leurs désirs, ils les auront! N'en doutons pas, et tout cela dans les règles les plus strictes de la démocratie... Et ils seront heureux de les avoir, leurs tours... On les sondera pour le dire...
Les membres du club nautique de Berck Sur Mer, aidés par des
bénévoles, se sont livrés au nettoyage annuel de la baie d'Authie, ce
dimanche 22 mars. La baie est un site naturel en partie, qui possède sa faune et sa flore propre.
Mais une surprise macabre attendait le club nautique, avec la
découverte d'un avant-bras humain presque totalement décharné, suivant
le récit qu'en font la voix du nord et le journal de Montreuil.
Les services de police de Berck, aussitôt alertés, ont pris en
charge l'ossement dans un sac, à l'écart du public, pour le soumettre à
un médecin légiste et ont dans le même temps mis en place tout un
dispositif pour retrouver un éventuel corps, une mystérieuse victime,
démunie de son avant-bras.
Berck est une ville de marin, qui possède de fortes marées :
chaque années, des personnes imprudentes et mal avisées, sont prises au
pièges sur la plage, tandis que la marée monte à vive allure. C'est
ainsi qu'avec les services de police, un hélicoptère a été mis à
disposition pour mener à bien les recherches.
Un tel ossement dans la baie d'Authie peut venir de fort loin.
Les vagues sont hautes à Berck, et à marée basse, c'est à peine si l'on
distingue la mer au loin. De fait, ce mystérieux avant-bras pouvait
provenir d'un endroit lointain, de centaines de kilomètres annonçaient
les journaux, y compris du Cotentin ou de Bretagne, selon l'un des
découvreurs, cité dans la voix du nord.
Mais les recherches n'ont rien donné, l'hélicoptère est rentré bredouille... Une affaire pour les experts!
Comme le journal l'indiquait, il sera difficile de retrouver le
propriétaire de l'avant-bras, mais la science permet beaucoup de chose
aujourd'hui, comme notamment d'analyser l'ADN, ce qui pourra permettre
d'en retrouver le propriétaire. Mais las! La semaine passe et le public
reste sans nouvelle du bras et de son mystérieux propriétaire. Est-ce
un marin? est-ce un simple promeneur, une personne seule?
Pour savoir ce qu'il en est, il faut réellement se renseigner, être
bien attentif... C'est ce qu'une personne du coin a fait. Je vous livre
la nouvelle, une brève dépêche ayant donné la réponse. Écoutez-bien ce
qui suit, car l'énigme du bras a été résolue par le médecin légiste :
il s'agit en réalité, d'un "ossement"... d'oiseau!
C'est un fait divers divers qui pourrait être tout à fait banal, mais qui occasionne sur la toile une certaine émotion dans le milieu anti-avortement et chez les internautes les plus pieux, notamment aux États-Unis. Mais pour banal qu'il soit, ce fait divers recèle une portée plus grande que lui-même, une signification plus terrible que ce qu'il représente vraiment, à en lire les nombreuses réactions sur les forums.
Cette nouvelle aurait pu sortir d'une imagination féconde et militante, pour circuler d'un courriel à l'autre. Il n'en est pourtant rien. Mais la réalité dépasse bien souvent la fiction.
L'affaire concerne Irving Moore “Bud” Feldkamp III, homme très riche qui possède, outre des hippodromes, 17 cliniques privées, spécialisées dans l'avortement (Family Planning Clinics). Ces cliniques fonctionnent à plein rendement et sont très rentables. L'avortement y est pratiqué jusqu'au cinquième mois de grossesse. C'est dans ses établissements que se fait le plus grand nombre d'avortement de toute la Californie et c'est à cela qu'est dû en grande partie l'origine de la fortune de cet homme.
Sa fortune est si considérable, qu'il a pu acquérir un bel avion privé, tout ce qu'il y a plus moderne, qu'il prête volontiers à ses enfants (il en a quatre) tout en leur offrant de luxueuses vacances. C'est ce qu'il fit pour deux de ses filles, qui s'en allaient, ce dimanche, au Yellowstone Club, une station très prisée des riches millionnaires.
L'avion transportait à son bord, les deux filles de "Bud" ainsi que toute leurs familles, leurs deux maris et leurs sept enfants, tous agés de moins de neuf ans, avec une famille d'amis. Alors qu'il approchait à 500 pieds (c'est à dire 150 mètres) de l'aérodrome, l'engin, qui venait de traverser 3200 km sans aucun problème, a brusquement piqué du nez, pour s'écraser dans un petit cimetière catholique, le Catholic Holy Cross Cemetery, à proximité d'un mémorial dédié aux enfants non nés, sur lequel se réunissent des fidèles pour réciter le rosaire, pour les enfants avortés.
L'avion s'est écrasé puis embrasé au sol et tous les passagers ont péri.
Les circonstance de la chute de l'avion restent mystérieuse. Selon des témoins, il s'est brusquement abattu vers le sol, sans signe de lutte. Le pilote était un ancien militaire, pilote chevronné, qui n'a rien communiqué par radio d'un incident quelconque, susceptible de fournir un indice pour comprendre cet accident. On a pu supposer tout d'abord que les ailes de l'avion était prises dans des glaces des suites de l'altitude, ce qui peut être cause d'accidents. Mais un tel avion est longuement testé pour ce type de désagrément et les experts estiment qu'il est fort peu probable que l'avion en ait souffert..
De telles chutes d'avion, à basse altitude, peuvent être dues au poids transporté, à une vitesse trop lente ou à une mauvaise répartition des charges. Les deux dernières réponses sont à exclure, on imagine mal en effet le pilote de l'avion, très expérimenté, être négligeant sur des détails aussi importants. Concernant le poids transporté, l'avion était prévu pour une charge de 10 personnes, et en contenait quatorze.
Mais parmi ces quatorze passagers, la moitié était des enfants, âgés de 1, 3, 4, 7 et 9 ans pour la famille de "Bud" et 4 et 5 ans pour les enfants de la famille les accompagnant. Reste à déterminer si le poids des bagages a pu déstabiliser l'appareil, ce qui semble improbable.
Hasard? Châtiment? Retour de bâton? A chacun sa réponse. "Bud" vient tout juste de perdre deux filles, deux gendres, et cinq petits-enfants, dans l'avion écrasé du cimetière catholique de la Sainte Croix, non loin du mémorial pour les enfants non nés...
Cet article doit tout (ou presque) au blog Américatho qui fut le premier blog francophone à relater cette nouvelle.
C'est un glissement sémantique qui s'est opéré au fil du temps, dans le discours du gouvernement comme dans celui des journalistes. En l'espace de quelques années, le délinquant est devenu un jeune, le jeune une victime, puis l'actualité a révélé la dangerosité de l'automobiliste, l'automobiliste est devenu un délinquant de la route, une sorte de voyou de la pire espèce. Il n'avait pas d'excuses, même pas le statut de victime de la société.
De fait, il fallait surveiller plus attentivement cet individu dangereux, avec force radars et contrôles de police. On ne laisse pas ainsi un délinquant en puissance, en liberté, sans le surveiller un peu, de prèt ou de loin. Les chiffres de la délinquance n'étaient pas bon, il fallait rassurer l'opinion, et l'automobiliste, lui, courrait toujours, à défaut, il roulait encore... et mal!
Les forces de l'ordre (contre le chaos routier) ont fait du bon travail. Les morts sur la route ont baissé mais cela n'a pas été sans mal : il fallait, nous disait-on, une prise de conscience, de la part de l'automobiliste, ce qui n'était sans doute pas faux, même si l'état des routes n'a pas été examiné.
Tout porte à croire qu'à Bordeaux, le message a été entendu, comme ailleurs. Mais on y a trouvé pire engeance que l'automobiliste, en la personne du cycliste! Une dizaine d'entre eux a subi un contrôle à l'éthylotest, contrôle positif, ce qui les a conduit en cellule de dégrisement, dans la nuit de jeudi à vendredi dernier.
Emmenés au commissariat pour quelques verres de trop, ils ont pu être fouillés au corps, contraints de se déshabiller, puis ont été interrogés par des agents plutôt agressifs selon les témoignages, les soutiens gorges ont été confisqués tout comme les ceintures et les lacets, puis ils ont dû passer toute la nuit en cellule de dégrisement. Bien sûr, les sacs ont été fouillés et détaillés par des agents scrupuleux de bien faire régner l'ordre, mais l'ordre républicain, s'ilvousplait!
Un de ces "délinquants" aurait même été contraint, après avoir traversé la ville dans un camion de police direction le commissariat, à plus de 70km/h, toutes sirènes dehors, à ôter, selon lui, son caleçon...
Suite à cette folle nuit, ils se sont vu remettre une convocation pour une mesure de composition pénale. A Bordeaux, il ne faut pas trop abuser du vin, même en vélo!
Une de ces cyclistes revenait d'un congrès et avait privilégié le vélo, sachant bien qu'elle boirait un peu, comme chacun le fait dans ce type de réception, à l'image de cette chargée de communication qui avait bu, selon elle, cinq verres de vin uniquement.
La mairie de Bordeaux a réagi, expliquant que les deux roues sont particulièrement victimes d'accident de la route, ce à quoi Didier Fénéron, le président de l'association Vélo-Cité, pour la promotion et la défense de l'utilisation du vélo, a répondu "Il y a un amalgame entre les deux-roues motorisées et les cyclistes".
Ces arrestations sont assez effarantes, tout autant que la déclaration du patron des policiers girondins, qui rappelle que même un piéton en état d'ivresse, contrôlé par la police, tombe sous la responsabilité des agents, ce qui est compréhensible et fait suite à la triste affaire d'un piéton, mort noyé, alors que la police l'avait rencontré en état d'ivresse puis laissé repartir. Mais de là à organiser la "prohibition" comme ce fut le cas aux États-Unis, il n'y a qu'un pas. Si vous buvez un coup, restez sur place! On ne sait jamais : dehors, la police rôde!
Le plus pathétique de l'affaire est certainement le discours qu'a tenu l'une des contrevenantes sur la radio RMC. Elle explique bien "ne pas contester" son contrôle. Son cas est pourtant simple : elle avait un peu bu et, très certainement, pour ne mettre personne en péril avec son véhicule, elle a pris son vélo. Il y a tout de même plus répréhensible. Autant parler du syndrome de Stockholm!
Ne jetons pas non plus la pierre aux agents de police, quelques uns se sont dits écoeurés selon les témoignages, on parle de pressions de la hiérarchie vers les résultats escomptés. Des policiers se plaindraient de la mauvais image qui ressort de la police et considèrent sans doute que leur rôle est ailleurs.
Est-ce la fonction de la police qui est dévoyée par le gouvernement? Est-il bien normal que les services de police soient soumis à résultat, avec objectifs? N'y a-t-il pas comme un glissement vers une forme de surveillance et d'oppression (même légère) du français moyen? Si cette nouvelle a été diffusée par la presse, l'a-t-elle été assez? Et enfin, comment les policiers sont-ils recrutés?
Que le lecteur se rende sur les récits faits dans la presse, notamment celui du journal Sud-ouest, pour des informations bien plus complètes.
On peut lire les différents articles parus, ici, ici, ici, et là
Comme chacun le sait désormais, de nouvelles plaques
d'immatriculation seront en circulation sur tout le territoire
français, dès le 15 avril. Le système sera différent du système actuel,
qui parait-il est à bout de souffle. Ainsi que le gouvernement s'y
était engagé, un logo permettra d'y indiquer de quelle région le
conducteur est originaire. Ce logo n'est bien sûr qu'une coquetterie
identitaire, mais une coquetterie à laquelle, semble-t-il, une certaine
importance a été accordée, au moins dans le soin porté au dessin du
logo.
Jusqu'ici tout un chacun peut mettre une indication autocollante
sur sa vitre arrière, ce n'est pas interdit et relativement fréquent.
Sont donc représentés le beffroi de Douai et autres drapeaux breton,
corse, basque ou encore les symboles des différentes régions de France
à l'arrière de nos voitures.
Pour les plaques d'immatriculation, si le choix sera libre pour la
région, le logo, lui, sera imposé. Que chacun prenne le temps de découvrir le logo de sa région,
cela en vaut la peine. L'Ile de France est représentée par une étrange
étoile de couleur rouge, un rouge tout à fait vilain que ne renierait
pas une entreprise du bâtiment ou mieux encore, une administration
publique.
Ajoutons aussitôt que d'autres régions ne sont pas en reste, comme
la Picardie avec son improbable "P" stylisé, ou la région de Guadeloupe
avec un soleil en coin, tandis que le Poitou Charente se trouve
sagement au milieu d'une carte de France posé de travers dans son cadre.
La Bretagne et la Corse gardent leurs drapeaux bien connus, tandis
que la Champagne-Ardennes devra arborer deux coeurs, l'un dans l'autre,
de couleur verte et jaune (d'un goût exquis!). Que dire de la Franche
Comté, au contour bleu sur une France en rouge (si quelqu'un a une
idée...)? Se peut-il que les deux traits bleu et vert de la région du
pays de Loire dissimulent une symbolique plus profonde qui au premier
abord échapperait à l'observateur profane?
La ch'ti reconnaîtra-t-il son beffroi dans le schéma stylisé qui
en a été fait, le normand son drakkar? La Rhône-Alpes n'aura pas ce
problème à gérer : Le fond de son logo est magenta (ou mauve, violet?)
et il est tout simplement écrit dessus, de façon vaguement stylisé,
"RhôneAlpes".
Je ne sais pas combien a coûté la confection de ces logos... ni
dans quelle mesure ils sont vraiment différents des précédents les plus
modernes.
Toutefois je me demande un peu pourquoi il est nécessaire de ne pas garder les drapeaux traditionnels, qui ont une histoire précise, que n'ont pas ces logos stupides qui nous seront imposés dans quelques jours.
Et bien sûr, c'est l'étoile de l'Ile de France qui me choque le plus,
étant concerné. Qu'on se reconnaisse dans un drakkar, dans un coucher
de soleil, je le veux bien. Mais pas dans cette étoile stupide.
A tout prendre, les trois fleurs de Lys me convenaient parfaitement...
Mais puisqu'il semble être dit qu'il faut tracer un trait sur
l'Histoire de toutes les régions, alors...
Peut-être vous souvenez-vous de ce jeune ministre radieux, mère
d'un nouveau-né, posant juste après la naissance de l'enfant, non loin
du papa, un papa au sourire un peu niaiseux et balourd, et qui ne
semblait pas très à l'aise? C'est le ministre qui avait souhaité cette
rencontre. Et ce ministre s'appelait :
(Non, nous ne parlons pas du père de l'enfant de Rachida Dati!)
C'est bien de Ségolène Royal dont nous parlons. Elle fut l'une des
toutes premières à mettre en scène sa vie privée pour servir son
parcours politique, alors que la pipolisation de la vie politique ne
s'imaginait même pas. A la clinique, c'est avec un sourire radieux
qu'elle pose, en 1992, avec son nouveau-né dans les bras, utilisant
au-delà de son image, celle de sa famille.
Il faut dire que Ségolène Royal avait certains atouts à exploiter
: elle est femme et même plutôt jolie femme. Pour se démarquer de tous
ces hommes au pouvoir, elle tente de s'imposer par l'image, une
image qui colle avec celle de la femme de l'époque, bien souvent mère,
et bien souvent active en même temps, parfois très ambitieuse... Nous
sommes juste à la fin de l'ère du "golden boy".
Assez curieusement, aujourd'hui Ségolène Royal continue à coller à
l'image de son temps. A son âge, elle a vécu son mariage avant de se
séparer de son mari, elle a des enfants, une situation, son mari vit
désormais ses aventures de son côté, elle du sien. Elle est restée
indépendante. Dans les deux cas, les journaux tiennent le public
informé, par photos interposées des vies de l'un et de l'autre.
Les journaux ne s'arrêteront jamais de le faire. Le public est
capricieux. La première photo parue, la personne découverte au détour
du magazine devient une manière d'"héroïne", notamment en laissant sa
vie privée déborder dans la presse. Le public attend alors la suite de
l'histoire, tout comme dans les séries télévisées en plusieurs
épisodes. Tant que la série marche, il n'y a aucune raison de
s'arrêter et la jeunesse passée, c'est le goût du scandale qui attire
le public.
Cette fois-ci c'est Paris Match qui a surpris l'ex-candidate
malheureuse aux élections présidentielles, au bras d'un homme, dans une
station balnéaire en Espagne. Les photos ont paru dans la presse et
comme chacun le sait, Ségolène Royal a répliqué en attaquant le journal
en justice. Mettre en avant son image lui convient, mais seulement
lorsqu'elle le souhaite.
Si la candidate socialiste réclamait 50.000 euros de réparation et
8.000 euros de frais de procédure, mettant en avant la violation de sa
vie privée, elle n'obtiendra que 14 000 euros et 2000 de frais de
procédure, assortis d'une leçon de morale du juge.
Celui-ci a en effet déclaré "L'étendue du préjudice invoqué doit être appréciée à la mesure de
la discrétion relative dont (elle) a entendu s'entourer, depuis de
nombreuses années", ajoutant "Il suffit à ce propos de relever que notamment ces derniers mois, à
l'occasion de la parution de deux ouvrages, ou à l'occasion d'échéances
politiques, elle a abondamment communiqué sur sa vie familiale avec ses
enfants."
Oui, les mêmes causes amenant les mêmes effets, l'on ne peut guère s'étonner que nos politiciens et nos politiciennes, après
s'être servis des journalistes pour arriver à leurs fins, ne voient la
situation se retourner. Car si les politiciens existent à travers la
presse, la presse, quant à elle, s'est trouvée un nouveau débouché
commercial, après les "stars", chez les politiciens...Ils l'auront, trop souvent, bien cherché!
Ecce homo crie la presse. Dans la foule, de nombreux catholiques, "43%" d'entre eux selon un sondage paru pour le JDD. Ils hurlent comme les autres à l'égard du pape, ce qui fait dire à certains observateurs que le "pape se coupe de sa base". Ces observateurs ne sont pas des plus mauvais habituellement, mais ils s'égarent comme ç'en est désormais l'habitude, à voir le pape comme un chef de parti élu, d'un quelconque pays démocrate. Si le sondage est saugrenu. Il n'en a pas moins été commandé et diffusé.
En attendant, on se délecte : après la levée de l'excommunication des évêques traditionalistes, après l'excommunication autour de l'avortement pratiqué sur une fillette de neuf ans, viennent les propos du pape sur le préservatif, qui aggraverait selon lui la situation dans la prévention contre le sida. Aussi, bien sûr, la foule demandera Barabas... et la démission du pape.
Oui... Car tout cela rappelle les zheures les plus sombres de l'obscurantisme le plus ténébreux du moyen-âge! Car nous, en morale, nous nous y connaissons. Ce n'est pas à nous, qui vivons au XXIème siècle qu'on va en apprendre, même après les deux plus terrible guerres que la terre ait porté, il y a quelques dizaines d'années seulement! Nous ne sommes plus, justement, au moyen-age et le pape peut dire ce qu'il veut! Que dit-il au fait? Ah oui... mais qu'a-t-il bien pu dire?
En réalité, il n'a rien dit de bien spécial, qui n'ait pas déjà été dit, il a simplement rappelé les positions de l'Eglise, sans en ajouter. Tout a été monté en épingle par la presse et quelques associations, qui tout en étalant leur indignation se permettent de refaire parler d'elles, même brièvement, par une prise de position claire, même si elle reste convenue.
Tout d'abord, l'évêque négationiste, Robert Wiliamson, n'a pas été réintégré en tant qu'évêque, l'excommunication le concernant a juste été levée, ce qui signifie qu'il peut désormais, comme un simple fidèle, et guère plus, communier parmi les autres catholiques. On sait que depuis la position de l'Eglise a été claire sur le négationisme, qu'elle ne cautionne pas et le pape l'a redit : il ne savait rien des propos de "l'evèque" et les a condamnés fermement. La demande de levée des excommunications émanait des évêques traditionalistes eux-même. Cela n'enlève rien au fait que Vatican II devra être discuté, à nouveau, avec les évêques traditionalistes, Rien n'est donc encore joué pour une pleine réintégration.
L'indignation autour de l'excommunication après l'avortement pratiqué sur une fillette de neuf ans est à nuancer largement, en suivant les faits, en suivant l'historique. Mais le sujet dépassait cette pauvre enfant, abusée par son beau-père. L'avortement des jumeaux est, dans la pensée de l'Eglise, un drame qui s'ajoute à un autre drame. Il ne s'agit pas d'un prêtre en habit, narines fumantes, père la vertu fulminant son excommunication sur une pauvre enfant. Elle ne l'a d'ailleurs pas été, à la différence de son entourage et de ses médecins.
Pour un avortement, l'excommunication est automatique... c'est ce qu'a rappelé l'évêque. Si les soins donnés à la fillette avait entrainé la perte des embryons, il n'y eut pas eu d'excommunication, c'est la volonté délibérée de le pratiquer qui est en cause. Il s'agit d'une règle stricte avec laquelle on ne transige pas. Pour l'Eglise, l'avortement est, ni plus ni moins qu'une sorte de meurtre, qu'Elle ne saurait tolérer. La chose n'est pas nouvelle. Elle n'empèche pas la compassion.
Mais il s'agit en soi d'un fait divers géographiquement lointain, autour duquel tout un chacun a émis une opinion. On ne connait pas l'enfant. Lui a-t-on demandé son avis à son âge? Il est à craindre que non. On ne lui avait rien demandé non plus auparavant. Le tout est sordide. Il se dit que sa santé n'était pas réellement en danger. L'accouchement se serait fait par césarienne, si la grossesse avait été menée à terme. Au Brésil, pays très catholique, un véritable bras de fer se joue entre pro et anti avortement et tout cela se joue bien au-dessus de cette petite infortunée, qui ne demandait sans doute pas tant de publicité autour de son malheur, un malheur dont tout un chacun se moquerait si l'on ne se servait pas de sa mésaventure.
Il sera utile de lire également ce que le pape a vraiment dit au sujet du préservatif. Ici aussi, il est dans la logique de l'Eglise, maniant les interdits, la compassion et la charité. Là non plus, rien d'extraordinaire, rien de nouveau.
En attendant, le pape s'est bien rendu en Afrique, où il a été chaleureusement accueilli. En attendant le pape y a dénoncé, au-delà de la guerre, la cupidité et la corruption, mais aussi les activités des multinationales, il a exorté les plus puissants des africains à aider les plus pauvres, il a appelé l'Afrique à devenir le continent de l'espérance. Si son appel a été entendu sur place, s'il a soulevé un véritable enthousiasme, si beaucoup d'efforts devront y être fait, c'est avec beaucoup de justesse que le constat a été dressé. Personne d'autre ne pouvait le faire aussi justement.
Et ce sera toujours un avant-gout du 2 ème Synode d'Afrique qui se tiendra en octobre. En effet, au-delà de l'usage du préservatif, au-delà de telle et telle récrimination de l'occident envers le pape, les prêtres d'Afrique sont plus proche des réalités africaines que ne le sont nos penseurs occidentaux et sont plus à même de dénoncer les travers de leur société, n'excluant pas même de faire leur auto-critique...
Ce sont ces réalités qu'ont masqué durant le séjour du pape les différentes prises de position des journaux français. Dans une époque qui aime tout simplifier, le pape est parfois trop complexe, il faut souvent bien l'écouter... à défaut, ses propos sont déformés et simplifiés. Car c'est bien une forme de mépris pour les "nègres" qu'ont vu la plupart des africains dans les discours autour du préservatif de l'occident. Et on ne peut que se joindre au pape pour souhaiter que l'Afrique devienne réellement le continent de l'espérance.
La rapidité de l'information et sa disponibilité font qu'elle n'est pas toujours, sous couvert de neutralité, aussi nuancée qu'il n'y parait, d'autant qu'il faut qu'elle passe vite, faute de perdre une grande partie de son intérêt. Aussi est-elle, même lorsqu'elle est incomplète, diffusée le plus vite possible. On ne peut attendre. Le temps, dit-on, c'est de l'argent...
Est-ce la raison pour laquelle les propos tenus par le pape, dans l'avion qui le menait en Afrique, cette semaine, en réponse à un journaliste qui l'interrogeait, ont été tronqués? Nul ne le sait! Mais une fois le propos déformé, la charge a été lancée. Ainsi le pape aurait dit "On ne peut pas régler le drame du sida avec la distribution de préservatifs, qui au contraire augmentent le problème"
Du moins, cette fois-ci, le pape a-t-il vraiment cité le mot "préservatif", contrairement à Jean-Paul II, vilipendé à l'époque par tous, avant de devenir une sorte de saint laïc, le jour de sa mort.
L'information passée, l'ensemble de la presse l'a reprise et il devenait difficile de rétablir la vérité telle qu'elle a été. Ainsi chacun s'est senti obligé, dans le petit monde politico-médiatique français, de lancer une petite pique à l'intention du pape, le taxant de meurtrier ici, d'irresponsable là, le disant problématique dans l'ensemble, en tant que pape.
Peut-être, mais nous pourrions aussi nous interroger sur nos personnalités françaises. Pas un seul n'a attendu d'avoir le texte en son intégralité. Personne n'a cherché à savoir ce que le pape avait réellement dit. sans doute faut-il savoir hurler en même temps que les autres, à défaut, l'on est pas entendu.
Se félicitant d'abord de l'action des organisations catholiques, Benoit XVI a simplement répondu à la question d'un journaliste concernant la position de l'Eglise : "La position de l'Eglise catholique sur la façon de lutter contre celui-ci (le sida) est souvent considérée comme n'étant pas réaliste et efficace" disait le journaliste.
Ce à quoi le pape a répondu, en prônant la responsabilité de chacun et la charité envers les malades, l'allusion au préservatif n'étant qu'une a-parté. Que le lecteur prennent son temps pour se faire une idée juste en allant lire la réponse de Benoit XVI, bien plus profonde que le propos qui lui est attribué.
Cette démarche médiatique et les réactions qui s'en suivent restent pourtant surprenantes. Peut-être faudra-t-il un jour expliquer que le pape est catholique, et qu'il ne prônera rien autre qu'un idéal chrétien de chasteté, avant mariage.
"Malgré" les déclarations des papes, il est à noter que les pays africains à tendance catholique sont parmi les moins touchés par cette maladie. Et, les africains n'ont pas attendu la presse française, pour accueillir chaleureusement Benoit XVI, notamment pour une grande messe à Yaoundé...
L'on peut parier que son voyage, comme aux Etats-Unis, comme en France, sera une véritable réussite.
Voila, c'est fait. La France réintègre
l'OTAN après que le général de Gaulle l'en ai fait sortir il y a de
cela bien des années, dans un contexte, nous dit-on, parfaitement
différent. Oui, car depuis, de l'eau a passé sous les ponts, la France
n'a plus la même aura, elle n'a plus les moyens de sa politique, plus
la même influence, elle ne peut plus porter sa voix dans le monde. Elle
est seule et preuve en est, sur une carte, elle ne représente que bien
peu de chose...
C'est donc inéluctable pourrait-on croire et c'est bien ce que nous
expliquent quelques chroniques bien senties, qui laissent deviner
combien le moindre regret serait mal placé, comme une forme de
nostalgie, voire d'un nationalisme mal placé, dans un pays qui n'a plus
les moyens, on le répète, de ses ambitions, et qui sera laissé pour
compte sur le bas-côté de la route, s'il se rebiffe. Non plus le mouton
noir de l'Europe, mais pire encore, de toute la partie occidentale du
monde!
Tiens!
La France n'a plus les moyens, plus la même
influence politique? Qui plus est sa langue est sur le déclin selon
journalistes et politiciens. C'est un fait. C'est ainsi. Personne n'y
peut rien. La situation est comme tombée du ciel. Une fatalité. Les
oracles ont été consultés. Et ils ne sont pas bon. Mais... on ne sait
pas pourquoi et on ne se posera pas davantage la question.
On se demandera pas pourquoi la France n'a pas mieux soutenu tout
le réseau des alliances française, lequel permet sur tous les
continents d'enseigner (partant de l'apprendre...) le français et la
culture française, constituant parfois un point de départ pour
l'apprentissage entre dialectes locaux.
Il faut bien dire qu'ayant intégré l'Union européenne, la France ne
s'exprime plus toujours en français et que parfois même, certains des
membres de son gouvernement encouragent chaleureusement l'usage de
l'anglais, pour une meilleure "compréhension" entre les européens. Il
faut savoir faire des choix!
D'ailleurs, dès l'application du traité de Lisbonne, dès que les
peuples réticents auront fini par céder en votant oui et en acceptant
les conditions de l'Union européenne, un ministre des affaires
étrangères européen s'exprimera pour toute l'Union, en anglais, comme
il va de soi. Cela n'a donc plus qu'une importance relative. Mais la
France aura son mot à dire! Enfin, juste un peu, parmi les autres... et
pas trop fort, il ne faut pas exagérer!
On ne se demandera pas non plus pourquoi la France a laissé passer
une grande partie de son influence dans le monde, préférant se retirer
de pays dans lesquels elle avait une large place, même si le climat
social ne s'y prête plus toujours. Mais la France ne regarde plus au
large, elle regarde l'Europe. Elle n'a plus de monnaie propre et paye
ses impôts à l'union européenne. Cependant elle agi, on vous le re-dit!
Mais de concert, de loin... et avec les autres... en bande.
Et puis après tout, qu'est-ce que la France? A-t-elle encore une
identité? Tout porte à croire qu'elle est prête à l'abolir. Elle a
abandonné petit à petit une bonne partie de sa souveraineté avant de se
donner corps et bien à l'Union européenne, puis aux Etats-Unis à
travers l'OTAN.
Petit à petit, elle démoli ses vieilles églises.
Elles tombent en ruine. Leur pierre s'effrite. Sans doute, pendant des
siècles, des gens y ont prié et s'y sont mariés, des enfants y ont été
baptisés. Mais la situation est comme tombée du ciel. Elles coutent
trop cher. C'est une fatalité. On a consulté les oracles. On y peut
rien...