Il n'aura échappé à personne que deux très jeunes enfants, 10 et 6 ans, soupçonnés d'avoir volé des vélos, ont été interpellés par les services de police à la sortie d'une l'école de la banlieue bordelaise, du côté de Floirac, à moins de ne possèder ni la télé, ni l'ordinateur et de ne pas lire la presse.
La mère de l'un des deux petits raconte à qui veut l'entendre, mais surtout à des journalistes, comment son petit a été arrêté comme un vulgaire délinquant, alors qu'il allait chercher son cousin, et elle ironise, disant que, bientôt, c'est à la sortie des crèches que l'on viendra chercher les petits enfants, pour les emmener au poste de police. C'est le
journal Sud-Ouest qui a le premier révélé toute l'histoire.
Aussitôt les partis politiques ont fait part de leur désapprobation, les magistrats de leur inquiétude, les blogs s'interrogent sur la tournure que prennent les choses le directeur de l'établissement scolaire ainsi que les parents d'élèves haussent la voix pour bien dénoncer la situation, tandis que le Directeur de la sécurité publique de la Gironde se range du côté de ses collègues policiers, tout comme le ministre de l'intérieur. Les policiers, selon le directeur de la sécurité publique, "ont des comptes à rendre au parquet" suite à la plainte engagée. Les syndicats de police ne sont pas d'accord et y voient une dérive sécuritaire et un excès de zèle.
A lire les témoignages de parents, c'est tout juste si une cellule psychologique ne devrait pas être montée pour les petits écoliers...
De quoi s'agit-il? La mère d'une petite fille croit reconnaitre la bicyclette qui a été volée à sa fille quelques temps auparavant. Elle demande à l'enfant de la lui restituer, mais celui-ci refuse. Elle se rend alors chez le directeur de l'établissement scolaire et en demande la confiscation. Le directeur reste prudent, il n'en fait rien, n'ayant pas de certitude. Il ne peut tout de même confisquer un vélo de cette façon, sans savoir. La mère porte plainte et les services de police agissent, en interpellant les enfants avec un dispositif disproportionnée, à deux voitures, avec six policiers. Ils se cachent devant l'école, puis le moment venu, emmènent les deux enfants au poste de police pour les interroger, comme on le ferait dans un téléfilm pour de dangereux criminels.
Bien sûr ,la mère n'est pas de suite informée de la chose, elle le sera au bout de 5 mn selon la police et au bout de 45 mn selon elle-même. Les enfants seront auditionnés deux heures durant et le fils de cette femme avouera à cette occasion avoir emprunté, selon ses propres termes, le vélo, mais tout le monde sait que les policiers savent être pressant. Ce n'est que plus tard que la mère du petit Hicham, dix ans, accusé d'être en possession de la bicyclette volée, fournira une attestation sur l'honneur, émannant d'un adjudant-chef de la base aérienne 106, à Mérignac, laquelle précise que la bicyclette avait été offerte en cadeau à l'enfant. Le voici donc couvert, tout est au mieux.
Mais ce n'est pas la seule version de l'affaire, car malgré les cris de désapprobation des uns et des autres,
selon LCI (en bas de page), "Le directeur de l'école Louis-Aragon a entendu pour sa part une autre version provenant de la mère qui avait cru reconnaître le vélo de son fils : elle lui aurait affirmé que "
tout était rentré dans l'ordre" et qu'elle "
avait pu récupérer le vélo". "
Voici donc un fait divers des plus curieux... Tout d'abord le comportement de la police, qui ne craint pas de se rendre ridicule avec son dispositif, la mère qui va crier partout que son fils est arrêté, au risque d'attirer l'attention sur elle et sur lui, les pleureuses publiques, elles, sont habituelles.
En attendant, personne ne s'interroge sur le comportement des uns et des autres. Et si les policiers avaient voulu effrayer un enfant bien connu de leur service, pour l'inciter à ne plus recommencer? Et si finalement les tractations, en coulisse, avaient arrangé les choses entre les protagonistes? Autant de questions que l'on ne pose pas...
En attendant, l'on se demande pourquoi un tel fait divers, si anodin, est mis sur le devant de la scène! On vole des bicyclettes tous les jours. Certes, le dispositif policier était disproportionné. Sans doute, cela fait un peu désordre à la sortie d'une école! Mais il est regrettable que l'information n'ait été traitée que suivant les cris de protestation d'une seule personne... On ne sait pas par exemple pourquoi ce petit Hicham va seul à l'école, pourquoi il va chercher son cousin et son petit frère dans les écoles voisines. On ne sait pas ce qui a conduit les policiers a aller chercher directement l'enfant, sans passer par la mère, etc, etc...