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Le blog de Blaise
jeudi 18 juin 2009, a 21:38
Entretien avec Sylvianne Spitzer, de «SOS HOMMES BATTUS»
 

Voici un entretien qui sera proposé très bientôt au journalisme citoyen. Je dois dire que je suis très heureux que Madame Sylvianne Spitzer ait accepté de répondre à ces quelques questions. L'entretien peut paraitre un peu long, néanmoins il me semble que les réponses qui y sont apportées méritent de passer un peu de temps à les lire.

La photo qui l'illustre est celle de Sylvianne Spitzer qui me l'a aimablement remise.

(Cet entretien a paru sur agoravox)

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Tout d'abord je tiens à remercier Madame Sylvianne Spitzer d'avoir si aimablement répondu à cette série de questions, envoyées  et renvoyées par courriel interposé. Je précise qu'il n'est en aucune façon question d'instrumentaliser la démarche de «SOS HOMMES BATTUS» ; cet entretien n'ayant aucun autre but que celui de faire connaître une réalité trop peu développée aujourd'hui dans notre pays. Selon la formule consacrée, la violence niée fait d'autant plus mal et aucune raison ne justifie le silence autour de la violence conjugale faite aux hommes.
 
 
Le lecteur, que cela intéresse, prendra aussi la peine de se renseigner sur l'association «SOS HOMMES BATTUS» à travers son blog et son forum, dans lequel des femmes interviennent aussi, toujours à propos ; le but n'étant pas d'opposer les hommes aux femmes dans une course à la victimisation. 
 
Je laisse la parole à Madame Spitzer, à travers l'entretien précité :

 
-Bonjour Sylvianne Spitzer, vous êtes présidente et fondatrice de l'association SOS Hommes Battus, mais également psychologue tenant cabinet, criminologue et profiler, ainsi que présidente de l' Association Nationale des "Profilers" et Analystes Criminels. 
 
Pouvez-vous nous en dire plus sur vos activités professionnelles et associatives?
 
Eh bien comme vous l'avez écrit, je suis psychologue en libéral. Je suis par ailleurs criminologue et j'effectue une recherche doctorale dans le domaine du profilage criminel.
Si je me recentre sur les victimes, j'en reçois en consultation dans le cadre d'agressions diverses : agressions physiques, abus sexuels, violences conjugales… J'ai créé en janvier 2008 l'association SOS Hommes Battus afin de proposer une aide psychologique aux victimes de la violence au féminin.

 
 
-Qu'est-ce qui vous a poussé à mettre en place l'association SOS Hommes Battus?
 
Tout simplement parce que dans le cadre de mes consultations, j'ai rencontré des couples au bord de la séparation qui s'inscrivaient dans cette problématique particulière. Lorsque j'ai voulu orienter ces hommes vers une aide plus adéquate, je me suis aperçue qu'il n'existait rien : ni association, ni structure, ni tout simplement prise en compte de ces hommes victimes de la violence de leur compagne.
 
J'ai donc décidé de créer mon association afin d'apporter un soutien psychologique à ces hommes perdus, terrorisés, torturés psychologiquement mais parfois aussi physiquement, via une permanence téléphonique. Il s'agit pour eux de trouver -enfin- quelqu'un qui les écoute parler de leur situation, de quelqu'un qui peut accepter qu'ils pleurent et surtout de trouver une personne au moins qui les croit et ne les dénigre pas. Il s'agit alors de leur montrer qu'ils peuvent regagner leur dignité. 
 
 -Existe-t-il une définition admise de la violence conjugale?
 
Oui bien sur il y a celle du code pénal (La loi n° 92-683 du 22 juillet 1992 modifiée par la loi n° 2006-399 du 4 avril 2006).
La reconnaissance de la violence conjugale concerne depuis peu non seulement les couples mariés, mais aussi les personnes déjà séparées (les « ex »), les concubins et les pacsés.
Néanmoins on ne parle que de violence conjugale au singulier car seule les atteintes volontaires à la personne (coups et blessures et viols) sont prises en compte. En effet, elles se voient et sont faciles à prouver par un simple constat médical.
 
Mais cela reste très restrictif. Rien sur les autres types de violences conjugales : psychologique, financière, sexuelle, sociale ….

 
 
-Y a-t-il une particularité dans les violences faites aux hommes dans le couple?
 
Oui. Je constate que dans les couples où c'est l'homme qui est victime il existe une forte violence psychologique. Cela peut durer des années avant que la compagne passe à "l'agir"  de la violence physique. L'homme déstructuré psychiquement n'est plus en état d'anticiper et de réagir. C'est alors que les coups, les morsures, les coups de pieds peuvent pleuvoir.
Alors que dans les couples où c'est la femme qui est victime, cela débute souvent par la violence physique. Il s'agit d'installer le souvenir de la souffrance physique. La violence psychologique s'installe par la peur des représailles puis la déstructuration de la personnalité se réalise petit à petit.
En fait, les «méthodes» sont les mêmes mais elles n'apparaissent pas dans le même ordre chronologique
.
 
-L'on admet généralement que les statistiques de la violence conjugale sont en dessous de la réalité concernant les hommes, en France. Selon vous, quelle estimation se rapproche le plus de la réalité? Existe-t-il des statistiques plus fiables dans d'autres pays et qui pourraient s'appliquer au nôtre?
 
En France difficile de savoir exactement.
On constate simplement que le nombre de plaintes de femmes victimes à tendance à diminuer alors que les plaintes des hommes victimes sont en légère augmentation. Si l'on se fie aux différentes études sur le sujet, le chiffre noir des statistiques des hommes victimes est important.
En Amérique du Nord, les études ont démontré que les meurtres au sein du couple étaient en diminution et cela depuis le début des années 90 (début de la communication de prévention sur la violence au sein du couple). Les Canadiens ont dès 1999 lancés de grandes études statistiques sur le sujet. La plus importante à ce jour est celle de 2007 où les chiffres parlent d'eux mêmes. Il y est même fait référence à 196 études et analyses réalisées entre 1997 et 2007 dans le monde entier qui montrent que la violence exercée par les femmes envers leur compagnon est égale, et parfois même plus élevée, que celui de la violence commise par les hommes.

 
 
-Un homme a généralement plus de force qu'une femme. Comment explique-t-on qu'un homme puisse recevoir des coups d'une personne plus faible, sans réagir, sur des délais parfois très longs?
 
Tout d'abord de façon générale, les hommes –tout comme les femmes- ne se mettent pas en couple avec la volonté d'entrer dans la violence. Chacun de nous est capable d'être violent. On nous a appris à nous retenir, à user de notre intelligence pas de notre force musculaire. On sait qu'on peut le faire, mais on préfère régler nos conflits sociaux comme amoureux d'une façon plus «intellectualisée». 

Ensuite, les hommes victimes de violence physique sont d'abord passés par la phase de destruction mentale. Rabaissés, humiliés, continuellement traités de «bons à rien, mauvais à tout» même devant les enfants, privés de leur capacité de décision et d'action, petit à petit ils perdent leur réactivité. Ils ne savent plus agir par eux mêmes. On a affaire à un vrai lavage de cerveau. L'homme est sans cesse dans l'obéissance parce qu'il ne sait plus faire autrement mais aussi parce que chaque «rébellion» donne lieu à des éclats voire à des représailles.
 
Enfin, ces femmes violentes savent utiliser la loi pour elles. En fait parfois elles n'attendent que ça : que leur compagnon réagisse. Cela leur permettra de déposer plainte pour violence conjugale s'il frappe à son tour ou abandon de famille s'il part du logement et avec toutes les sanctions immédiates que cela sous-entend : garde à vue, interdiction d'approcher du foyer, interdiction de voir les enfants…. Elles le disent d'ailleurs à leur compagnon. Donc s'il réagit, il se met immédiatement dans son tort. Les représentants de l'ordre tout comme la Justice portant plus de poids aux dires d'une femme qu'à celle d'un homme.

 
 
-Lors d'un précédent article sur ce sujet, des intervenants se sont offusqués de ce que l'homme puisse être décrit comme étant victime d'une femme, rappelant combien les femmes sont victimes des hommes, par trop souvent. Comment accueille-t-on votre association d'une manière générale?
 
Les associations d'aide aux femmes victimes de violence conjugale font comme si SOS Hommes Battus n'existait pas. J'ai demandé à plusieurs d'entres elles de bien vouloir mettre un lien de leur site vers le mien, cela m'a toujours été refusé.
Le fait que l'association soit présidée par une femme fait que nous ne sommes pas attaqués de toute part. C'est plus «sournois». Certaines féministes ou femmes victimes de violences n'hésitent pas à contacter les étudiant(e)s qui travaillent sur le sujet des hommes victimes en les insultant et en les accusant de «traîtrise».
L'association fait néanmoins son chemin par le bouche à oreille : services de mairie, assistantes sociales, éducateurs, médecins… donnent nos coordonnées.

 
 
-L'association se retrouve sous la forme d'un blog, avec un forum. Dans le cadre de l'association, vous tenez aussi une permanence. Recevez-vous de nombreux appels?
 
Oui, en tout cas par rapport à ce que j'en attendais !!
Au départ je n'ai pas décompté ni pris note des appels car je ne pensais pas avoir affaire à un tel phénomène. J'ai du commencé à prendre en compte le nombre d'appelants à partir de mars 2008. A l'heure où j'écris la permanence de SOS Hommes Battus a reçu plus de 450 contacts, par téléphone mais principalement par email. Soit environ 2 contacts par jour. Étrangement, il n'y a pas d'appel ou d'email pendant les périodes de vacances scolaires.

 
 
-Selon vous, est-il nécessaire que les infrastructures évoluent, par exemple avec des centres d'accueils à l'égal des femmes et pour quelles raisons?
 
Il ne faut pas qu'elles évoluent, il faut qu'elles soient créées !! Aujourd'hui il n'existe rien pour les hommes victimes de violences conjugales. Le 3919 est pour les femmes victimes. Les hommes y sont reçus sèchement et on ne leur propose pas grand chose. Les centres d'accueil pour victimes de violences conjugales ne sont pas adaptés pour les hommes. Les rares qui acceptent d'en recevoir hésitent car cela pose problèmes pour les femmes victimes de croiser si tôt un homme, ce qui peut se comprendre.
 
 
-Existe-t-il des infrastructures pour les hommes, dans certains pays européens, ainsi que dans le monde? Quels sont les ressorts qui en ont permis la mise en place ?
 
Oui, en fait les violences conjugales faites aux hommes sont prises en compte dans d'autres pays.
D'abord citons l'Allemagne qui a mis en place des structures d'accueil, certaines pour les hommes victimes mais d'autres aussi pour les femmes agresseuses.
 
La Suisse, bien qu'encore peu concernée par cette problématique, vient néanmoins d'ajouter à son foyer d'accueil pour les femmes victimes de violences conjugales, une "aile" pour accueillir les hommes victimes.
Et c'est tout en Europe.
La problématique des hommes victimes de violences conjugales est très prise en compte dans certains pays d'Afrique (Kenya, Ouganda, Tanzanie, Malawi, Zimbabwe, Botswana, Namibie, Afrique du Sud, Mozambique, Rwanda et Burundi). Contre toute attente, dans ces pays, les violences faites aux femmes ne sont pas considérées voire sont niées, alors que celles faites aux hommes sont étudiées et donnent lieu à des actions de prévention ou d'accueil.
En Afrique du Nord, les violences conjugales dont les hommes sont victimes sont extrêmement dénoncées. S'il n'existe pas d'institution pour les suivre, il existe des actions de prévention et de communication sur le sujet (Algérie, Maroc, Iran...).
Aux Etats-Unis, chaque état a mis en place des structures d'écoute et d'accueil pour les hommes victimes. Les dernières études menées par le "Department of Justice" chiffrent 1,3 millions de femmes et 835 000 hommes victimes de violence conjugale physique.
Enfin, bien sûr, au Canada et au Québec sont réalisées de très nombreuses études sur les violences conjugales. Il existe une communication gouvernementale, des associations, des institutions pour aider les hommes victimes de violences conjugales. D'autant plus que leurs études tendent à démontrer que la violence conjugale envers les hommes est plus fréquente que celles envers les femmes !

 
 -Cette violence conjugale envers les hommes est-elle un fait nouveau?
 
Non. Si vous regardez bien les images d'Epinal vous constaterez que ce n'est pas nouveau. Qui n'a jamais vu la représentation d'une femme armée d'un rouleau à pâtisserie cachée derrière la porte en attendant son mari ? Qui n'a jamais entendu dire que l'homme ne fait pas la loi chez lui ? Mais cela était censé faire rire car on était dans la caricature sociale avec des rôles soit disant inversés : un homme faible et une forte femme, mais en fait cela ne faisait que mettre au grand jour les différences entre ce qu'on montrait à l'extérieur et ce qui se passait lorsqu'on arrivait chez soi.
 
-Les victimes de violence conjugales sont-elles des personnes plus vulnérables que d'autres, à travers leur passé affectif par exemple? Ont-elles tendance à se sous-estimer par rapport à leur compagnon avant même que violence ne leur soit faite?
 
Ce n'est en rien un problème d'estime de Soi. Mais vous avez raison de le souligner, il existe un problème affectif. On est face à des hommes qui aiment les femmes, leur mère, leur compagne. Ils les mettent au dessus de tout. J'ai maintes fois été surprise de constater que les hommes victimes regardaient leur compagne comme « une madone sur un piédestal ». L'homme victime admire sa femme, est prêt à tout pour elle, il est à genoux devant elle. Il finit par céder à ses tous ses caprices, à toutes les exigences. C'est d'ailleurs souvent lorsque l'homme n'est plus en moyen de répondre à une exigence (problèmes financiers par exemple) que la femme devient ouvertement agressive voire passe à l'acte.
 
-Au-delà de la personnalité de chacun, existe-t-il des éléments déclencheurs à la violence dans le couple?
 
Oui, mais dire cela c'est ne pas prendre en compte le passé de l'agresseuse.
Les études canadiennes le démontrent et les témoignages que je reçois le confirment : ces femmes semblent  souvent atteintes de troubles de la personnalité avec des incapacités à supporter la frustration, avec des crises de colère aiguës, issues d'une famille dans laquelle la violence par les hommes (père ou frère) est déjà présente. Elles ont été des adolescentes mal dans leur peau, agressives ou violentes.
Contre toute attente, ces femmes se « calment » avec l'accès au travail ou à l'autonomie. Dès la mise en couple, certains traits réapparaissent, mais comme cela reste du domaine de ce que le conjoint qualifie "d'acceptable", cela passe.
Si toutes les situations ne se ressemblent pas, je note néanmoins une forte mise en place de la violence psychologique tout de suite après la naissance du premier enfant.
Le passage à la violence physique s'effectue souvent lorsque le compagnon se rebelle, envisage de partir ou de divorcer. C'est alors clastique.
   
 
-Il se dit parfois que la violence conjugale envers les femmes découle d'une société patriarcale. Avez-vous conscience de ce que votre initiative peut remettre en cause certaines idées sur notre société?
 
La seule chose que je remets en cause c'est la vision féministe actuelle qui veut que la femme ne soit qu'une victime soumise dès sa naissance. A croire que les femmes ne sont pas capables d'être dominantes, qu'elles ne sont pas dans "l'agir", qu'elles ne peuvent avoir de la violence en elles. Les faits divers nous démontrent tous les jours qu'il n'en n'est rien. De lointains souvenirs nous ramènent aux comportements des gardiennes de camps pendant la guerre et plus près de nous les photos prises à Guantanamo, nous montrent que les femmes agressent, torturent autant que les hommes.
En poussant le raisonnement au bout, on peut se dire que reconnaître qu'un homme puisse être victime d'une femme, c'est reconnaître l'égalité des femmes dans leur liberté d'action et de pensée.

 
-Qu'attendez-vous du rapport de la mission du député Guy Geoffroy, sur la violence psychologique dans les rapports conjugaux, qui sera rendu durant le mois de juin ?
 
Pas grand-chose,  j'en ai peur. SOS Hommes Battus a bien sûr écrit à Monsieur Geoffroy. La réaction de son staff a été de me demander des données sur les violences faites aux hommes. Comme s'ils n'avaient pas accès aux statistiques police et gendarmerie !! En tout cas SOS Hommes Battus n'a pas plus été convié à participer aux réflexions de la mission qu'aux Assises sur les violences intra-familiales ! On ne peut qu'espérer que la cause des hommes victimes de violences conjugales sera considérée.
 
-Enfin, quel conseil donnez-vous aux victimes de violences conjugales?
 
Partir !!!
C'est facile d'écrire cela car la victime de violences conjugales est dans le déni de sa situation. Hommes comme femmes victimes se sentent coupables de ce qui leur arrivent. La prise de conscience est parfois longue. De plus, ces victimes n'ont plus l'habitude de réfléchir et d'agir par eux-mêmes. Or avant même de fuir la situation critique il leur faut avant tout retrouver les capacités d'action propre.
C'est alors seulement que le processus de mise à distance peut se mettre en place. Soit la personne qui agresse est accessible aux soins et on peut espérer que cela s'arrange. Soit elle ne l'est pas (par sa volonté tout simplement en général) et il faut accepter de quitter une personne destructrice. Pour se reconstruire et pour retrouver sa dignité.

 
-Je tiens à rappeler que vous avez également écrit un guide sur les hommes battus. Comment peut-on se le procurer?
 
Oui, c'est un petit guide d'une vingtaine de pages que j'ai rédigé, que l'on peut glisser dans sa poche, qui explique ce que sont les différents types de violences conjugales, comment savoir si on est en situation d'abus et qui donne aussi quelques «trucs» pour s'en sortir.
Il est disponible uniquement via le site de SOS Hommes Battus ou sur mon site professionnel.

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Commentaires
#1
SOPHY écrit le jeudi 18 juin 2009, A 21:54
Blaise cette interview, est particulièrement bien menée

Quand vous prévenez le lecteur que le texte est long, je peux vous dire qu'il n'en est RIEN,
J'ai lu jusqu'au bout ce dialogue, sans sauter une seule ligne!
Une question tout de même :
Il est étrange que ce soit une Femme qui ait créé cette association, les hommes auraient ils honte de s'occuper du sort de leurs semblables..
J'ai toujours cette impression qu'un homme qui accepte la violence de la part de sa compagne (violence physique mais surtout violence psychique), a un problème "d'estime de soi"!
Il est certain, qu'un homme sensé nourrir sa famille et qui se retrouve au chômage, peut-être plus fragile que qu'un "Chef de famille", nourissant femme et enfants
#2
Blaise écrit le jeudi 18 juin 2009, A 22:20
Merci Sophy!

Oui, le président de l'association est une femme!

J'ai été surpris moi aussi en l'apprenant. Elle s'occupe aussi de bien des activités, comme le "profilage" sur les criminels par exemple. Une femme qui a plusieurs cordes à son arc donc et ses articles sur le sujet sont à lire!

Je crois que les hommes auront des difficultés à évoquer ce sujet. Je pense que l'image de l'homme qui nourrit sa famille est révolue, en revanche, je pense que la force physique le place en position de la protéger, s'il se plaint, il perd ce statut et donc une part de sa virilité, d'une certaine façon, lorsque c'est lui qui est battu.

Oui, il y a peut-être un problème d'estime de soi dans tout cela. C'est difficile à dire. Je connais un homme qui est battue par sa femme, mais qui n'en parle jamais.

C'est un homme très gentil en tous cas, trop? Je ne sais pas...

Je suis heureux de faire passer ce sujet, qui me semble vraiment important.
#3
Antisthene écrit le samedi 20 juin 2009, A 11:48
Il y a des années que des hommes s'occupent du problème ! Ils ne sont pas très visibles, parce qu'occultés par les médias, ce qui est très différent.

Les associations de père sont très engagées sur le sujet : au Québec, L'Après-rupture, en France Sos Papa et les autres.

Le premier livre francophone sur le sujet "L'homme battu" a été écrit par une femme, Sophie Torrent - mais c'est justement ce qui a décidé son éditeur, un homme, Yvon Dallaire, afin d'éviter le reproche de partialité. "La cause des hommes" qui évoque aussi le sujet est d'un homme, Patrick Guillot

En France vous pouvez consulter le site la-cause-des-hommes.com, qui abrite entre autres le GES (Groupe d'études sur les sexismes), lequel saisit systématiquement la Halde à l'occasion des camapgnes gouvernementales qui ignorent les victimes hommes.
#4
Blaise écrit le samedi 20 juin 2009, A 13:24
Bonjour Antisthène,

Merci du lien vers ce site, que j'ai visité ce matin.

Tout d'abord les définitions en "iste" me répugnent habituellement car je sais que derrière nous trouverons une part d'extrémisme, mais je dois constater que sur ce site, certaines réalités évidentes et niées jusqu'ici apparaissent, et dès lors je comprends bien qu'il s'agit aussi d'une réponse à l'exclusivité de la cause féminine.

Car finalement l'hominisme n'est pas plus ridicule que le féminisme, bien au contraire, puisque les hommes sont mal pris en compte par la justice dans les cas de divorce et pas toujours bien considérés dans leurs droits en tant que père, pour la garde des enfants notamment.

Lors de ma visite du site, je me suis désolé pour ce jeune homme allemand originaire de Turquie, contraint de se marier à une de ses cousines turques, réalité évidente que cette contrainte, puisque des jeunes femmes connaissent ce problème, mais à laquelle je n'avais jamais songé.

(la suite plus bas)
#5
Blaise écrit le samedi 20 juin 2009, A 13:25
Il faudra d'ailleurs analyser un jour cette façon de voir les choses : c'est comme si l'homme ne pouvait qu'être satisfait d'avoir une femme dans son lit, n'importe laquelle, alors que la pauvre épouse fermera les yeux en priant pour que cela finisse. D'une certaine façon, c'est très puritain... Le féminisme est-il une nouvelle religion? Ou un refus du sexe dans la relation? Je ne suis pas psy, mais il faudra qu'un jour je m'y essaye!

Je me retiendrai de faire de l'humour, autant que possible!

Je me suis aussi beaucoup amusé de la réponse de la HALDE à la requête de l'association : http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article270&var_mode=calcul

En effet, on ne fait pas plus hypocrite que la HALDE! Lorsque j'ai envie de rire un peu, je recherche leurs dernières interventions. Un blogueur s'est amusé d'eux lui aussi : http://fromageplus.files.wordpress.com/2009/05/haldenon1.jpg?w=510&h=675

Merci encore pour toutes ces informations.

Bien cordialement
#6
Blaise écrit le samedi 20 juin 2009, A 14:25
Sous l'article d'Agora Vox, Rodier parle d'Elisabeth Badinter et de ses interventions sur ce sujet.

J'ai trouvé un article du monde dans lequel elle intervient : http://www.lemonde.fr/savoirs-et-connaissances/article/2007/11/16/elisabeth-badinter-femmes-hommes-pourquoi-ne-parle-t-on-jamais-des-hommes-battus_979403_3328.html

En voici un extrait :

" Justement, il me semble que la situation des hommes battus est encore plus indicible que celle des femmes battues. Parce qu'être un homme battu est tellement contraire à l'image de la virilité que c'est encore plus honteux pour un homme de se dire victime de violences féminines que pour une femme d'être victime d'un homme.

Il faut se souvenir que c'est parce qu'il y avait eu une campagne de presque toute la société pour encourager les femmes à surmonter leur honte et déposer plainte, que, peu à peu, les femmes ont fait le pas d'aller à la gendarmerie ou à la police. Avec beaucoup de difficultés, car cela doit être très douloureux.

(suite plus bas)
#7
Blaise écrit le samedi 20 juin 2009, A 14:27
Pour les hommes, c'est une démarche encore quasiment impossible, qui doit donc être prise en charge par la société également. Je voudrais souligner que nous avons quelques études très partielles sur ces hommes objets de violences féminines, et tous expliquent que déposer plainte est une horreur, car ils sont l'objet de ricanements et de déni. Pour nous tous, spontanément, on ne peut pas imaginer qu'un homme se laisse battre par une femme. Or il semble bien que même si les hommes sont plus forts que les femmes (ce qui n'est pas vrai dans tous les couples), les hommes battus n'osent pas réagir et n'osent utiliser la même violence à l'égard de leur compagne pour la faire cesser. Voilà pourquoi, à mon sens, cette affaire ne peut pas être prise en charge par les seuls hommes, mais ce sont les associations, les psychologues, et peut-être aussi un ministère quelconque de la parité, qui doivent prendre ce sujet en charge. "
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