Deux ans de prison ferme ont été requis contre six jeunes algériens convertis au christianisme, pour exercice illégal d'un culte non musulman, ce mardi 25 mai, au tribunal algérien de Tiaret. La peine est en outre assorti d'une amende de 500 000 dinars, c'est à dire 5000 euros environ, pour chacun des prévenus, tandis qu'Habiba Kouider, dont le cas avait été médiatisé dans le monde entier et qui avait été arrêté en possession de plusieurs Bibles dans son sac, devra attendre le verdict à son encontre, suite à son report pour manque d'information.
Les six personnes accusées avaient été surprises à la sortie d'une maison, dans laquelle elles auraient participé à une messe non autorisées, selon l'accusation. En effet cela nécessite dans le pays deux autorisations : une pour le prédicateur et une autre pour le lieux de culte. Le culte doit être obligatoirement agréé par le ministère des affaires religieuses, ce qui n'était pas le cas ici.
Le cas d'Habiba Kouider est différent : elle avait été arrêtée en possession de Bibles dans son sac. Selon elle les policier l'ayant interpellée se sont dirigés directement vers elle dans le bus qu'elle occupait au retour de l'école d'étude biblique, lui demandant d'ouvrir son sac. Si les services de police dénombrent 25 Bibles dans le sac, le président de l'Eglise protestante d'Algérie déclare qu'elle n'en avait qu'une dizaine. Elle est accusée précisément de "prêche d'un culte non musulman sans autorisation" et risque jusqu'à 5 ans de prison ferme. La peine requise avait été de 3 ans uniquement.
A la première comparution de la jeune femme, le juge lui avait tout simplement proposé de redevenir musulmane, pour classer ensuite l'affaire et avait tenté de retirer les carnets aux journalistes présents. Son avocat avait rappelé que sa cliente n'était pas en train de prêcher au moment où elle avait été arrêté "Lorsque ma cliente a été arrêtée, elle n'était pas en train de prêcher. Elle ne distribuait pas des bibles. Elle était assise seule dans ce bus qui l'a ramenée chez elle ", rappelant "(qu') On ne juge pas sur les intentions, mais sur les actes." L'article qui l'amène au tribunal ne punit en effet selon El Watan, que "des cas flagrants d'« incitation, d'utilisation de moyens de séduction » afin de convertir des « musulmans à une autre religion » dans les lieux publics et aussi la fabrication et la distribution de documents imprimés ou audiovisuels visant à « ébranler la foi des musulmans »."
Cette affaire avait suscité des réactions dans le monde entier, le ministre des affaires étrangères français était intervenue, déclarant : "C'est triste, c'est choquant, d'abord parce que cela contrevient à la déclaration universelle des droits de l'Homme", ce à quoi le journal algérien "La liberté" avait répondu "On voit difficilement comment Rama Yade compte conjuguer les droits de l'Homme avec la diplomatie en s'emparant d'autorité d'une affaire traitée par un tribunal algérien". Elle avait en outre ajouté "Le christianisme ne menace pas l'islam en Algérie (...) Les chrétiens en Algérie sont 1% de la population, c'est-à-dire à peu près 11.500 personnes, 32 églises par rapport à 32.000 mosquées, donc je ne pense pas qu'il y ait une menace religieuse".
Est-ce en marge du procès d'Habiba Kouider que le chef d l'exécutif algérien, Abdelaziz Belkhadem a déclaré que "«la société algérienne» a pour Constitution «le Coran» ? C'est que laisse entendre le matindz.net avec pour titre, "Algérie : Belkhadem suggère la charia pour le pays". On se rappelle que le Le président de la ligue algérienne des droits de l'Homme s'était insurgé contre les poursuites envers Habiba Kouider, comme le journal El-Watan. Le tribunal chercherait à établir des liens entre les six algériens condamnés et la jeune femme, pour poursuivre son action judiciaire.
Ajout : Merci "aux lapins" pour cette vidéo très intéressante, que je dépose ici. Elle illustre parfaitement la situation et donne un renseignement complémentaire autour de ces chrétiens d'Algérie.
Une dépêche AFP relate des renseignements acquis de source policière : le maire adjoint ultra-orthodoxe de Or Yehouda est soupçonné d'être responsable d'un "autodafé" d'évangiles sur la place publique et subira en conséquence une enquête des pouvoirs publics, réclamée par le procureur de l'Etat hébreux, Menahem Mazouz.
Maitre Uzi Aharon (il est avocat) est du parti Shass et aurait bel et bien fait brûler des évangiles en place publique, devant la synagogue et les étudiants d'un école juive, pour dit-il, réagir face à "une activité missionnaire chrétienne intensive ", suite à des plaintes de la population. Les soupçons qu'évoque la dépêche seraient en effet largement fondés : le maire-adjoint a été pris en photo faisant brûler les livres, une photo qui a paru dans le journal israelien Maartiv.
Selon lui, les missionnaires "chrétiens" faisaient du porte à porte pour évangéliser les habitants de la commune et leur remettre des nouveaux testaments en hébreu. Par réaction il aurait réuni des étudiants (manifestement de l'école religieuse juive orthodoxe « Mikhtav Eliyahou ») pour récupérer les livres à chaque endroit où ils avaient été distribués : ce sont ces livres qui ont été brûlés, suite à la collecte.
Mais l'autodafé est mal passé auprès de certains commentateurs : pour le docteur Ephraïm Zorof, il rappelle la Shoah, là où seule l'activité missionnaire est dérangeante, selon lui : "Nous devons manifester du respect pour les livres saints du christianisme et de l'islam mais nous ne devons pas permettre une activité missionnaire auprès des adolescents". Aucun rabbin en revanche n'a voulu condamner cet acte, selon le site Maariv-Ngr, ainsi que le rapporte "L'écho d'Israël" .
Tout cela pourrait ne paraître qu'anecdotique, mais révèle une situation plus complexe. Les missionnaires sont en réalité des "juifs messianiques", c'est à dire des juifs qui reconnaissent Jésus comme le Messie, mais qui tiennent à se déclarer spécifiquement juifs. Dans cette région, ces juifs messianiques sont plus particulièrement issus d'Ethiopie (ce n'est pas le cas de tous les membres du mouvement) et il y a quelques années, plusieurs villes, dont celle d'Or Yehouda, leur refusaient la scolarisation des enfants, non pas, dans le cas présent, du fait qu'ils soient juifs messianiques, mais plutôt parce qu'ils venaient d'Ethiopie, à ce qu'il semble.
Plus tout à fait juifs pour les juifs, pas encore tout à fait chrétiens chez les chrétiens, les juifs messianiques sont un peu en marge de la société hébraïque. Si les représailles ne sont pas systématiques, l'écho d'israel raconte dans un dossier qui leur est consacré, qu'il sont parfois rejetés par d'autres juifs, parfois contraints de retirer leurs enfants des écoles, mais aussi qu'ils peuvent être violemment agressés. Ce fut le cas il y a peu de temps, avec un colis piégé, qui a blessé un jeune israélien dont la famille, juive messianique, avait déjà reçu plusieurs menaces de mort, "de la part de milieux juifs orthodoxes". Le black out aurait été décidé par le tribunal sur cette affaire, ainsi que le relate une dépêche.
Cependant les juifs messianiques sont bien acceptés par les israéliens les plus laïcs et sont particulièrement actifs en Israël dans tous les domaines, notamment sociaux, et participent aussi à chaque aspect de la vie sociale en Israël, accomplissant tous les devoirs de chaque citoyen israélien. Ils sont présents dans de nombreux pays, y compris en France, même si certains d'entre eux sont un peu décriés, notamment "les juifs pour Jésus".
C'est une femme intimidée qui comparait face au juge. Elle se trouve devant la cour pour "délit de chrétienté". Le juge, lui propose un marché, c'est à dire une chance d'éviter les trois ans de prison ferme qu'elle risque de subir à l'issue du procès : "Tu réintègres l'islam, et je classe le dossier ; si tu persistes dans le péché, tu subiras les foudres de la justice!". Ce procès ne date pas du moyen-âge, il ne sort pas des archives poussérieuses d'un quelconque pays, mais date simplement de ces derniers jours. Habiba Kouider a 37 ans, et la police a trouvé des Bibles et des évangiles dans son sac, elle a en conséquence été arrêté et conduite devant le juge.
Deux journaux relatent son passage au tribunal correctionnel, le Figaro et El-Watan. Aucun des deux ne se contredit l'autre et ils relatent, ainsi que le révèle le journal le Figaro, un procès "surréaliste". Habiba s'est convertie il y a quatre ans dans une église d'Oran. Alors qu'elle revient en bus de l'Ecole d'Etudes bibliques où elle étudie, des policiers contrôlent le véhicule et se dirigent tout droit vers elle, demandant à voir son sac. Elle est aussitôt après la découverte de Bibles et d'Evangiles, appréhendée avant d'être interrogée, qualifiée au passage de "mécréante". Devant le juge, la jeune femme n'a pas renié sa foi malgré les risques de prison ferme.
Ce n'est pas la première fois qu'un procès se tient envers des chrétiens, mais celui-ci est différent. Si jusqu'ici il s'agissait de prosélytisme, le cas d'Habiba est plus particulier, selon El Watan, "il s'agit du premier procès où la pratique libre de la foi chrétienne est vertement remise en cause". L'accusée a connu des difficultés à trouver un avocat pour la défendre. Le juge l'a prise de haut, a aussi demandé aux journalistes ce qu'ils faisaient là, les a menacés de "confisquer" leurs carnets de note. Il a en outre rappelé qu'en Algérie, l'islam est religion d'Etat. Le Figaro finit son papier en écrivant "Sans rire, le ministre algérien des Affaires religieuses se veut rassurant : «La communauté chrétienne jouit de tous les droits ; mais nous luttons contre les sectes !»
En Algérie même, des voix se sont élevées et le procureur a dû réunir un point presse pour évoquer l'affaire, expliquant "il n'est pas dans l'intention de la justice de toucher à la liberté du culte, garantie par la loi et les textes en vigueur, qu'il s'agisse de musulmans ou non en Algérie", ajoutant c'est "une affaire liée à la pratique sans autorisation du culte". Le président de la ligue algérienne des droits de l'Homme s'est égaelment insurgé, demandant l'arrêt des poursuites. El-Watan aussi s'est à nouveau exprimé dans un discours tout à fait bienvenu : "Le locataire d'El Mouradia a lui-même exprimé son intolérance en affirmant sa préférence pour l'islamisme contre la démocratie (...) Cette folie anti-chrétienne vise incontestablement à introduire le wahhabisme au cœur de la société algérienne. L'Islam est en train de se répandre en Europe et aux Amériques mais, à ce qu'on sache , les autorités de ces contrées n'ont manifesté aucune inquiétude. Et nous avons tendance à oublier que nous crions au racisme, lorsque par hasard des réticences sont exprimées dans une quelconque ville occidentale contre la construction d'une mosquée. »
L'affaire est à suivre, six autres chrétiens seront jugés en même temps qu'Habiba pour prosélytisme et c'est seulement mardi prochain que le verdict sera connu. Si l'on en croit toute l'agitation autour du cas d'Habiba, la décision du tribunal ne devrait pas passer inaperçue et susciter à nouveau quelques remous dans la presse et dans les milieux journalistiques. Il est à noter que cette affaire survient alors que des chrétiens se sont déjà plaints ces derniers mois de l'attitude du gouvernement à leur égard, arrêtés parfois pour une simple prière entre chrétiens de naissance.
Le lecteur est invité à cliquer dans les liens indiqués dans l'article, qui sont tout à fait intéressants, pour chacun d'entre eux.
L'islam est devenue la première religion du monde en nombre de croyants, selon le journal officiel du vatican, dépassant le catholicisme pour le première fois de l'histoire. C'est en tous cas ce qu'affirme Mgr Vittorio Formenti, responsable des études statistiques du Saint-Siège, dans un entretien au journal "L'Osservatore Romano".
Les musulmans représenteraient 19,2% devant les catholiques, 17,4%. "Il est vrai qu'alors que les familles musulmanes, comme on le sait bien, continuent d'avoir beaucoup d'enfants, les (familles) chrétiennes ont au contraire tendance à en avoir de moins en moins", a-t-il déclaré.
Ces chiffres datent de 2006 et se sont les pays musulmans qui les ont remis aux Nations Unis... L'information est intéressante, mais n'est pas sans poser de nombreuses questions : sur quoi sont basés ces chiffres? S'il s'agit de la démographie des pays musulmans, alors le chiffre est biaisé : en effet l'Arabie Saoudite par exemple ne reconnait pas les conversions, pas plus que les athées, comme l'Egypte et tant d'autres pays musulmans.
D'autres pays renient les conversions également, ainsi l'Algérie avec les chrétiens, notamment en Kabylie et en Europe même, de nombreux musulmans convertis au christianisme ne le reconnaissent pas, car cela est interdit en islam, ainsi qu'a pu le rappeler Magdi Allam il y a peu, dont la conversion alimente la presse musulmane de propos acerbes. L'apostasie en Islam est normalement punie de la peine de mort...
D'autre part, que penser de ces chiffres, sur quelle base les a-t-on avancé? Les athées sont de plus en plus nombreux, y compris chez les baptisés. Mgr Formenti rappelle également que les chrétiens représentent encore 33% de la population mondiale, malgré tout, mais ce faisant il ne semble pas faire la différence entre sunnites te chiites, pas plus entre les différents courants de l'Islam.
C'est après une conférence de presse, donné par Mgr Gianfranco Girotti au quotidien du Vatican, L'Osservatore romano, que toute la presse a repris une curieuse nouvelle : la "liste des péchés" se serait allongée et comporterait désormais, en plus des sept péchés capitaux classiques, trois ou quatre péchés de plus. Poluer, se droguer, voire même s'enrichir à outrance serait devenu désormais péchés, loin de la désuétude un peu moyen-ageuse de la paresse, de la gourmandise ou encore de la luxure.
Les qualificatifs ne manquaient pas dans les titres des journaux. Notons à leur décharge que si l'information était vraie, ce serait un petit évènement. Ils évoquent un "dépoussiérage", une liste "Plus sociale, plus verte", etc, etc. Un article va même jusqu'à titrer que l'Eglise rallonge la liste des péchés capitaux...! L'on pourrait s'en amuser, pourtant la situation est inquiétante et laisse mal augurer du sérieux de la presse en général et de la presse professionelle en particulier. D'une information déformée, par une agence de presse, aussitôt tous les journaux ont fait leur titre, sans même vérifier leurs sources. Pire encore, ils se sont entêtés dans une information qui pour un lecteur averti ne pouvait que prêter à caution.
Sur Europe1, une jeune femme traite de cette information très sérieusement. Elle affirme "les sept péchés capitaux c'est de la vieille histoire finalement" et qu'à présent il existe quatre péchés de plus, avant de les citer précisément, sûre de son fait, développant une sorte de programme anti-péché qui sortirait tout droit de l'Eglise. La mondialisation a changé dit l'archevêque, selon elle, la nature des péchés, ce qui explique bien sûr ce revirement du Vatican...
France info a même pris la peine de faire un débat, dans un véritable dialogue de sourd selon le curé bloggeur Emmanuel Pic. Un autre curé, Emmanuel Schwab, y explique qu'il s'agit juste d'une piste de réflexion sur le péché dans la société actuelle, mais en aucun cas d'une nouvelle "liste". L'essayiste Patrick Banon, "chercheur en sciences des religions et systèmes de pensée" (s'ilvousplait), explique qu'il faudrait classer le racisme comme un péché... Les péchés capitaux ne sont-ils pas dépassés demande la journaliste au curé... Plus qu'un dialogue de sourd, c'est à désespérer des journalistes et des chercheurs...
Pourtant il suffisait de chercher un peu. Le journal La Croix ou encore le Bien public font entendre une voix discordante, en citant notamment exactement l'archevêque : "Alors que le péché concernait jusqu'à présent plutôt l'individu, aujourd'hui il a une résonance sociale, en raison de la mondialisation ". Il ne s'agit pas pour le prélat de revenir sur une prétendue "liste de péchés", mais d'étendre la notion de péché à la responsabilité collective, le père Pic l'explique bien : "une invitation à ne pas limiter notre examen de conscience à notre seule responsabilité personnelle directe". Le père Emmanuel Pic traite aussi du sujet sur son blog ( ici et là )
Ne cherchez pas une liste des péchés. Le père Pic, interrogé par le "Bien public " explique "En dehors de la distinction entre les pêchés mortels et les péchés véniels, il n'existe pas de liste exhaustive des péchés. Il y avait autrefois dans les confessionnaux des listes qui permettaient aux pénitents d'établir leur examen de conscience, mais en aucun cas un classement en ordre d'importance pour les faire culpabiliser." Le curé ajoute même que le traitement médiatique de cette information n'est qu'une simple caricature.
Tout cela est regrettable à divers titres. La piste de réflexion, par-delà l'aspect religieux développé par l'archevêque, a toute son importance sur des questions très actuelles. La pollution est l'un des drames de notre siècle, non pas seulement à cause du réchauffement climatique, mais aussi sur le nombre d'espèce qui disparaissent (l'Eglise a d'ailleurs évoqué ce sujet sous l'angle religieux auparavant, évoquant la nécessité de préserver la Création, confiée à l'Homme) et personne ne peut agréer moralement l'exploitation dans le monde de la pauvreté, notamment par les entreprises internationales. Dans un monde qui se "globalise", nous sommes tous un peu responsable les uns des autres, c'est je crois, la piste qu'à voulu développer l'archevêque, mais chacun peut chercher un sens plus large. Par son traitement de l'information, la grande presse a tout simplement désinformée l'opinion publique.
Comment ne pas s'amuser de cette presse? Comment ne pas rire en lisant les papiers sur cette prétendue "liste des péchés" décrite dans nos journaux. La presse professionnelle, toute infatuée d'elle-même, a fait tout ce qu'elle reproche au journalisme "citoyen" : des informations mal développées, aucune recherche à la source, des affirmations lancées péremptoirement... ne manque que les fautes d'orthographe, ce qui serait un moindre mal! Aussi peut-être serait-il temps, qu'avant ou après la grande messe du vingt heure, la grande presse prenne le temps de dresser une liste de ses propres péchés!
L'image est une allégorie des sept péchés capitaux
Une caricature figurant Jésus en croix et un diable en train de déféquer sur sa tête a paru dans un journal suédois et a occasionné des menaces de mort selon le rédacteur en chef. Sur la croix, plutôt que le traditionnel "INRI", sont affichés les dates du concert, derrière lui des flammes tandis qu'un personnage cornu en sabots, défèque sur sa tête. Sous sa longue queue on peut voir de l'orifice tomber les étrons. C'est pour un festival punk à Linköping qu'avait paru l'affiche sur les panneaux d'information de la commune mais des employés municipaux les en avaient retiré. Le journaliste avait alors décidé, contre ce qu'il considère comme une censure, de les faire publier. Suite à cette publication dit-il "J'ai été exposé à diverses menaces (...) et j'ai interprété plusieurs d'entre elles comme des menaces de mort" a-t-il le rédacteur à l'AFP, "Il était de notre devoir de raconter ce qui s'était passé, et pour le faire, nous devions aussi montrer l'image".
Le rédacteur en chef a porté plainte auprès des services de police qui tout en prenant au sérieux les menaces n'a pas pris de mesures particulières pour sa sécurité, selon un inspecteur de police. Sur son répondeur un message aurait été laissé, qui souhaitait "le voir égorgé et que si personne ne s'en chargeait, alors Jésus le ferait". Si l'image est particulièrement choquante, ces menaces sont surprenantes tout autant que la déclaration du lieutenant de police. Voila un homme qui prend au sérieux des menaces de mort mais qui ne fait pas protéger celui qui les reçoit. C'est pour le moins paradoxal. L'attitude provocatrice du journaliste ne rime d'ailleurs à rien, le dessin ne recélant pas de message social particulier.
Car en effet les caricatures danoises dénonçaient derrière le dessin l'usage fait de la violence à travers l'islam, un problème social donc, et qui allait au-delà du simple dessin. C'est plus particulièrement les terroristes qui déposent des bombes en criant qu'Allah est grand qui était visés (le caricaturiste avait réellement risqué d'être tué) et c'était donc prendre une position que de les publier qui se justifiait fort bien. Si Jésus avait été mis en position de conduire un bombardier dans un déchaînement de violence, alors le dessin aurait peut-être eu un sens, associé à la politique des Etats-Unis, sans être particulièrement crédible selon la personnalité décrite dans les évangiles, dans lesquels Jésus tend plutôt l'autre joue.
La croix possède dans le christianisme un sens profond. C'est Jésus qui par son propre sacrifice rachète les péchés des hommes d'une façon universelle, dans d'atroces souffrances. Plus qu'un manque de respect, le dessin s'attaque à tout le sens de la crucifixion, de plus il est particulièrement de mauvais goût et tout rapport avec les précédentes caricatures danoises seraient un peu hasardeux, y compris dans l'ampleur de la menace. Le rédacteur n'ignorait pas qu'il ne risquait pas grand chose et ce dessin ignoble ne sera publié qu'un temps relativement court, eu égard à son manque d'intérêt... Ce n'était pas de la censure que de retirer les affiches, mais simplement du bon sens.
Le rédacteur a donc fait publier cette affiche de mauvais goût dans son journal. S'il l'a fait pour l'information, alors il n'a pas nécessairement tort, mais s'il agit contre la censure alors on voit mal où il voulait en venir... La "censure" est un élément naturel d'une société. Il ne viendrait pas à l'esprit d'une municipalité de laisser par exemple des affiches pornographiques à la vue de tout un chacun, notamment des enfants. Lorsque celle-ci est dépassée, cela doit être pour une raison précise, avec un sens. Une description eut probablement suffit.
Pour les curieux, l'affiche est visible ici , j'ai volontairement décidé de ne pas la diffuser. A voir si toutefois vous ne passez pas à table...
C'est à une véritable bataille rangée qu'a donné lieu le nettoyage de l'Eglise de la Nativité de Bethléem, alors que les festivités de Noël viennent tout juste de finir, et que celles des orthodoxes vont commencer: deux rangées de prêtres se sont affrontés, d'un coté des membres de l'Eglise apostolique arménienne, et de l'autre des prêtres de l'Eglise grecque orthodoxe.
L'Eglise est en effet gérée conjointement par des catholiques, qui fêtent Noël le 25 décembre, et par les Arméniens et les orthodoxes grecs qui ne le fêtent que le 7 janvier. Les horaires de prière, et l'espace compris dans l'Eglise, sont strictement délimités. Après les premières festivités, les prètres de rite orthodoxe grec et les prêtres Arméniens s'occupent traditionnellement de nettoyer les sols, les murs et les chevrons, sur des parties qui sont bien attribuées à l'avance, mais selon le maire, des orthodoxes voulaient nettoyer la partie arménienne, ce qui a entamer cette véritable bagarre.
La police a du intervenir pour séparer les belligérants, qui se sont empoignés un quart d'heure durant , à coups de balais, mais aussi de...barres de fer, en hurlant dans un chaos indescriptible selon la dépèche AFP, tandis que d'autres sources parlent d'une simple bousculade, vite interrompue par les services de police, avec pour résultat cinq prêtres et deux policiers blessés, ou plus sobrement, quatre blessés légers au visage. Un cordon séparant les deux zones aurait alors été installé.
Il n'en reste pas moins étrange de s'attraper ainsi à la presque veille de fêter Noël, qui reste une fête pour la paix, durant laquelle il s'agit de se réjouir, de préférence ensemble, concernant les chrétiens, de la venue du Messie sur terre.
C'est le site Zenit.org qui nous l'apprend: le monde orthodoxe s'est ému de la destruction récente , le 13 novembre dernier par des fonctionnaires du gouvernement turc, d'un monastère orthodoxe vieux de plusieurs siècles, sur l'Ile des Princes. La destruction est illégale, et l'est d'autant plus qu'il s'agit d'un batiment historique. L'Ordre de Saint-André, dont le siège est à New-York s'est exprimé à travers un communiqué, soulignant que "le monastère du Saint-Sauveur avait survécu à de nombreux incendies et tremblements de terre au cours des siècles".
Le communiqué ajoute "Détruire un édifice sacré d’une telle importance historique et culturelle, est incivil et d’autant plus injuste que la ville d’Istanbul a été choisie comme capitale européenne en 2010". Une lettre a aussi été envoyée au chef du district des Iles des Princes, par le Patriarche oecuménique Bartholomée, dans laquelle le Patriarche exprime des "sentiments de déception et d’émoi". Le monastère qui était en phase de restructuration a été investi par les fonctionnaires qui ont jeté les tuiles, détruit les cadres, et sont allé jusqu'à menacer les habitants aux alentour. Si l'on en croit le communiqué de l'Ordre de Saint-André, ce ne szerait pas la première fois que le monastère serait visé: "Au nom de tous les peuples de foi qui attachent de la valeur à la liberté religieuse (...) nous exhortons le gouvernement turc à mettre immédiatement fin à la destruction de ce monastère historique et à l’incessante persécution contre les humbles gardiens et travailleurs qui vivent dans les propriétés du monastère ".
Le patrimoine turc est riche d'anciennes traditions chrétiennes et d'églises des premiers siècles. A Istambul se trouve par exemple l'église Saint-Sauveur-in-Chora , splendide église transformée en mosquée, puis en musée, et dont les fresques, conservées derrière les matériaux qui servaient à les cacher, comptent parmi les plus belles du monde byzantin. Il serait donc particulièrement regrettable que ne soit pas prise en compte les plaintes parfaitement justifiées de l'Ordre de Saint-André, considérant la richesse historique du patrimoine qui se trouve dans le pays.
"Nous sommes là pour commémorer les victimes des répressions politiques des années 30-50" a déclaré Vladimir Poutine, à Boutovo, l'un des sites de triste mémoire, témoin des purges staliniennes, "De telles tragédies se sont répétées dans l'histoire à plusieurs reprises. Cela arrivait lorsque des idéaux qui paraissaient attrayants mais étaient vides de sens étaient placés au-dessus des valeurs fondamentales: la vie humaine, les droits et les libertés de l'Homme" avant d'assister à l'office des morts, célébrée par Alexis II, patriarche de Moscou et de toutes les Russie. Vladimir Poutine n'a jusqu'ici que peu accordé d'attention aux commémorations des victimes des purges. Il a été lieutenant-colonel du KGB, KGB qui aurait participé à ces purges.
Le déplacement est à la fois salué et critiqué par les représentants des droits de l'Homme, ainsi de Arseni Roguinski, président de Memorial International qui aurait déclaré "Le président Poutine avait dit dans le passé qu'il ne fallait pas oublier l'année 1937. Mais ces paroles ne se sont jamais transformées en faits concrets (monuments, musées, recherches des fosses communes, aide aux survivants)" tandis qu'un des chefs de l'opposition évoque le fait que Staline est encore sur la place rouge: "Qu'il vienne ici à la Loubianka. Quand il retirera Staline de la place Rouge, on aura des sujets à discuter".
De fait comment ne pas frémir? 20675 personnes ont été fusillées dit-on... mais le chiffre serait sous-estimé selon Lidia Golovkova, chercheuse au département de l'histoire contemporaine de l'Eglise à l'Université orthodoxe Saint Tikhon, qui l'estime à 90 000 environ, les archives n'étant pas toujours vraisemblablement fiable. Lors d'une conférence, relatée par Blagovest-info, elle évoque les purges depuis l'année 1917, alors que les bolchéviques envisagent de se débarrasser de la noblesse, des officiers de l'armée tsariste, mais aussi de gens simple, paysans ou ouvriers, parfois accusés d'avoir dissimulé des provisions, d'avoir participé à un grand complot international, ou bien d'avoir mal regardé un bolchevique... Les prêtres aussi sont déclarés ennemis du peuple, et poursuivis. Pour intimider les fidèles, ils sont pendus aux portes des églises, noyés dans des trous ouverts dans la glace, ou encore jetés sur les rails. Dès 1918, et comme les fidèles révèrent les tués comme des saints, les soviétiques décident de se débarrasser aussi d'eux...
Plus tard en 1937, on arrête à nouveau ceux qui avaient pu fuir en exil, la plupart du temps ils sont fusillés. Les fusillés, après avoir été enterrés dans la ville de Moscou, et par manque de place le sont par la suite dans des emplacements spéciaux, un peu à l'extérieur, et c'est le cas du polygone de Boutovo, précisément là où s'est rendu le président russe. A la fin de 1937, les voitures pénitentiaires forment de longues files ininterrompues, on y dépose ceux qui seront fusillés et les coups de feux se succèdent au polygone de Boutovo jour et nuit...
Selon Lidia Golovkova, contrairement aux chiffres officiels, de 20975 personnes, se seraient 90 000 personnes qui auraient été tués à Boutovo, et précise-t-elle, de nombreux documents auraient été détruits. Vladimir Poutine est allé déposer une gerbe sous une grande croix de 12.5 mètres en mémoire des martyrs, beaucoup de religieux à Boutovo mais pas seulement...
ils ont tous été victime du parti et de ses purges, et aux victimes succèdent parfois leurs bourreaux. Lidia Golovkova prépare un livre cette période, qui se nommera "Le Polygone de Boutovo", mais cela devrait prendre du temps: des informations lui arrivent régulièrement sur les victimes des purges de 1937 et 1938...
Deux statuettes d'art sacré du XVIIème siècles ont été brûlées par un pasteur évangéliste à Sao Borja au Mexique. Ces statuettes en bois représentant un "christ mort" (définition provenant de la dépêche AFP) et "Saint Pierre" faisaient partie du patrimoine culturel brésilien, et en tant que telles, les brûler représente, toute proportion gardée, le même acte que de dynamiter des anciennes statues de Bouddha en Asie.
Le pasteur s'en est défendu, expliquant qu'il ignorait qu'elles faisaient partie du patrimoine culturel, il a expliqué que cette pratique, brûler des statues de saints, visait à "promouvoir la libération spirituelle". Une famille les détenait depuis cinq génération, dans ce village qui est issu d'une ancienne "réduction" et les avait remises au pasteur Flavio Guimaraes da Silva Pereira, qui leur avait affirmé qu'il soignerait l'un d'eux, atteint d'un cancer, "à travers des prières".
Or il n'existe plus que quelques dizaines de pièces d'art sacré dans cette ville fondée par des jésuites, toutes déclarées patrimoine historique du pays, dont 34 chez des particuliers, les quarante-huit autres se trouvent dans un musée, et pour une petite partie d'entre eux, dans l'Église catholique. Les missions de Jésuites installées au Brésil formaient des petits villages, du nom de "réduction", dans lesquels les indiens guaranis s'organisaient. Le but était à la fois de les amener à la foi catholique, mais aussi de les intégrer à la vie civile, économique et politique. Les Indiens étaient aussi armés par les jésuites eux-même dans le but de les protéger des razzias d'esclaves, ce qui fut mal vu de certains colons.
Dans les réductions, la peine de mort est abolie, les services publics sont libre, s'y trouvent des hôpitaux et des dispensaires, les indiens sont instruits, et bien sûr s'y trouvaient des églises. Dans ces réductions, l'économie est florissante, et les indiens guaranis sont très doués pour les sculptures et le travail du bois et fabriquent aussi des instruments de musique et des montres. Leur culture n'y est pas mise de côté pour autant, mais s'insère dans celle des réductions. De fait il s'agit bien d'une partie de l'Histoire du Brésil.
Il serait surprenant que le pasteur ne sache pas que ces statuettes faisaient partie du patrimoine culturel, d'autant que le mouvement protestant s'est toujours montré hostile aux représentations religieuses, et dès le départ, ont démoli dans les églises, également en France, les statues qui s'y trouvaient. Sao Borja fait partie des sept missions créé par des jésuites en 1636, parmi les indiens guaranis.
Une lettre du président de la conférence monastique française a été adressée à l'ambassadeur de Birmanie, pour témoigner de l'émoi suscité chez les religieux français, en solidarité avec les moines birmans, mais aussi bien sûr avec la population birmane après la terrible répression des manifestions dans le pays. La lettre rappelle que la devise de ces moines catholiques est PAX, et qu'elle est partagée avec beaucoup d'autres, mobilisant "le meilleur de tous les peuples et de toute notre humanité"...
"nous déplorons unanimement la violente répression mise en oeuvre pour enrayer le grand mouvement qui s’est déployé au sein même du peuple birman désireux de grandir en dignité humaine et en liberté véritable" Se sentant proche des moines birmans, et considérant la place qu'ils ont pris dans le cours des évènements, proche aussi des personnes ayant souffert de la répression, les moines déclarent qu'ils feront un jour spécial de jeune et de prière "en union avec tous ceux et celles qui pensent qu’il n’est d’avenir heureux pour la Birmanie et l’ensemble des Nations qu’au prix d’une Paix respectueuse des personnes, et en particulier des plus démunies". La date retenue pour la journée de prière est le 27 octobre, 21 ans tout juste après que le pape Jean-Paul II ait réuni les plus grands responsables de toutes les religions pour une prière commune et pour manifester un attachement à la paix.
La lettre (reproduite par le quotidien La Croix) a aussi été envoyé à des journaux et à des responsables politiques pour bien manifester la sollicitude des moines français envers le peuple birman, en bas, la signature "Dom Philippe Piron", le président de la conférence monastique française. L'initiative pourra paraître anodine aux moins religieux, pourtant elle est d'importance, tout d'abord par sa rareté, mais aussi parce que le petit monde spirituel et religieux se déclare solidaire du peuple birman et de ses moines, dont l'initiative était elle aussi tout à fait inhabituelle.
Cela pourrait relancer toute la recherche sur l'ordre des templiers. Des archives secrètes du Vatican dévoileraient des actes perdus du procès des templiers. Ils auraient été égarés depuis sept siècles avant d'être retrouvés il y a six ans par un chercheur, et si l'on en croit le reportage mené par euronews, ces documents pourraient remettre en cause l'accusation d'hérésie prononcée à leur égard.
En effet ces documents dévoileraient que le pape Clément V a bien ordonné leur dissolution pour le bien de l'Église, mais qu'il affirme aussi que les templiers n'étaient pas coupable d'hérésie, mais juste de "violence et d'abus", tout ceci dans le parchemin dit de Chinon, inclus parmi ces documents. Une spécialiste déclare: "l'ordre aurait donc pu renaître, mais les templiers ruinés, décimés et psychologiquement détruits n'ont pas été capable de recréer l'ordre depuis cette époque".
Qu'on me permette de faire part de mon étonnement devant les affirmations de ce spécialiste, j'avoue très humblement que je n'en suis pas un.
Mais pour avoir lu dans un livre d'histoire très sérieux que les templiers avaient été accusés lors du procès en France, ordonné par Philippe le Bel, roi très pieux dans une époque très pieuse, de reniement de la Sainte-Croix, et du Christ, mais aussi de sodomie (ce qui n'est pas forcément vraiment prouvé, mais probable pour certains), mais aussi d'avoir vénéré une idole, je suis un peu réservé. Par ailleurs le trésor des templiers ne serait qu'une légende, il n'en serait resté presque rien à la fin du procès, contrairement à ce qui est dit dans le reportage...
Il n'en reste pas moins vrai qu'ils étaient aussi soumis à la "question" ( c'est à dire la torture) et que dans ces conditions, leurs aveux sont sujets à caution. Accusations fondées ou pas, cette nouvelle est particulièrement intéressante, et l'on souhaiterait vérifier tout cela dans les archives même! La fondation culturelle italienne Scrinium édite justement un livre en 799 exemplaires issus des archives secrètes du Vatican qui seront présentés en exclusivité mondiale le 25 octobre prochain, au Vatican, au tarif de... 5900 euros pièce.
Cela n'enlève en rien l'intérêt que suscite la légende des templiers, racontée également par les romans passionnants de ce grand auteur qu'est Maurice Druon, "Les Rois maudits"... mais dont je conseille plus volontiers "Les Mémoires de Zeus", ou "Alexandre Le Grand". D'aucun pense que "l'idole" que vénérait les templiers serait tout simplement... le linceul de Turin, qui réapparaîtra quelques années plus tard, ce qui bien sûr annulerait l'accusation d'idolatrie, en considération de la légende qui y est attachée.
Franz Jägerstätter, un paysan autrichien et catholique, objecteur de conscience durant la guerre, sera béatifié le 26 octobre à Linz, en Autriche, nous apprend le site zenit.org. Âgé de 36 ans et père de trois petites filles, dont la plus âgée avait six ans, il est décapité en 1943 à Berlin, pour avoir au nom de sa confession refusé le nazisme.
Il avait refusé d'intégrer toute organisation politique, et se montrait très ouvertement opposé au nazisme. En 1938, il fut le seul de son village à voter contre l'Anschluss et lorsqu'il refusa de combattre pour le Troisième Reich, il fut jugé par un tribunal militaire, qui le condamna à la décapitation, ce qui fut fait le 9 août 1943. Il écrit un peu avant sa mort une lettre fort émouvante: "J'écris avec les mains liées, mais il vaut mieux ainsi que si la volonté était enchaînée."..."Pour quelle raison Dieu aurait-il fourni les hommes d'une intelligence et d'une volonté libre si on ne nous accorde même pas, comme on l'affirme, de juger si cette guerre que l'Allemagne est en train de mener est-elle juste ou injuste? "... "Je crois que l'on peut prêter obéissance aveugle, mais seulement dans les cas où on ne cause aucun dommage à personne." ... "Si Dieu ne m'avait pas donné la grâce et la force de mourir, si nécessaire, pour défendre ma foi, je ferais peut-être simplement ce que fait la plus grande partie des gens. Dieu peut en effet accorder sa grâce à chacun, comme il le veut. Si d'autres avaient reçu les grâces que j'ai reçu, ils auraient peut-être fait des choses bien meilleures que moi. "
Il s'agit bien sûr d'un témoignage de foi, mais il reste transposable à notre société actuelle. Que sommes nous capable d'éprouver pour nos idéaux? Jusqu'où irions-nous? Franz Jägerstätter est allé jusqu'au bout... avec la conviction du paradis...
La livre est déjà disponible dans les rayons des supermarchés, et tout porte à croire qu'il fera grand bruit, car il va à contresens de tous les récits historiques admis jusqu'ici concernant "la pucelle d'Orléans". Pour écrire "L'affaire Jeanne d'Arc", Marcel Gay et Roger Senzig ont enquêté une dizaine d'années.
Toute l'histoire de Jeanne D'Arc y est remise en cause, à commencer par ses origines modestes de bergère, car dans cette enquête, elle n'aurait jamais gardé les bêtes, était excellente cavalière, et maîtrisait parfaitement le français de la cour. En outre elle ne s'est jamais fait appeler "D'Arc" dans les 19 lettres que les deux écrivains ont pu consulter. Suite à sa mort en 1431 sur le bûcher, des centaines de documents attesteraient de sa présence à Metz, Arlon, Colognes ou encore à Orléans après 1436. "Au XVe siècle comme aujourd'hui, on manipulait l'opinion publique. Jeanne d'Arc, c'est de la diplomatie secrète. La légende est belle, mais la vérité l'est encore plus." affirme l'un des auteurs, Jeanne d'Arc, ou plutôt selon lui Jeanne d'Orléans, serait une arme psychologique de la couronne française en difficulté face à ses adversaires anglais. "L'Opération Pucelle", imaginée par Yolande d'Anjou, consiste à faire croire à une intervention divine, par les voix qu'elle entendait, pour provoquer la crainte de Dieu aux Anglais, stratagème qui s'avère payant durant les campagnes militaires. Enfin, autre taille dans la légende, Jeanne ne sera plus pucelle en épousant en 1436 Robert des Armoises. Pourtant malgré une enquête décrite comme minutieuse, ce shéma est des plus improbables. Les minutes du procès de Jeanne d'Arc sont très détaillées et révèlent une personnalité cohérente, ses réponses face à des personnages considérables de l'église de l'époque sont d'une simplicité notoire, elle ne se contredit jamais. Lorsque pour l'impressionner on la menace de la torturer, elle déclare "si vous deviez me faire arracher les membres et faire partir l'âme du corps, je ne vous dirai autre chose ; et si je vous en disais quelque chose, après je dirai toujours que vous me l'auriez fait dire par force. " Lorsqu'on lui demande si Saint-Michel était nu lorsqu'elle l'a vu, elle répond " Pensez-vous que Dieu n'ait pas de quoi le vêtir ?". Lorqu'on lui demande si elle est en la grâce de Dieu, elle répond "Si je n'y suis, Dieu m'y mette. Et si j'y suis, Dieu m'y garde ! Je serais la plus malheureuse du monde, si je savais ne pas être en la grâce de Dieu ! Je m'en remets à Dieu de tout." Jeanne d'Arc n'a rien ni d'une exaltée, ni d'une manipulatrice à travers les récits des 115 témoins au procès et les témoignages sont cohérents.
Bien sûr pour l'Historien, le coté "merveilleux" de l'Histoire de Jeanne la Pucelle réclame un examen approfondi, et cependant, elle semble bien convaincu de les avoir entendues. A légal d'Elvis Presley, de Louis XVII, de Napoléon, certains personnages historiques ont une dimension si grande, qu'il est toujours tentant de réinventer leur histoire. Nulle doute que ce livre relancera les discussions autour de Jeanne, la Pucelle d'Orléans...
S'il existe un film marquant sur Jeanne d'Arc, c'est bien "La Passion de Jeanne d'Arc" (cliquer pour voir le film) de Carl Theodor Dreyer, film muet de 1928, qui a lui-même connu un destin particulier, perdu une première fois dans un incendie, reconstitué dans une seconde version, puis perdu à nouveau dans un autre incendie, il sera retrouvé en 1981 pour être reconstitué dans une version probablement identique à celle 1928.
Je recense ici les articles que j'écris pour come4news.com mais aussi au gré de mes envies des vidéos ou un peu de musique, des photos, des extraits d'autres blogs que j'apprécie, etc, etc.
Mon blog traite donc de l'actualité, et je ne m'y interdis aucun sujet, ne méprisant pas même le "pipeule".
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