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Le blog de Blaise
lundi 03 novembre 2008, a 21:15
Une famille allemande, expulsée d'Égypte pour extrémisme

L'affaire est anecdotique, mais ne manque pas de sel. Une famille allemande sera prochainement expulsée d'Égypte, au motif qu'elle est trop extrémiste selon le gouvernement égyptien. Ce n'est pas le scénario d'une comédie à succès, ce n'est pas une caricature tout droit sortie de l'imagination d'un improbable scénariste hollywodiens, mais bel et bien la réalité.

La famille, qui se compose d'un homme, de ses deux sœurs, de sa mère et de sa femme, tous convertis à l'islam, a déchiré ses papiers d'identité, de peur d'être reliée à un "pays d'infidèles".  Accusée d'extrémisme islamique au pays des frères musulmans, tout la petite famille est allée faire un séjour en prison et n'en sortira que pour être expulsée du pays.

Nous voici donc, en quelques sortes, face à des sans-papiers allemands, dans un pays musulman, en demande d'une certaine façon de l'asile politique, pour ne pas être contrainte de s'en retourner dans un pays européen, appliquant pourtant les droits de l'homme. Si l'histoire ne dit pas s'il se trouvait des associations anti-raciste pour les aider à s'installer au pays, l'on sait que la communication était difficile avec les policiers : en effet, ni l'homme si ses parentes ne parlent couramment arabe.

Naturellement, lorsqu'on ne dispose pas de papiers d'identité, quelle qu'en soit la raison, le premier réflexe à avoir est d'aller en demander à l'ambassade du pays d'où l'on vient, fut-il un pays peuplé d'infidèles. L'ambassade d'Allemagne a toutefois refusé d'en donner, au motif qu'ils pourraient être à nouveau détruits mais collaborera avec l'Égypte pour faciliter l'expulsion. Il n'est pas encore établi quel sera le pays qui couvrira les frais pour le vol de retour...

Des témoins affirment que toutes les femmes sont voilées et que seuls leurs yeux apparaissent derrière le vêtement. Après l'arrestation, il leur fallut débattre pour savoir si un vrai musulman accepterait d'être photographié pour les passeports!

dimanche 06 juillet 2008, a 23:34
Deux écoliers en retenue pour n'avoir pas voulu prier Allah

Deux élèves anglais ont été gardés en retenue. Ces deux garnements de 11 à 12 ans avaient refusé de se couvrir la tête et de prier Allah au cours d'une séance de travaux pratiques sur les religions.

 
En conséquence ils ont été "collés", et une jeune fille, qui ne récitait pas correctement la prière, "dans une autre langue", a été réprimandée elle aussi... (Les jeunes gens ne sont plus ce qu'il étaient! Ils n'écoutent plus rien...)
 
S'agit-il d'un simple fait divers? Peut-être. Mais la suite parait plus intrigante encore... à travers les réactions des parents, outrés à juste titre.
 
Ce cours d'éducation sur les croyances religieuses commençait selon les parents par un court-métrage sur l'islam, à la suite duquel le professeur a demandé aux élèves de mettre une "coiffure islamique" (cela semblait aussi inclure le port du foulard islamique) et de s'agenouiller pour prier Allah.
 
Par la suite, les deux garçons sont gardés en retenue suite à leur refus de s'exécuter, et les autres élèves privés de récréation. Les parents, scandalisés, s'en ouvrent à la presse, notamment auprès du Daily mail, qui relate l'affaire, avant que d'autres journaux ne viennent relayer l'information.
 
Dans leurs explications les parents ont tout l'air de s'excuser de leurs récriminations et commencent par se justifier. "Je comprends, commence un parent, "qu'ils doivent connaître les religions", avant d'ajouter que dans le cas présent, cela va trop loin... Un autre parent se dit surpris, les enfants ne sont pas musulmans et ont été réprimandés, "ce n'est pas bien" estime-t-il, avant de s'énerver car ils étaient aussi accusés d'avoir "manqué de respect"... Ce parent avait bien pris soin auparavant de déclarer n'avoir aucun problème sur l'idée que "les enfants doivent connaître les autres religions".
 
Un grand-père intervient lui aussi et commence par se dire non raciste, il a un vieil ami de trente ans, indien, et serait même allé à un mariage musulman! Il remarque ensuite, que si des musulmans étaient contraints d'aller à l'église pour la communion, ce serait tout simplement la guerre...
 
Enfin une autre mère relate comment sa fille a été réprimandé, ne faisant pas bien la prière, pour la première fois et dans une autre langue. Le lecteur s'en doute certainement, cette brave mère de famille, avant de livrer son témoignage, indique n'avoir rien contre le fait que sa fille apprenne à connaître d'autres religions, "un minimum d'information ne faisant pas de mal"...
 
Pourquoi toutes ces explications? C'est pourtant une évidence, le professeur est allé trop loin, les explications préalables des parents, se disant non-racistes, imaginant la réaction d'un musuman à leur place, témoignent bien d'une ambiance générale, pour des personnes toujours soupçonnées d'être racistes, même concernant une religion dans laquelle, pourtant, se retrouvent toutes les composantes de la société, issues de chaque continent (1).
 
Pour le directeur adjoint de l'établissement britannique, il est "honteux" que les parents se soient mis en relation avec la presse avant de s'adresser à lui. L'enseignement des différentes croyances religieuses figure dans le programme scolaire, sur la diversité, il ajoutera que, bien sûr, il faut agir avec un certain sens de la sensibilité ("We accept that such teaching is to be conducted with some sense of sensitivity"). L'enseignant concerné n'a pas encore fait connaître sa version suite aux plaintes des parents.
 
Mais le personnel de l'établissement est actuellement absent pour cause de vacances scolaires, et donc, inch Allah, on en saura plus à son retour...
 
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1- (Tout cela me permet de rebondir sur l'article de Paul Villach, suite à son très intéressant article, concernant l'anti-racisme, dont tout l'objet reposait sur la définition à donner au mot "manipulation" utilisé malencontreusement selon lui, dans mon article  sur un reportage néerlandais, qui tendait à égarer le spectateur en simulant une scène de "racisme", ou plutôt de "discrimination" de la société néerlandaise à l'égard des femmes voilées.
 
Je n'avais pas non plus utilisé le mot "anti-racisme" par hasard, comme l'observatoire de l'OCI dans son rapport (le premier et le seul sur l'islamophobie), lequel envisage de promouvoir dans le monde médiatique une bonne vision de l'islam, pour lutter contre "l'islamophobie". Je tacherai de revenir un jour sur ce rapport, passé curieusement inaperçu. Il est vrai qu'il assimile aussi les émeutes des banlieues françaises de novembre 2005, à une réaction à l'islamophobie de la société française.
 
L'antiracisme est aujourd'hui un concept qui à l'égal du "vivre-ensemble", recouvre différents aspects de la société. Ici les enfants sont accusés de "manquer de respect" et les parents, avant de protester, jugent bon de bien signifier auparavant ne pas être racistes... au cas où, ceci au sujet de la diversité. Si l'anti-racisme fonctionne si bien, c'est qu'il est ici admis que le "racisme" (dans un sens plus large) est une mauvaise chose, mais le concept ne fonctionnerait pas par exemple en Egypte, par rapport aux Coptes.)

vendredi 04 juillet 2008, a 15:43
Pas assez juif pour une école anglaise

Une école juive orthodoxe, qui avait été assigné en justice pour discrimination raciale a été relaxée devant un tribunal britannique, lequel a estimé que l'affaire n'entrait pas dans le cadre d'une discrimination directe, ni même d'une discrimination indirecte. Elle avait refusé un jeune garçon de 11 ans, ne le considérant pas comme étant "certifié" juif, sa mère ayant été convertie avant sa naissance, mais auprès d'une synagogue progressiste. La politique d'inscription de l'école a néanmoins été jugée "totalement légitime" par la haute cour de Londres.
 
C'est selon les critères de l'organisation juive United Synagogue, que l'école définie la judaïté des enfants appelés à étudier dans l'établissement. La mère du jeune garçon de 11 ans était née italienne et catholique, mais s'était convertie avant la naissance de son fils, auprès d'une synagogue dite "progressiste", conversion que ne reconnaît pas le mouvement orthodoxe. De fait, l'école donne la priorité aux enfants dont la judaïté est confirmé par le Bureau du Grand Rabin. Dans la tradition hébraïque ortnodoxe, sont considérés comme étant juifs les enfants dont la mère l'est.
 
Le père de l'enfant, soutenu par deux autres familles et le British Humanist Association, s'était dit consterné. Selon lui, il s'agit de discrimination raciale et c'est bien sous cet angle que son avocat agira, arguant du fait que des enfants de mère juive sont admis, lors même que ces familles sont athées dans leur vie quotidienne. Cette situation posait différents problèmes au tribunal, qui a simplement estimé que le choix de recrutement de l'école allait dans la logique du but qu'elle poursuit, c'est à dire de perpétuer sa philosophie orthodoxe, et qu'en tant que tels, ses critères sont légitimes.
 
En outre, toujours selon le juge, les critères de cette école, la Jewish Free School, ne sont pas tellement différents dans les écoles musulmanes qui recrutent de préférence des enfants nés musulmans, ou encore dans les écoles catholiques, qui réclament le baptême... Un succès du plaignant aurait en conséquence, selon lui, entaché d'illégalité les critères d'admission d'un très grand nombre d'école à tendance religieuse, toutes confessions confondues. En outre, l'avocat de l'établissement estime que le jugement aurait rejailli sur plus d'une vingtaine d'établissements scolaires de la communauté juive ainsi que sur diverses associations.
 
La Jewish Free School, subventionnée par l'Etat britannique et qui existe depuis le XVIIIème siècle,  est une école qui obtient d'excellents résultats et qui a compté parmi ses élèves des personnes connues aujourd'hui, le leader du groupe JamiroQuaï, notamment.
 
L'avocat de la famille a tout simplement estimé, après le jugement rendu, "(qu') Il est très regrettable qu'une école financée par les contribuables puisse décider de ne pas admettre un enfant en raison de l'origine ethnique de sa mère".
 
Le père de l'enfant, très actif auprès du mouvement massorti, est à présent divorcé d'avec sa femme et vit avec son fils. Le mouvement massorti se veut être un judaïsme moderne, à la fois traditionaliste et progressiste.
 
Par delà l'intérêt pour une affaire juridique européenne, avec les concepts de discrimination directe et indirecte (pour la discrimination indirecte, voir le cas de Mme Desrosier, jugement rendu il y a peu ), cette opposition au sein de la spiritualité juive en démontre bien la diversité, tout comme ce fut le cas avec l'autodafé d'évangiles  par le maire adjoint (ultra-orthodoxe) d'Or Yehouda en Israel, sur la place publique, pour protester devant le prosélitisme de "juifs messianiques".
 
Sources :
 
 
 
 
Pour plus de détails sur le jugement, pour les anglophones :
 

vendredi 20 juin 2008, a 13:51
Un salon de coiffure londonnien condamnée pour discrimination "indirecte"

La patronne d'un salon de coiffure londonnien, Sarah Desrosier 32 ans, a été condamnée à une amende de 4000£ en dommages et intérets lors d'un procès l'opposant à une candidate malheureuse au poste de coiffeuse, qu'elle proposait en mai 2007. La jeune femme (elle a 19 ans) refoulée à l'entretien, Bushra Noah, était voilée lors de l'entrevue, et la tenancière avait considéré que l'aspect vestimentaire de la jeune femme n'allait pas avec celui de ses coiffeuses en exercice, qui affichaient toutes des coupes de cheveux en relations avec le thème de sa boutique, c'est à dire des coiffures "funky", spécialité de ce salon dit "alternatif".
 
Selon les articles de presse en français (essentiellement sur le site Point de Bascule, qui retraduit des articles en anglais ici  et ici  ), la jeune candidate avait obtenu un entretien avec la tenancière du salon de coiffure et devait faire une journée d'essai, mais lorsque celle-ci s'est présentée, la tenancière a été surprise en voyant un voile sur le visage de la jeune femme, qui déclare "Quand j'ai parlé à Mme Desrosier au téléphone, avant la première entrevue, elle m'a offert une journée d'essai. Mais lorsque je me suis présentée, elle m'a regardée avec grand étonnement. Elle m'a demandé si je portais le foulard en tout temps et elle a continuée de répéter, « j'aurais souhaité que vous me l'ayiez dit lors de notre conversation téléphonique".
 
Cela semble tellement vrai, que la tenancière avait bien expliqué "Je vend de l'image – c'est important – et je m'attends à ce qu'une coiffeuse styliste expose ses cheveux pour inciter les passants à venir dans mon salon après avoir aperçu mes stylistes. C'est la nature et le style de mon salon qui attirent les gens. Couvrir ses cheveux est en contradiction avec cette réalité. Si quelqu'un portait un casque de baseball ou un chapeau de cowboy j'exigerais qu'il le retire pour le travail. Pour moi, c'est absolument essentiel que les gens puissent voir les cheveux du styliste."
 
Il transparait dans le discours de Mme Desrosier qu'il ne s'agit pas de racisme : la patronne du salon de coiffure ne rejette pas la candidate à cause de ses origines ethniques, mais simplement parce que son style ne convenait pas à son magasin, selon elle, ce qu'elle semble déclarer volontiers. Elle ajoutera d'ailleurs après le jugement "Je n'ai jamais imaginé en un million d'années que quelqu'un pourrait être dans cette industrie tout en refusant complètement de montrer ses cheveux "...
 
Mais la jeune candidate n'en a cure. Elle se sent démoralisée après l'entretien dit-elle. Elle vient d'essuyer 25 refus après 25 entrevues et cet entretien lui reste sur le coeur, elle aurait été particulièrement blessée "J'ai décidé de poursuivre cette coiffeuse parce c'est elle qui m'a le plus blessée. Je me sentais tellement démoralisée et déprimée, que je me suis dit que si je ne me défendais pas, alors qui le ferait ?". Elle avait aussi demandé des dédommagements pour "perte de revenu", sans doute sur le salaire du travail pour lequel elle s'était présentée en entretien...
 
Une personne un peu pratique aurait répondu à la jeune candidate qu'il suffisait tout simplement qu'elle ôte son foulard pour tenter d'intégrer le salon, mais c'était chose impossible pour la jeune femme, qui avait déclaré le foulard essentiel à sa foi "Depuis mes études secondaires, la coiffure était tout ce que je voulais faire. C'est triste qu'ils ne me donnent pas l'occasion de le faire. Cette situation mine mes ambitions. Le port du foulard est fondamental à mes croyances. "
 
Clairement donc, aucune solution n'était négociable. La jeune femme n'avait pas fait ses preuves et les auraient-elles faites, elle refusait de se plier aux exigences de la patronne pour laquelle en l'état elle n'avait pas le profil vestimentaire. Ce sera à la justice anglaise de trancher et elle tranchera, dans le sens de la jeune femme, pour discrimination "indirecte".
 
N'allons pas hurler trop vite après le juge... Le résultat est logique suivant la législation actuelle : il s'agit d'une directive européenne retranscrite dans le droit britannique comme dans le droit français à présent. Si la tenancière avait simplement déclaré que la candidate n'était pas expérimentée, si elle l'avait laissée faire sa journée d'essai, elle n'aurait pas été inquiétée. Il suffisait de la garder une heure ou deux pour lui dire que son travail ne convenait pas, mais elle a avoué la véritable raison : c'est son allure vestimentaire qui ne convenait pas au salon et suivant la législation actuelle, il s'agit d'une discrimination "indirecte".
 
Voici ce que dit un site consacré à la lutte contre les discriminations au sein de l'UE http://www.stop-discrimination.info/808.0.html , l'expliquant fort bien :
 

"Discrimination indirecte Une société de traduction insiste pour que les traducteurs désireux de travailler pour elle disposent du permis de conduire, car il peut arriver qu'elle leur demande de livrer ou d'aller chercher le document chez les clients. Étant donné que cette condition empêche les personnes handicapées de postuler et que conduire n'est pas une exigence essentielle pour réaliser le travail, la société pratique effectivement une discrimination à l'encontre de ce groupe de personnes en particulier, à moins qu'il puisse être démontré que cette interdiction repose sur un motif objectif et fondé. Un grand magasin interdit à ses employés de porter un couvre-chef lorsqu'ils servent les clients. Cette mesure a pour effet d'interdire aux personnes dont les convictions religieuses les obligent à se couvrir la tête, comme les femmes musulmanes, de travailler dans le magasin. Le magasin se rend alors coupable d'une discrimination indirecte, à moins qu'il ne puisse démontrer que cette interdiction repose sur un motif objectif et légitime."

 

 Il faut croire Mme Desrosier lorsqu'elle s'exclame " On me traîne dans la boue et on m'accuse d'être raciste. C'est totalement injuste et faux ! ". La justice ne fait qu'appliquer les lois et directives, en l'occurrence, européennes, même si cette loi a quelque chose de surprenant malgré tout, puisqu'il se dit si souvent qu'en matière de foi musulmane, le voile ne serait pas absolument obligatoire, cela revient donc à faire plier la société devant des revendications religieuses non essentielles dans les faits. Le tribunal a par ailleurs bien ajouté dans ses conclusions qu'il croyait volontiers que Mme Desrosier aurait traité de la même façon tout autre personne voilée de cette façon, musulmane ou non, mais qu'elle n'a pas pu apporter de preuve par rapport à l'impact que le voile aurait sur sa clientèle.

 

L'article relatif au jugement de l'affaire ne dit pas si le salon de coiffure restera ouvert, Mme Desrosier ayant déjà eu du mal à réunir les sommes nécessaires à sa défense et devant verser 4000£ à Mlle Noah pour "atteinte à ses sentiments" . Le tribunal a en revanche rejeté les accusations de discrimination religieuse directe ainsi que la demande pour perte de gains et préjudice moral déposée par la jeune femme.

En France, l'Assemblée nationale a également adopté en début d'année le texte sur la discrimination dite "indirecte", voir les documents officiels ici  et ici.

 

  Les deux photos illustrant l'article sont celles de Mlle Noah et de l'affiche servant de présentoir à la boutique.

lundi 16 juin 2008, a 11:02
Traité de Lisbonne : l'Irlande dit NON aux dirigeants européens

Les Irlandais, appelés à voter pour ou contre le traité de Lisbonne par référendum, ont répondu clairement "non", à plus de 53% dans les urnes ce vendredi. Tout comme en France et aux Pays-Bas, les élites étaient très majoritairement pour le "oui" au traité, mais les électeurs ont en majorité rejeté le texte, démontrant comme bien plus tôt les Français et les Néerlandais combien l'Union européenne ne séduit pas ou plus les Européens, qui rejettent presque systématiquement dans les urnes les "avancées" prévues pour eux par leurs dirigeants, malgré toutes les assurances des politiciens, leur promettant la gehenne en cas de refus et une Europe ruisselante de lait et de miel dans le cas inverse.
 
L'Union européenne ne se remettra pas en question pour autant ainsi que cela était prévisible. Contre tous les principes déjà fixés, la ratification du traité de Lisbonne pourrait se poursuivre dans les autres pays, lors même qu'il sera inapplicable, un seul pays s'avérant suffisant pour le rejet pur et simple du texte au niveau européen. L'Irlande pourrait-elle se retirer se demande-t-on sérieusement  , peut-on adapter le traité, le refaire paraître dans les urnes? Pour sortir de la crise européenne, peut-on créer une Europe à deux vitesse avec un noyau de pays qui montreraient la voie à suivre? autant de solutions proposées qui ne prennent nullement en compte le rejet par l'Irlande, dont tout le petit monde unioniste semble se demander sur quel sujet précisément il porte, dans les méandres obscures et au détour du texte si confus qui leur fut proposé.
 
Tout aura été lu pendant la campagne. Le référendum ne serait pas un système démocratique, mais plutôt tyrannique a-t-on pu écrire le plus sérieusement du monde. De fait les Irlandais sont passés en l'espace de quelques jours du miracle européen de la croissance, au stade de gueux parvenus, enrichis grâce à l'Union et à ses subventions (comme si son travail propre n'était rien!), des esprits faibles, des ingrats, des profiteurs... Rapidement il sera dit que c'est la classe moyenne voire pauvre (les pauvres ne sont pas si instruit que les bourgeois, certainement...), qui n'auraient pas voté correctement, et l'Union "somme" le premier ministre irlandais de s'expliquer sur ce résultat. S'expliquer? S'agit-il de lui demander pourquoi il n'a pas su influencer les électeurs? Les manipuler dans le bon sens?
 
Peu importe d'ailleurs, le vote irlandais sera dénié, isolé, comme le Non en France, où la volonté populaire avait été contournée sous le prétexte que les députés ayant été élus démocratiquement, ils seraient représentatifs des avis du bas-peuple. Comme avec les Français il sera sûrement dit que ce véritable camouflet à l'Union est un désir de plus d'Unionisme encore et toujours plus d'Unionisme, là-même où systématiquement il est rejeté. Le texte était certes confus, mais son rejet s'explique plus particulièrement par celui des instances dirigeantes et par une véritable méfiance à leur égard, là où quasi unanimement elle s'est prononcée pour le Oui.
 
"L'Europe a été conçue pour protéger alors qu'elle inquiète de nombreux Européens. A nous d'en tenir compte. Pas dans six mois, tout de suite " nous affirme Nicolas Sarkozy... Cette Union du libre-échange, dans laquelle les peuples n'ont décidément rien compris à la "mondialisation", les peuples, ces profiteurs qui ne savent pas partager, comme le dit Bernard Kouchner qui reprochait récemment aux Irlandais d'avoir bien profité de l'Union avant de lui dire Non...



vendredi 13 juin 2008, a 18:23
De l'huile de moteur dans des produits alimentaires de grande consommation

L'information n'a pas fait grand bruit : une grande entreprise française, le groupe Saipol (propriétaire de Lesieur), numéro un français de la transformation des oléagineux, a acheté à bas prix et commercialisé de l'huile de tournesol originaire d'Ukraine, avant de constater tardivement que l'huile avait été mélangée avec de l'huile de moteur. Le Canard enchaîné s'est emparé de l'information le 14 mai et a révélé que si une grande partie des produits a été retirée des magasins, certains lots de produits contenant encore de l'huile frelatée à hauteur de 10% maximum, sont toujours en vente, ce qui après recherche est bien le cas, avec la bénédiction de l'AFSSA et de l'AESA, deux organismes sanitaires, français pour l'un et européen pour l'autre. Ces produits ont été diffusés dans plusieurs pays européens et sont encore sur les rayons de nos grands magasins.
 
De larges extraits de l'article du canard enchaîné sont en consultation sur le site Naturavox, article qui relate comment 40000 tonnes d'huile frelattée en provenance d'Ukraine ont atterrie en Europe , destination la France, mais aussi l'Espagne,  l'Italie et les Pays-Bas. Pour la seule France, sur 2800 tonnes d'huile livrées, 19 auraient plus particulièrement leur place dans des moteurs de voiture. Il faudra un mois pour que le mélange soit constaté, non pas par l'entreprise Saipol, mais par un de ses clients, un industriel du nord et un mois de plus (le 21 avril) pour que l'entreprise en alerte la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) française. Entre temps selon Saipol, cité par le canard enchainé, l'huile aurait été raffinée et vendue à "une trentaine de clients de l'industrie agroalimentaire", non citées par le groupe.
 
Si les produits sont rapidement retirés, certains vont rester en vente, après analyse des services sanitaires, comme ne représentant pas un danger suffisant pour le consommateur, sous 10% de cette huile dans le produit final. Le Canard enchaîné explique "contrairement à ce qu'ont d'abord assuré la Commission européenne et les pouvoirs publiques français, tous les produits additionnés d'huile contaminés n'ont pas été retirés des rayons. En effet, le 2 mai, la Commission européenne s'est fendue en catimini d'une recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d'huile de tournesol frelatée". Ces renseignement sont confirmés par des documents officiels (communiqué de presse du 15 mai  et le point de la situation), selon lesquels le 30 avril, l'AESA (agence européenne de sécurité alimentaire) indique "que l'huile en cause est d'un faible niveau de toxicité" et conclue le 7 mai à "l'absence de danger pour la santé humaine". Néanmoins, ce sont 150 à 200 références qui sont concernées et aussi, à présent, surveillées : ces produits ne devront pas excéder 300mg d'huile contaminée par kilo du produit fini. Il n'y aurait pas d'additif toxique dans l'huile de moteur ajoutée et un homme de 60 kg pourrait en avaler 1,2 grammes par jour sans risque pour sa santé...
 
Parmi les produits concernés se trouvent les mayonnaises, les plats cuisinés, les conserves contenant de l'huile (les sardines par exemple) et selon Natura vox "Parmi lesquels (les industriels) on trouve Saupiquet, Unilever (propriétaire de Knorr, Magnum, Fruit d'Or, Miko, Planta Fin, Amora…) mais également Carrefour Promodès et Auchan. Ainsi, on peut trouver cette huile de moteur dans des batonnets de Surimi, du cèleri rémoulade, de la soupe de poisson en conserve, du poisson pané, des paupiettes de veau, du thon et des sardines à l'huile, mais aussi dans la pâte à tartiner chocolatée, le blé pour petit déj', les gauffrettes à la confiture, les barres céréalières et sucrées pour les enfants, les cookies et bien sur la mayonnaise, le tarama, la sauce béarnaise et enfin de la sauce vinaigrette."
Aucun des produits déjà vendus n'a été rappelé, aucun appel à la vigilance n'a été lancé pour le consommateur, à ma connaissance.
 
L'on s'étonnera de ce que les services sanitaires concluent à un faible niveau de toxicité (même faible, un niveau de toxicité signifie bien que la toxicité existe) avant de conclure à "aucun danger pour la santé", autorisant la commercialisation sous 10% d'huile, tandis que la Grèce a par précaution, après avoir repéré un lot contaminé, mais pas signalé parmi les autres par l'Union européenne, retiré tous les produits importés depuis le 1er janvier contenant de l'huile de tournesol, ce dès le 20 mai. Un peu plus tard, le 23 mai, Bruxelles soumet les importations à des normes plus strictes en exigeant un certificat sur les huiles importés... d'Ukraine uniquement!
 
Quelques constatations s'imposent : le groupe Saipol a importé un produit à bas prix et n'a vraisemblablement pas pris la peine d'en vérifier la qualité, c'est un client qui l'a fait après achat (selon les informations dont nous disposons, l'industriel du nord). Le temps de réaction pour prévenir les services concernés est anormalement long, un mois pour constater, un autre mois pour prévenir. Le consommateur n'est pas réellement avisé des différents produits concernés et achètera à son insu des produits contenant de l'huile de moteur pour sa consommation propre, ce qui lui enlève sa liberté de choix en tant que consommateur. Bruxelles réclame un certificat pour l'Ukraine, mais l'huile pourrait tout aussi bien venir d'un autre pays, à ce titre l'on s'étonne que cela n'existe pas déjà et que la mesure ne soit pas appliquée à tout achat d'huile d'où qu'elle vienne. Enfin personne ne mangerait en conscience une huile additionnée d'huile de moteur... Les produits affichent généralement leurs ingrédients, il serait intéressant de trouver sur nos boites de sardines le pourcentage d'huile de moteur utilisée pour leur confection.
 
Enfin chers lecteurs, il n'est pas difficile de faire sa mayonnaise soi-même et faire une vinaigrette est à la portée de chacun. Inutile donc de se fournir en produits déjà tout faits. Le numéro du service consommateurs de Lesieur au 0 810 193 702 (tarif appel local) pour ceux qui seraient tentés de téléphoner (information issue du site bellaciao) pour demander un complément d'information. Ajoutons que certaines associations de consommateurs existent et pourraient ici prouver leur utilité en élevant la voix face aux pouvoirs publiques notamment européens, n'hésitons pas à diffuser cette information.
 
Merci à Mirabelle, qui avait déjà entrepris de diffuser l'information.

jeudi 12 juin 2008, a 14:14
Traité de Lisbonne, Dustin la dinde vote "hein?"

Il avait été injustement écarté  de l'eurovision en demi-finale, mais n'a pas cessé pour autant de se faire entendre du grand public : l'Irlandais Dustin la Dinde s'est déclaré pour le camp du "non" au référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, à défaut du "hein".
 
A-t-il vu le film "Bienvenue chez les ch'ti "? Ce n'est pas sûr, mais la même inspiration est là, lorsque Dustin le dinde regrette qu'à coté des cases "oui" et "non", ne figure pas une troisième case avec la mention "hein?", jugeant cet oubli "honteux". "Comme ça il devrait retourner à la table des négociation, ajoute-t-il, et trouver une bonne manière d'expliquer la chose".
 
Personne ne connaît le comédien qui prête sa voix à cette marionnette, mais il est devenu très populaire et sa déclaration, si elle ne convaincra pas forcément de nombreux électeurs, témoigne bien du reproche des "noniste" au texte : sa complexité.
 
Le "oui" et le "non" seraient très proche l'un de l'autre selon les différents sondages, et si le traité ne passe pas en Irlande, alors c'est toute l'Europe qui sera concernée, puisque pour être accepté, le texte doit être ratifié par tous, sans exception.



mercredi 11 juin 2008, a 22:40
Big Brother votera "oui" au référendum en Irlande

Les peuples sont décidément imprévisibles et ingrats et le peuple Irlandais en ce moment plus que tout autre, à en croire certains journalistes et hommes politiques qui traitent du référendum sur le traité de Lisbonne, que les Irlandais devront ratifier, ou refuser, après cette consultation populaire ce jeudi. En effet les irlandais ne seraient pas loin du "non", comme naguère les français, ces moutons noirs de l'Europe, qui n'avaient pas compris en jetant le bulletin dans l'urne, contre le traité dit constitutionnel, à quel point leurs dirigeants, à la quasi unanimité, raisonnaient mieux qu'eux, en mettant l'Union en panne un peu avant les néerlandais, aux dire des dirigeants européens.
 
Ingrats selon Bernard Kouchner, le champion de l'ingérence, pour lequel les irlandais seraient les premières victimes du non, et qui avait jugé bon d'ajouter : "Ce serait quand même très, très, très gênant pour la pensée honnête qu'on ne puisse compter sur les Irlandais qui, eux, ont beaucoup compté sur l'argent de l'Europe", ce qui a au passage convaincu quelques électeurs irlandais de voter non. Vraiment, vraiment, l'Union européenne est trop bonne, semble-t-on lire... D'autant que les électeurs en général ne sont pas très futés, si l'on en croit la déclaration de Jean-Claude Junker, chef du gouvernement luxembourgeois, président de l'Eurogroupe et doyen des dirigeants européens : "Les affaires européennes sont très compliquées pour les citoyens. Nous parlons un langage qui n'est pas compréhensible pour le commun des mortels"... A moins que nos élites européennes ne soient trop intelligentes pour nous tous, "le commun des mortels"?
 
Pour un journaliste des échos, le référendum est vraiment de trop et pire encore, il ne serait pas loin de la tyrannie : "Sous une apparence démocratique puisqu'il donne la parole au peuple, il est en réalité la procédure la plus antidémocratique qui soit, sous réserve, bien sûr, de la dictature." Les peuples échappent tout juste à la comparaison avec Adolphe Hitler, mais pas à celle de la Terreur sous la Révolution, terreur pratiquée naturellement en son nom, lorsqu'il ajoute "l'exercice de la démocratie comme un référendum permanent a été mise en oeuvre par les révolutionnaires de 1793 pour imposer la terreur au nom du peuple souverain". C'est à croire que le bas-peuple, ces gueux, n'ont décidément aucune conscience politique... il faut par conséquent leur imposer la démocratie sans leur demander leur avis. Mais le vent semble souffler dans le mauvais sens et le non pourrait n'être pas loin : gageons que si le "oui" l'emporte, alors ce sera une très grande victoire pour la démocratie tant redoutée, sinon, "Espérons que la leçon servira" finit le journaliste (!).
 
En attendant, les dirigeants politiques s'apprêtent à affronter un éventuel "non", comme lors du référendum irlandais, déjà sur le traité de Nice, qui avait également abouti à un "non". Le traité avait alors été réaménagé et les Irlandais avaient dû retourner voter pour ou contre le traité. Soyons sûr qu'une alternative sera trouvé pour sauver la démocratie de ses mauvais électeurs, décidément parfaitement rétifs à toute idée de progrès démocratique. Comment, ils craignent de perdre leur souveraineté disent-ils? Que nenni répondent les européistes-unionistes, c'est faux, la souveraineté sera renforcée en étant partagée! Même si au même moment se trame derrière les Français l'abandon du siège à l'ONU au profit de l'Union européenne... L'on évoquera que peu ce super ministre européen de la Défense, prévu dans le traité. La guerre en Irak n'aurait pas trouvé la même opposition si le traité avait eu cours, les Etats réticents, avec une voix étouffé derrière la majorité, auraient été contraints de suivre.
 
Vox Populi, mais pas Vox Dei... En France déjà; le référendum a été contourné, par crainte du non, avec un vote du parlement, ce qui avait nécessité un changement de consitution. Si l'Irlande ne ratifie pas le traité par la voix populaire, chacun sait que le référendum sera reconduit, peut-être aménagé, pour servir, comme il se doit, la démocratie (!). Les dirigeants de l'Union européenne ne se poseront pas de question ensuite : c'est le peuple, comme au lendemain du référendum en france qui n'aura rien compris à la pensée élevée de ses dirigeants, élus par la majorité, mais pas en acccors avec leurs électeurs. "L'Amour c'est la haine" nous apprenait déjà Big Brother et "la guerre c'est la paix"... La démocratie, c'est à présent de ne pas consulter le peuple. Décidément, l'Union européenne est plus que jamais lointaine, traité ratifié, ou non...

dimanche 18 mai 2008, a 16:34
Pays-Bas : un blogueur caricaturiste face à la justice

Un caricaturiste néerlandais a subi suite à une plainte pour discrimination datant de 2005, une enquête de police, une arrestation et une mise en détention pour 32 heures, avec perquisition à son domicile. Les dessins incriminés étaient édités sur son blog et représentaient plus particulièrement Mahomet. Toute la classe politique a exprimé son indignation, qualifiant l'arrestation de "démesurée", bien que l'homme n'ait jamais hésité à s'en prendre aussi aux partis politiques.
 
Le blogueur publiait son blog sous le pseudonyme Gregorius Nekschot pour éviter de prendre des risques inutile. La police d'Amsterdam l'a arrêté mardi et libéré vendredi, sa maison a aussi été perquisitionnée pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins incriminés.
 
Le parquet a en effet estimé que "après étude du matériel saisi (pendant la perquisition, ndlr), il est devenu clair que l'homme de la maison était "Gregorius Nekschot",  et que sur les dix caricatures désignées par la plainte, huit dépassent le cadre de la liberté d'expression, ajoutant qu' "Elles sont répréhensibles (...) pour discrimination et (...) incitation à la haine ou la violence (...) elles ont été retirées d'internet".
 
c'est un imam qui avait porté plainte, un néerlandais converti. Selon un proche du caricaturiste, l'arrestation est intimidante, les policiers lui ayant déclaré qu'il allait perdre son anonymat. Ce blogueur n'est pas inconnu aux Pays-Bas. D'aucun estime qu'il va trop loin dans ces caricatures, l'on songe à un dessin montrant Jésus et Mahomet ayant ensemble des rapports sexuels , par exemple. Une truie à tête de Mahomet  avait aussi été publié sur le site.
 
Il est certain que les dessins du caricaturiste ne sont pas de très bon goût. On remarquera toutefois que les caricatures de Jésus ne sont pas concernées par la plainte, le parquet n'en fait pas état. On notera aussi qu'il s'agit d'un blogueur, qu'il avait gardé l'anonymat mais que les services de police se sont mis à sa recherche, ont perquisitionné son matériel pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins.
 
S'agit-il de discrimination? Les dessins incriminés ne sont plus visible sur internet selon le parquet. Il n'est jamais dit pour un dessin de Jésus ou de Bouddha qu'il s'agit de discrimination, représenter le prophète de l'islam ne devrait donc pas tomber sous le coup d'une pareille loi, en théorie. En théorie, sauf que les plaintes pour discrimination émanant de la communauté musulmane sont de plus en plus fréquentes, presqu'habituelles à présent, pour tout ce qui touche à leur religion. En ouitre, le caricaturiste dessine aussi fréquemment sur le christianisme, dans le même esprit.
 
Ce fait divers se passe sur le sol européen et pourrait faire s'interroger les blogueurs : est-il permis en territoire européen de critiquer les religions? Doit-on remettre en cause certaines libertés d'expression? Ainsi que le révélait le site Iran Résist  , au moment du film "Fitna"  , le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU votait un texte visant à limiter cette liberté.
 
"Le Conseil des droits de l'homme a franchi le pas pour reconnaître officiellement le blasphème comme un délit voire une violation des droits de l'homme et pour ficher son auteur ! Cet amendement a été approuvé par 32 voix contre 15 notamment grâce aux pays officiellement musulmans qui siègent au Conseil des droits de l'homme. Ces pays sont membres de l'organisation de la conférence islamique(...)" (cf Iran Resist )
 
Le site ne se trompe pas plus en évoquant un long processus engagé par les mollahs. en effet suite à la dernière conférence de l'Observatoire de l'OCI, un rapport a été publié, qui évoque aussi les médias, notamment internautiques, pour limiter très clairement les critiques de l'islam. L'on pouvait trouver dans le rapport également, que les masses maghrébines de France la subissant, elles avaient fini par se révolter en novembre 2005 (!). Il n'est quasiment pas fait mention dans le rapport du terrorisme islamique, si ce n'est pour dire qu'il n'a rien à voir avec l'islam et que les pays musulmans luttent déjà contre et subissent aussi la situation. L'observatoire a été créé pour lutter contre les caricatures ou les films tels que "Fitna". Faire condamner le "Blasphème" est dans son intention.
 
Il suffit de faire un tour sur le site de Gregorius Nekschot et de voir ses dessins pour se rendre compte qu'ils sont particulièrement de mauvais goût, l'on ne niera pas qu'il va un peu loin. Reste qu'il est un peu inquiétant de voir la justice néerlandaise poursuivre un blogueur, les services de police se rendre chez lui, perquisitionner son matériel, pour finalement lui annoncer que son anonymat sera dévoilé, au risque de lui faire courir des risques pour sa vie. Pensons ici à Robert Redeker, Salman Rushdie, Taslima Nasreen, Ayaan Hirsi Ali , Wafa Sultan, Magdi Cristiano Allam  et tant d'autres encore.
 
Souvenons nous aussi de l'histoire de cette enseignante au Soudan qui avait appelé un nounours "Mohammed", trainée devant les tribunaux, elle risquait la prison et le fouet, tandis que la foule manifestait pour demander son exécution  .
 
Le pseudonyme Gregorius Nekschot signifierait littéralement "une balle dans la nuque", son site : http://www.gregoriusnekschot.nl/blog/ (attention le site contient des photos qui peuvent être choquantes, ne pas le consulter devant des enfants...)
 
Articles sur le sujet, en français :
 

mardi 13 mai 2008, a 19:24
Polémiques autour d'une statue d'église représentant, peut-être, Mahomet

Une photo parue dans le "Brussels journal"  qui se veut très conservateur, représentant une statue dans l'Église Notre-Dame à Termonde, , avec trois anges terrassant un personnage au turban, dans ses mains un livre et dont Le titre donné est "Mohammed "Statue" in Belgian Church", a soulevé les protestations d'un journal turc, et la répercussion de la réaction dans les journaux flamands. L'oeuvre date de 1685, juste après le siège de Vienne par les turcs et est signée Matthias van Beveren.
 
"Stoppez ces cochonneries" s'exclame en gros titre le quotidien nationaliste turc Yeniçag, envahissant les colonnes des journaux flamands de sa "une" dès samedi. Le journal turc demande ni plus ni loin que l'éloignement de cette sculpture, afin de ne pas offenser les croyants musulmans. Nous avions déjà les désaccord sur le texte de Ratisbonne, les caricatures danoises et le film Fitna, nous faudra-t-il à présent évoquer comme sujet de discorde les oeuvres anciennes se demande la Libre.be?
 
Pour le journal "Lalibre.be"  , le "Brussels journal" est un quotidien proche de certains mouvements de droite et du parti Vlaams Belang, il qualifie la femme du fondateur du journal de députée neo fasciste (à Anvers)  et il selon lui il s'agirait plus particulièrement d'un encouragement à la haine émanant des partis d'extrême droite. Sans doute la "Libre.be" ne dit-elle pas cela par hasard, ce journal étant plutôt sérieux. Mais la députée serait en fait d'extrême-droite chrétienne. Tout au plus cette sculpture rappelle les affrontements avec les turcs en Europe. C'est le triomphe de l'Europe chrétienne sur l'empire ottoman musulman, à une époque où le religion avait plus d'importance que de nos jours. Faudrait-il détruire les monuments aux morts qui témoignent des affrontements entre les nations?
 
lalibre.be relie aussi les déclarations du conservateur de l'église, pour lequel le personnage de la statue n'est pas Mahomet mais plutôt un persan : "A y regarder de plus près, ce n'est certainement pas Mahomet car les vêtements de l'homme subissant les assauts des anges sont plus persans qu'arabes. Et puis, il faut se replacer dans le contexte de l'époque : c'était au moment du siège de Vienne par les Ottomans. A l'époque, on était vraiment sur le fil du rasoir car l'on redoutait une invasion de l'Europe qui eût mis à mal nos régions christianisées mais l'auteur de l'oeuvre a surtout voulu représenter ce que l'on appelait alors les incroyants à l'aune de la vision catholique..."
 
On remarquera toutefois qu'il porte un turban et un livre, qui pourrait être un Coran. Quoi de plus normal d'ailleurs? Les Turcs venaient de subir une cuisante défaite après le siège qu'ils avaient entrepris devant la ville, pour la troisième fois, il est donc logique donc que la statue représente un personnage en rapport, au moins dans l'imaginaire. Ce sera le dernier siège de l'empire ottoman devant la ville, le signe de son déclin. Rappelons que l'empire avait occupé une grande partie de l'Europe, qu'il pratiquait l'esclavage et  les razzia dans les villages pour ce faire. La Grèce n'a acquis son indépendance qu'au XIXème siècle. La réaction Turcque est donc pour le moins déplacée.
 
le site "fairelejour.org" , qui a été le premier à révéler en France cette affaire, note que le "Brussels Journal"  aurait aussi reçu des menaces par message électronique, lui donnant sept jours pour ôter les photographies de la sculpture, sous peine "d'attaque turque", rappelant aussi qu'en Italie une peinture dans une église avait aussi soulevé la polémique, on y voyait Mahomet en enfer, ce qui est une vision logique pour un chrétien, qui ne saurait y voir autre chose qu'un manipulateur et un imposteur : le contraire signifierait sa conversion. C'est donc plus que du respect que demande les islamistes, c'est tout simplement la dhimitude du journal incriminé.
 
A tout prendre d'ailleurs, l'islam aurait plutôt des comptes à rendre aux autres confessions, pour des faits autrement plus graves. Songeons seulement à l'église orthodoxe du Christ Sauveur  à Pristina, transformé en toilette publique après que tous les serbes de la ville aient été chassés, avec la passivité des soldats de l'ONU, ou encore les nombreuses destructions d'églises dans la même pays, rappelons que bien plus tôt, la cathédrale Sainte-Sophie de Constantinople avait été changée en mosquée, ses peintures grattées. Il est par ailleurs tout à fait inquiétant de voir un pays qui voudrait rentrer dans l'Union européenne adopter ce type de comportement, imposer ses croyances et sa loi, les menaces en sus.

lundi 14 avril 2008, a 21:37
Trafic d'organe : la polémique suite au livre de Carla Del Ponte

La Serbie saisira le TPI suite aux extraits dévoilés du livre de l'ancien procureur de la Haye, Carla Del Ponte, "La chasse, moi et les criminels de guerre", qui relate ses mémoires et dans lequel elle révèle sans preuves définitives que près de 300 prisonniers serbes et slaves (parmi eux des femmes) auraient été victimes d'un trafic d'organe en 1999, avec la quasi complicité des hauts officiers de l'UCK dont faisait à l'époque partie le premier ministre kosovar actuel, ce qu'il dément.
 
Selon Carla Del Ponte, qui n'a pas pu apporter de preuves définitives de ces faits, les prisonniers étaient transférés du Kosovo en Albanie, où l'on prélevait des organes sur eux, les laissant parfois en vie quelques temps avant de reprendre d'autres organes vitaux. Naturellement, ces prélèvements étaient ensuite vendus à des cliniques. C'est l'UCK, c'est à dire la milice kosovar qui aurait été à l'origine de ce trafic.
 
"Ces organes étaient ensuite envoyés depuis l'aéroport de Tirana vers des cliniques à l'étranger pour être implantés sur des patients qui payaient (...) Les victimes privées d'un rein étaient de nouveau enfermées dans une baraque jusqu'au moment où elles étaient tuées pour d'autres organes" affirme t-elle avant de préciser "Les dirigeants d'un niveau intermédiaire et élevé de l'UCK étaient au courant et étaient impliqués de manière active dans la contrebande des organes"
 
Ce qui déclenche aussi la polémique autour de ces déclarations, c'est que les dirigeants de l'UCK de l'époque ne sont autres que "Agim Ceku, Premier ministre du Kosovo de mars 2006 jusqu'en janvier 2008, et Hashim Thaçi, actuel Premier ministre" selon une dépêche AFP. La juriste conclue également que malheureusement les preuves dont elle dispose, si elles sont issues de témoignages fiable et que lors d'une enquête en Albanie sur les lieux présumés ont été retrouvés "des traces de sang (...), une seringue, des flacons vides de médicaments dont un utilisé lors d'interventions chirurgicales", cela ne constitue pas des preuves suffisantes. Les témoins auraient aussi subi des violences.
 
Il serait un peu difficile d'accuser Carla Del Ponte de partialité puisque dans le même livre elle évoque les difficultés que lui ont fait certains gouvernements (Russie, Serbie...) pour lui remettre des criminels de guerre et insiste aussi sur le rôle de certains gouvernements occidentaux, rôle risqué dans la situation politique actuel des balkans. Elle évoque aussi certaines tractations entre diplomaties autour des criminels de guerre ainsi que les enjeux financiers dans la région.
 
Mais les extraits du livre de Carla Del Ponte n'ont pas plu au gouvernement helvétique pour lequel elle est ambassadeur et qui lui a interdit de représenter son livre en Italie durant son mandat, lui laissant de fait le choix entre être ambassadeur ou... écrivain.

mercredi 02 avril 2008, a 18:53
Euthanasie : les vieux et les enfants aussi...

La France, toute occupée à discuter de l'euthanasie suite à des affaires bien précises, celles de Chantal Sébire et de Vincent Humbert, dernièrement de Laura Blanc, a peu parlé de la dernière initiative en la matière en Belgique : étendre l'euthanasie aux enfants et aux personnes agées en état de démence. Le parlement devrait disposer d'assez de voix pour l'imposer, ainsi il devrait bientôt être possible, en Belgique, de se livrer à l'euthanasie, avec l'accord de l'entourage, sur les enfants et les vieillards, si la loi passe bien. C'est l'Open Vld qui est à l'origine de cette proposition de loi, encore dans les cartons, mais qui devrait être bientôt proposée.
 
Ce projet de loi n'est pas sans poser de questions; en effet les vieillards en état de démence seraient alors euthanasiés sur décision de leurs proches parents, proches parents qui pourraient être tentés de se débarrasser d'un "vieux" un peu génant, et qui peut posséder un petit héritage. Quant à l'idée d'euthanasier des mineurs, elle est assez choquante en soi même si l'on peut imaginer que dans certains cas un mineur peut souffrir atrocement de certaines maladies. Il va de soi que dans le cas d'une décision des parents, qui auront à signer une décharge, les enfants euthanasiés n'auront pas vraiment leur mot à dire.
 
L'information paru le 25 mars, eut fait un formidable poisson d'avril quelques jours plus tard. De fait cela pourrait illustrer les fameuses dérives possible de l'euthanasie, dont on sent bien qu'elle est une question de principe et que tout accord est désormais impossible entre les partisans et les opposants, d'autant qu'à trop l'étendre, elle rappelle de bien mauvais souvenirs . En effet le nazisme prônait déjà des positions semblable, ainsi pour Fritz Lenz, titulaire de la seule chaire "d'hygiène raciale" en Allemagne avant 1933, l'euthanasie était essentiellement une "question d'humanité"...
 
Pour ou contre, reste que les solutions contre la douleur ne trouvent pas pour l'instant place dans le débat frontal, il faut être "pour" ou "contre" l'euthanasie, ce qui reste bien sûr fortement réducteur...
 

mardi 11 mars 2008, a 19:54
Caricature de Jésus, un rédacteur se dit menacé de mort en Suède

Une caricature figurant Jésus en croix et un diable en train de déféquer sur sa tête a paru dans un journal suédois et a occasionné des menaces de mort selon le rédacteur en chef. Sur la croix, plutôt que le traditionnel "INRI", sont affichés les dates du concert, derrière lui des flammes tandis qu'un personnage cornu en sabots, défèque sur sa tête. Sous sa longue queue  on peut voir de l'orifice tomber les étrons. C'est pour un festival punk à Linköping qu'avait paru l'affiche sur les panneaux d'information de la commune mais des employés municipaux les en avaient retiré. Le journaliste avait alors décidé, contre ce qu'il considère comme une censure, de les faire publier. Suite à cette publication dit-il "J'ai été exposé à diverses menaces (...) et j'ai interprété plusieurs d'entre elles comme des menaces de mort" a-t-il le rédacteur à l'AFP, "Il était de notre devoir de raconter ce qui s'était passé, et pour le faire, nous devions aussi montrer l'image".
 
Le rédacteur en chef a porté plainte auprès des services de police qui tout en prenant au sérieux les menaces n'a pas pris de mesures particulières pour sa sécurité, selon un inspecteur de police. Sur son répondeur un message aurait été laissé, qui  souhaitait "le voir égorgé et que si personne ne s'en chargeait, alors Jésus le ferait". Si l'image est particulièrement choquante, ces menaces sont surprenantes tout autant que la déclaration du lieutenant de police. Voila un homme qui prend au sérieux des menaces de mort mais qui ne fait pas protéger celui qui les reçoit. C'est pour le moins paradoxal. L'attitude provocatrice du journaliste ne rime d'ailleurs à rien, le dessin ne recélant pas de message social particulier.
 
Car en effet les caricatures danoises dénonçaient derrière le dessin l'usage fait de la violence à travers l'islam, un problème social donc, et qui allait au-delà du simple dessin. C'est plus particulièrement les terroristes qui déposent des bombes en criant qu'Allah est grand qui était visés (le caricaturiste avait réellement risqué d'être tué) et c'était donc prendre une position que de les publier qui se justifiait fort bien. Si Jésus avait été mis en position de conduire un bombardier dans un déchaînement de violence, alors le dessin aurait peut-être eu un sens, associé à la politique des Etats-Unis, sans être particulièrement crédible selon la personnalité décrite dans les évangiles, dans lesquels Jésus tend plutôt l'autre joue.
 
La croix possède dans le christianisme un sens profond. C'est Jésus qui par son propre sacrifice rachète les péchés des hommes d'une façon universelle, dans d'atroces souffrances. Plus qu'un manque de respect, le dessin s'attaque à tout le sens de la crucifixion, de plus il est particulièrement de mauvais goût et tout rapport avec les précédentes caricatures danoises seraient un peu hasardeux, y compris dans l'ampleur de la menace. Le rédacteur n'ignorait pas qu'il ne risquait pas grand chose et ce dessin ignoble ne sera publié qu'un temps relativement court, eu égard à son manque d'intérêt... Ce n'était pas de la censure que de retirer les affiches, mais simplement du bon sens.
 
Le rédacteur a donc fait publier cette affiche de mauvais goût dans son journal. S'il l'a fait pour l'information, alors il n'a pas nécessairement tort, mais s'il agit contre la censure alors on voit mal où il voulait en venir... La "censure" est un élément naturel d'une société. Il ne viendrait pas à l'esprit d'une municipalité de laisser par exemple des affiches pornographiques à la vue de tout un chacun, notamment des enfants. Lorsque celle-ci est dépassée, cela doit être pour une raison précise, avec un sens. Une description eut probablement suffit.
 
Pour les curieux, l'affiche est visible ici  , j'ai volontairement décidé de ne pas la diffuser. A voir si toutefois vous ne passez pas à table...

mercredi 05 mars 2008, a 11:28
Une école juive de Londres, au tribunal pour discrimination raciale

C'est une dépêche AFP qui le relate : une école juive de Londres, la Jewish free School, a dû passer devant la haute cour de justice pour discrimination raciale. Elle aurait refusé un élève de 11 ans parce que sa mère n'était pas née juive, selon les plaignants. Cette plainte pour discrimination se base sur le fait que la mère, une catholique convertit avant son mariage, interprète le refus comme une discrimination sur la base des origines ethnique et non sur la foi.
 
L'école, qui est financée par des fonds publics, explique devoir procéder à une sélection pour préserver sa réputation d'excellence, mais selon l'avocat de la plaignante, obéirait pour le faire aux avis de l'United synagogue, mouvement orthodoxe, principal groupe de la communauté juive britannique, et sur la reconnaissance par l'organisme d'un "statut juif" (terme textuellement repris de la dépèche) des candidats. Or l'organisation tout en reconnaissant la judaïté du père de l'enfant, ne reconnaît pas celui de la mère, convertie du catholicisme au judaïsme, mais sans entrer dans la tradition juive orthodoxe. En effet dans la tradition du judaïsme, est juif celui dont la mère est née juive ou qui s'est converti selon la loi juive.
 
Les parents de l'enfant refusé  appartiennent à un courant juif traditionnel et progressiste à la fois. Le père s'est dit "consterné". L'école accueillerait selon le même principe, aux dires de l'avocat, des enfants de parents totalement athées mais dont la mère serait juive de naissance, ce qui pourrait signifier qu'il existe bien une sélection obéissant à un principe "racial".

lundi 11 février 2008, a 18:07
Et si l'archevêque de Cantorbéry était un précurseur?

C'est une polémique qui enfle, et l'archevêque anglican de Cantorbéry, Rowan Williams, doit bien se demander ce qui lui a pris de s'exprimer sur la charia, déclarant son application partielle en Grande-Bretagne inévitable. Depuis samedi, sa démission  est réclamée par le "Sun" le plus vite possible, et ce n'est pas à tort que certaines réactions pointent du doigt l'application de la charia dans certains pays musulmans, dans lesquels les chrétiens sont persécutés. Plusieurs évèques ont élevés leurs voix également et parmi les membres du synode de l'Eglise d'Angleterre qui réclament eux aussi son départ, Alison Ruoff le déclare inapte pour sa fonction et ajoute "Les chrétiens, notamment dans les pays islamiques où ils sont persécutés, en sont vraiment bouleversés".
 
Pourtant l'archevêque pourrait être un précurseur et il ouvre un débat qui prendra tout son sens à l'avenir avec la multiplication de personnalités musulmanes sur nos sols européens. Ne nous voilons pas la face (si l'on peut dire), sur ce sujet comme nous le faisons sur tant d'autres, l'apport de l'immigration musulmane aura tôt ou tard des incidences sur la façon de concevoir les lois et sur leur application. Déjà des articles de presse ont relaté les dérives de prêches de certains imams, comme ce fut le cas en Italie, avec cet imam turinois qui invitait ses fidèles à ne pas composer avec les athées, qu'il fallait les tuer ou encore que les femmes sont des êtres inférieurs, qu'il faut battre et soumettre pour qu'elles "filent droit". Ainsi un autre imam, français celui-ci, expliquait dans un magasine de quelle façon il convient de battre sa femme. Le débat existe parmi les musulmans eux-même, dans l'interprétation de versets du coran.
 
L'archevêque a reçu un soutien venant du Caire, de l'université al-Azhar plus précisément, avec le cheikh Abdel Fattah Allam, qui estime que ces propos « encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions ». L'université Al-Azhar a une grande influence dans le monde sunnite. C'est elle notamment qui avait lancé une fatwa contre le converti Mohamed Ahmed Higazi , le condamnant à mort pour sa conversion ainsi que sa femme. A vrai dire, cela n'encourage pas volontiers l'application de la charia... En témoigne une fatwa lancée par un professeur, qui conduisait les hommes à téter le sein de leurs collègues de bureau, cinq fois précisément,  et qu'il a finalement annulé. Rappelons également que la charia condamne en théorie à mort les athées, mais aussi les musulmans qui se convertissent et que les chrétiens n'ont en terre d'islam qu'un statut inférieur, ce que les dirigeants musulmans de certains pays appliquent.
 
Un article paru dans le courrier international fait le parallèle entre les déclarations de l'archevèque anglican avec les propos du pape à Ratisbonne, or justement, le pape prêchait tout le contraire. Il évoquait la nécessité de ne pas séparer la religion en tant qu'apport morale, et la raison, c'est à dire la science, plus particulièrement dans le domaine de l'éthique, pour l'avortement par exemple ou pour la fin de vie. Mais c'est bien l'Europe qui était visée et pas l'islam, ce que finalement peu d'analystes ont su saisir à la lecture de ce texte, qui explique que notre athéisme constitue un quasi scandale dans un monde resté religieux en grande partie tout en rappelant la nécessité d'une collaboration entre foi et raison, qui pour lui sont complémentaires et nécessaires pour l'un comme pour l'autre, afin d'éviter les dérives (de chacun). Le pape avait juste cité un texte, sans fatalement se l'approprier, dans lequel il était question d'islam, mais le propos n'était pas direct : le texte condamnait toutefois l'usage de la force par la religion.
 
Pour provocateur que soient ces propos, l'archevèque a mis le doigt là où cela fait mal. Il avait précisé qu'une dizaine de tribunaux islamiques existent déjà sur le sol anglais, pour les problèmes conjugaux ou financiers et il n'est pas si saugrenue de penser que la charia prendra de plus en plus de place dans nos sociétés. Lui-même en excluait les aspects les plus extrèmes dans sa déclaration. Toute la question est donc de savoir de quelle façon et dans quelles conditions cela se fera, ou plutôt de savoir où commence la charia et où elle s'arrête. C'est là le bien-fondé de l'accueil de personnalités comme Ayaan Hirsi Ali, actuellement à Paris. A chacun de répondre à la question de savoir si cette application est vraiment souhaitable...

samedi 09 février 2008, a 08:06
L'archevèque de Cantorbury et la charia

La déclaration de l'archevèque de Cantorbury, Rowan Williams, a aussitôt soulevé une cascade de réaction dans le monde politique anglais. Les tensions sont restés fortes en Grande-Bretagne entre les différentes communautés suite aux attentats qui avaient secoués Londres, et la proposition de l'archevêque d'admettre la charia, même partiellement, pour des affaires familiales telles que les divorces ou la garde des enfants a soulevé la polémique. Car si des "conseils" musulmans existent sur le territoire ils n'ont aucun statut légal. "Il est possible de trouver ce qui serait un arrangement constructif avec certains aspects de la loi islamique, comme nous le faisons déjà avec des aspects d'autres lois religieuses" a-t-il donc affirmé, en mettant toutefois de coté les châtiments corporels. Proposition inacceptable pour les politiciens anglais, pour lesquels la loi ne saurait reposer sur autre chose que sur le vote démocratique applicable à tout le pays. "Il n'est pas question d'ériger un système légal parallèle. Cette déclaration est un facteur de division plutôt que d'encouragement au multiculturalisme moderne" a donc répliqué Trevor Phillips, responsable de la commission pour l'égalité et les droits de l'homme.  Le premier ministre a également aussitôt réagis "La loi britannique doit s'appliquer dans ce pays, fondée sur les valeurs britanniques."
 
Aussi saugrenu que soit le message développé par l'archevêque, il est pourtant d'actualité si l'on considère les sondages parus dans le pays. L'un d'eux, réalisé en 2006, avait révélé que 40% des musulmans (2,5 millions dans le pays), et jusqu'à 50% des 16-24 ans, seraient pour l'application de la charia, tandis que l'archeque de York dénonce de véritables ghettos musulmans dans le nord du pays dans lesquels les chrétiens ne sont admis. C'est donc toute une population qui se retrouve sur les mêmes bases religieuses et qui se replierait sur elle-même.
 
Il existe des précédents dans les sociétés européennes auprès des cours de justice. En mai 2006, un juge refuse d'accorder un divorce à une jeune femme originaire du Maroc, battue par son mari, en invoquant la charia. Selon le juge, la violence est autorisée par la quatrième sourate du coran et en conséquence le juge adapte sa décision. En Italie, une jeune femme, Fatima, subissant des coups, des mauvais traitements et la séquestrations par ses parents, a vu leur acquittement par la cour, au motif qu'ils ont agi pour le bien de la jeune femme, en toute bonne foi, dans le but de la punir "pour son style de vie non conforme à leur culture", ce qui a aussitôt provoqué une réaction de Souad Sbaï, présidente de l'association des femmes marocaines : "c'est une décision digne d'un pays arabe où serait en vigueur la charia. Au nom du multiculturalisme et du respect des traditions, les juges appliquent deux types de règles, l'une pour les Italiens, l'autre pour les immigrés. Un père catholique, qui se serait comporté de la sorte, aurait été durement condamné".
 
En France aussi les juges appliqueraient les décisions en fonction des pays d'origine, pas toujours pour le bien-être des plaignantes, qui subissent parfois des mariages forcés. L'archevêque ne fait donc que soulever un tabou, précisant qu'il ne s'agit pas des formes les plus extrèmes de la charia. Mais où la charia commence-t-elle, et où s'arrête-t-elle? Selon wikipédia "il faut également noter que la charia n'a jamais été codifiée dans un livre de lois, mais se comprend plus comme une opinion partagée par la communauté des musulmans, basée sur de nombreuses sources. De plus, la charia n'a pas été écrite sous l'autorité d'un corps particulier (en effet, l'islam ne dispose pas d'un clergé)." La charia variraie donc d'un pays à l'autre, mais les sociétés occidentales ne sauraient en accepter certaines formes strictes, ainsi de son application au Nigéria , en Arabie Saoudite ou au Pakistan. Tous les domaines de la vie courante peuvent y être codifiés semble-t-il, y compris la façon de soulager des besoins naturels  .
 
L'archevèque, qui est aussi théologien du monde anglican, s'est avancé sur un sujet glissant, embarrassant jusqu'à ses partisans. Le journal  "The Sun" a aussitôt vivement réagis en publiant notamment des photos de personnes décapitées au nom de la charia, le qualifiant de "dangereuse menace pour notre nation", évoquant des "divagations stupides". Mohammed Shafiq, le directeur de la Fondation Ramadhan, regrette que les formes extrêmes de la charia soient seulement retenues. On "tente de diaboliser l'islam explique-t-il. Anthony O'Mahony, directeur de recherche au Heythrop College de Londres fait valoir que l'application de la charia, même partiellement poserait des problèmes : "On a mis en Europe quelques centaines d'années à passer à un système unitaire avec les mêmes droits pour chacun, alors évoluer vers ça est une question politique de taille".
 
Rowan Williams se défend d'avoir proposé l'application de la charia et explique avoir voulu "soumettre au débat quelques-uns des problèmes posés par les droits des groupes religieux dans un Etat laïque", et cela concernait l'avortement, refusé par les chrétiens, et dit avoir pris la charia pour exemple...  Curieux exemple, puisque les musulmans partagent ce point de vue. Exemple ou pas, l'évèque a bien ravivé un débat houleux.

mercredi 09 janvier 2008, a 17:39
Les socialistes, complice de déni de démocratie

Tout est mis en place à présent pour la ratification du traité européen, et l'Assemblée s'apprête à faire voter dans un premier temps par les députés "Le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution"  , ce qui permettra de faire voter le parlement pour la ratification du traité européen dit "simplifié". Le texte sera examiné en séance publique le 15 janvier à l'Assemblée Nationale, puis le 28 par le Sénat, et le parlement devra se réunir en congrès à Versailles, où pour être adoptée la modification devra réunir les trois cinquième des suffrages exprimés. Il s'agit très clairement de passer outre le référendum sur le premier traité, qui avait rejeté ce premier texte.
 
Le parti socialiste, par la voix de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) , avait annoncé que le parti ne se présenterait pas à Versailles, mais qu'il signerait le traité définitif, après que la constitution ait été modifiée, ce qui constitue une quasi adhésion à la modification, puisque seuls les suffrages exprimés seront pris en compte: qui ne dit mot consent. Le président du groupe admet donc implicitement que le texte reprend tout simplement les grandes lignes du texte rejeté, ce que dénonce ses opposants. François Hollande a confirmé cette ligne du parti.
 
Le traité devrait être ratifié par la suite le 7 février, en passant outre, répétons-le, l'opinion publique, et ce qu'elle avait exprimé précédemment, et des voix discordante se font entendre. Si Jack Lang, qui a toujours été pour la ratification du traité déclare qu'il ira voter "oui" à Versailles et "oui" pour le traité, Henri Emmanuelli souligne très justement "(qu'il n'a) pas été élu par le peuple pour le priver de sa souveraineté", s'en prenant dans le même temps à la direction du parti socialiste, et précisant qu'il ne sera pas le seul à contourner la décision du parti, Jean-Luc Mélenchon et Marc Dolez ont déclaré qu'ils se rendraient à Versailles, pour voter contre également.
 
Il est évident que cette décision de la tête du parti socialiste est d'une hypocrisie totale, puisque s'abstenir facilitera l'adoption du texte, et les députés qui y participent, vont bien contre la "voix" (ou plutôt LES voix) du peuple. L'on peut espérer que comme Henri Emmanuelli, les députés sauront faire preuve de bon sens, en ne participant pas à ce déni de démocratie. Jean-Pierre Chevènement et Nicolas Dupont-Aignan avaient déjà eu le bon goût de se réunir en conférence  par-delà les différences politique, avec d'autres personnalités de droite comme de gauche.

jeudi 15 novembre 2007, a 13:39
Traité européen : Sarkozy coupable de haute trahison

  Cet article, écrit par Olivier Bonnet, a paru sur Come4news le 15 novembre, sur le lien suivant: http://www.come4news.com/traite-europeen-sarkozy-coupable-de-haute-trahison-1195128338.html

 

anne_marie_le_pourhiet"Le projet de «traité modificatif» (reform treaty) européen a été rendu public le vendredi 5 octobre. On comprend à sa lecture pourquoi ses rédacteurs ont renoncé aux expressions de «mini-traité» ou de «traité simplifié» puisqu'il ne comporte, avec ses douze protocoles et ses 25 déclarations diverses, pas moins de 256 pages et qu'en matière de complexité rédactionnelle on peut difficilement faire pire. Dans la mesure où ce texte se borne en réalité à recopier sous une autre forme les trois quarts des dispositions du traité établissant une constitution pour l'Europe, il eût certainement été plus simple de reprendre le texte initial en en rayant seulement les dispositions symboliques abandonnées. On comprend cependant que cette formule ait été écartée car elle aurait manifesté de façon trop criante que l'on se moquait ouvertement de la volonté des peuples français et néerlandais" : cette analyse n'est pas de n'importe quel gauchiste hirsute - ni souverainiste au crâne rasé - mais d'Anne-Marie Le Pourhiet, professeur de droit public à l'université de Rennes et auteur de droit constitutionnel, dans un texte titré Haute trahison.

Elle y ose la formule de "coup d'Etat", argumentée ainsi : "comment le président de la République peut-il décider seul, alors que le peuple français a juridiquement rejeté lintégralité du traité, de faire cependant ratifier par voie parlementaire la majeure partie des dispositions quil contenait au motif que celles-ci «nauraient pas fait lobjet de contestations» ? (...) On pouvait peut-être apercevoir que le «non» de gauche déplorait davantage la menace sur lEtat-providence et le «non» de droite la perte de lEtat régalien, mais il est certainement impossible et inconcevable de sonder le cerveau de chaque Français en prétendant y déceler des dispositions quil aurait rejetées et dautres quil aurait approuvées. La démarche du président de la République prétendant interpréter seul la volonté du peuple français est totalement arbitraire et confine à la dictature. (...) on ne peut quêtre bouleversé par le coup dEtat ainsi perpétré en France. Si le président a la conviction que les dispositions restant dans le traité modificatif ont fait lobjet dune approbation implicite des Français, encore faut-il quil sen assure en organisant un nouveau référendum tendant à obtenir leur accord explicite. Comment qualifier et sanctionner, dès lors, un tel coup dEtat ? Le non_r_f_rendumtexte de la très populaire Constitution de 1793 ny allait pas de main morte en disposant, dans son article 27 : «Que tout individu qui usurperait la souveraineté soit à linstant mis à mort par les hommes libres». La peine de mort étant désormais prohibée par la Constitution française il convient de sy conformer et de se tourner plutôt vers larticle 35 du texte de 1793 qui affirmait solennellement : «Quand le gouvernement viole les droits du peuple, linsurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs». La Déclaration des droits de lhomme et du citoyen de 1789, intégrée au préambule de lactuelle Constitution, range aussi la résistance à loppression parmi les droits naturels et imprescriptibles de lhomme. Notre texte constitutionnel affirme encore que le principe de la République est «gouvernement du peuple par le peuple et pour le peuple» et que son président est élu au suffrage universel direct pour veiller au respect de la Constitution, assurer le fonctionnement régulier des pouvoirs publics et la continuité de lEtat et garantir lindépendance nationale. Le terme qui vient à lesprit pour désigner le mépris présidentiel de la volonté populaire est évidemment celui de haute trahison. Malheureusement, une révision des dispositions sur la responsabilité pénale du chef de lEtat, intervenue en février 2007, a substitué à lantique et belle formule de haute trahison, lexpression affadie et banale de «manquement à ses devoirs manifestement incompatibles avec lexercice de son mandat». Cela manque singulièrement dallure et de force mais lon sen contentera cependant en proposant aux parlementaires, au lieu de commettre eux-mêmes une forfaiture en autorisant la ratification dun traité rejeté par leurs mandants, de se constituer en Haute Cour pour sanctionner le coupable. Sans insurrection ni destitution, nous naurons alors plus quà pleurer sur notre servitude volontaire en réalisant que nos élus représentent bien ce que nous sommes nous-mêmes devenus : des godillots." Et en plus, il avoue !
sarko_telegraphLe futur Président l'avait annoncé clairement dès mars dernier : il n'organiserait pas de référendum justement par crainte que le vote ne soit négatif. Un cran dans le cynisme vient d'être franchi, comme le rapporte le quotidien britannique The Telegraph dans son édition d'hier. Sarkozy a en effet déclaré, lors d'une réunion à huis-clos de parlementaires européens à Strasbourg : "La France nétait quen avance sur les autres pays dans son vote pour le «non». La même chose arriverait dans tous les Etats membres si un référendum y était organisé. Il y a un clivage entre les peuples et les gouvernements. Un référendum aujourdhui mettrait lEurope en danger. Il ny aura pas de traité si un référendum a lieu en France, et il en va de même pour un référendum au Royaume-Uni." S'il ne veut pas de référendum, ce n'est donc pas de peur que la réponse soit négative mais parce qu'il en possède la certitude : c'est bien en quoi celui qui incarne la souveraineté du peuple français, en violant délibérément sa décision, se rend effectivement coupable de haute trahison. A noter qu'aucun média français ne s'est fait l'écho de la scandaleuse déclaration présidentielle. Seuls en parlent sur le Web le Collectif du 29 mai, qui a mis en ligne une pétition, et Solidarité & Progrès, le parti du controversé Jacques Cheminade. Pour notre part, après un premier billet titré La démocratie confisquée, nous avons publié un Appel à la gauche parlementaire, non pas à réunir la Haute Cour de justice pour destituer le félon - nous n'osons en rêver - mais simplement pour refuser la modification constitutionnelle nécessaire à la ratification parlementaire, et ainsi à obliger Sarkozy à organiser un nouveau référendum. Faute de quoi, comme l'écrit Anne-Marie Le Pourhiet, ils commettraient eux-mêmes une forfaiture. Nous réaffirmons évidemment cette exigence.

lundi 12 novembre 2007, a 21:58
Grotesque...

 

Bernard Kouchner a jugé bon d'aller chanter dans les locaux du label allemand Plak Music avec le chanteur de R'N'B turc Muhabbet, en compagnie de son homologue allemand, Frank-Walter Steinmeier, selon le Figaro, qui s'est procuré un enregistrement de la chanson, le titre: «Deutschland».
 
Le Figaro explique l' "Objectif de l'opération: promouvoir «l'harmonie» franco-allemande et l'intégration des minorités turques en Allemagne. " Le refrain que les ministres devaient reprendre n'était pas bien compliqué: il s'agissait de chanter Frankreich, et aussi Deutschland... Je laisse à chacun le loisir de juger des talents de chanteur de nos deux ministres.
 
On voit mal cependant en quoi cette chanson pourrait servir une cause quelconque, ni même en quoi les deux ministères, français et allemands pourraient en ressortir grandis. S'agit-il de persévérer dans la "pipolisation" de la classe politique? Les ministres ne sont-ils pas suffisamment occupés comme cela, avec déjà des cumuls de mandats ?
 
Quoi qu'il en soit, et sait-on jamais, puisque cela pourrait devenir un refrain à la mode, pourquoi pas lors réunions de ministres européens, voici de quoi s'en faire une idée:



mardi 06 novembre 2007, a 19:26
Arrêt du blog Humeur Allochtone

  "J'arrête donc ce blog"... "J'arrête donc ce blog", écrit tout simplement Mehmet Koksal ce lundi, et très vite une avalanche de commentaires tombe, comment, ce blog s'arrête ainsi, comme çà, un lundi? Et avant les municipales à venir? Oui... Il semblerait que l'auteur soit déterminé, ce serait donc le dernier article du blog d'Humeur allochtone , tenu depuis le 24/10/2003, et qui donnait un point de vue irremplaçable sur une part de l'actualité politique bruxelloise. Dans un article; la libre.be évoque elle aussi la fin de ce blog...     

 

J'avais consacré un article aux émeutes de Bruxelles  et m'étais longuement attardé sur le blog de Mehmet Koksal, relatant également son "cassage de gueule" devant l'ambassade des Etats-Unis. Nulle part la presse ne reprenait les évènements comme lui, de l'intérieur! Nulle part ne se trouvait de récit aussi vivant que sur son blog, nulle part dans les articles aseptisés de la grande presse on ne trouvait un tel engagement, une telle conviction. Et puis, craignant pour sa famille, suite à de nombreuses menaces, expliquant que son travail se fait à perte, puisque son message ne semble pas être entendu, il arrête cette semaine. Que le lecteur français n'aille pas faire l'indifférent, car ce que dénonce Mehmet existe aussi en France, et dans nos banlieues, où les "Loups Gris" semblent être aussi implantés...    

 

Ce qui est consternant dans ce dernier article, c'est l'aspect fataliste qui s'en dégage par certains cotés: "la classe politique et le système clanique empêchent donc l'émergence d'un journalisme d'investigation totalement indépendant des groupes de pression." explique Mehmet Koksal, et si il évoque la Belgique, on croirait pourtant lire une description de la classe politique française, qu'il ne faut pas trop bousculer, et qui a peur de mettre sur la table les problèmes à traiter, pour en discuter une bonne fois, et trouver enfin les solutions qui s'imposent.    

 

Car le problème que décrit Mehmet Koksal ne serait pas purement belge, si l'on en croit les récents évènements en banlieue nord, à Sarcelles plus précisément, où une bagarre a eut lieue entre Kurdes et Turcs, particulièrement violente, avec une arrestation à la clefs, à la suite de laquelle 300 manifestants, arborant bien haut le drapeau turc, se sont rendus  devant le commissariat de police de la ville. Déjà en mars 2007, une association assyro-arméno-turques parlait des loups gris, ce groupement extrémiste et ultra-nationaliste turc, pour comparer l'Association "Fransa Turk Federasyon" au sujet d'un concert, évoquant dans son communiqué  une "propagande agressive dirigée notamment contre les Arméniens et le Kurdes", concert qui aurait déjà été refusé dans la ville de Montreuil, par le maire. Le sujet est donc tout à fait d'actualité en France même. De nombreuses associations s'étaient jointes à cette demande.     A Lyon également, lors de l'érection d'un "monument à la mémoire du million et demi d’Arméniens victimes du Génocide perpétré en 1915 par le gouvernement ottoman", le CCAF appelait à la mobilisation "contre cette offensive des forces négationnistes, racistes et anti-démocratiques lancée sur le sol européen par des factions ultranationalistes et anti-européennes instrumentalisées par le Gouvernement turc et ses représentants en Europe."  

 

Dans un entretien, Manuel Abramowicz  confirme les propos de Mehmet Koksal et des associations: "Pour eux, les Turcs sont l'élite, une race supérieure. Ils sont capables d'actions violentes voire ultraterroristes. En Turquie, ils ont été les auteurs d'attaques contre des minorités culturelles, des membres de la gauche, des syndicalistes mais aussi contre les Arméniens ou les Chaldéens.", avant d'ajouter "Les Loups Gris se développent sous couvert d'associations culturelles".    

 

Avant de conclure son dernier article, Mehmet Koksal explique "Je vais donc continuer à écrire ... mais sur d'autres supports médiatiques.", et l'on ne peut que s'en réjouir, tout en comprenant sa décision. Lors de l'émeute, il aurait pu lui arriver bien pire qu'un simple "cassage de gueule" (ses propres termes), autant rester un peu prudent dans sa situation, puisque les Loups Gris connaissent déjà son visage, et ne lui veulent vraisemblablement pas que du bien. Ceci dit, si Mehmet Koksal voulait venir faire un petit tour en France, pour évoquer ce groupement, cela ne pourrait être qu'à notre avantage...

 

Mehmet Koksal est aussi membre du conseil de direction de l'Association des journalistes professionnels de Belgique.

dimanche 28 octobre 2007, a 22:10
Des émeutes à Bruxelles en rapport avec les évènements de Turquie

  Tandis que les troupes turques trépignaient à la frontière irakienne, prêtes à intervenir face à ce que le gouvernement turc qualifie de "rebelles" kurdes, à tort ou à raison, en Belgique, les esprits s'échauffaient aussi dans les deux petites communes de Bruxelles,   Schaerbeek et Saint-Josse. Directement liées, des émeutes ont éclaté par la suite, mettant aux prises un groupement extrémiste Turc, les Loups gris, et les services de police, pendant quelques jours, provoquant une série de violence.  

 

 Le gouvernement régional regrette ses agissements "qui mettent à mal les efforts visant à assurer une coexistence harmonieuse entre les différentes communautés sur le territoire de la Région-capitale", et de fait les services de police ne peuvent toujours intervenir, pour protéger les Kurdes et les Arméniens menacés par les émeutiers, à l'image de ce tenancier de café  (dans la bouche duquel on retrouve le "une fois" légendaire de nos voisins belges), et dont l'établissement a été dévasté par les extrémistes, avant que la foule ne se dirige vers l'ambassade des Etats-Unis pour en décrocher le drapeau et le remplacer par le drapeau turc.   Au milieu de cette foule furieuse, un journaliste-blogueur prend note des évènements.

 

Son nom est Mehmet Koksal, et c'est un témoin privilégié, il est originaire de Turquie et comprend parfaitement la langue, sa plume est alerte et savoureuse, et dans ses descriptions de la manifestation, le lecteur croit se trouver avec lui, il raconte: "environ 200 personnes manifestent violemment devant la grille de la représentation américaine à Bruxelles. Des slogans hostiles, des insultes, beaucoup de drapeaux turcs et du MHP (Parti d'Action Nationaliste), "... "l'un des jeunes arrive finalement à décrocher le drapeau américain qui flottait derrière la grille de l'ambassade et c'est l'extase pour la foule ".   Quelques pas plus loin, l'un des jeunes le reconnait, et s'écrit "Hé ! Les gars ! C'est Mehmet Koksal, ce fils de pute de journaliste, ce traître à la patrie, notre ennemi ! Arrêtez ce connard, on va lui faire la peau !"... "On dirait que brûler le drapeau américain est devenu soudainement secondaire par rapport à la proie facile que je représente dans cette foule."... "un gars me bloque le passage et une vingtaine de personnes plonge sur moi en me rouant de coups de poings et de coups de pieds, essentiellement sur le visage. Je tombe par terre mais les coups continuent de pleuvoir jusqu'à ce qu'un autre jeune m'arrache et me pousse vers un véhicule de police."

 

Saluons le courage de ce journaliste, il a peut-être pris des coups, tout en sachant que cela pourrait lui arriver, car en effet son visage est connu, mais on ne trouve aucune pleurnicherie sur son blog, non, il explique tout juste "Au final, je m'en sors bien avec quelques coups sur le visage, le dos et des griffes autour du cou. Heureusement qu'aucun de ces militants d'extrême droite n'avait sorti un couteau ou une arme à feu car... je n'aurai pas pu vous relater mon cassage de gueule devant l'ambassade des Etats-Unis."  

 

Un cassage de gueule, pour un conflit lointain mais bien présent dans la capitale européenne où l'on fête les martyrs turcs, en s'envoyant des sms pour se réunir dans la rue (selon le journaliste " fétichisme du drapeau turc, messages SMS à la gloire du soldat turc, appels à l'aide pour "sauver la patrie", glorification des "martyrs", récitation de certains slogans coraniques, des slogans anti-PKK mais aussi anti-Kurdes"). Un policier en a fait les frais aussi, sur lequel plus d'une dizaine de jeunes extrémistes se sont acharnés à coups de pieds et de poings tandis qu'il était à terre.  L'affaire pourrait n'être qu'un fait divers comme il y en a tant, ne serait-ce qu'en France, entre différentes communautés par rapport au conflit en Palestine, et pourtant ces émeutes ont une originalité: L'ambassade turc y aurait beaucoup aidé ainsi que des élus belges originaire de Turquie selon Mehmet Koksal...   2000 personnes étaient attendus à la manifestation non-autorisée, et c'est grâce à une forte mobilisation policière que de plus graves conséquences ont pu être évitées, et si les associations turques ont condamné les manifestations des derniers jours, les qualifiants d'inacceptable, pour autant l'ambassade Turque est pointée du doigt: elle exciterait régulièrement "la population contre les minorités turques",  ici il faut sûrement comprendre les minorités ethniques originaire de Turquie. Les meneurs arrêtés pour avoir manifesté devraient être sévèrement punis.  

 

Au bilan, trois policiers ont été admis à l'hôpital, sans compter celui qui fut rué de coups, il y eut 94 arrestations, plusieurs personnes blessées et des actes de vandalisme sont à déplorer. Le CECLR, Centre pour l'égalité des chances et la lutte contre le racisme, s'est également exprimé: Le Centre sera attentif à ce que le caractère raciste de certains actes commis lors de ces manifestations soit bien pris en compte par les autorités policières et judiciaires, et que les instigateurs qui auraient incité à la haine soient identifiés et sanctionnés". Les Loups gris seraient selon wikipedia un mouvement ultra nationaliste turc d'extrème-droite.

jeudi 18 octobre 2007, a 18:53
Sus au traité!

  Tandis qu'on s'accorde entre Etats à faire signer le nouveau traité européens par les assemblées nationales, des voix s'élèvent pour dénoncer un traité en tous points semblable au premier traité refusé en referendum par deux pays. les Etats essayent de repasser le traité par la petite porte avec pour argument que les soucis soulevés par le premier texte ont été levés. Quel soucis? Pour les rédacteurs du texte, il semble bien que ce soit, l'hymne européen, que peu de gens connaissent, très certainement, et le drapeau européen, selon un texte de courrier international.    

 

Joie qui montes et débordes,
Tu veux nos cœurs ? Les voilà.
Et nos âmes sont les cordes
Où ton archer passera.

 


   "Parle à mon cul, mon référendum est malade !" s'exclame un internaute, repris toujours par le courrier international. Cela pourrait aussi être le propos de Paul Marie Couteau, dans un article débat et opinion du figaro, qui rappelle que le "mini-traité" n'a de mini que le nom (plus de 250 pages) et que Valérie Giscard d'Estaing s'est lui-même plaint de "la lourdeur du remaquillage..." avant de rappeler en cinq points "que ce texte vise de nouveau à créer un superÉtat. " Tous les reproches fait au premier texte seraient toujours présents, aussi bien pour les plus souverainistes que pour les autres opposants, sur la souveraineté, sur les lois du marché intérieur, etc, etc... C'est donc bien un texte refusé que représente l'Union, et malgré ce refus, elle l'adoptera sans rien demander aux peuples européens. Valérie Giscard d'Estaing l'aurait qualifié textuellement de “changement cosmétique pour le faire avaler plus facilement“, ce qui témoigne bien de ce que les dirigeants savent ce qu'ils sont en train de faire, c'est à dire passer outre toute consultation populaire.    

 

Peuples des cités lointaines
Qui rayonnent chaque soir,
Sentez-vous votre âme pleine
D’un ardent et noble espoir ?
Luttez-vous pour la justice
L’esprit de fraternité ?
Ah ! Qu’un hymne retentisse de paix pour l’humanité.     

 

 L'Union Européenne défend les droits de l'Homme, et la démocratie, c'est même une condition sine qua non pour l'intégrer, mais pour des évènements aussi important qu'un nouveau traité, elle laisse de coté ses grandes résolutions. Elle décrète de loin, le peuple doit s'exécuter. Le texte de courrier internationnal émanne d'une personne ouverte à " une Union transnationale ", celui de Paul-Marie Couteau est un peu plus souverainiste, preuve s'il en est que le texte mécontente un électorat relativement large.  

 

Jean-Pierre Chevènement n'est pas en reste, et parle de coup d'Etat :

"Seul le peuple peut revenir sur un référendum populaire".  "Le président de la République n'a pas le droit d'interpréter seul la volonté du peuple français. C'est un véritable coup d'Etat!",  et de s'interroger "Le président de la République a-t-il le droit de faire ratifier par le Parlement un traité reprenant l'essentiel d'une Constitution qui a été rejetée par référendum par le peuple français?"

  

 

Je ne peux que m'associer à ces protestations, ne serait-ce que par principe.

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Bonjour,

Ce petit blogue parle de tout et de rien, il veut être ouvert aux débats et se félicite toujours de recevoir des commentaires.

Bienvenue à tous!

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Le blog de Blaise
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