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Le blog de Blaise
vendredi 04 juillet 2008, a 15:43
Pas assez juif pour une école anglaise

Une école juive orthodoxe, qui avait été assigné en justice pour discrimination raciale a été relaxée devant un tribunal britannique, lequel a estimé que l'affaire n'entrait pas dans le cadre d'une discrimination directe, ni même d'une discrimination indirecte. Elle avait refusé un jeune garçon de 11 ans, ne le considérant pas comme étant "certifié" juif, sa mère ayant été convertie avant sa naissance, mais auprès d'une synagogue progressiste. La politique d'inscription de l'école a néanmoins été jugée "totalement légitime" par la haute cour de Londres.
 
C'est selon les critères de l'organisation juive United Synagogue, que l'école définie la judaïté des enfants appelés à étudier dans l'établissement. La mère du jeune garçon de 11 ans était née italienne et catholique, mais s'était convertie avant la naissance de son fils, auprès d'une synagogue dite "progressiste", conversion que ne reconnaît pas le mouvement orthodoxe. De fait, l'école donne la priorité aux enfants dont la judaïté est confirmé par le Bureau du Grand Rabin. Dans la tradition hébraïque ortnodoxe, sont considérés comme étant juifs les enfants dont la mère l'est.
 
Le père de l'enfant, soutenu par deux autres familles et le British Humanist Association, s'était dit consterné. Selon lui, il s'agit de discrimination raciale et c'est bien sous cet angle que son avocat agira, arguant du fait que des enfants de mère juive sont admis, lors même que ces familles sont athées dans leur vie quotidienne. Cette situation posait différents problèmes au tribunal, qui a simplement estimé que le choix de recrutement de l'école allait dans la logique du but qu'elle poursuit, c'est à dire de perpétuer sa philosophie orthodoxe, et qu'en tant que tels, ses critères sont légitimes.
 
En outre, toujours selon le juge, les critères de cette école, la Jewish Free School, ne sont pas tellement différents dans les écoles musulmanes qui recrutent de préférence des enfants nés musulmans, ou encore dans les écoles catholiques, qui réclament le baptême... Un succès du plaignant aurait en conséquence, selon lui, entaché d'illégalité les critères d'admission d'un très grand nombre d'école à tendance religieuse, toutes confessions confondues. En outre, l'avocat de l'établissement estime que le jugement aurait rejailli sur plus d'une vingtaine d'établissements scolaires de la communauté juive ainsi que sur diverses associations.
 
La Jewish Free School, subventionnée par l'Etat britannique et qui existe depuis le XVIIIème siècle,  est une école qui obtient d'excellents résultats et qui a compté parmi ses élèves des personnes connues aujourd'hui, le leader du groupe JamiroQuaï, notamment.
 
L'avocat de la famille a tout simplement estimé, après le jugement rendu, "(qu') Il est très regrettable qu'une école financée par les contribuables puisse décider de ne pas admettre un enfant en raison de l'origine ethnique de sa mère".
 
Le père de l'enfant, très actif auprès du mouvement massorti, est à présent divorcé d'avec sa femme et vit avec son fils. Le mouvement massorti se veut être un judaïsme moderne, à la fois traditionaliste et progressiste.
 
Par delà l'intérêt pour une affaire juridique européenne, avec les concepts de discrimination directe et indirecte (pour la discrimination indirecte, voir le cas de Mme Desrosier, jugement rendu il y a peu ), cette opposition au sein de la spiritualité juive en démontre bien la diversité, tout comme ce fut le cas avec l'autodafé d'évangiles  par le maire adjoint (ultra-orthodoxe) d'Or Yehouda en Israel, sur la place publique, pour protester devant le prosélitisme de "juifs messianiques".
 
Sources :
 
 
 
 
Pour plus de détails sur le jugement, pour les anglophones :
 

vendredi 20 juin 2008, a 13:51
Un salon de coiffure londonnien condamnée pour discrimination "indirecte"

La patronne d'un salon de coiffure londonnien, Sarah Desrosier 32 ans, a été condamnée à une amende de 4000£ en dommages et intérets lors d'un procès l'opposant à une candidate malheureuse au poste de coiffeuse, qu'elle proposait en mai 2007. La jeune femme (elle a 19 ans) refoulée à l'entretien, Bushra Noah, était voilée lors de l'entrevue, et la tenancière avait considéré que l'aspect vestimentaire de la jeune femme n'allait pas avec celui de ses coiffeuses en exercice, qui affichaient toutes des coupes de cheveux en relations avec le thème de sa boutique, c'est à dire des coiffures "funky", spécialité de ce salon dit "alternatif".
 
Selon les articles de presse en français (essentiellement sur le site Point de Bascule, qui retraduit des articles en anglais ici  et ici  ), la jeune candidate avait obtenu un entretien avec la tenancière du salon de coiffure et devait faire une journée d'essai, mais lorsque celle-ci s'est présentée, la tenancière a été surprise en voyant un voile sur le visage de la jeune femme, qui déclare "Quand j'ai parlé à Mme Desrosier au téléphone, avant la première entrevue, elle m'a offert une journée d'essai. Mais lorsque je me suis présentée, elle m'a regardée avec grand étonnement. Elle m'a demandé si je portais le foulard en tout temps et elle a continuée de répéter, « j'aurais souhaité que vous me l'ayiez dit lors de notre conversation téléphonique".
 
Cela semble tellement vrai, que la tenancière avait bien expliqué "Je vend de l'image – c'est important – et je m'attends à ce qu'une coiffeuse styliste expose ses cheveux pour inciter les passants à venir dans mon salon après avoir aperçu mes stylistes. C'est la nature et le style de mon salon qui attirent les gens. Couvrir ses cheveux est en contradiction avec cette réalité. Si quelqu'un portait un casque de baseball ou un chapeau de cowboy j'exigerais qu'il le retire pour le travail. Pour moi, c'est absolument essentiel que les gens puissent voir les cheveux du styliste."
 
Il transparait dans le discours de Mme Desrosier qu'il ne s'agit pas de racisme : la patronne du salon de coiffure ne rejette pas la candidate à cause de ses origines ethniques, mais simplement parce que son style ne convenait pas à son magasin, selon elle, ce qu'elle semble déclarer volontiers. Elle ajoutera d'ailleurs après le jugement "Je n'ai jamais imaginé en un million d'années que quelqu'un pourrait être dans cette industrie tout en refusant complètement de montrer ses cheveux "...
 
Mais la jeune candidate n'en a cure. Elle se sent démoralisée après l'entretien dit-elle. Elle vient d'essuyer 25 refus après 25 entrevues et cet entretien lui reste sur le coeur, elle aurait été particulièrement blessée "J'ai décidé de poursuivre cette coiffeuse parce c'est elle qui m'a le plus blessée. Je me sentais tellement démoralisée et déprimée, que je me suis dit que si je ne me défendais pas, alors qui le ferait ?". Elle avait aussi demandé des dédommagements pour "perte de revenu", sans doute sur le salaire du travail pour lequel elle s'était présentée en entretien...
 
Une personne un peu pratique aurait répondu à la jeune candidate qu'il suffisait tout simplement qu'elle ôte son foulard pour tenter d'intégrer le salon, mais c'était chose impossible pour la jeune femme, qui avait déclaré le foulard essentiel à sa foi "Depuis mes études secondaires, la coiffure était tout ce que je voulais faire. C'est triste qu'ils ne me donnent pas l'occasion de le faire. Cette situation mine mes ambitions. Le port du foulard est fondamental à mes croyances. "
 
Clairement donc, aucune solution n'était négociable. La jeune femme n'avait pas fait ses preuves et les auraient-elles faites, elle refusait de se plier aux exigences de la patronne pour laquelle en l'état elle n'avait pas le profil vestimentaire. Ce sera à la justice anglaise de trancher et elle tranchera, dans le sens de la jeune femme, pour discrimination "indirecte".
 
N'allons pas hurler trop vite après le juge... Le résultat est logique suivant la législation actuelle : il s'agit d'une directive européenne retranscrite dans le droit britannique comme dans le droit français à présent. Si la tenancière avait simplement déclaré que la candidate n'était pas expérimentée, si elle l'avait laissée faire sa journée d'essai, elle n'aurait pas été inquiétée. Il suffisait de la garder une heure ou deux pour lui dire que son travail ne convenait pas, mais elle a avoué la véritable raison : c'est son allure vestimentaire qui ne convenait pas au salon et suivant la législation actuelle, il s'agit d'une discrimination "indirecte".
 
Voici ce que dit un site consacré à la lutte contre les discriminations au sein de l'UE http://www.stop-discrimination.info/808.0.html , l'expliquant fort bien :
 

"Discrimination indirecte Une société de traduction insiste pour que les traducteurs désireux de travailler pour elle disposent du permis de conduire, car il peut arriver qu'elle leur demande de livrer ou d'aller chercher le document chez les clients. Étant donné que cette condition empêche les personnes handicapées de postuler et que conduire n'est pas une exigence essentielle pour réaliser le travail, la société pratique effectivement une discrimination à l'encontre de ce groupe de personnes en particulier, à moins qu'il puisse être démontré que cette interdiction repose sur un motif objectif et fondé. Un grand magasin interdit à ses employés de porter un couvre-chef lorsqu'ils servent les clients. Cette mesure a pour effet d'interdire aux personnes dont les convictions religieuses les obligent à se couvrir la tête, comme les femmes musulmanes, de travailler dans le magasin. Le magasin se rend alors coupable d'une discrimination indirecte, à moins qu'il ne puisse démontrer que cette interdiction repose sur un motif objectif et légitime."

 

 Il faut croire Mme Desrosier lorsqu'elle s'exclame " On me traîne dans la boue et on m'accuse d'être raciste. C'est totalement injuste et faux ! ". La justice ne fait qu'appliquer les lois et directives, en l'occurrence, européennes, même si cette loi a quelque chose de surprenant malgré tout, puisqu'il se dit si souvent qu'en matière de foi musulmane, le voile ne serait pas absolument obligatoire, cela revient donc à faire plier la société devant des revendications religieuses non essentielles dans les faits. Le tribunal a par ailleurs bien ajouté dans ses conclusions qu'il croyait volontiers que Mme Desrosier aurait traité de la même façon tout autre personne voilée de cette façon, musulmane ou non, mais qu'elle n'a pas pu apporter de preuve par rapport à l'impact que le voile aurait sur sa clientèle.

 

L'article relatif au jugement de l'affaire ne dit pas si le salon de coiffure restera ouvert, Mme Desrosier ayant déjà eu du mal à réunir les sommes nécessaires à sa défense et devant verser 4000£ à Mlle Noah pour "atteinte à ses sentiments" . Le tribunal a en revanche rejeté les accusations de discrimination religieuse directe ainsi que la demande pour perte de gains et préjudice moral déposée par la jeune femme.

En France, l'Assemblée nationale a également adopté en début d'année le texte sur la discrimination dite "indirecte", voir les documents officiels ici  et ici.

 

  Les deux photos illustrant l'article sont celles de Mlle Noah et de l'affiche servant de présentoir à la boutique.

lundi 16 juin 2008, a 11:02
Traité de Lisbonne : l'Irlande dit NON aux dirigeants européens

Les Irlandais, appelés à voter pour ou contre le traité de Lisbonne par référendum, ont répondu clairement "non", à plus de 53% dans les urnes ce vendredi. Tout comme en France et aux Pays-Bas, les élites étaient très majoritairement pour le "oui" au traité, mais les électeurs ont en majorité rejeté le texte, démontrant comme bien plus tôt les Français et les Néerlandais combien l'Union européenne ne séduit pas ou plus les Européens, qui rejettent presque systématiquement dans les urnes les "avancées" prévues pour eux par leurs dirigeants, malgré toutes les assurances des politiciens, leur promettant la gehenne en cas de refus et une Europe ruisselante de lait et de miel dans le cas inverse.
 
L'Union européenne ne se remettra pas en question pour autant ainsi que cela était prévisible. Contre tous les principes déjà fixés, la ratification du traité de Lisbonne pourrait se poursuivre dans les autres pays, lors même qu'il sera inapplicable, un seul pays s'avérant suffisant pour le rejet pur et simple du texte au niveau européen. L'Irlande pourrait-elle se retirer se demande-t-on sérieusement  , peut-on adapter le traité, le refaire paraître dans les urnes? Pour sortir de la crise européenne, peut-on créer une Europe à deux vitesse avec un noyau de pays qui montreraient la voie à suivre? autant de solutions proposées qui ne prennent nullement en compte le rejet par l'Irlande, dont tout le petit monde unioniste semble se demander sur quel sujet précisément il porte, dans les méandres obscures et au détour du texte si confus qui leur fut proposé.
 
Tout aura été lu pendant la campagne. Le référendum ne serait pas un système démocratique, mais plutôt tyrannique a-t-on pu écrire le plus sérieusement du monde. De fait les Irlandais sont passés en l'espace de quelques jours du miracle européen de la croissance, au stade de gueux parvenus, enrichis grâce à l'Union et à ses subventions (comme si son travail propre n'était rien!), des esprits faibles, des ingrats, des profiteurs... Rapidement il sera dit que c'est la classe moyenne voire pauvre (les pauvres ne sont pas si instruit que les bourgeois, certainement...), qui n'auraient pas voté correctement, et l'Union "somme" le premier ministre irlandais de s'expliquer sur ce résultat. S'expliquer? S'agit-il de lui demander pourquoi il n'a pas su influencer les électeurs? Les manipuler dans le bon sens?
 
Peu importe d'ailleurs, le vote irlandais sera dénié, isolé, comme le Non en France, où la volonté populaire avait été contournée sous le prétexte que les députés ayant été élus démocratiquement, ils seraient représentatifs des avis du bas-peuple. Comme avec les Français il sera sûrement dit que ce véritable camouflet à l'Union est un désir de plus d'Unionisme encore et toujours plus d'Unionisme, là-même où systématiquement il est rejeté. Le texte était certes confus, mais son rejet s'explique plus particulièrement par celui des instances dirigeantes et par une véritable méfiance à leur égard, là où quasi unanimement elle s'est prononcée pour le Oui.
 
"L'Europe a été conçue pour protéger alors qu'elle inquiète de nombreux Européens. A nous d'en tenir compte. Pas dans six mois, tout de suite " nous affirme Nicolas Sarkozy... Cette Union du libre-échange, dans laquelle les peuples n'ont décidément rien compris à la "mondialisation", les peuples, ces profiteurs qui ne savent pas partager, comme le dit Bernard Kouchner qui reprochait récemment aux Irlandais d'avoir bien profité de l'Union avant de lui dire Non...



vendredi 13 juin 2008, a 18:23
De l'huile de moteur dans des produits alimentaires de grande consommation

L'information n'a pas fait grand bruit : une grande entreprise française, le groupe Saipol (propriétaire de Lesieur), numéro un français de la transformation des oléagineux, a acheté à bas prix et commercialisé de l'huile de tournesol originaire d'Ukraine, avant de constater tardivement que l'huile avait été mélangée avec de l'huile de moteur. Le Canard enchaîné s'est emparé de l'information le 14 mai et a révélé que si une grande partie des produits a été retirée des magasins, certains lots de produits contenant encore de l'huile frelatée à hauteur de 10% maximum, sont toujours en vente, ce qui après recherche est bien le cas, avec la bénédiction de l'AFSSA et de l'AESA, deux organismes sanitaires, français pour l'un et européen pour l'autre. Ces produits ont été diffusés dans plusieurs pays européens et sont encore sur les rayons de nos grands magasins.
 
De larges extraits de l'article du canard enchaîné sont en consultation sur le site Naturavox, article qui relate comment 40000 tonnes d'huile frelattée en provenance d'Ukraine ont atterrie en Europe , destination la France, mais aussi l'Espagne,  l'Italie et les Pays-Bas. Pour la seule France, sur 2800 tonnes d'huile livrées, 19 auraient plus particulièrement leur place dans des moteurs de voiture. Il faudra un mois pour que le mélange soit constaté, non pas par l'entreprise Saipol, mais par un de ses clients, un industriel du nord et un mois de plus (le 21 avril) pour que l'entreprise en alerte la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) française. Entre temps selon Saipol, cité par le canard enchainé, l'huile aurait été raffinée et vendue à "une trentaine de clients de l'industrie agroalimentaire", non citées par le groupe.
 
Si les produits sont rapidement retirés, certains vont rester en vente, après analyse des services sanitaires, comme ne représentant pas un danger suffisant pour le consommateur, sous 10% de cette huile dans le produit final. Le Canard enchaîné explique "contrairement à ce qu'ont d'abord assuré la Commission européenne et les pouvoirs publiques français, tous les produits additionnés d'huile contaminés n'ont pas été retirés des rayons. En effet, le 2 mai, la Commission européenne s'est fendue en catimini d'une recommandation autorisant la vente de tous les aliments contenant moins de 10% d'huile de tournesol frelatée". Ces renseignement sont confirmés par des documents officiels (communiqué de presse du 15 mai  et le point de la situation), selon lesquels le 30 avril, l'AESA (agence européenne de sécurité alimentaire) indique "que l'huile en cause est d'un faible niveau de toxicité" et conclue le 7 mai à "l'absence de danger pour la santé humaine". Néanmoins, ce sont 150 à 200 références qui sont concernées et aussi, à présent, surveillées : ces produits ne devront pas excéder 300mg d'huile contaminée par kilo du produit fini. Il n'y aurait pas d'additif toxique dans l'huile de moteur ajoutée et un homme de 60 kg pourrait en avaler 1,2 grammes par jour sans risque pour sa santé...
 
Parmi les produits concernés se trouvent les mayonnaises, les plats cuisinés, les conserves contenant de l'huile (les sardines par exemple) et selon Natura vox "Parmi lesquels (les industriels) on trouve Saupiquet, Unilever (propriétaire de Knorr, Magnum, Fruit d'Or, Miko, Planta Fin, Amora…) mais également Carrefour Promodès et Auchan. Ainsi, on peut trouver cette huile de moteur dans des batonnets de Surimi, du cèleri rémoulade, de la soupe de poisson en conserve, du poisson pané, des paupiettes de veau, du thon et des sardines à l'huile, mais aussi dans la pâte à tartiner chocolatée, le blé pour petit déj', les gauffrettes à la confiture, les barres céréalières et sucrées pour les enfants, les cookies et bien sur la mayonnaise, le tarama, la sauce béarnaise et enfin de la sauce vinaigrette."
Aucun des produits déjà vendus n'a été rappelé, aucun appel à la vigilance n'a été lancé pour le consommateur, à ma connaissance.
 
L'on s'étonnera de ce que les services sanitaires concluent à un faible niveau de toxicité (même faible, un niveau de toxicité signifie bien que la toxicité existe) avant de conclure à "aucun danger pour la santé", autorisant la commercialisation sous 10% d'huile, tandis que la Grèce a par précaution, après avoir repéré un lot contaminé, mais pas signalé parmi les autres par l'Union européenne, retiré tous les produits importés depuis le 1er janvier contenant de l'huile de tournesol, ce dès le 20 mai. Un peu plus tard, le 23 mai, Bruxelles soumet les importations à des normes plus strictes en exigeant un certificat sur les huiles importés... d'Ukraine uniquement!
 
Quelques constatations s'imposent : le groupe Saipol a importé un produit à bas prix et n'a vraisemblablement pas pris la peine d'en vérifier la qualité, c'est un client qui l'a fait après achat (selon les informations dont nous disposons, l'industriel du nord). Le temps de réaction pour prévenir les services concernés est anormalement long, un mois pour constater, un autre mois pour prévenir. Le consommateur n'est pas réellement avisé des différents produits concernés et achètera à son insu des produits contenant de l'huile de moteur pour sa consommation propre, ce qui lui enlève sa liberté de choix en tant que consommateur. Bruxelles réclame un certificat pour l'Ukraine, mais l'huile pourrait tout aussi bien venir d'un autre pays, à ce titre l'on s'étonne que cela n'existe pas déjà et que la mesure ne soit pas appliquée à tout achat d'huile d'où qu'elle vienne. Enfin personne ne mangerait en conscience une huile additionnée d'huile de moteur... Les produits affichent généralement leurs ingrédients, il serait intéressant de trouver sur nos boites de sardines le pourcentage d'huile de moteur utilisée pour leur confection.
 
Enfin chers lecteurs, il n'est pas difficile de faire sa mayonnaise soi-même et faire une vinaigrette est à la portée de chacun. Inutile donc de se fournir en produits déjà tout faits. Le numéro du service consommateurs de Lesieur au 0 810 193 702 (tarif appel local) pour ceux qui seraient tentés de téléphoner (information issue du site bellaciao) pour demander un complément d'information. Ajoutons que certaines associations de consommateurs existent et pourraient ici prouver leur utilité en élevant la voix face aux pouvoirs publiques notamment européens, n'hésitons pas à diffuser cette information.
 
Merci à Mirabelle, qui avait déjà entrepris de diffuser l'information.

jeudi 12 juin 2008, a 14:14
Traité de Lisbonne, Dustin la dinde vote "hein?"

Il avait été injustement écarté  de l'eurovision en demi-finale, mais n'a pas cessé pour autant de se faire entendre du grand public : l'Irlandais Dustin la Dinde s'est déclaré pour le camp du "non" au référendum irlandais sur le traité de Lisbonne, à défaut du "hein".
 
A-t-il vu le film "Bienvenue chez les ch'ti "? Ce n'est pas sûr, mais la même inspiration est là, lorsque Dustin le dinde regrette qu'à coté des cases "oui" et "non", ne figure pas une troisième case avec la mention "hein?", jugeant cet oubli "honteux". "Comme ça il devrait retourner à la table des négociation, ajoute-t-il, et trouver une bonne manière d'expliquer la chose".
 
Personne ne connaît le comédien qui prête sa voix à cette marionnette, mais il est devenu très populaire et sa déclaration, si elle ne convaincra pas forcément de nombreux électeurs, témoigne bien du reproche des "noniste" au texte : sa complexité.
 
Le "oui" et le "non" seraient très proche l'un de l'autre selon les différents sondages, et si le traité ne passe pas en Irlande, alors c'est toute l'Europe qui sera concernée, puisque pour être accepté, le texte doit être ratifié par tous, sans exception.



mercredi 11 juin 2008, a 22:40
Big Brother votera "oui" au référendum en Irlande

Les peuples sont décidément imprévisibles et ingrats et le peuple Irlandais en ce moment plus que tout autre, à en croire certains journalistes et hommes politiques qui traitent du référendum sur le traité de Lisbonne, que les Irlandais devront ratifier, ou refuser, après cette consultation populaire ce jeudi. En effet les irlandais ne seraient pas loin du "non", comme naguère les français, ces moutons noirs de l'Europe, qui n'avaient pas compris en jetant le bulletin dans l'urne, contre le traité dit constitutionnel, à quel point leurs dirigeants, à la quasi unanimité, raisonnaient mieux qu'eux, en mettant l'Union en panne un peu avant les néerlandais, aux dire des dirigeants européens.
 
Ingrats selon Bernard Kouchner, le champion de l'ingérence, pour lequel les irlandais seraient les premières victimes du non, et qui avait jugé bon d'ajouter : "Ce serait quand même très, très, très gênant pour la pensée honnête qu'on ne puisse compter sur les Irlandais qui, eux, ont beaucoup compté sur l'argent de l'Europe", ce qui a au passage convaincu quelques électeurs irlandais de voter non. Vraiment, vraiment, l'Union européenne est trop bonne, semble-t-on lire... D'autant que les électeurs en général ne sont pas très futés, si l'on en croit la déclaration de Jean-Claude Junker, chef du gouvernement luxembourgeois, président de l'Eurogroupe et doyen des dirigeants européens : "Les affaires européennes sont très compliquées pour les citoyens. Nous parlons un langage qui n'est pas compréhensible pour le commun des mortels"... A moins que nos élites européennes ne soient trop intelligentes pour nous tous, "le commun des mortels"?
 
Pour un journaliste des échos, le référendum est vraiment de trop et pire encore, il ne serait pas loin de la tyrannie : "Sous une apparence démocratique puisqu'il donne la parole au peuple, il est en réalité la procédure la plus antidémocratique qui soit, sous réserve, bien sûr, de la dictature." Les peuples échappent tout juste à la comparaison avec Adolphe Hitler, mais pas à celle de la Terreur sous la Révolution, terreur pratiquée naturellement en son nom, lorsqu'il ajoute "l'exercice de la démocratie comme un référendum permanent a été mise en oeuvre par les révolutionnaires de 1793 pour imposer la terreur au nom du peuple souverain". C'est à croire que le bas-peuple, ces gueux, n'ont décidément aucune conscience politique... il faut par conséquent leur imposer la démocratie sans leur demander leur avis. Mais le vent semble souffler dans le mauvais sens et le non pourrait n'être pas loin : gageons que si le "oui" l'emporte, alors ce sera une très grande victoire pour la démocratie tant redoutée, sinon, "Espérons que la leçon servira" finit le journaliste (!).
 
En attendant, les dirigeants politiques s'apprêtent à affronter un éventuel "non", comme lors du référendum irlandais, déjà sur le traité de Nice, qui avait également abouti à un "non". Le traité avait alors été réaménagé et les Irlandais avaient dû retourner voter pour ou contre le traité. Soyons sûr qu'une alternative sera trouvé pour sauver la démocratie de ses mauvais électeurs, décidément parfaitement rétifs à toute idée de progrès démocratique. Comment, ils craignent de perdre leur souveraineté disent-ils? Que nenni répondent les européistes-unionistes, c'est faux, la souveraineté sera renforcée en étant partagée! Même si au même moment se trame derrière les Français l'abandon du siège à l'ONU au profit de l'Union européenne... L'on évoquera que peu ce super ministre européen de la Défense, prévu dans le traité. La guerre en Irak n'aurait pas trouvé la même opposition si le traité avait eu cours, les Etats réticents, avec une voix étouffé derrière la majorité, auraient été contraints de suivre.
 
Vox Populi, mais pas Vox Dei... En France déjà; le référendum a été contourné, par crainte du non, avec un vote du parlement, ce qui avait nécessité un changement de consitution. Si l'Irlande ne ratifie pas le traité par la voix populaire, chacun sait que le référendum sera reconduit, peut-être aménagé, pour servir, comme il se doit, la démocratie (!). Les dirigeants de l'Union européenne ne se poseront pas de question ensuite : c'est le peuple, comme au lendemain du référendum en france qui n'aura rien compris à la pensée élevée de ses dirigeants, élus par la majorité, mais pas en acccors avec leurs électeurs. "L'Amour c'est la haine" nous apprenait déjà Big Brother et "la guerre c'est la paix"... La démocratie, c'est à présent de ne pas consulter le peuple. Décidément, l'Union européenne est plus que jamais lointaine, traité ratifié, ou non...

dimanche 18 mai 2008, a 16:34
Pays-Bas : un blogueur caricaturiste face à la justice

Un caricaturiste néerlandais a subi suite à une plainte pour discrimination datant de 2005, une enquête de police, une arrestation et une mise en détention pour 32 heures, avec perquisition à son domicile. Les dessins incriminés étaient édités sur son blog et représentaient plus particulièrement Mahomet. Toute la classe politique a exprimé son indignation, qualifiant l'arrestation de "démesurée", bien que l'homme n'ait jamais hésité à s'en prendre aussi aux partis politiques.
 
Le blogueur publiait son blog sous le pseudonyme Gregorius Nekschot pour éviter de prendre des risques inutile. La police d'Amsterdam l'a arrêté mardi et libéré vendredi, sa maison a aussi été perquisitionnée pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins incriminés.
 
Le parquet a en effet estimé que "après étude du matériel saisi (pendant la perquisition, ndlr), il est devenu clair que l'homme de la maison était "Gregorius Nekschot",  et que sur les dix caricatures désignées par la plainte, huit dépassent le cadre de la liberté d'expression, ajoutant qu' "Elles sont répréhensibles (...) pour discrimination et (...) incitation à la haine ou la violence (...) elles ont été retirées d'internet".
 
c'est un imam qui avait porté plainte, un néerlandais converti. Selon un proche du caricaturiste, l'arrestation est intimidante, les policiers lui ayant déclaré qu'il allait perdre son anonymat. Ce blogueur n'est pas inconnu aux Pays-Bas. D'aucun estime qu'il va trop loin dans ces caricatures, l'on songe à un dessin montrant Jésus et Mahomet ayant ensemble des rapports sexuels , par exemple. Une truie à tête de Mahomet  avait aussi été publié sur le site.
 
Il est certain que les dessins du caricaturiste ne sont pas de très bon goût. On remarquera toutefois que les caricatures de Jésus ne sont pas concernées par la plainte, le parquet n'en fait pas état. On notera aussi qu'il s'agit d'un blogueur, qu'il avait gardé l'anonymat mais que les services de police se sont mis à sa recherche, ont perquisitionné son matériel pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins.
 
S'agit-il de discrimination? Les dessins incriminés ne sont plus visible sur internet selon le parquet. Il n'est jamais dit pour un dessin de Jésus ou de Bouddha qu'il s'agit de discrimination, représenter le prophète de l'islam ne devrait donc pas tomber sous le coup d'une pareille loi, en théorie. En théorie, sauf que les plaintes pour discrimination émanant de la communauté musulmane sont de plus en plus fréquentes, presqu'habituelles à présent, pour tout ce qui touche à leur religion. En ouitre, le caricaturiste dessine aussi fréquemment sur le christianisme, dans le même esprit.
 
Ce fait divers se passe sur le sol européen et pourrait faire s'interroger les blogueurs : est-il permis en territoire européen de critiquer les religions? Doit-on remettre en cause certaines libertés d'expression? Ainsi que le révélait le site Iran Résist  , au moment du film "Fitna"  , le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU votait un texte visant à limiter cette liberté.
 
"Le Conseil des droits de l'homme a franchi le pas pour reconnaître officiellement le blasphème comme un délit voire une violation des droits de l'homme et pour ficher son auteur ! Cet amendement a été approuvé par 32 voix contre 15 notamment grâce aux pays officiellement musulmans qui siègent au Conseil des droits de l'homme. Ces pays sont membres de l'organisation de la conférence islamique(...)" (cf Iran Resist )
 
Le site ne se trompe pas plus en évoquant un long processus engagé par les mollahs. en effet suite à la dernière conférence de l'Observatoire de l'OCI, un rapport a été publié, qui évoque aussi les médias, notamment internautiques, pour limiter très clairement les critiques de l'islam. L'on pouvait trouver dans le rapport également, que les masses maghrébines de France la subissant, elles avaient fini par se révolter en novembre 2005 (!). Il n'est quasiment pas fait mention dans le rapport du terrorisme islamique, si ce n'est pour dire qu'il n'a rien à voir avec l'islam et que les pays musulmans luttent déjà contre et subissent aussi la situation. L'observatoire a été créé pour lutter contre les caricatures ou les films tels que "Fitna". Faire condamner le "Blasphème" est dans son intention.
 
Il suffit de faire un tour sur le site de Gregorius Nekschot et de voir ses dessins pour se rendre compte qu'ils sont particulièrement de mauvais goût, l'on ne niera pas qu'il va un peu loin. Reste qu'il est un peu inquiétant de voir la justice néerlandaise poursuivre un blogueur, les services de police se rendre chez lui, perquisitionner son matériel, pour finalement lui annoncer que son anonymat sera dévoilé, au risque de lui faire courir des risques pour sa vie. Pensons ici à Robert Redeker, Salman Rushdie, Taslima Nasreen, Ayaan Hirsi Ali , Wafa Sultan, Magdi Cristiano Allam  et tant d'autres encore.
 
Souvenons nous aussi de l'histoire de cette enseignante au Soudan qui avait appelé un nounours "Mohammed", trainée devant les tribunaux, elle risquait la prison et le fouet, tandis que la foule manifestait pour demander son exécution  .
 
Le pseudonyme Gregorius Nekschot signifierait littéralement "une balle dans la nuque", son site : http://www.gregoriusnekschot.nl/blog/ (attention le site contient des photos qui peuvent être choquantes, ne pas le consulter devant des enfants...)
 
Articles sur le sujet, en français :
 

mardi 13 mai 2008, a 19:24
Polémiques autour d'une statue d'église représentant, peut-être, Mahomet

Une photo parue dans le "Brussels journal"  qui se veut très conservateur, représentant une statue dans l'Église Notre-Dame à Termonde, , avec trois anges terrassant un personnage au turban, dans ses mains un livre et dont Le titre donné est "Mohammed "Statue" in Belgian Church", a soulevé les protestations d'un journal turc, et la répercussion de la réaction dans les journaux flamands. L'oeuvre date de 1685, juste après le siège de Vienne par les turcs et est signée Matthias van Beveren.
 
"Stoppez ces cochonneries" s'exclame en gros titre le quotidien nationaliste turc Yeniçag, envahissant les colonnes des journaux flamands de sa "une" dès samedi. Le journal turc demande ni plus ni loin que l'éloignement de cette sculpture, afin de ne pas offenser les croyants musulmans. Nous avions déjà les désaccord sur le texte de Ratisbonne, les caricatures danoises et le film Fitna, nous faudra-t-il à présent évoquer comme sujet de discorde les oeuvres anciennes se demande la Libre.be?
 
Pour le journal "Lalibre.be"  , le "Brussels journal" est un quotidien proche de certains mouvements de droite et du parti Vlaams Belang, il qualifie la femme du fondateur du journal de députée neo fasciste (à Anvers)  et il selon lui il s'agirait plus particulièrement d'un encouragement à la haine émanant des partis d'extrême droite. Sans doute la "Libre.be" ne dit-elle pas cela par hasard, ce journal étant plutôt sérieux. Mais la députée serait en fait d'extrême-droite chrétienne. Tout au plus cette sculpture rappelle les affrontements avec les turcs en Europe. C'est le triomphe de l'Europe chrétienne sur l'empire ottoman musulman, à une époque où le religion avait plus d'importance que de nos jours. Faudrait-il détruire les monuments aux morts qui témoignent des affrontements entre les nations?
 
lalibre.be relie aussi les déclarations du conservateur de l'église, pour lequel le personnage de la statue n'est pas Mahomet mais plutôt un persan : "A y regarder de plus près, ce n'est certainement pas Mahomet car les vêtements de l'homme subissant les assauts des anges sont plus persans qu'arabes. Et puis, il faut se replacer dans le contexte de l'époque : c'était au moment du siège de Vienne par les Ottomans. A l'époque, on était vraiment sur le fil du rasoir car l'on redoutait une invasion de l'Europe qui eût mis à mal nos régions christianisées mais l'auteur de l'oeuvre a surtout voulu représenter ce que l'on appelait alors les incroyants à l'aune de la vision catholique..."
 
On remarquera toutefois qu'il porte un turban et un livre, qui pourrait être un Coran. Quoi de plus normal d'ailleurs? Les Turcs venaient de subir une cuisante défaite après le siège qu'ils avaient entrepris devant la ville, pour la troisième fois, il est donc logique donc que la statue représente un personnage en rapport, au moins dans l'imaginaire. Ce sera le dernier siège de l'empire ottoman devant la ville, le signe de son déclin. Rappelons que l'empire avait occupé une grande partie de l'Europe, qu'il pratiquait l'esclavage et  les razzia dans les villages pour ce faire. La Grèce n'a acquis son indépendance qu'au XIXème siècle. La réaction Turcque est donc pour le moins déplacée.
 
le site "fairelejour.org" , qui a été le premier à révéler en France cette affaire, note que le "Brussels Journal"  aurait aussi reçu des menaces par message électronique, lui donnant sept jours pour ôter les photographies de la sculpture, sous peine "d'attaque turque", rappelant aussi qu'en Italie une peinture dans une église avait aussi soulevé la polémique, on y voyait Mahomet en enfer, ce qui est une vision logique pour un chrétien, qui ne saurait y voir autre chose qu'un manipulateur et un imposteur : le contraire signifierait sa conversion. C'est donc plus que du respect que demande les islamistes, c'est tout simplement la dhimitude du journal incriminé.
 
A tout prendre d'ailleurs, l'islam aurait plutôt des comptes à rendre aux autres confessions, pour des faits autrement plus graves. Songeons seulement à l'église orthodoxe du Christ Sauveur  à Pristina, transformé en toilette publique après que tous les serbes de la ville aient été chassés, avec la passivité des soldats de l'ONU, ou encore les nombreuses destructions d'églises dans la même pays, rappelons que bien plus tôt, la cathédrale Sainte-Sophie de Constantinople avait été changée en mosquée, ses peintures grattées. Il est par ailleurs tout à fait inquiétant de voir un pays qui voudrait rentrer dans l'Union européenne adopter ce type de comportement, imposer ses croyances et sa loi, les menaces en sus.

lundi 14 avril 2008, a 21:37
Trafic d'organe : la polémique suite au livre de Carla Del Ponte

La Serbie saisira le TPI suite aux extraits dévoilés du livre de l'ancien procureur de la Haye, Carla Del Ponte, "La chasse, moi et les criminels de guerre", qui relate ses mémoires et dans lequel elle révèle sans preuves définitives que près de 300 prisonniers serbes et slaves (parmi eux des femmes) auraient été victimes d'un trafic d'organe en 1999, avec la quasi complicité des hauts officiers de l'UCK dont faisait à l'époque partie le premier ministre kosovar actuel, ce qu'il dément.
 
Selon Carla Del Ponte, qui n'a pas pu apporter de preuves définitives de ces faits, les prisonniers étaient transférés du Kosovo en Albanie, où l'on prélevait des organes sur eux, les laissant parfois en vie quelques temps avant de reprendre d'autres organes vitaux. Naturellement, ces prélèvements étaient ensuite vendus à des cliniques. C'est l'UCK, c'est à dire la milice kosovar qui aurait été à l'origine de ce trafic.
 
"Ces organes étaient ensuite envoyés depuis l'aéroport de Tirana vers des cliniques à l'étranger pour être implantés sur des patients qui payaient (...) Les victimes privées d'un rein étaient de nouveau enfermées dans une baraque jusqu'au moment où elles étaient tuées pour d'autres organes" affirme t-elle avant de préciser "Les dirigeants d'un niveau intermédiaire et élevé de l'UCK étaient au courant et étaient impliqués de manière active dans la contrebande des organes"
 
Ce qui déclenche aussi la polémique autour de ces déclarations, c'est que les dirigeants de l'UCK de l'époque ne sont autres que "Agim Ceku, Premier ministre du Kosovo de mars 2006 jusqu'en janvier 2008, et Hashim Thaçi, actuel Premier ministre" selon une dépêche AFP. La juriste conclue également que malheureusement les preuves dont elle dispose, si elles sont issues de témoignages fiable et que lors d'une enquête en Albanie sur les lieux présumés ont été retrouvés "des traces de sang (...), une seringue, des flacons vides de médicaments dont un utilisé lors d'interventions chirurgicales", cela ne constitue pas des preuves suffisantes. Les témoins auraient aussi subi des violences.
 
Il serait un peu difficile d'accuser Carla Del Ponte de partialité puisque dans le même livre elle évoque les difficultés que lui ont fait certains gouvernements (Russie, Serbie...) pour lui remettre des criminels de guerre et insiste aussi sur le rôle de certains gouvernements occidentaux, rôle risqué dans la situation politique actuel des balkans. Elle évoque aussi certaines tractations entre diplomaties autour des criminels de guerre ainsi que les enjeux financiers dans la région.
 
Mais les extraits du livre de Carla Del Ponte n'ont pas plu au gouvernement helvétique pour lequel elle est ambassadeur et qui lui a interdit de représenter son livre en Italie durant son mandat, lui laissant de fait le choix entre être ambassadeur ou... écrivain.

mercredi 02 avril 2008, a 18:53
Euthanasie : les vieux et les enfants aussi...

La France, toute occupée à discuter de l'euthanasie suite à des affaires bien précises, celles de Chantal Sébire et de Vincent Humbert, dernièrement de Laura Blanc, a peu parlé de la dernière initiative en la matière en Belgique : étendre l'euthanasie aux enfants et aux personnes agées en état de démence. Le parlement devrait disposer d'assez de voix pour l'imposer, ainsi il devrait bientôt être possible, en Belgique, de se livrer à l'euthanasie, avec l'accord de l'entourage, sur les enfants et les vieillards, si la loi passe bien. C'est l'Open Vld qui est à l'origine de cette proposition de loi, encore dans les cartons, mais qui devrait être bientôt proposée.
 
Ce projet de loi n'est pas sans poser de questions; en effet les vieillards en état de démence seraient alors euthanasiés sur décision de leurs proches parents, proches parents qui pourraient être tentés de se débarrasser d'un "vieux" un peu génant, et qui peut posséder un petit héritage. Quant à l'idée d'euthanasier des mineurs, elle est assez choquante en soi même si l'on peut imaginer que dans certains cas un mineur peut souffrir atrocement de certaines maladies. Il va de soi que dans le cas d'une décision des parents, qui auront à signer une décharge, les enfants euthanasiés n'auront pas vraiment leur mot à dire.
 
L'information paru le 25 mars, eut fait un formidable poisson d'avril quelques jours plus tard. De fait cela pourrait illustrer les fameuses dérives possible de l'euthanasie, dont on sent bien qu'elle est une question de principe et que tout accord est désormais impossible entre les partisans et les opposants, d'autant qu'à trop l'étendre, elle rappelle de bien mauvais souvenirs . En effet le nazisme prônait déjà des positions semblable, ainsi pour Fritz Lenz, titulaire de la seule chaire "d'hygiène raciale" en Allemagne avant 1933, l'euthanasie était essentiellement une "question d'humanité"...
 
Pour ou contre, reste que les solutions contre la douleur ne trouvent pas pour l'instant place dans le débat frontal, il faut être "pour" ou "contre" l'euthanasie, ce qui reste bien sûr fortement réducteur...
 

mardi 11 mars 2008, a 19:54
Caricature de Jésus, un rédacteur se dit menacé de mort en Suède

Une caricature figurant Jésus en croix et un diable en train de déféquer sur sa tête a paru dans un journal suédois et a occasionné des menaces de mort selon le rédacteur en chef. Sur la croix, plutôt que le traditionnel "INRI", sont affichés les dates du concert, derrière lui des flammes tandis qu'un personnage cornu en sabots, défèque sur sa tête. Sous sa longue queue  on peut voir de l'orifice tomber les étrons. C'est pour un festival punk à Linköping qu'avait paru l'affiche sur les panneaux d'information de la commune mais des employés municipaux les en avaient retiré. Le journaliste avait alors décidé, contre ce qu'il considère comme une censure, de les faire publier. Suite à cette publication dit-il "J'ai été exposé à diverses menaces (...) et j'ai interprété plusieurs d'entre elles comme des menaces de mort" a-t-il le rédacteur à l'AFP, "Il était de notre devoir de raconter ce qui s'était passé, et pour le faire, nous devions aussi montrer l'image".
 
Le rédacteur en chef a porté plainte auprès des services de police qui tout en prenant au sérieux les menaces n'a pas pris de mesures particulières pour sa sécurité, selon un inspecteur de police. Sur son répondeur un message aurait été laissé, qui  souhaitait "le voir égorgé et que si personne ne s'en chargeait, alors Jésus le ferait". Si l'image est particulièrement choquante, ces menaces sont surprenantes tout autant que la déclaration du lieutenant de police. Voila un homme qui prend au sérieux des menaces de mort mais qui ne fait pas protéger celui qui les reçoit. C'est pour le moins paradoxal. L'attitude provocatrice du journaliste ne rime d'ailleurs à rien, le dessin ne recélant pas de message social particulier.
 
Car en effet les caricatures danoises dénonçaient derrière le dessin l'usage fait de la violence à travers l'islam, un problème social donc, et qui allait au-delà du simple dessin. C'est plus particulièrement les terroristes qui déposent des bombes en criant qu'Allah est grand qui était visés (le caricaturiste avait réellement risqué d'être tué) et c'était donc prendre une position que de les publier qui se justifiait fort bien. Si Jésus avait été mis en position de conduire un bombardier dans un déchaînement de violence, alors le dessin aurait peut-être eu un sens, associé à la politique des Etats-Unis, sans être particulièrement crédible selon la personnalité décrite dans les évangiles, dans lesquels Jésus tend plutôt l'autre joue.
 
La croix possède dans le christianisme un sens profond. C'est Jésus qui par son propre sacrifice rachète les péchés des hommes d'une façon universelle, dans d'atroces souffrances. Plus qu'un manque de respect, le dessin s'attaque à tout le sens de la crucifixion, de plus il est particulièrement de mauvais goût et tout rapport avec les précédentes caricatures danoises seraient un peu hasardeux, y compris dans l'ampleur de la menace. Le rédacteur n'ignorait pas qu'il ne risquait pas grand chose et ce dessin ignoble ne sera publié qu'un temps relativement court, eu égard à son manque d'intérêt... Ce n'était pas de la censure que de retirer les affiches, mais simplement du bon sens.
 
Le rédacteur a donc fait publier cette affiche de mauvais goût dans son journal. S'il l'a fait pour l'information, alors il n'a pas nécessairement tort, mais s'il agit contre la censure alors on voit mal où il voulait en venir... La "censure" est un élément naturel d'une société. Il ne viendrait pas à l'esprit d'une municipalité de laisser par exemple des affiches pornographiques à la vue de tout un chacun, notamment des enfants. Lorsque celle-ci est dépassée, cela doit être pour une raison précise, avec un sens. Une description eut probablement suffit.
 
Pour les curieux, l'affiche est visible ici  , j'ai volontairement décidé de ne pas la diffuser. A voir si toutefois vous ne passez pas à table...

mercredi 05 mars 2008, a 11:28
Une école juive de Londres, au tribunal pour discrimination raciale

C'est une dépêche AFP qui le relate : une école juive de Londres, la Jewish free School, a dû passer devant la haute cour de justice pour discrimination raciale. Elle aurait refusé un élève de 11 ans parce que sa mère n'était pas née juive, selon les plaignants. Cette plainte pour discrimination se base sur le fait que la mère, une catholique convertit avant son mariage, interprète le refus comme une discrimination sur la base des origines ethnique et non sur la foi.
 
L'école, qui est financée par des fonds publics, explique devoir procéder à une sélection pour préserver sa réputation d'excellence, mais selon l'avocat de la plaignante, obéirait pour le faire aux avis de l'United synagogue, mouvement orthodoxe, principal groupe de la communauté juive britannique, et sur la reconnaissance par l'organisme d'un "statut juif" (terme textuellement repris de la dépèche) des candidats. Or l'organisation tout en reconnaissant la judaïté du père de l'enfant, ne reconnaît pas celui de la mère, convertie du catholicisme au judaïsme, mais sans entrer dans la tradition juive orthodoxe. En effet dans la tradition du judaïsme, est juif celui dont la mère est née juive ou qui s'est converti selon la loi juive.
 
Les parents de l'enfant refusé  appartiennent à un courant juif traditionnel et progressiste à la fois. Le père s'est dit "consterné". L'école accueillerait selon le même principe, aux dires de l'avocat, des enfants de parents totalement athées mais dont la mère serait juive de naissance, ce qui pourrait signifier qu'il existe bien une sélection obéissant à un principe "racial".

lundi 11 février 2008, a 18:07
Et si l'archevêque de Cantorbéry était un précurseur?

C'est une polémique qui enfle, et l'archevêque anglican de Cantorbéry, Rowan Williams, doit bien se demander ce qui lui a pris de s'exprimer sur la charia, déclarant son application partielle en Grande-Bretagne inévitable. Depuis samedi, sa démission  est réclamée par le "Sun" le plus vite possible, et ce n'est pas à tort que certaines réactions pointent du doigt l'application de la charia dans certains pays musulmans, dans lesquels les chrétiens sont persécutés. Plusieurs évèques ont élevés leurs voix également et parmi les membres du synode de l'Eglise d'Angleterre qui réclament eux aussi son départ, Alison Ruoff le déclare inapte pour sa fonction et ajoute "Les chrétiens, notamment dans les pays islamiques où ils sont persécutés, en sont vraiment bouleversés".
 
Pourtant l'archevêque pourrait être un précurseur et il ouvre un débat qui prendra tout son sens à l'avenir avec la multiplication de personnalités musulmanes sur nos sols européens. Ne nous voilons pas la face (si l'on peut dire), sur ce sujet comme nous le faisons sur tant d'autres, l'apport de l'immigration musulmane aura tôt ou tard des incidences sur la façon de concevoir les lois et sur leur application. Déjà des articles de presse ont relaté les dérives de prêches de certains imams, comme ce fut le cas en Italie, avec cet imam turinois qui invitait ses fidèles à ne pas composer avec les athées, qu'il fallait les tuer ou encore que les femmes sont des êtres inférieurs, qu'il faut battre et soumettre pour qu'elles "filent droit". Ainsi un autre imam, français celui-ci, expliquait dans un magasine de quelle façon il convient de battre sa femme. Le débat existe parmi les musulmans eux-même, dans l'interprétation de versets du coran.
 
L'archevêque a reçu un soutien venant du Caire, de l'université al-Azhar plus précisément, avec le cheikh Abdel Fattah Allam, qui estime que ces propos « encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions ». L'université Al-Azhar a une grande influence dans le monde sunnite. C'est elle notamment qui avait lancé une fatwa contre le converti Mohamed Ahmed Higazi , le condamnant à mort pour sa conversion ainsi que sa femme. A vrai dire, cela n'encourage pas volontiers l'application de la charia... En témoigne une fatwa lancée par un professeur, qui conduisait les hommes à téter le sein de leurs collègues de bureau, cinq fois précisément,  et qu'il a finalement annulé. Rappelons également que la charia condamne en théorie à mort les athées, mais aussi les musulmans qui se convertissent et que les chrétiens n'ont en terre d'islam qu'un statut inférieur, ce que les dirigeants musulmans de certains pays appliquent.
 
Un article paru dans le courrier international fait le parallèle entre les déclarations de l'archevèque anglican avec les propos du pape à Ratisbonne, or justement, le pape prêchait tout le contraire. Il évoquait la nécessité de ne pas séparer la religion en tant qu'apport morale, et la raison, c'est à dire la science, plus particulièrement dans le domaine de l'éthique, pour l'avortement par exemple ou pour la fin de vie. Mais c'est bien l'Europe qui était visée et pas l'islam, ce que finalement peu d'analystes ont su saisir à la lecture de ce texte, qui explique que notre athéisme constitue un quasi scandale dans un monde resté religieux en grande partie tout en rappelant la nécessité d'une collaboration entre foi et raison, qui pour lui sont complémentaires et nécessaires pour l'un comme pour l'autre, afin d'éviter les dérives (de chacun). Le pape avait juste cité un texte, sans fatalement se l'approprier, dans lequel il était question d'islam, mais le propos n'était pas direct : le texte condamnait toutefois l'usage de la force par la religion.
 
Pour provocateur que soient ces propos, l'archevèque a mis le doigt là où cela fait mal. Il avait précisé qu'une dizaine de tribunaux islamiques existent déjà sur le sol anglais, pour les problèmes conjugaux ou financiers et il n'est pas si saugrenue de penser que la charia prendra de plus en plus de place dans nos sociétés. Lui-même en excluait les aspects les plus extrèmes dans sa déclaration. Toute la question est donc de savoir de quelle façon et dans quelles conditions cela se fera, ou plutôt de savoir où commence la charia et où elle s'arrête. C'est là le bien-fondé de l'accueil de personnalités comme Ayaan Hirsi Ali, actuellement à Paris. A chacun de répondre à la question de savoir si cette application est vraiment souhaitable...

samedi 09 février 2008, a 08:06
L'archevèque de Cantorbury et la charia

La déclaration de l'archevèque de Cantorbury, Rowan Williams, a aussitôt soulevé une cascade de réaction dans le monde politique anglais. Les tensions sont restés fortes en Grande-Bretagne entre les différentes communautés suite aux attentats qui avaient secoués Londres, et la proposition de l'archevêque d'admettre la charia, même partiellement, pour des affaires familiales telles que les divorces ou la garde des enfants a soulevé la polémique. Car si des "conseils" musulmans existent sur le territoire ils n'ont aucun statut légal. "Il est possible de trouver ce qui serait un arrangement constructif avec certains aspects de la loi islamique, comme nous le faisons déjà avec des aspects d'autres lois religieuses" a-t-il donc affirmé, en mettant toutefois de coté les châtiments corporels. Proposition inacceptable pour les politiciens anglais, pour lesquels la loi ne saurait reposer sur autre chose que sur le vote démocratique applicable à tout le pays. "Il n'est pas question d'ériger un système légal parallèle. Cette déclaration est un facteur de division plutôt que d'encouragement au multiculturalisme moderne" a donc répliqué Trevor Phillips, responsable de la commission pour l'égalité et les droits de l'homme.  Le premier ministre a également aussitôt réagis "La loi britannique doit s'appliquer dans ce pays, fondée sur les valeurs britanniques."
 
Aussi saugrenu que soit le message développé par l'archevêque, il est pourtant d'actualité si l'on considère les sondages parus dans le pays. L'un d'eux, réalisé en 2006, avait révélé que 40% des musulmans (2,5 millions dans le pays), et jusqu'à 50% des 16-24 ans, seraient pour l'application de la charia, tandis que l'archeque de York dénonce de véritables ghettos musulmans dans le nord du pays dans lesquels les chrétiens ne sont admis. C'est donc toute une population qui se retrouve sur les mêmes bases religieuses et qui se replierait sur elle-même.
 
Il existe des précédents dans les sociétés européennes auprès des cours de justice. En mai 2006, un juge refuse d'accorder un divorce à une jeune femme originaire du Maroc, battue par son mari, en invoquant la charia. Selon le juge, la violence est autorisée par la quatrième sourate du coran et en conséquence le juge adapte sa décision. En Italie, une jeune femme, Fatima, subissant des coups, des mauvais traitements et la séquestrations par ses parents, a vu leur acquittement par la cour, au motif qu'ils ont agi pour le bien de la jeune femme, en toute bonne foi, dans le but de la punir "pour son style de vie non conforme à leur culture", ce qui a aussitôt provoqué une réaction de Souad Sbaï, présidente de l'association des femmes marocaines : "c'est une décision digne d'un pays arabe où serait en vigueur la charia. Au nom du multiculturalisme et du respect des traditions, les juges appliquent deux types de règles, l'une pour les Italiens, l'autre pour les immigrés. Un père catholique, qui se serait comporté de la sorte, aurait été durement condamné".
 
En France aussi les juges appliqueraient les décisions en fonction des pays d'origine, pas toujours pour le bien-être des plaignantes, qui subissent parfois des mariages forcés. L'archevêque ne fait donc que soulever un tabou, précisant qu'il ne s'agit pas des formes les plus extrèmes de la charia. Mais où la charia commence-t-elle, et où s'arrête-t-elle? Selon wikipédia "il faut également noter que la charia n'a jamais été codifiée dans un livre de lois, mais se comprend plus comme une opinion partagée par la communauté des musulmans, basée sur de nombreuses sources. De plus, la charia n'a pas été écrite sous l'autorité d'un corps particulier (en effet, l'islam ne dispose pas d'un clergé)." La charia variraie donc d'un pays à l'autre, mais les sociétés occidentales ne sauraient en accepter certaines formes strictes, ainsi de son application au Nigéria , en Arabie Saoudite ou au Pakistan. Tous les domaines de la vie courante peuvent y être codifiés semble-t-il, y compris la façon de soulager des besoins naturels  .
 
L'archevèque, qui est aussi théologien du monde anglican, s'est avancé sur un sujet glissant, embarrassant jusqu'à ses partisans. Le journal  "The Sun" a aussitôt vivement réagis en publiant notamment des photos de personnes décapitées au nom de la charia, le qualifiant de "dangereuse menace pour notre nation", évoquant des "divagations stupides". Mohammed Shafiq, le directeur de la Fondation Ramadhan, regrette que les formes extrêmes de la charia soient seulement retenues. On "tente de diaboliser l'islam explique-t-il. Anthony O'Mahony, directeur de recherche au Heythrop College de Londres fait valoir que l'application de la charia, même partiellement poserait des problèmes : "On a mis en Europe quelques centaines d'années à passer à un système unitaire avec les mêmes droits pour chacun, alors évoluer vers ça est une question politique de taille".
 
Rowan Williams se défend d'avoir proposé l'application de la charia et explique avoir voulu "soumettre au débat quelques-uns des problèmes posés par les droits des groupes religieux dans un Etat laïque", et cela concernait l'avortement, refusé par les chrétiens, et dit avoir pris la charia pour exemple...  Curieux exemple, puisque les musulmans partagent ce point de vue. Exemple ou pas, l'évèque a bien ravivé un débat houleux.

mercredi 09 janvier 2008, a 17:39
Les socialistes, complice de déni de démocratie

Tout est mis en place à présent pour la ratification du traité européen, et l'Assemblée s'apprête à faire voter dans un premier temps par les députés "Le projet de loi constitutionnelle modifiant le titre XV de la Constitution"  , ce qui permettra de faire voter le parlement pour la ratification du traité européen dit "simplifié". Le texte sera examiné en séance publique le 15 janvier à l'Assemblée Nationale, puis le 28 par le Sénat, et le parlement devra se réunir en congrès à Versailles, où pour être adoptée la modification devra réunir les trois cinquième des suffrages exprimés. Il s'agit très clairement de passer outre le référendum sur le premier traité, qui avait rejeté ce premier texte.
 
Le parti socialiste, par la voix de Jean-Marc Ayrault, président du groupe socialiste, radical et citoyen (SRC) , avait annoncé que le parti ne se présenterait pas à Versailles, mais qu'il signerait le