Des réponses au film "Fitna" de Geert Wilders ont déjà été abondamment postées sur les sites de partage en ligne. L'une des plus complètes est sans conteste "Schism", du blogueur saoudien Raed Al-Saeed, qui reprend les mêmes recettes que le film du député néerlandais, en montrant des scènes de violence en cherchant à établir, comme dans "Fitna", un rapport avec les versets bibliques. Un sénateur pakistanais, Babar Awan, annonce également qu'un autre film "pro-Coran" verra bientôt le jour.
Mais les deux films seront particulièrement différents l'un de l'autre. Schism cherche à prouver qu'il est facile d'isoler certains versets d'un livre religieux pour faire croire à une violence intrinsèque de la religion visée. Mais se sont surtout des extraits de l'Ancien Testament qui sont pris en compte dans le film, cherchant la critique du christianisme.
S'y retrouvent le Ku Klux Klan, les massacres en Serbie envers des musulmans, les bavures de l'armée américaine ou encore les crucifixions volontaires de fidèles en Indonésie (c'est à l'occasion de Pâques, la crucifixion dure 10 minutes, une tradition locale qui n'a pas d'équivalent ailleurs), entre autres scènes. Le film se clôt sur un message affirmant que tout cela n'est que foutaises, à l'égal du film de Geert Wilders.
Le sénateur pakistanais entreprendra un film d'un tout autre ordre, "Ce film montrera comment le Coran voit le monde. Il montrera la conception de l'humanité du Coran. Il montrera combien est importante la vie humaine" a-t-il simplement expliqué. Le film, qui sera aussi une réponse à "Fitna", devrait sortir dans les salles au début du ramadan et sera en langue anglaise, en ourdou ou encore en arabe.
Ces initiatives musulmanes après le film de Geert Wilders, vont dans le bon sens et la riposte est proportionnée. Cependant les deux pays d'où vient l'initiative ne sont peut-être pas les meilleurs exemples en matière de démocratie et de tolérance. L'Arabie Saoudite notamment, ne tolère pas sur son sol d'autre expression religieuse que l'islam et le film de Raed Al-Saeed lui-même n'aura pas le droit d'y être diffusé.
Certains scènes du film "Schism" qui va suivre peuvent être un peu choquantes, pour les âmes sensibles.
Des actions en justice avaient été entreprises dès avant la sortie du film "Fitna" (la discorde en arabe) envers le député Geert Wilders, bien sûr, mais aussi afin de faire interdire le film comme étant porteur d'appels à la haine et de racisme. Le film ayant paru , certains pays du moyen-orient avaient déposé des plaintes ou encore coupé l'accès aux hébergeurs de vidéos le diffusant. Mais un juge néerlandais vient de rejeter une plainte émanant d'une association musulmane réclamant l'interdiction du film.
L'association musulmane néerlandaise, la NIF, avait déjà demandé à voir le film avant sa sortie, réclamant qu'un expert statue sur sa conformité avec la loi qui punit l'appel au racisme. Le film ayant paru, la même association a demandé son retrait. Mais selon le juge du tribunal de la Haye, Geert Wilders n'a pas outrepassé la loi en déclarant du Coran qu'il s'agit d'un livre "fasciste" et a tout simplement ajouté que : "On ne peut pas dire que l'assigné appelle à la haine ou la violence contre les musulmans par les formulations choisies, bien qu'elles soient provocantes". Le juge avait également ajouté que "Une interdiction générale de faire des déclarations dans le futur est une atteinte inacceptable à la liberté d'expression de l'assigné" (...) "Cela revient en effet à une censure préventive".
Il est inutile de rappeler que le film Fitna, qui a tant fait de bruit, présente une compilation d'images d'actualités, autour du terrorisme, entrecoupées de versets du Coran venant en rapport avec les scènes de violence qui y défilent. Le film avait provoqué de nombreuses polémiques, notamment avant sa sortie et depuis, de nombreux musulmans s'offusquent de ce qu'il fasse un rapport entre l'islam, le Coran et la violence terroriste. Le député Geert Wilders avait également proposé de faire interdire le Coran à l'instar de Mein Kampf.
La France n'est pas moins procédurière avec l'intention du mrap de lancer une plainte contre dailymotion pour avoir fait diffuser le film. "l'attitude de Dailymotion est à la fois irresponsable et criminogène". aurait déclaré Mouloud Aounit, porte-parole du mrap qui ajoute qu'il "s'avoue choqué que la plate-forme française se fasse le porte-voix de ce qu'il convient d'appeler de la haine et de l'incitation au racisme". Des avocats étudieraient à l'heure actuelles les possibilités pour lancer concrètement une plainte, devant la justice française qui pourrait statuer différemment.
Ces actions ne sont pas anodines pour les blogueurs et rejoignent l'actualité récente : dans l'affaire fuzz, un blogueur avait en effet été condamné pour un lien installé sur son site, lien qui relatait des rumeurs de mariage concernant un comédien, comédien qui l'a attaqué en justice. La notion d'hébergeur aurait en théorie dû le mettre à couvert du contenu, mais n'a pas été retenue en sa faveur : il a été considéré comme étant responsable du contenu vers lequel il renvoyait ses lecteurs et en conséquence, a été condamné à une forte amende. Cela pourrait être le cas pour dailymotion, qui ne se veut pas responsable du contenu des vidéos sur sa plateforme. On peut imaginer que les blogueurs ayant déposé un lien vers le film pourraient être concernés.
Il serait pourtant un peu rapide de conclure au racisme. La chaîne de télévision néerlandaise, KRO, qui avait pris l'initiative de faire évoluer le débat par un second film, visant cette fois-ci la Bible, dans l'idée de démontrer que les textes peuvent en être détournés et caricaturés de la même façon que pour le Coran dans "Fitna", a dû renoncer! L'idée est tombée à l'eau : les journalistes et les rédactions de la chaîne, après de longs débats, n'ont pas su trouver dans les violences politiques actuelles de rapports avec les textes bibliques!
Cette initiative avortée démontre parfaitement que le film n'eut pas été possible sans l'appui de l'actualité récente. En conséquence, l'accusation de racisme et d'appel à la haine a du mal à tenir. Sans cet appui, chacun aurait tout simplement accueilli le film avec un haussement d'épaule, y compris les musulmans, qui bien souvent ne se reconnaissent pas dans l'islam intégriste et extrémiste, pas plus que dans son expression violente.
Chaque personne s'étant rendue sur le site "liveleak" pour y visionner le film "Fitna" de Geert Wilders, a pu trouver depuis samedi soir un message en anglais, disant que des menaces sérieuses concernant son personnel ayant été proférées, le site s'est senti contraint d'ôter le film de la diffusion. Il n'aura donc tenu que près de 24 heures. Les autorités européennes avaient également condamné le film, et des pays musulmans sont en passe d'intenter un procès au député, tandis que les musulmans dans leur ensemble se sentent offusqués, "modérés" compris. Dans les journaux, des journalistes et diverses personnalités parlent de "provocations" d'un démagogue populiste et d'incitation à la haine. Mais personne ne cherche à décrypter le film, comme s'il n'avait aucun objet.
Pourtant le film a un sens et cherche à développer une idée à laquelle il est possible d'adhérer ou non, il est bien sûr critiquable sur le fond tout autant que sur la forme et sa conclusion est claire et nette. Il pose des questions très précises sur l'avenir de l'Europe et de sa culture, demande, ou plutôt affirme, que les terroriste trouvent une justification à travers les versets du Coran, en donnant des exemples clairs, chantés qui plus est par des muezzins.
La question peut même s'étendre : la plupart des musulmans d'Iran ne sont pas des brutes sanguinaires, mais collectivement ils appliquent la charia et des femmes,(déjà tenues de mettre un voile, musulmanes ou non) y sont lapidées. Les paysans du Pakistan sont sûrement de braves gens, mais ils se sont laissés dépasser par un islam particulièrement violent et en Egypte la conversion d'un musulman aboutit systématiquement à des fatwa condamnant l'apostat à mort, ce qui est conforme à ce qui est demandé dans le Coran et bien sûr, dans la charia.
Les signaux que donnent certains musulmans en Europe sont inquiétants : séparation dans les piscines entre les hommes et les femmes, médecins passés à tabac pour avoir soigné une femme musulmane, demande d'application de la charia (radoucie il est vrai) dans certains pays comme l'Angleterre, crimes d'honneur, rejet des personnes de confession juive, appels au meurtre parfois, etc, etc, la liste peut s'allonger. Sachant que certains versets du Coran n'appellent pas à la concorde avec les autres confessions et qu'ils sont censés avoir été dictés par Dieu lui-même, quelle vision en gardent les musulmans dits "modérés"? Ne se laisseront-ils pas déborder?
Il va de soi qu'il serait hasardeux d'amalgamer tous les musulmans avec les terroristes. La majorité d'entre eux, vivant en Europe ou ailleurs n'aspirent qu'à la paix et même à la concorde. Ils fréquentent en Europe des personnes de confessions différentes et vivent comme tout un chacun, acceptant les règles de la démocratie, participant à la vie publique, chaque jour. Mais dans les pays musulmans les autres confessions n'ont pas les mêmes droits que les musulmans et ces différences de droit y sont parfaitement admises et considérées comme normales.
La rue musulmane était remplie de joie lorsque les tours jumelles sont tombés et tandis que du haut des tours des gens se jetaient dans le vide pour échapper au feu, les banlieues françaises aussi, raconte-t-on, sont sorties dans les rues manifester leur joie... Rappelons la fin du film de Wilders : une main tourne une page du Coran et le son d'une feuille déchirée s'entend. S'affiche alors un texte qui dit que c'est aux musulmans d'arracher les versets du coran qui sont les plus violents, non pas à Geert Wilders...
Il est compréhensible que nos amis musulmans soient un peu fâchés de la publication de ce film, mais ne se dit-on pas les choses pour régler des problèmes? Tout devrait être mis sur la table, le problème palestinien, l'impossibilité de construire des églises en Arabie Saoudite, les problèmes des coptes en Egypte, des chrétiens en Algérie, l'apostasie en Islam, le refus du terrorisme, sont quelques uns des sujets qui pourraient être abordés, comme certains l'ont été après le discours de Ratisbonne entre des personnalités musulmanes et le Vatican, ce qui a failli aboutir à la construction d'une église dans le pays, "failli" seulement, malgré les quatre millions de chrétiens qui y vivent. Pourtant c'est la réciprocité qui était réclamée, uniquement.
On ne peut malgré tout que s'amuser de la tartufferie des gouvernements européens qui qualifient le film de provocation à la haine, provocation qui amalgamerait tout le monde, mais qui prennent en même temps des mesures de sécurité particulières pour éviter des "débordements" de la sensibilité musulmane. A trop vouloir être d'accord avec tout le monde, pour la liberté de d'expression ici, mais contre là, les gouvernements ne savent plus sur quel pied danser. Geert Wilders a le droit de dire ce que bon lui semble, dans le cadre de la loi, ce n'est pas négociable pour un citoyen européen et c'est au tribunal de dire s'il outrepasse ses droits, pas au chef d'Etat. Ajoutons que l'Eglise est d'ailleurs régulièrement visée comme toute les autres confessions, c'est ainsi et c'est l'unique discours qui aurait dû être tenu. Libre à chacun de ne pas être d'accord et de s'exprimer aussi.
Le film continue à apparaître sur divers supports, y compris en français sous-titré. Il ne sera désormais plus possible d'en arrêter la diffusion. Il continuerait à se passer d'une adresse informatique à l'autre et plus il sera critiqué, plus il sera diffusé. Ne reste qu'à espérer que de la confrontation des idées naîtra une nouvelle entente (peut-être avec un peu d'humour? )... Il faut aussi saluer le calme des musulmans néerlandais, restés très stoïques après la diffusion du film sur internet.
Geert Wilders a tenu sa promesse : son film, "Fitna", est bien visible avant le 1er avril et il l'est même dès ce jeudi en réalité, à travers le site de son parti, le PVV, en néerlandais bien sûr mais aussi en anglais . Il s'agit d'un véritable pamphlet contre l'islam intégriste, de celui qui veut conquérir le monde, qui pense que les homosexuels doivent être combattus et que doivent se soumettre les athées, les chrétiens, les juifs et les autres confessions, que les femmes doivent filer droit et même être corrigées si besoin est.
Des déclarations nombreuses de musulmans intégristes sont citées en image, d'orateurs sûrs de vaincre le monde avec Allah à leur côté. S'y trouvent une décapitation, une femme condamnée à mort, une petite fille qui explique que les juifs sont des singes et des porcs, que Dieu le dit, dans le coran... Des images des attentats commis au nom de l'islam sont exposées.
Des versets du Coran défilent pour bien expliquer que ces attentats n'arrivent pas par hasard mais sont la conséquence de ce qui est écrit. L'Europe n'est pas absente de ce documentaire, des vidéos de musulmans condamnant la façon de vivre à l'occidentale, à travers l'apologie des crimes d'honneur et le refus des homosexuels ou de la démocratie, et sont recensées les "fatwa" envers des personnalités politiques, dont Geert Wilders...
Les dernières minutes sont consacrées aux Pays-Bas pour décrire son islamisation et imaginer ce que vivraient les homosexuels ou les femmes, les séparations réclamées dans certains lieux publics au nom de l'islam. Une image rappelle que l'excision est pratiquée à travers cette religion (ce n'est pas réclamé par le Coran pourtant, même si un "haddith" contesté sert de base aux partisans de cet acte).
Le film ne finit pas ainsi que c'était annoncé par un dessin animé, mais par un effet spécial qui fera plus parler encore : une main tourne une page en arabe qui semble être une page du Coran. L'image devient noire, s'en suit un bruit de page déchirée puis est écrit en blanc sur fond noir que le son entendu vient d'un enregistrement.
"Le gouvernement insiste pour que vous respectiez l'islam, mais l'islam ne vous respecte pas" dit une phrase sur fond noir, "l'islam veut détruire la civilisation occidentale". "En 1945; le nazisme a été défait en Europe, le communisme en 1989, à présent l'idéologie islamiste doit être défaite", "stoppons l'islamisation" conclue le petit film, "défendez votre liberté"... C'est alors qu'apparaît à nouveau la caricature de Mahomet qui a tant fait de bruit, avec une bombe sur le turban prête à exploser, l'écran noir, puis un éclair et le bruit du tonnerre avant que la bande annonce finale du film ne s'affiche. Pour Geert Wilders, le bruit de tonnerre en fin de film représente le danger que l'Europe court avec l'islam.
"Je pense que le Premier ministre Balkenende sera perplexe en voyant le film" aurait déclaré geert Wilders et d'ajouter "moins d'islam est un choix de liberté". Il affirme s'en être tenu aux faits. Pour lui le film est "convenable" et "n'enfreint pas la loi". Il ne reste donc qu' à voir comment la sensibilité musulmane réagira... et le comportement de la rue musulmane est déjà prévisible... Le film avait beaucoup fait réagir, et avait été censuré par la société hébergeant le site prévu pour la diffusion.
L'hébergeur de fitnathemovie.com, Network Solutions, a désactivé le site. C'est sur cette adresse fitnathemovie.com que Geert Wilders avait prévu pour faire diffuser son film, les chaînes de télévision néerlandaises ayant refusé de le diffuser en entier. La société aurait simplement déclaré "Ce site a été suspendu le temps que Network Solutions enquête pour savoir si le contenu du site constitue une violation des conditions d'utilisation acceptables de Network Solutions". L'hébergeur avait enregistré de nombreuses plaintes et agit en conséquence.
Network solutions n'est pas le seul à vouloir le visionner avant sa sortie. Ce vendredi, une association musulmane avait demandé en référé à pouvoir le visionner avant sa sortie. Le tribunal devra statuer le 28 mars et en conséquence la Fédération islamique néerlandaise lui a demandé de désigner des experts pour déterminer si des motifs existent pour le faire interdire. 1300 à 5000 personnes (selon les manifestants et la police, d'autres sources disent 3000) ont également manifesté dans le centre d'Amsterdam samedi pour clamer leur désaccord avec les idées de Geert Wilders et bien sûr contre son film. "Les Pays-Bas montrent leurs couleurs" est le nom désigné pour ce défilé qui rassemblait des personnes de toutes origines et de toutes confessions. Sur certaines pancartes on pouvait lire "arrêtez la chasse aux sorcières contre les musulmans".
Le site "fitnathemovie.com" étant hébergé aux Etats-Unis, il échappait en conséquence à la justice néerlandaise qui ne pouvait l'interdire sous d'autres motifs que l'incitation à la haine raciale. De l'aveu du député, le film cherche à prouver que le coran est un livre fasciste et l'avait comparé à "Mein kampf" en demandant son interdiction. Il dure quinze minutes et se finit par un dessin animé. Les scènes devraient montrer notamment les décapitations pratiquées par des islamistes ou encore la lapidation autorisée par la charia dans certains pays, sur fond de versets du coran prônant la violence.
Et Geert Wilders est toujours bien décidé! Ne restait que quelques détails techniques à régler, et Il avait envisagé de faire paraitre le film avant le 1er avril. Plusieurs pays musulmans ont déjà fait entendre leurs voix pour dire qu'ils boycotteraient peut-être les produits néerlandais, les talibans ont même annoncé qu'ils intensifieraient les attaques envers les soldats du pays en Afganisthan, le gouvernement néerlandais a demandé à plusieurs reprises au député de ne pas sortir le film, mais rien n'y a fait... Suite à la désactivation du site,le député annonce simplement : "S'il le faut, j'irai distribuer personnellement des DVD sur le Dam", c'est à dire sur une place d'Amsterdam.
Si l'on ne trouvait jusqu'à présent sur le site, que l'image d'un Coran, et les mentions "Geerts Wilders presents Fitna - Coming soon", c'est donc un écran blanc qui apparaît désormais avec une annonce disant que le site est suspendu et que la société enquête pour savoir si le contenu est licite au regard de ses conditions d'utilisation. On ne pourra nier que le député s'est offert une réclame abondante à peu de frais pour un film que pour l'instant personne n'a vu...
Les réactions se multiplient concernant le film du député Geert Wilders, "Fitna ", y compris dans la presse des pays musulmans. La polémique est bien lancée, pour un film que pourtant personne n'a encore vu mais dont on devine, selon les rapports du réalisateur lui-même, ce qu'il en sera : une dénonciation en règle de tous les travers de l'islam d'aujourd'hui, avec ses longues séries de violences terroristes, ou encore judiciaires à travers l'application de la charia. Craignant des violences, le gouvernement a déjà tenté par deux fois d'en empêcher la diffusion et serait tenté de censurer. Les chaînes de télévision ont déjà refusé de le passer dans son intégralité et le réalisateur, qui aurait créé un site exprès pour cela, devrait le faire diffuser sur internet. Ainsi que ce fut le cas pour le discours de Ratisbonne, les réactions du monde "oriental" dégagent diverses tendances, plus ou moins représentatives de l'opinion générale. Le député est aussi intervenu au parlement pour faire interdire le Coran et stopper l'islamisation des Pays-Bas.
Dans les rues de Jalalabad, ils ont été plus de deux mille à manifester, dans la région ouest de l'Afghanistan, contre les caricatures de Mahomet au Danemark ainsi que contre le film du député néerlandais. Ainsi que c'en est presque la coutume pour ce genre de défilé, au passage sont brûlés les drapeaux danois et néerlandais. "Mort au Danemark, mort au Pays-Bas" hurlent-ils, avant d'aller brûler l'effigie du président Georges Bush, entre deux slogans anti-Américains. Ces quelques 2000 personnes appellent aussi le gouvernement a expulser les soldats de ces deux pays, en tout 1500 néerlandais et 600 danois présents dans le cadre des forces de l'OTAN. "Nous voulons que le gouvernement rompe toutes relations avec leur gouvernement, ils ont insulté notre prophète et notre religion." explique l'un d'eux à un journaliste de l'AFP. Les talibans avaient déjà menacé d'intensifier des attaques envers les soldats néerlandais. Cette manifestation se fait dans le cadre d'une série dans les plus grandes villes du pays depuis le début de la semaine. Comme c'est souvent le cas dans une foule, on cherchera en vain un esprit plus critique.
Dans un journal marocain, Aujourd'hui le Maroc, un article fustige le député. Commençant sa diatribe en expliquant que le Coran est un trésor de l'humanité, qu'il appartient à tout le monde et que chacun peut le lire et le commenter, il condamne la comparaison à Mein Kampf et évoque les tensions que cela ne saurait que raviver entre le monde occidental et le monde musulman, après les caricatures et le discours de Ratisbonne. Parlant du Coran il ajoute : "il peut être lu, analysé et interprété par tous. Ce travail doit être fait avec humilité, et non avec cette arrogance ou cette supériorité affichée par ceux qui voudraient apprendre aux musulmans comment être de bons musulmans…", dénonçant une analyse dépourvu de contexte historique et une lecture politique. L'auteur explique que dans son interprétation du Coran, Geert Wilders donne finalement raison aux extrémistes "En réduisant comme il le fait le Coran à un message de haine, il fait peut-être sans s'en rendre compte, la même chose que les extrémistes qu'il entend dénoncer."
En revanche un article émanant d'Algérie, kabyles.net se déclare solidaire avec Geert Wilders, non pas sur le fond, mais sur la forme et sans mâcher les mots. Il commence par : "Au nom de la Liberté, je vous soutiens." et continue en exprimant tous les désaccords qui peuvent exister entre les musulmans qui se veulent ouverts et les plus fanatiques d'entre eux. "je suis certains de ne pas partager avec vous votre idéologie ainsi que certaines de vos idées et de vos prises de positions, il n'en demeure pas moins que par rapport à la dernière controverse ayant trait à votre film sur le coran, je vous exprime ici mon soutien indéfectible au nom de la liberté d'expression et de la liberté tout court qui est la base et l'essence même de la notion de démocratie et de modernité." L'auteur explique que parmi les musulmans "nombreux sont ceux, comme moi, qui ne comprennent cette énième levée des boucliers contre la diffusion d'un produit culturel, intellectuel et politique par ceux-là même qui n'ont pas hésité à mettre le feu à la poudrière lors de l'affaire des caricatures du Jyllands-Posten au Danemark, de celle du journal Charlie Hebdo en France, d'égorger en pleine rue le réalisateur, Theo Van Gogh, en 2004 pour son film Submission, consacré à la place de la femme dans la religion musulmane, la députée libérale Ayaan Hirsi Ali scénariste du film, avait aussi été menacée ..."
Puis parlant "des obscurantistes à l'affût de la moindre occasion pour semer la terreur" il décrit "les peuples vivants dans les pays dits musulmans (qui) croupissent sous le poids des dictatures qui se maintiennent par la corruption, la misère, l'endoctrinement, le musellement de la liberté d'expression (...) par la désinformation qui travestie la liberté d'expression dans le monde occidental pour en faire une supposée velléité de nuire et/ou d'agresser le musulman et sa conscience (...) il évoque encore "les régimes politiques musulmans et (...) l'internationale intégriste islamiste dont la volonté de prolonger ses tentacules sectaires et obscurantistes aux quatre coins de la planète prend appuis sur la violence aveugle, l'assassinat par égorgement, les viols collectifs sur des filles de 08 à 88 ans, des massacres collectifs...etc. livrés au préalable aux citoyens épris de justice et de liberté dans ces mêmes contrées (on lira avec attention la suite qui traite du sort qui est fait aux chrétiens en terre d'islam).
Le site "Point de bascule " a traduit l'intervention du député au parlement. "Le Coran est avant tout un livre de guerre - un appel à massacrer les non-musulmans (2:191, 3:141, 4:91, 5:3), à les faire rôtir (4:56, 69:30-69:32), et à provoquer des effusions de sang parmi eux (47:4). Les Juifs sont comparés à des singes et des porcs (2:65, 5:60, 7:166) tandis que les personnes qui croient en Jésus-Christ comme le Fils de Dieu doivent, selon le Coran, être combattues (9:30)." (...) il est encore possible pour les musulmans de voir le Coran, qu'ils considèrent comme valable pour tous les temps, comme un permis de tuer. (...) le Coran est un livre qui incite à la violence. Je rappelle à l'Assemblée que la distribution de ces textes est illicite (en suite le texte de loi)." Il cite Erdogan, "Il n'y a pas d'islam modéré ou immodéré. L'islam est l'islam et c'est tout. (...) "faisons en sorte que la troisième invasion islamique, (...) sera également arrêtée en dépit de son caractère insidieux et nonobstant le fait que, contrairement aux 8e et 17e siècles, elle n'a pas besoin d'une armée islamique parce que les dhimmis apeurés en Occident." Continuant il évoque l'attitude des politiciens néerlandais, dont les déclarations sur la charia seraient tendancieuses. Il ne fait pas que dénoncer : il cite en même temps des sourates du Coran, en appui de ce qu'il avance...
Le documentaire du député d'extrême-droite Geert Wilders, du parti de la liberté, sera diffusé sous forme d'un film dès le mois de mars et a déjà provoqué des manifestations et des tensions dans différents pays, ainsi qu'au sein même des Pays-Bas. Le film se nomme "Fitna", ce qui signifie le "Mal" selon le député, et la discorde entre musulmans, selon wikipédia . Le gouvernement néerlandais lui-même a tenté de dissuader l'auteur du film, pour protéger les soldats en opération extérieure, les représentations diplomatiques ou encore le commerce néerlandais, mais s'est heurté à un refus de l'auteur du film. La polémique grandit et dépasse à présent le pays, pour prendre une tournure internationale.
Le député est fort bien connu en son pays. Il avait déjà prôné l'interdiction du Coran, le considérant comme un livre fasciste à l'instar de Mein Kampf, et dont il faudrait "déchirer" plusieurs pages, ce qui fait craindre aux autorités que le coran ne soit déchiré ou brûlé dans le documentaire, provoquant très certainement, dès lors, une flopée de violence.. "J'ai insisté pour utiliser une expression qui se trouve également dans le Coran. L'Islam et le Coran sont mon épreuve. J'utilise le terme dans un sens inverse… Pour moi, le Coran vénéneux est fitna" dit-il. Il tentera de prouver dans ce documentaire que "l'islam peut nous coûter notre liberté si nous n'agissons pas contre lui". Pour y parvenir, le film long de quinze minutes devrait montrer des scènes de l'actualité, telles que les décapitations en Irak, la lapidation en Iran ou une exécution en Arabie Saoudite, tous pays dans lesquels la charia est appliquée, sur fond de sourates du coran. Selon le député il devrait finir par un dessin animé sur Mahomet et devrait être retransmis sur internet.
Les autorités sont d'autant plus inquiètes des conséquences de sa diffusion, que déjà des voix se sont élevées dans plusieurs pays musulmans. En Afganisthan 500 personnes ont déjà manifesté contre les propos du député, tandis que des talibans menacent d'intensifier leurs attaques envers les forces néerlandaises présentes sur place et que l'Iran et l'Egypte protestent contre des "attaques gratuites" et menacent de "boycotte" économique. Selon Libération, le premier ministre néerlandais fait les frais de son opposition au film en ne récoltant que 13% de satisfaction dans l'opinion publique, une attitude perçue comme une lâcheté face à l'extrémisme, tandis que Geert Wilders est de plus en plus populaire.
Le député a reçu également des autorités le conseil de s'enfuir à l'étranger après la sortie du film, ce qui pourrait ne pas changer grand chose, l'homme ayant déjà reçu plusieurs menaces de mort, vit déjà sous protection policière depuis le meurtre de Théo Van Gogh. Selon le blog danois Snaphanen, le mufti de Syrie, en visite en Europe aurait affirmé la responsabilité du gouvernement et des journalistes néerlandais pour les violences éventuelles après la diffusion, ajoutant "C'est la responsabilité du peuple des Pays-Bas de l'arrêter", mettant en garde les pays européens de "ne pas abuser de la liberté d'expression pour critiquer l'islam". Ces propos, toujours selon le blog, auraient été censurés dans les rapports officiels de l'UE.
En France, le premier ministre Jan-Peter Balkenende, qui avait tenté de convaincre le député de renoncer à faire diffuser le film, a affirmé "Aux Pays-Bas, nous avons le droit à la liberté d'expression, qui est une valeur très importante, et nous avons bien indiqué qu'il y a une différence entre l'opinion du gouvernement néerlandais et l'opinion de M. Wilders", recevant le soutien de Nicolas Sarkozy, qui a rappelé sa proposition de fonds européens, déjà évoquée dans le cas d'Ayaan Hirsi Ali, pour la protection "des ressortissants européens qui sont menacés dans leur vie par des fanatiques obscurantistes" ce qui semble avoir trouvé un écho dans le gouvernement néerlandais, se déclarant lors d'un communiqué "disposés à examiner cette question sur base d'une proposition dans le cadre du Conseil (européen)", un gouvernement qui décidément a du mal, d'exemple de multiculturalisme qu'il était, à retenir ses tensions intérieures avec l'islam, qui débordent sur des polémiques internationales.
Mais malgré tout, le député, qui déclarait dans un entretien "je n'aime pas le relativisme culturel, je ne crois pas que toutes les cultures sont égales, je crois fermement que notre culture est de loin meilleure que la culture islamique retardée…." ne cédera vraisemblablement pas. Il prépare son film depuis 2007 et compte bien le diffuser, quelles qu'en soit les conséquences, des conséquences que l'exemple des caricatures danoises laissent bien imaginer, avec ses manifestations parfois violentes et la tentative de meurtre récente de l'un des caricaturistes. Bruxelles met déjà en garde ses délégations, et le ministre des affaires étrangères néerlandais a reçu 30 ambassadeurs de l'Organisation de la conférence islamique, auxquels il aurait déclaré "le gouvernement est fondamentalement en désaccord avec M. Wilders" ajoutant "aux Pays-Bas, aussi bien la liberté d'expression que la liberté religieuse ont leur place".
Visiblement les autorités se préparent à un coup dur. Et cependant, peut-être ces différentes attaques donnent-elles à s'interroger pour le monde musulman sur sa façon de communiquer avec le monde. Il est troublant de constater que malgré les menaces de mort, des personnes dans les pays occidentaux ou dans des pays musulmans risquent leurs vies pour dénoncer ce qu'elles considèrent comme une dérive extrémiste dangereuse au sein de l'islam, un islam qui pourtant ne fait pas tellement de concessions, ainsi que la situation de certains chrétiens d'orient l'atteste. Les associations musulmanne néerlandaises ont appelé au calme leur communauté.
De nombreux renseignements ont été pris sur le site point de bascule pour cet article. On pourra s'y référer pour plus de renseignements encore. On y trouvera un extrait d'entretien du député.
Je recense ici les articles que j'écris pour come4news.com mais aussi au gré de mes envies des vidéos ou un peu de musique, des photos, des extraits d'autres blogs que j'apprécie, etc, etc.
Mon blog traite donc de l'actualité, et je ne m'y interdis aucun sujet, ne méprisant pas même le "pipeule".
Je suis toujours heureux des passages ici, et toujours heureux de lire des commentaires sous mes articles.
Merci donc à chacun d'entre vous pour votre passage sur mon blog.