X
Identifiant Mot de passe
  Admin Blog Accueil Blog Créér un blog Mail Actualités ToutApprendre Soutien Scolaire Shopping Mag des Voyages Recherche Web
OK
Le blog de Blaise
dimanche 21 juin 2009, a 20:25
La burqa en question...

Je ne vais pas donner mon avis sur l'à propos d'interdire la burqa (voir cet article disant les différentes appellations entre les "voiles"). Je me suis déjà prononcé en octobre 2008, lorsque j'annonçais l'intention d'un député de faire discuter d'une loi dans le sens de l'interdiction. En me relisant, tout récemment, je me suis aperçu que je n'avais rien à changer à mon petit texte. En effet, un groupement parlementaire s'est réuni pour en discuter, et le Conseil français du culte musulman (CFCM) s'oppose à cette idée, rappelant que la grande majorité des musulmans ne pratique pas l'usage de ce vêtement.

Aujourd'hui le sujet semble incontournable, il apparaît dans la presse classique mais aussi dans la presse dite "citoyenne". Dans les commentaires, quelques uns s'offusquent, d'autres applaudissent. Cela remet en cause quelques principes en cours, nous allons peut-être interdire une tenue vestimentaire, à l'aide d'une loi.

Jean-Marie Le Pen a beau jeu de déclarer "Cette bande des Quatre, qui a ouvert en grand les vannes de l'immigration, qui a chanté sur tous les tons que c'était une chance pour la France, s'inquiète maintenant de voir des voiles noirs dans nos rues. Sans remettre en cause le moins du monde la politique qui nous a menés là. Gribouille est de sortie."

Cette interdiction se fera au nom de la liberté de chacun, notamment des femmes voilées, ce qui est tout de même paradoxal : sommes-nous sûrs qu'il ne s'agit pas d'un choix délibéré? Mais sans doute n'avons-nous pas suffisamment exploré le problème de l'immigration, nous contentant de l'examiner sous un seul angle. Une partie de l'immigration se radicalise. S'imagine-t-elle qu'elle se rapproche ainsi de la "pureté" de sa culture d'origine?

Dans le même temps, nous renions totalement la culture européenne, dans son côté religieux. Nous sommes "laïcs", répète-t-on à l'envi, nous avons dû "lutter" contre l'Église pour l'obtenir disons-nous, en rappelant les affrontements lors de la séparation de l'Église et de l'État.

Ce faisant, nous remettons aussi en cause une grande partie de la culture européenne, largement inspirée dans son art, et aussi dans sa science, par l'Église justement, jusque dans les "Lumières" et dans la Révolution. Il n'est pas idiot de dire que le "progressisme" doit beaucoup à l'Église, dans son expression et dans son collectivisme. On a pu dire du Christ qu'il était le premier communiste.

L'islam est la deuxième religion de France dit-on également, mais il est plus particulièrement composé de personnes issues de l'immigration et qui n'ont pas forcément le même vécu culturel, même si les pays d'origine sont très largement issus des anciens pays colonisés par la France. Durant la colonisation, les cultures ont été respectées, ne serait-ce que pour ne pas créer de manifestations hostiles à la France.

Il n'est pourtant pas moins naturel de refuser des rapports sexuels et une vie de couple, en s'enfermant dans un couvent. Mais cela appartient à notre culture : la candidate à une vie religieuse s'y consacre entièrement, elle ne se plaint pas d'être discriminée et ne s'occupe que d'affaires religieuses pour sa vie publique. D'une manière générale, cela ne nous dérange pas.

Pourquoi notre pays se choque-t-il du port du voile, et pas seulement de la burqa? Pour une raison simple : nous n'y sommes pas habitués. Nous sommes aujourd'hui laïcs, voire athées, mais notre laïcisme est un laïcisme lié à notre histoire, notre athéisme également. Nous rendons à Dieu ce qui est à Dieu, et à César ce qui lui appartient.

Cependant nos signaux sont parfois contradictoires. Nous mettons la lutte contre les discriminations à toutes les sauces, les entreprises refusant le voile sont montrées du doigt, mais hormis cela, mais ne tolérons pas les manifestations ostentatoires des religions "importées", dans la rue, qui est un endroit public et où chacun devrait être libre de ce qu'il fait, tant que cela ne remet pas en cause la liberté d'autrui. Après tout, la burqa n'est qu'un port du voile, à l'extrême...

En attendant, nous avons banni la viande de porc de certains établissements scolaires, dans certains endroits, le sapin de noël n'apparaît plus, car il est considéré comme une manifestation chrétienne. En d'autres endroits d'Europe, c'est la croix qui est détachée du mur pour ne pas offusquer une "minorité" quelconque. Pour ne pas créer de conflits, nous préférons tout aplanir.

Sans doute y avait-il aussi dans cette démarche une certaine foi en l'universalisme du laïcisme, tendant à croire la "conversion" proche des autres religions, au laïcisme. Si nous avions été parfaitement honnêtes depuis le début, tout ce battage n'aurait pas lieu d'être. Nous mettons les religions traditionnelles au banc de la société ou en concurrence avec les religions "nouvelles", mais nous râlons quand ces dernières prennent trop de place. En réalité, ce ne sont pas les musulmans qui ont un problème de comportement, c'est bien nous, en accueillant sans dire sincèrement que nous attendons des arrivants une certaine conformité à nos usages...

Je remets cette vidéo hilarante, déjà insérée auparavant.



samedi 23 mai 2009, a 21:09
Des réformateurs au moyen-orient

Un entretien en arabe, avec Ibrahim Al-Buleihi, traduit et reproduit par "l'Institut de recherche des médias du Moyen-Orient (MEMRI)", paru le 29 avril 2009, a été particulièrement repris sur divers blogs, et pour cause : les propos d'Ibrahim Al-Buleihi sont plutôt singuliers pour un intellectuel saoudien. Le titre du papier est "Un intellectuel saoudien : la civilisation occidentale a libéré l'être humain".
 
L'entretien avait été publié sur un site progressiste arabe. Alors que l'occident est si souvent décrié au Moyen-Orient, Al-Buleihi tient un discours qui détonne tout particulièrement du discours habituel, jusqu'à affirmer "Sans tout ce que l'Occident a accompli, nos vies seraient stériles."

"Vous vous apercevrez, dit-il, que tout ce qui est beau dans nos vies nous vient de la civilisation occidentale. Même le stylo que vous tenez dans votre main, l'enregistreur en face de vous, la lampe de cette pièce et le journal pour lequel vous travaillez, et d'innombrables agréments supplémentaires, qui sont comme des miracles pour les civilisations anciennes… Sans tout ce que l'occident a accompli, nos vies seraient stériles."

Lorsque la personne l'interrogeant lui oppose qu'il nie aux civilisations qui l'ont précédées leurs différents apports, telle la civilisation islamique (ce qui est curieux comme question, la civilisation islamique ne lui étant pas antérieure...), Al-Buleihi répond tout simplement :  "Et pour cause: elle ne lui doit rien".

Au passage, il démonte l'idée selon laquelle des penseurs arabes auraient été des précurseurs de la pensée moderne : "En d'autres termes, la civilisation grecque a émergé plusieurs siècles avant la civilisation islamique et a été la source des philosophes musulmans. Ces individus dont nous sommes parfois fiers, tels Ibn Rushd, Ibn Al-Haytham, Al-Razi, Al-Qindi, Al-Khawarizmi et Al-Farabi, étaient tous les élèves de la pensée grecque. Quant à notre civilisation, c'est une civilisation religieuse, préoccupée de loi religieuse, complètement absorbée par les détails de ce que les musulmans doivent faire et ne pas faire dans leur rapport à Allah et aux autres."

Tout est à lire dans cet entretien très enrichissant, dont je ne saurais donner qu'un trop bref aperçu. Selon cet intellectuel, l'occident doit sa suprématie aux grecs, dont elle descend, et à aucune autre civilisation.  Il met aussi en avant la laïcité de l'Etat, et la nécessité de mettre en avant l'individu et plus le groupe comme c'est le cas dans certaines sociétés "traditionnelles". Il ne bannit pas l'islam pour autant, évoquant "la période des califes bien guidés".

Ce personnage était assez intriguant pour faire des recherches sur sa personnalité, mais les informations sont fort rares. C'est curieusement sur un site se disant juif que j'ai trouvé d'autres informations, avec un lien menant à une vidéo, condensant les interventions de diverses personnalités dites arabes et libérales, pour mettre en avant le fait que la société musulmane peut être réformable.

On y trouve Wafa Sultan par exemple, mais aussi d'autres intellectuels, qui tous dénoncent les travers de la société telle qu'elle est dans la région. On leur oppose toujours les travers de l'occident, ce à quoi ils répondent toujours très justement, en démontant les arguments les uns après les autres.

Il faut absolument lire ce texte sur Memri et regarder la vidéo, qui se télécharge à cette adresse : http://switch5.castup.net/frames/20041020_MemriTV_Popup/video_480x360.asp?ai=214&ar=9998wmv&ak=null . Attention, elle est un peu longue... à voir en plusieurs fois, sous-titrée en français.

lundi 27 avril 2009, a 22:38
De l'exégèse scientifique du Coran, par frère Bruno Bonnet-Eymard

Il suffit d'effectuer quelques recherches sur internet pour constater que l'exégèse scientifique du Coran, établie par le frère Bruno Bonnet-Eymard n'est pas particulièrement diffusée. Peut-être faut-il en trouver la raison du côté de sa congrégation, le CRC, autrement dit, la "Contre Réforme Catholique", menée par l'abbé Georges de Nantes.

Le mouvement est très proche de l'extrême-droite et classé comme étant une secte pas les organismes d' État. Il est aussi dénoncé par le Vatican et fait même l'objet d'un site catholique pour en dénoncer toute la dangerosité. "L'Eglise n'a cessé de condamner ce prêtre dissident, tant pour ses erreurs doctrinales que pour ses "comportements moraux inadmissibles" au sein de sa communauté", affirme le site, continuant plus loin, en disant qu'elle est reprise par "Bruno Bonnet-Eymard et Gérard Cousin, qui entendent bien aller encore plus loin que leur maître..." (J'invite le lecteur que cela intéresse à faire un tour sur le site. En effet le mouvement n'a plus grand chose de catholique. La doctrine religieuse de la CRC en est très éloignée!)

(A la demande d'un lecteur, je souhaite apporter de nouvelles précisions sur cet aspect sectaire du CRC. Il se trouve en effet que le CRC n'a pas été condamné par l'Eglise comme étant une secte et ne saurait en conséquence être décrit comme tel, aux yeux de l'Eglise. On trouvera sur le site du CRC tous les renseignements à ce sujet. Le récit semble assez complet pour que le lecteur puisse s'y intéresser, je ne m'aventure pas à tout résumer, la situation est complexe et demanderait quasiment un article...)

Malgré cela, l'exégèse du frère Bruno mérite réellement l'attention, car elle est sans précédent. Il y avait eu avant lui d'autres savants pour rechercher, dans le texte même du Coran, les racines syriaques qui pouvaient s'y trouver, mais personne encore n'avait encore entamé une traduction telle que la sienne.

Pour l'établir de manière véritablement scientifique, il décide de s'en tenir au texte initial du Coran, en éliminant d'abord la Sira, qui ne fut écrite qu'à partir de 150 ans plus tard et qui raconte la vie de Mahomet, mais selon lui, en prenant pour base le texte du Coran lui-même. Cette décision est importante, car le texte s'explique généralement par référence à la Sira, y compris pour les traductions.

 De la même façon, la particularité de la langue arabe étant d'être "née" avec le Coran, ou plutôt avec la littérature qui en a suivi, car il n'existe en effet pas de littérature arabe auparavant, il va l'entreprendre à partir du texte initial, rédigé en quelques sortes en "proto-arabe", c'est à dire sans marque diacritique (puisque celles-ci ne viendront que bien plus tard), afin de retrouver le sens des mots par ses racines hébraïques, et araméo-syriaques.

Mettre de côté la Sira lui permet également de réfléchir au monde arabe d'avant le Coran. Décrit comme une terre païenne et polythéiste, l'Arabie de l'époque était selon lui largement judaïsée et christianisée, peuplée d'ariens, ce qui remet en cause les textes traditionnels autour de la naissance de l'islam et de son contexte. En outre, il existe des vestiges ainsi que des écrits anciens dans la région du Yémen et de Syrie, datant de cette époque, qui seraient assez proches de ce qui allait devenir l'arabe et qui seraient, aux dires du frère, des écrits chrétiens.

Tout cela servira de base à sa traduction, mais aussi à définir la personnalité de l'auteur du texte. Le nom de Mohamed signifierait tout simplement "Le bien-aimé" et ne serait en aucune façon un prénom. Selon le frère Bruno, l'auteur serait bien arabe, mais un arabe christianisé, et issu de l'arianisme, qui tente de réconcilier les juifs et les arabes autour d'un nouveau texte. Son éxégèse l'amènera à faire des recoupements historiques allant dans le sens de sa théorie.

A travers cette façon de traduire le Coran, par les langues araméennes et hébraïques, un nouvel aspect du texte apparaît, donnant un sens à des mots coraniques jusqu'alors restés inexpliqués par les traducteurs arabes, comme la fameuse abréviations "ALM". Elle serait issue des abréviations rabbiniques anciennes, et  signifierait "Dieu des délivrances", ce qui semble attester d'une origine chrétienne encore largement mâtinée de judaïsme.

Le frère Bruno, qui écrivait tout cela avant 1997, sera rejoint par la suite. Christoph Luxenberg, philologue allemand, arrive indépendamment à la même conclusion que lui, en affirmant, dans un ouvrage paru en 2000, que "les sources du Coran proviendraient de l'adoption de lectionnaires syriaques destinés à évangéliser l'Arabie (citation de wikipédia)" ce qui est aussi, en gros, la thèse soutenu par le frère. Cela lui permet notamment de retraduire le mot "houri", ces fameuses vierges du paradis, pour trouver en traduction des... "raisins blancs". Selon Christoph Luxenberg, cette nouvelle approche permet de découvrir des sens nouveaux et plus profonds au texte, en se passant des textes tels que la Sira, justement...

Un autre érudit, le père Moussali, considère que l'islam est antérieur au Coran. Il fut l'inspirateur du livre "Le Messie et son prophète". Ce dernier livre, qui semble être le plus aboutit en ce qui concerne l'étude scientifique de l'islam, et qui est plus récent, arrive à la même conclusion que le frère Bruno concernant la Mecque : elle n'existait pas à l'époque de l'auteur du Coran. Ces conclusions s'appuient, comme pour le frère Bruno, en plus des études philologiques, sur des études archéologiques et historiques de la terre où est née le Coran.

Bien sûr l'exégèse du frère Bruno n'est pas sans arrière-pensées... mais son étude est sérieuse. Je ne me hasarderais pas à simplifier maladroitement les propos de frère Bruno Bonnet-Eymard, laissant le loisir au lecteur de visionner la vidéo de sa conférence. Elle est longue : plus de deux heures... A voir en plusieurs fois, si nécessaire.

Je laisse chacun retrouver la trace des livres du frère.

Pour voir la vidéo des conférences en entier : http://ns27074.ovh.net/exegeseflash.php

La première partie en vidéo, possibilité de voir le reste sur dailymotion :



samedi 08 novembre 2008, a 15:36
Forum catholique-musulman, un dialogue s'est ouvert

Suite au discours de Ratisbonne, 138 dignitaires musulmans avaient signé une lettre à l'attention du pape, ce qui devait aboutir, plus tard et pour prolonger le dialogue, au premier forum entre catholiques et musulmans, lequel vient tout juste de finir, avec des engagements précis de part et d'autre, déclinés en plusieurs points, principalement autour des droits des individus.

Les protagonistes avaient choisi pour thème de cette rencontre, "Amour de Dieu et amour du prochain, dignité de la personne et respect mutuel ". Le discours qu'a fait le pape, le 7 novembre, devant les dignitaires rappelle combien le Vatican n'a de cesse de réclamer une certaine réciprocité et le respect des minorités religieuses.

"Mon espoir, (...) est que ces droits fondamentaux de l'homme seront protégés partout et pour tout le monde. Les dirigeants politiques et religieux ont le devoir d'assurer l'exercice libre de ces droits dans le plein respect pour chaque individu, de la liberté de conscience et de la liberté religieuse. La discrimination et la violence qu'aujourd'hui encore les croyants éprouvent dans le monde entier, et les persécutions souvent violentes auxquelles ils sont sujet, représentent des actes inacceptables et injustifiables, plus graves et déplorables quand ils sont effectués au nom de Dieu" a-t-il déclaré, ajoutant "Le nom de Dieu peut seulement être un nom de paix et fraternité, de justice et d'amour."

Le pape avait auparavant rappelé que le respect du prochain existe dans le christianisme et l'islam et avait aussi ajouté "Nous devrions travailler ainsi ensemble en favorisant le respect véritable pour la dignité de la personne humaine et les droits fondamentaux de l'homme, bien que nos visions anthropologiques et nos théologies justifient cela de manières différentes."

Le pape avait-il entendu l'appel des 144 signataires de la lettre intitulée "Appel des chrétiens du monde musulman"? Diffusée par le site Notre-Dame de Kabylie et émanant de chrétiens, notamment de convertis, vivant dans le monde musulman et en Europe, elle rappelle la persécution des musulmans convertis au christianisme, obligés de  se taire lorsqu'ils ne sont pas tout simplement condamnés à mort selon des préceptes en vigueur en islam, dans de trop nombreux pays encore, posant trois préalable à un dialogue franc avec l'islam :

1. la loi islamique ne saurait s'appliquer à des n

on musulmans. (il est certainement question ici de la charia)


2. la dhimmitude, qui fait des chrétiens des exclus et des parias, n'est plus acceptable et doit être abolie, car elle porte atteinte à la dignité humaine, tout comme l'esclavage. (pratiqué encore notamment en Mauritanie, sur les non-musulmans)


3. la liberté de changer de religion doit être partout reconnue comme un droit fondamental, un droit qui vient de Dieu lequel ne force personne à L'adorer.


Les signataires de la lettre n'attendent toutefois pas de miracle, lorsqu'ils rappellent, à juste titre : "Notre appel se veut respectueux mais pressant, et nous l'adressons bien sûr à vous, les honorables délégués des Cent trente huit signataires, qui avez eu cette heureuse initiative, bien que nous n'ignorons pas le problème de légitimité qui se pose en Islam, puisqu'il n'y a pas d'autorité religieuse décisionnaire reconnue par tous. "

Toujours est-il que la rencontre a bien donné une déclaration commune, qui va dans le sens des droits humains pour les uns et les autres. La déclaration conjointe peut laisser espérer les chrétiens d'orient, car elle revient sur les droits des personnes : "(...)la personne requiert le respect de sa dignité originelle et de sa vocation humaine. Elle a donc droit à une pleine reconnaissance de son identité et de sa liberté par les individus, les communautés et les gouvernements, appuyée par une législation civile qui garantisse des droits égaux et une entière citoyenneté. (...) L'amour du prochain authentique implique le respect de la personne et de ses choix dans les domaines de la conscience et de la religion. Il inclut le droit des individus et des communautés à pratiquer leur religion en privé et en public.", ce qui n'est pas le cas en de nombreux territoires musulmans actuellement, ainsi que les derniers procès en Algérie en témoignent.


Les droits des femmes ne sont pas absents de cette déclaration : "Nous affirmons que la création de l'humanité par Dieu revêt deux grands aspects : la personne humaine, homme et femme, et nous nous engageons ensemble à garantir que la dignité humaine et le respect soient étendus sur une base d'égalité aux hommes et aux femmes." L'on s'amuse malgré tout sur certains blogs, de ce que plus loin les chrétiens s'engagent conjointement à ne pas pratiquer le terrorisme : "Nous professons que catholiques et musulmans sont appelés à être des instruments d'amour et d'harmonie parmi les croyants, et pour l'humanité entière, en renonçant à toute oppression, toute violence agressive, tout terrorisme, spécialement lorsqu'il est commis au nom de la religion, et en mettant en avant le principe de la justice pour tous." Dans l'histoire moderne, on ne trouve en effet pas d'exemple de terrorisme pratiqué par les chrétiens... Peu importe d'ailleurs, si des musulmans s'engagent sur ce principe, c'est un déni assez clair du terrorisme islamique.


Au-delà des droits, le dialogue ne s'est pas étendu à la théologie, ce qui aurait été difficile, l'islam se considérant comme la révélation ultime et tenant les livres saints des juifs comme des chrétiens pour des livres falsifiés. Devant ces difficultés, dans lesquels le dialogue ne saurait être constructif, l'Eglise préfère donc se contenter de thèmes plus "pratiques".


En sortant de la conférence, l'un des interlocuteurs catholiques a évoqué les réticences à prendre des accords autour des convertis et de la liberté religieuse ainsi que de la tentative de se servir du forum pour la cause palestinienne, de la part des interlocuteurs musulmans. De l'autre côté, un dignitaire musulman évoque une méconnaissance de l'islam, ce qui n'est guère surprenant, la tradition musulmane tenant les chrétiens, mais aussi les juifs, pour des falsificateurs... Hormis cela, les interlocuteurs semblent unanimement satisfaits du dialogue.


Le résultat du forum ne donnera peut-être pas de véritables effets, puisque ces dignitaires musulmans ne sauraient être représentatifs de tous les autres musulmans, mais c'est toujours un pas vers une meilleure compréhension entre les différentes religions. Rendez-vous a été pris dans deux ans, pour discuter à nouveau. Les musulmans espèreraient notamment un nouvel interlocuteur autour de phénomènes tels que les caricatures de Mahomet.


Pour plus de détails sur le forum :


http://www.la-croix.com/dossiers2/sommaire.jsp?docId=2281356&cat=7773




lundi 03 novembre 2008, a 21:15
Une famille allemande, expulsée d'Égypte pour extrémisme

L'affaire est anecdotique, mais ne manque pas de sel. Une famille allemande sera prochainement expulsée d'Égypte, au motif qu'elle est trop extrémiste selon le gouvernement égyptien. Ce n'est pas le scénario d'une comédie à succès, ce n'est pas une caricature tout droit sortie de l'imagination d'un improbable scénariste hollywodiens, mais bel et bien la réalité.

La famille, qui se compose d'un homme, de ses deux sœurs, de sa mère et de sa femme, tous convertis à l'islam, a déchiré ses papiers d'identité, de peur d'être reliée à un "pays d'infidèles".  Accusée d'extrémisme islamique au pays des frères musulmans, tout la petite famille est allée faire un séjour en prison et n'en sortira que pour être expulsée du pays.

Nous voici donc, en quelques sortes, face à des sans-papiers allemands, dans un pays musulman, en demande d'une certaine façon de l'asile politique, pour ne pas être contrainte de s'en retourner dans un pays européen, appliquant pourtant les droits de l'homme. Si l'histoire ne dit pas s'il se trouvait des associations anti-raciste pour les aider à s'installer au pays, l'on sait que la communication était difficile avec les policiers : en effet, ni l'homme si ses parentes ne parlent couramment arabe.

Naturellement, lorsqu'on ne dispose pas de papiers d'identité, quelle qu'en soit la raison, le premier réflexe à avoir est d'aller en demander à l'ambassade du pays d'où l'on vient, fut-il un pays peuplé d'infidèles. L'ambassade d'Allemagne a toutefois refusé d'en donner, au motif qu'ils pourraient être à nouveau détruits mais collaborera avec l'Égypte pour faciliter l'expulsion. Il n'est pas encore établi quel sera le pays qui couvrira les frais pour le vol de retour...

Des témoins affirment que toutes les femmes sont voilées et que seuls leurs yeux apparaissent derrière le vêtement. Après l'arrestation, il leur fallut débattre pour savoir si un vrai musulman accepterait d'être photographié pour les passeports!

dimanche 02 novembre 2008, a 16:40
Un numéro de l'Express, censuré au Maroc

Le dernier numéro du magazine l'Express a été interdit de parution au Maroc, ce que révèle le journal lui-même. C'est l'objet du dossier proposé qui a conduit à cette censure. Son titre : Le choc Jésus-Mahomet. Le dossier était prévu en vue de la rencontre au Vatican entre dignitaire catholiques et musulmans, prévue pour perpétuer le dialogue installé après le discours de Ratisbonne.

Le ministère marocain de la Communication a tout simplement interdit la parution, déclarant du dossier qu'il porte "atteinte à l'islam", en vertu de l'article 29 du Code marocain de la presse" qui permet d'interdire les parutions "lorsqu'elles portent atteinte à la religion islamique, au régime monarchique, à l'intégrité territoriale, au respect dû au roi ou à l'ordre public".

Mais les dirigeants du magazine sont pris au dépourvu et ne semblent pas comprendre ce qui est reproché au dossier. Des précautions avaient été prises : pour ménager les sensibilités marocaines, le visage de Mahomet avait été voilé, conformément à l'usage en islam de ne pas montrer son visage.  Aucun article précis n'est mis en cause. C'est donc tout le dossier qui peut être suspecté.

Le dossier de l'Express n'apporte pourtant rien de nouveau. Il s'inspire plus particulièrement d'un livre de Christian Makarian, le directeur adjoint de la rédaction. Le titre du livre est "Le choc Jésus-Mahomet", avec pour sous-titre "Jésus et Mahomet ne parlent pas du même Dieu". Parmi les dossiers, plusieurs titres, "Jésus, le messager rebelle" et "Mahomet, prophète et guerrier", ou encore, "Jésus-Mahomet, ce qui les sépare".

Selon un court article du site algérie-dz , ce serait la partie intitulée "Mahomet, prophète ou guerrier" qui serait à l'origine de l'interdiction, ce qui serait assez paradoxal, puisqu'aussi bien la Sira que le Coran décrivent les activités guerrières de Mahomet, dans la tradition musulmane elle-même, allant jusqu'à définir les parts de butin.

Le dossier, revenant sur le Coran, rappelle également qu'il y est écrit au sujet des livres dits "précédents", aussi bien la Thora que les évangiles, qu'ils auraient été falsifiés, et que, toujours selon le Coran, les chrétiens joindraient à Dieu et à Jésus, Marie elle-même, au sein de la Trinité.  De fait, la comparaison entre Bible et Coran, est rapidement difficile, les bases étant mal établies.

"Les textes fondateurs du judaïsme, du christianisme et de l'islam ne sont pas comparables" affirme également l'auteur, comparant l'effort d'exégèse moderne dans la Bible et les difficultés à le faire dans le Coran, qui se veut incréé et révélé par l'ange Gabriel, là où la Bible ne se veut qu'inspirée. Il serait aussi écrit, selon l'islam, en lettre d'or au ciel où seuls les anges pourraient le consulter. Les passages appelant à la violence dans le livre saint de l'islam sont aussi évoqués. Un peu de tout cela a sans doute joué dans l'interdiction.

Il ne sera pas surprenant si d'autres pays du Maghreb, Algérie et Tunisie en tête, interdisent à leur tour la parution du magazine... sans être blasphématoire, le dossier de l'Express a quelque chose d'un peu embarrassant pour l'islam, rappelant la violence de ses extrémistes et les différences avec le christianisme, dont il prétend être la continuité.

Le lire pour se faire une idée

Un article d'Andréa sur le même sujet  paru sur Come4news, avant le mien.

lundi 13 octobre 2008, a 23:23
Fanny Truchelut, condamnée en appel pour discrimination religieuse

Yvette Truchelut, dite Fanny, ancienne propriétaire d'un gîte à Julienrupt, dans les Vosges, vient d'être condamnée pour discrimination religieuse, après avoir fait appel, à verser 2000 euros de dommage et intérêt à Horia Demiati et à trois autres membres de sa famille, ainsi qu'à une peine de deux mois de prison avec sursis, ce qui a provoqué sur certains sites une réaction outragée.
 
Rappelons les faits : Horia Demiatti réserve une chambre de gîte chez Mme Truchelut par internet. Il n'est pas farfelu de supposer qu'elle a donné son nom, nom à consonnance maghrébine, ce qui ne semble pas avoir posé de problème.

Mais lorsqu'elle se rend au gite, Mme Truchelut soumet à condition l'accès au partie commune de son gîte à cette famille musulmane (Horia Damiati et sa mère ainsi que cinq autres personnes), demandant aux deux femmes voilées de s'y rendre tête nue, ce que nie l'accusation en la personne d'Horia Damiati, la plaignante, qui déclare que l'accès lui a tout simplement été refusé dans l'ensemble du bâtiment, malgré une réservation à l'avance.
Elle récupère ses arrhes.

Rapidement Horia Damiati entame des démarches judiciaires.
 
Du côté de Mme Truchelut, se fut d'abord l'avocat de Philippe de Villiers qui prit sa défense, à titre gracieux, avant qu'un autre avocat ne le remplace. Sa présence donnait un tournant politique à l'affaire, tournant qui ne servait pas forcément la cause de Fanny Truchelut.

De l'autre côté Horia Damiati a tout simplement été épaulé par les avocats des associations anti-racistes classiques, le MRAP, la ligue des droits de l'Homme et la LICRA...
 
Pour la justice, il s'agissait de déterminer s'il y avait eu ou non refus de service pour discrimination, et la peine pouvait s'aggraver pour racisme. Mme Truchelut avait précisé sa pensée concernant le voile, qu'elle voyait comme un signe d'oppression des femmes, précisant avoir été elle-même battue dans son enfance.
En outre, elle avait insisté sur le caractère laïque de ses parties communes.
 
"C'est le fruit d'un long cheminement spirituel" avait déclaré Horia Damiatti, sans en dire plus, si ce n'est : "Le voile, je le mets où je veux".Les avocats de l'accusation n'ont eu de cesse de taxer de racisme Yvette Truchelut, qui en fut fort affectée.
On la soupçonna même d'être juive pendant l'audience, pour expliquer ce refus du voile et sous-entendre une certaine haine anti-islam, non pas une haine raisonnée, mais une manière de haine "communautariste" et héréditaire, peut-être exacerbée par les conflits du proche-orient, peut-on supposer.
 
Mme Truchelut se déclare pourtant athée et se veut tout simplement "laïque". Sa famille serait originairement catholique. Dans l'affaire elle a dû se séparer de son gÏte, pour couvrir le procès d'une part et d'autre part parce qu'elle était tout à fait affectée de cette mauvaise aventure.
 Aujourd'hui elle se retrouve endettée, d'autant qu'il faudra verser à Horia Damiati ainsi qu'aux membres de sa famille ayant participé  au procès, la somme de 2000 euros, toute personne comprise. Ce n'est qu'au dernier moment que la mère de la plaignante a décidé de se joindre à sa fille.

Les mauvaises langues diront que cela agrandissait le gâteau d'une part supplémentaire...
 
L'avocat général, a tout simplement déclaré ne pas vouloir faire de "martyres" d'un côté ou de l'autre en ne réclamant pas d'amende, ce qui démontre bien qu'au-delà de l'affaire, des parties se reconnaissaient, pro-voile et anti-voile, favorables ou défavorables à un islam "public", laïcs ou islamophiles, mais aussi d'autres idéologies plus radicales.
 
Mme Truchelut est une femme d'une cinquantaine d'année, elle est entière et semble être animée par des principes qui pourraient être qualifiés de "tranchés". Il ne semble pas avoir été considéré, au cours du procès, qu'elle tâchait peut-être aussi de préserver une convivialité propre à son établissement et conforme à ses convictions laïques.

Conviction contre conviction, celles de Mme Truchelut ne valaient pas bien lourd face à celle d'une "minorité visible" soutenue par la loi, par les subventions de l'Etat, par des associations dont le seul but est de chercher la discrimination, le racisme ou encore le sexisme, subventionnées pour combattre ces fameuses discriminations, discriminations qui justifient leur existence et leurs revenus...

La situation est peut-être plus tragique encore que cela veut bien être dit. A trop jouer l'islam contre le christianisme, à trop vouloir mettre en avant un racisme réel, mais parfois aussi fictif, à trop vouloir classifier les personnes selon leurs origines, à vouloir nier toute racine culturelle au pays, nous nous trouvons dans une situation où les "communautés", selon l'usage nouveau qui est fait de ce mot, se séparent et s'affrontent pour revendiquer leur propre vision des choses, dans des espaces qui se veulent communs.

Les différentes lois qui ont été votées contre les "discriminations", mot nouveau également et porteur de toute une idéologie, idéologie qui s'applique plus particulièrement sur les territoires occidentaux, n'arrangent pas non plus les choses.
Si l'intention est bonne, la pratique crée des différences juridiques entre les personnes.
Ici c'est Fanny Truchelut qui en est victime, traitée comme un voyou, un vulgaire délinquant, une moins que rien, taxée de racisme, pour ses convictions affichées.
Il n'a pas été établi que Mme Truchelut soit raciste...

Le lecteur qui s'attardera à visiter le site "Riposte laïque" comprendra combien la situation de Fanny Truchelut a été compliquée, combien elle semble avoir été prise au piège.
Sans aller jusqu'à la défendre, l'on pourra noter que le voile est décrié par des personnalités musulmanes ou anciennement musulmanes (ainsi de Souad Sbaï, en Italie) et qu'il n'est pas donné pour absolument nécessaire dans la pratique de cette foi.



samedi 04 octobre 2008, a 00:05
Vers une loi française anti-burqa?

Au lendemain du refus d'accorder la nationalité française à une femme marocaine portant la burqa, refus motivé en raison de la pratique radicale  de sa religion et qui avait réunit l'approbation de tous les camps politiques confondus, Jacques Myard avait réclamé l'intervention du législateur pour prohiber son port. C'est donc en toute logique, que le 23 septembre 2008, le député a présenté une proposition de loi pour interdire cette pratique, la motivant pour des raisons laïques et d'égalité entre les sexes, notamment.

"Le port du voile intégral, explique-t-il, constitue la forme la plus extrême des dérives communautaristes, et porte directement atteinte au vouloir vivre ensemble dans une société diversifiée et démocratique, fondée sur l'égalité des sexes."

Rappelons d'abord ce qu'est une burqa. Il s'agit d'un vêtement ample qui recouvre entièrement celle qui le porte, des pieds à la tête, ne laissant qu'une légère fente au niveau des yeux, parfois avec de petites grilles les cachant eux aussi, là où le voile plus "classique" ne couvre que les cheveux et le cou. C'est ce que le député met en avant : "Si le port du foulard islamique constitue un signe distinctif montrant l'appartenance à une religion, la forme la plus extrême de cette pratique consiste à couvrir entièrement le corps de la femme en masquant totalement son visage, de façon à la rendre méconnaissable en public." La burqa est plus particulièrement portée en Afghanistan, notamment.

Et Jacques Myard va plus loin dans la motivation de sa demande, il explique : "Cette pratique va bien au-delà d'un signe distinctif et prosélyte, il s'agit de la négation même de la personne dans la sphère publique. La femme devient un objet nié voire méprisé dans sa personnalité. N'ayant plus de visage, la société ne peut la reconnaître comme personne, mais uniquement comme objet anonyme d'un groupe communautaire. Elle se trouve dans l'impossibilité d'établir le moindre contact humain en dehors de sa famille. Ce type de voile ou de vêtement (...) crée une barrière infranchissable entre la personne qui le porte et la société dans son ensemble. Cette déshumanisation de la femme constitue une violation grave de la dignité humaine. Elle est inacceptable."

Cette proposition de loi veut s'inscrire en droite ligne de l'interdiction du port du voile dans les établissements scolaires également et c'est par là que le député commence sa présentation, tout en rappelant l'attachement des français aux principe de la laïcité. Mais l'objectif en est clair : il s'agit d'interdire sous peine d'amende le port du voile lorsqu'il s'apparente à la burqa, c'est à dire lorsqu'il couvre tout le corps de la femme, au point de la rendre méconnaissable dans les rues.

"L'article premier pose comme principe l'interdiction de cacher totalement son visage sous couvert d'un prétexte religieux ou culturel. L'article 2 définit cette pratique aussi bien que l'incitation à cette pratique comme un délit, passible dès lors d'une amende et d'une peine de prison. Enfin l'article 3 permet à l'autorité administrative d'expulser tout étranger qui se rendrait coupable de ce délit."

Le rapport au voile semble avoir évolué avec le temps. Il n'était pas rare autrefois de s'entendre dire qu'il n'a rien à voir avec l'islam, mais qu'il est juste affaire de coutume régionale. Puis le temps passant, le discours s'est radicalisé, l'expliquant ensuite comme un rempart contre les agressions masculines, là où les textes le recommandent pour éviter d'éveiller la concupiscence. Dans la pratique, il est difficile de savoir si le voile revêt un caractère obligatoire puisqu'il est possible, dit-on en islam, d'être bonne musulmane en allant tête nue. Tout au moins, le CFCM ne s'est jamais prononcé clairement sur le sujet.

La Hollande, autre pays du fromage, mais aussi d'une certaine "permissivité", avec un modèle de société original et permissif en Europe, avait aussi envisagé une loi semblable, avant de se limiter à interdire ce type de voile dans les écoles uniquement. La très tolérante Hollande aurait en effet vu ses citoyens musulmans se radicaliser avec le temps, et le meurtre de Théo Van Gogh n'a certainement pas arrangé la situation. Rappelons-nous qu'il s'agit aussi du pays de Geert Wilders et de Ayaan Hirsi Ali...

Cette proposition n'a pas fait grand bruit et pourtant elle touche à des principes essentiels, comme la liberté de conscience et de culte. Elle aurait, pour le moins, le mérite de clarifier certaines positions si elle était mise en application. Ainsi nous refusons sur le territoire l'excision, laquelle est parfois encouragée dans la pratique de l'islam, à travers un hadith (« Enlève une partie (du clitoris) sans faire souffrir, car cela embellit le visage et comble le mari » [12]. Rapporté par Al-Hakim, At-Tabarani et d'autres), généralement contesté. La burqa elle-même n'est généralement pas de mise au Maghreb mais semble être tolérée en Europe.

Faut-il tolérer toutes les pratiques dès lors qu'elles se parent de la raison religieuse, même lorsqu'elles sont contraire à nos propres convictions humanistes?

Il faut s'étonner de certaines réactions sur la toile internautique. Jacques Myard n'a pas forcément bonne presse auprès de tous les courants d'opinion. Il est le député qui s'est opposé au pacs, mettant en avant son aspect de mariage civil entre homosexuel. Il a souhaité que soit rétablie la peine de mort envers les auteurs d'actes terroristes, ce qui en fait, pour les esprits simples, un partisan de la peine de mort tout court. Il est aussi l'un des deux députés ayant voté contre la loi autorisant la "modification de la Constitution en vue de la ratification du Traité de Lisbonne".

Mais comme souvent en notre pays, héritier de la Révolution et par conséquent de la Terreur, il est difficile d'évoquer sereinement un sujet de société, en mettant de côté les divergences politiques. Ainsi dans les deux seuls "posts" (voir et aussi)  consacrés à cette proposition de loi, l'on s'insurge, tout en faisant mine de venir à l'aide des "pauvres" musulmanes, qui seraient contraintes d'ôter leur voile, manifestant ainsi une certaine incompréhension de la proposition de loi. En effet, il ne s'agit pas de légiférer contre le "voile" en lui-même, mais contre celui qui constitue un enfermement pour la femme qui le porte et l'isole totalement du monde, la rendant méconnaissable, anonyme, lui enlevant de cette façon toute identité et partant, toute relation saine avec le reste de la population.

Merci à D.D.



mercredi 09 juillet 2008, a 11:27
Inauguration de la plus grande mosquée du Canada

C'est un immense édifice que le premier ministre canadien, Stephen Harper, inaugurait ce 5 juillet dernier, batiment portant le nom de Baitun Nur (maison de lumière en ourdou) et qui sera désormais la plus grande mosquée du canada, construite à l'initiative de la communauté musulmane ahmadie. Située à Calgary, dans l'ouest canadien, elle sera un témoignage, selon le premier ministre, du "visage bienveillant de l'islam". Dans son discours le premier misnistre ajoute ses  remerciements à cette communauté "pour sa contribution à la paix, à la tolérance et à l'harmonie au Canada et partout au monde." Sur la façade de la mosquée sont écrits en arabe les 99 noms de Dieu.
 
Le bâtiment est imposant, sur près de 4500 mètres carrés, il comprendra outre la salle de prière, une bibliothèque, un centre communautaire, un gymnase mais aussi un logement pour l'iman et des salles de classe et sera aussi muni d'équipements audiovisuels ultra-modernes. L'édifice pourra accueillir 1500 personnes dans la salle de prière et 3000 en comptant les salles complémentaires. Pour le construire, il a fallu près de 15 millions de dollars canadiens, entièrement réunis par la communauté elle-même, du territoire et de l'étranger compris. Des fidèles ont vendu leur propre habitât pour hâter la construction qui a duré deux ans. "Ce n'est pas la petite mosquée dans la prairie, c'est la grande mosquée. Ce n'est pas une fiction c'est la réalité" a ironisé Naseer Ahmad qui est à l'origine du projet, auquel il travaille depuis 14 ans, en songeant à une fiction bien connue dans le pays, "La petite mosquée dans la prairie".
 
La particularité de ce mouvement religieux est de croire que Mahomet n'est pas le dernier prophète, ce qui lui vaut de n'être pas reconnu par la Ligue Mondiale Islamique et d'être parfois littéralement pourchassée. Le mouvement dispose aussi d'un nouveau prophète, dont le nom est Hadhrat Mirza Ghulam, né en Inde et qui serait le messie attendu par les musulmans, ce qui constitue une sorte de sacrilège pour les autres musulmans, pour lesquels Mahomet est le dernier prophète et Jésus, l'unique Messie.
 
Hadhrat Mirza Ghulam étant mort il y a tout juste cent ans, l'inauguration de la mosquée en est doublement fêtée et le calife des Amhadis, Hadhrat Mirza Masroor Ahmad  , calife purement symbolique, cinquième successeur d'Hadhrat Mirza Ghulam, était présent lui aussi à l'inauguration, en compagnie du premier ministre, ce qui a permis à Stephen Harper de lui déclarer "Nous félicitons tout particulièrement le Khalife pour avoir dénoncé les individus qui pervertissent la foi en l'invoquant pour justifier la violence." De fait, le mouvement banni toute violence dans la religion.
 
Les Amhadie sont particulièrement concernés par la violence en islam, puisqu'ils en subissent les conséquences régulièrement, notamment ces derniers mois en Indonésie. Car si l'Etat indonésien est laïque, il a dû céder à la pression des musulmans les plus extrémistes, tandis que des manifestations s'y sont tenus avec en plus de la présence amhadie, celle de chrétiens mais aussi de musulmans dit "modérés" (ce terme est une aberration, un musulman est musulman, il croit, le taxer de "modéré" revient à le décrédibiliser un peu et ce n'est que pour une meilleure compréhension que j'use de ce terme), dans l'objectif de maintenir une certaine laïcité, c'est à dire une entente de principe entre les différentes religions. Les mouvements les plus radicaux réclamaient la dissolution du mouvement comme étant blasphématoire, n'hésitant pas à incendier leurs lieux de culte et leurs écoles, lorsqu'ils ne s'en prenaient pas tout simplement aux amhadis eux-même, les contraignant à fuir leurs maisons. Si le gouvernements n'a pas  interdit le mouvement ainsi que cela lui était réclamé, il a imposé aux ahmadis de ne pratiquer qu'exclusivement au sein de leur communauté, ce qui fait craindre aux autres confessions de nouvelles concessions devant les extrémistes. L'islam réprésente 88% de la population indonésienne et est bien sûr largement majoritaire.
 
"Quelle que soit l'image que l'on se fait de Dieu, il ne faut pas tuer en son nom. Tous les Calgariens, Albertains et Canadiens peuvent voir dans cette mosquée le vrai visage bienveillant de l'islam ainsi que de ses fidèles.(...) d'autres projets de mosquées ont déjà été amorcés à Saskatoon, Brampton et Vancouver. Cette communauté est vraiment florissante ici au Canada.(...)  Partout au monde, les Ahmadis sont reconnus pour leur amour de la paix, leur immense solidarité et leur soumission à la volonté de Dieu, soit les véritables fondements de l'islam." affirme le premier ministre à l'inauguration, tandis que Lal Khan Malik, président de la Communauté Musulmane Ahmadiyya du Canada, ajoute que "L'ouverture de cette mosquée est pour les musulmans Ahmadi une occasion historique d'apporter quelque chose à la société canadienne. Nous invitons chacun à l'adopter comme un endroit de réunion pour établir harmonie et respect."
 
La communauté Ahmadi n'est pourtant pas nombreuse au Canada, mais elle y est particulièrement active. elle compte près de 50 000 membres, dont 2000 se situent dans le "Peace Village", petite entrave de la ville de Vaughan en banlieue de Toronto. Le village est tout entier construit autour de la mosquée, située au centre du village, les maisons elles-même sont batis en conséquence, avec une séparation possible entre les hommes et les femmes pour les éventuelles réceptions d'invités et un aménagement dans les écoles pour les enfants souffrrant de maux de tête pendant le ramadan est prévu. Pour la plupart, les membres de cette communauté sont issus d'Asie Centrale et aussi méridionale.
 
Mais si la communauté est pacifique et tout à fait laborieuse, Peace Village n'en a pas moins retenue l'attention, dans une société qui tolère le communautarisme comme un fait culturel. Une habitante du coin fait remarquer dans un forum qu'une petite chapelle a été détruite pour installer le village. Tout un chacun y est bienvenue, mais il serait illusoire de croire que de nombreuses personnes de confession différente iront s'y installer. Peace Village est un symbole très parlant du communautarisme au Canada, qui verra aussi à la rentrée ses premières écoles pour enfants noirs, avec une éducatution afro-centrée, ce qui peut faire craindre que petit à petit la société canadienne ne se divise en petites communautés, même si cette façon de faire appartient bien à l'histoire culturelle du pays.
 
La photo en illustration est issu du site http://www.baitunnur.org/
 
La vidéo qui suit évoque Peace Village, non pas directement la mosquée Baitun Nur qui ne se trouve pas dans le village.



dimanche 06 juillet 2008, a 23:34
Deux écoliers en retenue pour n'avoir pas voulu prier Allah

Deux élèves anglais ont été gardés en retenue. Ces deux garnements de 11 à 12 ans avaient refusé de se couvrir la tête et de prier Allah au cours d'une séance de travaux pratiques sur les religions.

 
En conséquence ils ont été "collés", et une jeune fille, qui ne récitait pas correctement la prière, "dans une autre langue", a été réprimandée elle aussi... (Les jeunes gens ne sont plus ce qu'il étaient! Ils n'écoutent plus rien...)
 
S'agit-il d'un simple fait divers? Peut-être. Mais la suite parait plus intrigante encore... à travers les réactions des parents, outrés à juste titre.
 
Ce cours d'éducation sur les croyances religieuses commençait selon les parents par un court-métrage sur l'islam, à la suite duquel le professeur a demandé aux élèves de mettre une "coiffure islamique" (cela semblait aussi inclure le port du foulard islamique) et de s'agenouiller pour prier Allah.
 
Par la suite, les deux garçons sont gardés en retenue suite à leur refus de s'exécuter, et les autres élèves privés de récréation. Les parents, scandalisés, s'en ouvrent à la presse, notamment auprès du Daily mail, qui relate l'affaire, avant que d'autres journaux ne viennent relayer l'information.
 
Dans leurs explications les parents ont tout l'air de s'excuser de leurs récriminations et commencent par se justifier. "Je comprends, commence un parent, "qu'ils doivent connaître les religions", avant d'ajouter que dans le cas présent, cela va trop loin... Un autre parent se dit surpris, les enfants ne sont pas musulmans et ont été réprimandés, "ce n'est pas bien" estime-t-il, avant de s'énerver car ils étaient aussi accusés d'avoir "manqué de respect"... Ce parent avait bien pris soin auparavant de déclarer n'avoir aucun problème sur l'idée que "les enfants doivent connaître les autres religions".
 
Un grand-père intervient lui aussi et commence par se dire non raciste, il a un vieil ami de trente ans, indien, et serait même allé à un mariage musulman! Il remarque ensuite, que si des musulmans étaient contraints d'aller à l'église pour la communion, ce serait tout simplement la guerre...
 
Enfin une autre mère relate comment sa fille a été réprimandé, ne faisant pas bien la prière, pour la première fois et dans une autre langue. Le lecteur s'en doute certainement, cette brave mère de famille, avant de livrer son témoignage, indique n'avoir rien contre le fait que sa fille apprenne à connaître d'autres religions, "un minimum d'information ne faisant pas de mal"...
 
Pourquoi toutes ces explications? C'est pourtant une évidence, le professeur est allé trop loin, les explications préalables des parents, se disant non-racistes, imaginant la réaction d'un musuman à leur place, témoignent bien d'une ambiance générale, pour des personnes toujours soupçonnées d'être racistes, même concernant une religion dans laquelle, pourtant, se retrouvent toutes les composantes de la société, issues de chaque continent (1).
 
Pour le directeur adjoint de l'établissement britannique, il est "honteux" que les parents se soient mis en relation avec la presse avant de s'adresser à lui. L'enseignement des différentes croyances religieuses figure dans le programme scolaire, sur la diversité, il ajoutera que, bien sûr, il faut agir avec un certain sens de la sensibilité ("We accept that such teaching is to be conducted with some sense of sensitivity"). L'enseignant concerné n'a pas encore fait connaître sa version suite aux plaintes des parents.
 
Mais le personnel de l'établissement est actuellement absent pour cause de vacances scolaires, et donc, inch Allah, on en saura plus à son retour...
 
----------
 
1- (Tout cela me permet de rebondir sur l'article de Paul Villach, suite à son très intéressant article, concernant l'anti-racisme, dont tout l'objet reposait sur la définition à donner au mot "manipulation" utilisé malencontreusement selon lui, dans mon article  sur un reportage néerlandais, qui tendait à égarer le spectateur en simulant une scène de "racisme", ou plutôt de "discrimination" de la société néerlandaise à l'égard des femmes voilées.
 
Je n'avais pas non plus utilisé le mot "anti-racisme" par hasard, comme l'observatoire de l'OCI dans son rapport (le premier et le seul sur l'islamophobie), lequel envisage de promouvoir dans le monde médiatique une bonne vision de l'islam, pour lutter contre "l'islamophobie". Je tacherai de revenir un jour sur ce rapport, passé curieusement inaperçu. Il est vrai qu'il assimile aussi les émeutes des banlieues françaises de novembre 2005, à une réaction à l'islamophobie de la société française.
 
L'antiracisme est aujourd'hui un concept qui à l'égal du "vivre-ensemble", recouvre différents aspects de la société. Ici les enfants sont accusés de "manquer de respect" et les parents, avant de protester, jugent bon de bien signifier auparavant ne pas être racistes... au cas où, ceci au sujet de la diversité. Si l'anti-racisme fonctionne si bien, c'est qu'il est ici admis que le "racisme" (dans un sens plus large) est une mauvaise chose, mais le concept ne fonctionnerait pas par exemple en Egypte, par rapport aux Coptes.)

vendredi 20 juin 2008, a 13:51
Un salon de coiffure londonnien condamnée pour discrimination "indirecte"

La patronne d'un salon de coiffure londonnien, Sarah Desrosier 32 ans, a été condamnée à une amende de 4000£ en dommages et intérets lors d'un procès l'opposant à une candidate malheureuse au poste de coiffeuse, qu'elle proposait en mai 2007. La jeune femme (elle a 19 ans) refoulée à l'entretien, Bushra Noah, était voilée lors de l'entrevue, et la tenancière avait considéré que l'aspect vestimentaire de la jeune femme n'allait pas avec celui de ses coiffeuses en exercice, qui affichaient toutes des coupes de cheveux en relations avec le thème de sa boutique, c'est à dire des coiffures "funky", spécialité de ce salon dit "alternatif".
 
Selon les articles de presse en français (essentiellement sur le site Point de Bascule, qui retraduit des articles en anglais ici  et ici  ), la jeune candidate avait obtenu un entretien avec la tenancière du salon de coiffure et devait faire une journée d'essai, mais lorsque celle-ci s'est présentée, la tenancière a été surprise en voyant un voile sur le visage de la jeune femme, qui déclare "Quand j'ai parlé à Mme Desrosier au téléphone, avant la première entrevue, elle m'a offert une journée d'essai. Mais lorsque je me suis présentée, elle m'a regardée avec grand étonnement. Elle m'a demandé si je portais le foulard en tout temps et elle a continuée de répéter, « j'aurais souhaité que vous me l'ayiez dit lors de notre conversation téléphonique".
 
Cela semble tellement vrai, que la tenancière avait bien expliqué "Je vend de l'image – c'est important – et je m'attends à ce qu'une coiffeuse styliste expose ses cheveux pour inciter les passants à venir dans mon salon après avoir aperçu mes stylistes. C'est la nature et le style de mon salon qui attirent les gens. Couvrir ses cheveux est en contradiction avec cette réalité. Si quelqu'un portait un casque de baseball ou un chapeau de cowboy j'exigerais qu'il le retire pour le travail. Pour moi, c'est absolument essentiel que les gens puissent voir les cheveux du styliste."
 
Il transparait dans le discours de Mme Desrosier qu'il ne s'agit pas de racisme : la patronne du salon de coiffure ne rejette pas la candidate à cause de ses origines ethniques, mais simplement parce que son style ne convenait pas à son magasin, selon elle, ce qu'elle semble déclarer volontiers. Elle ajoutera d'ailleurs après le jugement "Je n'ai jamais imaginé en un million d'années que quelqu'un pourrait être dans cette industrie tout en refusant complètement de montrer ses cheveux "...
 
Mais la jeune candidate n'en a cure. Elle se sent démoralisée après l'entretien dit-elle. Elle vient d'essuyer 25 refus après 25 entrevues et cet entretien lui reste sur le coeur, elle aurait été particulièrement blessée "J'ai décidé de poursuivre cette coiffeuse parce c'est elle qui m'a le plus blessée. Je me sentais tellement démoralisée et déprimée, que je me suis dit que si je ne me défendais pas, alors qui le ferait ?". Elle avait aussi demandé des dédommagements pour "perte de revenu", sans doute sur le salaire du travail pour lequel elle s'était présentée en entretien...
 
Une personne un peu pratique aurait répondu à la jeune candidate qu'il suffisait tout simplement qu'elle ôte son foulard pour tenter d'intégrer le salon, mais c'était chose impossible pour la jeune femme, qui avait déclaré le foulard essentiel à sa foi "Depuis mes études secondaires, la coiffure était tout ce que je voulais faire. C'est triste qu'ils ne me donnent pas l'occasion de le faire. Cette situation mine mes ambitions. Le port du foulard est fondamental à mes croyances. "
 
Clairement donc, aucune solution n'était négociable. La jeune femme n'avait pas fait ses preuves et les auraient-elles faites, elle refusait de se plier aux exigences de la patronne pour laquelle en l'état elle n'avait pas le profil vestimentaire. Ce sera à la justice anglaise de trancher et elle tranchera, dans le sens de la jeune femme, pour discrimination "indirecte".
 
N'allons pas hurler trop vite après le juge... Le résultat est logique suivant la législation actuelle : il s'agit d'une directive européenne retranscrite dans le droit britannique comme dans le droit français à présent. Si la tenancière avait simplement déclaré que la candidate n'était pas expérimentée, si elle l'avait laissée faire sa journée d'essai, elle n'aurait pas été inquiétée. Il suffisait de la garder une heure ou deux pour lui dire que son travail ne convenait pas, mais elle a avoué la véritable raison : c'est son allure vestimentaire qui ne convenait pas au salon et suivant la législation actuelle, il s'agit d'une discrimination "indirecte".
 
Voici ce que dit un site consacré à la lutte contre les discriminations au sein de l'UE http://www.stop-discrimination.info/808.0.html , l'expliquant fort bien :
 

"Discrimination indirecte Une société de traduction insiste pour que les traducteurs désireux de travailler pour elle disposent du permis de conduire, car il peut arriver qu'elle leur demande de livrer ou d'aller chercher le document chez les clients. Étant donné que cette condition empêche les personnes handicapées de postuler et que conduire n'est pas une exigence essentielle pour réaliser le travail, la société pratique effectivement une discrimination à l'encontre de ce groupe de personnes en particulier, à moins qu'il puisse être démontré que cette interdiction repose sur un motif objectif et fondé. Un grand magasin interdit à ses employés de porter un couvre-chef lorsqu'ils servent les clients. Cette mesure a pour effet d'interdire aux personnes dont les convictions religieuses les obligent à se couvrir la tête, comme les femmes musulmanes, de travailler dans le magasin. Le magasin se rend alors coupable d'une discrimination indirecte, à moins qu'il ne puisse démontrer que cette interdiction repose sur un motif objectif et légitime."

 

 Il faut croire Mme Desrosier lorsqu'elle s'exclame " On me traîne dans la boue et on m'accuse d'être raciste. C'est totalement injuste et faux ! ". La justice ne fait qu'appliquer les lois et directives, en l'occurrence, européennes, même si cette loi a quelque chose de surprenant malgré tout, puisqu'il se dit si souvent qu'en matière de foi musulmane, le voile ne serait pas absolument obligatoire, cela revient donc à faire plier la société devant des revendications religieuses non essentielles dans les faits. Le tribunal a par ailleurs bien ajouté dans ses conclusions qu'il croyait volontiers que Mme Desrosier aurait traité de la même façon tout autre personne voilée de cette façon, musulmane ou non, mais qu'elle n'a pas pu apporter de preuve par rapport à l'impact que le voile aurait sur sa clientèle.

 

L'article relatif au jugement de l'affaire ne dit pas si le salon de coiffure restera ouvert, Mme Desrosier ayant déjà eu du mal à réunir les sommes nécessaires à sa défense et devant verser 4000£ à Mlle Noah pour "atteinte à ses sentiments" . Le tribunal a en revanche rejeté les accusations de discrimination religieuse directe ainsi que la demande pour perte de gains et préjudice moral déposée par la jeune femme.

En France, l'Assemblée nationale a également adopté en début d'année le texte sur la discrimination dite "indirecte", voir les documents officiels ici  et ici.

 

  Les deux photos illustrant l'article sont celles de Mlle Noah et de l'affiche servant de présentoir à la boutique.

mercredi 18 juin 2008, a 20:19
Une vidéo sur Robert Spencer à Bruxelles

Voici une vidéo postée pas "l'Ubiquiste" sur Come4news dans laquelle Robert Spencer, islamologue américain, s'exprime sur l'islam. Le personnage connait bien l'islam et cite largement les textes religieux pour appuyer ce qu'il dit. Le site Point de bascule avait publié un texte de cet auteur déjà, au sujet d'un crime d'honneur.

 

Je laisse chacun se faire une idée dessus, la voici :

mercredi 11 juin 2008, a 13:20
Chronologie du mariage annulé, par Lucienne Magali Pons

Je suis un peu confus : Je pensais copier un commentaire de Lucienne Magali Pons , déposé sous mon article sur le mariage annulé (sur le site Come4news), je me rends compte à présent qu'il s'agit du dernier article de son blog, dont je viens à l'instant

 

Et ce n'est pas la première fois que je recopie un de ses articles. Elle n'est pas d'accord avec ce que j'ai pu écrire sur le sujet et apporte un complément d'information tout à fait utile.

 

Le voici :

 

Point sur l'affaire :

Le 26 juillet 2006, la mariée trouve dans sa boîte aux lettres une invitation à se rendre chez l'huissier : elle est assignée par le mari devant la justice pour l'annulation de leur mariage.

Me Xavier Labbée, avocat du mari, a conclu son assignation par le rappel de l'appartenance des deux mariés à « une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage »


La mariée prend alors un avocat et Me Charles-Edouard Mauger, du barreau de Paris, se souvient de sa propre réaction quand il a lu l'assignation et les motifs de la demande en annulation : «J'étais ulcéré, tout comme Elisabeth Badinter aujourd'hui, que l'on puisse traiter de la sorte un être humain et accorder autant d'importance à cette virginité.»

Après un an de statu quo, la mariée «consent» à l'annulation. Elle l'écrit à son avocat. Celui-ci peut faire part de son «acquiescement» à la magistrate en charge du dossier à la première chambre du tribunal de Lille. Et Me Mauger avocat de la mariée précise : «L'acquiescement concerne l'annulation de l'union, pas les motifs de cette annulation.

Note : Contrairement à que certains commentateurs ont prétendu ,la jeune mariée n'a pas acquiescé aux motifs de l'assignation qui rappelons le faisait référence à une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage » mais seulement à l'annulation.

.Par la suite dans sa plaidoirie Me Xavier Labbée avocat du marie plaide «Ce qui a blessé mon client, c'est le mensonge, si elle avait dit la vérité avant le mariage, il l'aurait acceptée. Après, il n'avait plus confiance. Il n'y a rien de religieux là-dedans.»

Note : L'avocat semble oublier ou feint habilement d'ignorer qu'il a conclu son assignation par le rappel de l'appartenance des deux mariés à «une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage».
Pourtant l'assignation est une pièce essentielle de l'ouverture de la procédure mais on voit bien que l'avocat habilement dirige sa plaidoirie sur le « mensonge »

Le jugement, rendu le 1er avril par une magistrate de Lille, ne reprend pas l'argument communautariste ou religieux...

 

Pour lire la suite...

mardi 10 juin 2008, a 19:14
Amende pour des parents qui s'étaient opposés aux médecins hommes

La famille Ijjou, qui avait entamé des démarches juridiques pour obtenir de l'hôpital de Bourg en Bresse des indemnités, suite au handicap à 100% de leur enfant Mohamed, devra finalement débourser 1000€ d'amende après la décision rendue par cour administrative d'appel de Lyon : ce serait l'attitude du père de l'enfant envers les médecins hommes qui seraient à l'origine du handicap de naissance du jeune garçon.
 
La cour d'appel de Lyon a en effet estimé que "l'état de l'enfant est totalement imputable à l'attitude de M. Radouane Ijjou", et que la famille ne pouvait "rechercher la responsabilité (...) du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse". L'enfant présentait des bradycardies et une césarienne aurait dû être pratiquée, à défaut, l'enfant est resté handicapé, mais le père s'est opposé aux médecins
 
Une dépèche relate l'arrêt : "Dès 9H40, la sage femme a appelé l'interne de garde et invoquant ses convictions religieuses, M. Ijjou s'est, jusqu'à 10H10, physiquement opposé à toute présence masculine dans la salle d'accouchement (...) Lorsque vers 10H10, après négociation, M. Ijjou ne s'est plus opposé à l'intervention des médecins masculins, il était trop tard pour commencer une césarienne et l'extraction de l'enfant a dû être effectuée par application de forceps"
 
Se serait donc bien l'attitude du père qui serait responsable de la santé déficiente de l'enfant, empéchant les examens qui "auraient permis d'empêcher les graves complications neurologiques dont a été victime le jeune Mohammed". Une demi-heure représente un temps assez long pour laisser imaginer la résistance du père de l'enfant aux médecins qui tentaient de pratiquer les soins nécessaires.
 
La demande du couple avait été rejeté en mai 2006. Il demandait 100000 euros d'indemnité ainsi que 10000 euros à titre personnel. Leur avocat avait tenté de faire valoir que l'hôpital aurait du faire intervenir les forces de police, ce à quoi le tribunal avait répondu que les patients, s'ils ont des droits, ont aussi des devoirs, "M.Ijjou ne peut pas faire valoir sa propre turpitude pour faire valoir ses propres intérêts". L'expert de la cour avait en outre qualifié le plaignant "d'intégriste".
 
Le père de famille est bien sûr musulman et il s'est opposé à ce que les médecins voient sa femme, même s'il s'agissait de lui apporter des soins. Peut-être ne s'est-il pas bien rendu compte de ce qu'il faisait et de ce qu'il en découlerait pour l'enfant. Toujours est-il que cette situation n'est pas isolée, à telle enseigne que déjà des gynécologues s'étaient inquiétés des violences à leur égard, de la part des maris de leurs patientes musulmanes.

lundi 09 juin 2008, a 19:09
Vidéo : Malek Chebel sur l'esclavage en islam

Le passage de Malek Chebel chez F.O.G. pour son livre "L'esclavage en terre d'islam".



mercredi 04 juin 2008, a 18:24
Le garde des sceaux demande un appel du jugement sur l'annulation du mariage

L'affaire du mariage annulé rebondit avec les derniers propos du garde des sceaux, Rachida Dati, prononcés à l'Assemblée Nationale. Elle qui avait d'abord défendu la décision du tribunal,  a engagé une demande d'appel au parquet de Lille, contre la décision prise par le juge (juge qui était une femme dit-on). En outre, l'intervention de Rachida Dati, qui a accusé la gauche d'avoir mené une politique des "grands frères" dans les banlieues, au détriment des jeunes femmes, a créé un début de polémique dans l'assemblée.
 
"Mais qui, sinon vous, membres du groupe socialiste, a appliqué la politique des "grands frères", abandonnant ainsi d'innombrables jeunes filles entre leurs mains ? C'est à l'échec de votre politique d'intégration que nous devons faire face ! Alors, Monsieur Ayrault, vous pouvez m'attaquer car j'ai échappé à votre politique qui a suscité le repli identitaire. C'est ce qui vous dérange !" a-t-elle déclaré.
 
L'on passera sur les provocations politiciennes des uns envers les autres, ainsi que sur les réponses apportées, pour simplement constater qu'une fois encore la gestion de l'immigration est utilisée pour argument, par nos politiciens de droite comme de gauche, au-dessus d'un problème plus délicat, ici un problème de droit qui concerne deux personnes à titre privé. Le discours des députés en est donc décalé par rapport à la réalité et puisque les deux partis majoritaires à l'Assemblée ont tenu le pouvoir ces dernières décennies, ils auraient mauvaise grâce de ne pas s'auto-flageller en accusant l'autre partie de l'hémicycle.
 
Le discours est d'autant plus décalé que l'avocat de la jeune femme a pu préciser qu'elle ne tient pas à ce que l'annulation du mariage soit revue, ce qui est aisément compréhensible. Ce sera pourtant au nom de sa liberté que l'appel sera réclamé dans son affaire, si tant est que le ministère puisse entamer cette démarche, inhabituelle selon les juristes, puisque le jugement concernait deux personnes à titre privé.
 
Peut-être faudrait-il retenir que les juristes ne sont généralement pas choqués de ce jugement et qu'ils insistent bien pour dire qu'il ne concerne pas la virginité de l'ex-épouse mais qu'il se base bien sur le mensonge de la jeune femme auprès de son ex-futur époux, ainsi que de l'importance accordé à celle-ci par les deux partis avant le mariage projeté. Cela peut bien sûr choquer, mais cette décision n'aurait jamais été rendue si les deux époux n'avaient pas été unanimes à accepter cette décision et à déclarer la virginité de l'épouse comme déterminante à ce mariage, avant qu'il n'ait lieu.
 
Le revirement du garde des sceaux nous rappelle aussi tristement que face à l'opinion publique, ce qui a pu être considéré comme un jugement équilibré, établi sur une loi visant à protéger des personnes, est très rapidement décrié. Ce n'est pas la première fois que ce gouvernement agit avec impulsivité, pensons à la mémoire de la shoah à enseigner aux jeunes élèves, pour exemple. Rachida Dati a-t-elle été priée de revoir sa position? C'est tout à fait possible et c'est bien ce qui se murmure...
 
Il reste bien sûr à évaluer l'impact qu'un tel jugement pourra avoir sur d'éventuels procès en annulation de mariage, il se sait que des mariages sont parfois arrangés avec des personnes issues des pays du sud et des français originaires de ces pays, mais la crainte de voir ce type de procédure tendre à se reproduire trop facilement ne semble pas se justifier.
 
Il est à signaler qu'un très intéressant débat s'est tenu sur france culture sur ce sujet, dans "Le grain à moudre", avec pour invités, Caroline Fourest, Maître Eolas, Sahra Mekboul et Laure Heinich-Luijer, débat dans lequel la crainte de voir ce jugement mettre en danger les libertés des jeunes femmes musulmanes notamment a été évoqué. Il est possible d'écouter l'émission sur le site.



lundi 02 juin 2008, a 14:40
La justice et le mariage des vierges

Quelques mots, juste quelques mots sur cette fameuse affaire qui secoue le monde politique comme le monde associatif, qui enflamme toute les conversations, qui fait crier au scandale : le fameux mariage annulé par la justice française et qui concernait deux personnes de confession musulmane. Chacun crie à l'ignominie, l'on évoque parfois le droit des femmes à disposer de leurs corps... Le garde des sceaux, qui pourtant a bien autre chose à se faire pardonner est mis à l'index, bien qu'en l'occurrence il ait parfaitement raison dans sa démarche : le jugement rendu est bien en accord avec la justice actuelle et porte sur le mensonge et l'aveu de l'épouse que la virginité importait dans la décision du marié...
 
Si tout le monde politique s'est insurgé au point d'envisager de changer les lois, si l'on a pu quasiment titrer que les droits des femmes sont menacés, qu'il faut être vierge au yeux de la justice pour épouser, ou encore que les lois françaises sont tout à fait médiévales, le jugement est tout autre si l'on en croit l'excellent blog de Maître Eolas. Comme tout contrat, le contrat de mariage se base sur un accord commun entre deux parties, mais la loi ne spécifie pas ce qu'il en est exactement des accords pris, ces fameuses qualités essentielles : cela se passe entre les futurs mariés. Il se trouve dans cette affaire que la jeune femme a admis avoir menti sur sa propre situation auprès de son futur (ex à présent) mari. Elle a prétendu à tort être vierge, mentant sur son propre passé. C'est le mensonge sur elle-même que la justice a pris en compte, d'autant que la mariée était d'accord pour l'annulation du mariage et sur l'importance de la virginité dans l'accord.
 
Maître Eolas a eu la très bonne idée de donner des détails sur le cheminement finalement fort long de la procédure et de faire paraître des extraits du jugement rendu :

"- Attendu qu'en second lieu il importe de rappeler que l'erreur sur les qualités essentielles du conjoint suppose non seulement de démontrer que le demandeur a conclu le mariage sous l'empire d'une erreur objective, mais également qu'une telle erreur était déterminante de son consentement ;"

"Attendu qu'en l'occurrence, [l'épouse] acquiesçant à la demande de nullité fondée sur un mensonge relatif à sa virginité, il s'en déduit que cette qualité avait bien été perçue par elle comme une qualité essentielle déterminante du consentement de [l'époux] au mariage projeté ; que dans ces conditions, il convient de faire droit à la demande de nullité du mariage pour erreur sur les qualités essentielles du conjoint."

Le juge n'a donc pas procédé à l'annulation du mariage pour virginité, les offuscations n'ont donc pas vraiment lieu d'être. En revanche ce jugement pose une autre question : la jeune femme était-elle libre de dire ce qu'elle voulait? Dans le cas présent il semble bien que oui, mais si une autre affaire de ce type se présentait, en serait-il de même? Il se sait que la médecine refait de plus en plus d'hymens à des jeunes femmes, notamment musulmanes.
 
On regrettera que toute la presse se soit jeté comme un seul homme sur cette affaire, sans se renseigner plus loin. Cette situation prouve s'il était besoin, que l'instantanéité de l'information, sa diffusion rapide, les différentes sensibilité, peuvent amener le lecteur ou le simple amateur d'information, à se renseigner de bonne foi et à être trompé sur la réalité de l'information. Cela s'est déjà produit  avec des journaux tout à fait sérieux qui reproduisaient une erreur sans forcément savoir.
 
S'agit-il d'islamophobie? Il ne faudrait pas non plus conclure trop vite que la presse s'est emparée de l'information par "phobie" de l'islam. Dans certains pays la non virginité d'une femme est une cause d'annulation de mariage, mais pas celle de l'homme, c'est aussi ce que ce jugement fait craindre ici : forcera-t-on les jeunes femmes non vierges le jour de leur mariage, a acquiescer à l'annulation réclamée par la famille de l'époux et par l'époux lui-même? C'est sans doute la seule question valable dans ce contexte, puisqu'une jeune femme non vierge peut représenter le déshonneur de la famille selon certaines traditions. Mais il n'est pas sûr non plus qu'un procès un peu similaire aboutirait à la même conclusion.

mardi 27 mai 2008, a 21:09
Algérie : prison ferme requise contre des convertis, Habiba Kouider en report

Deux ans de prison ferme ont été requis contre six jeunes algériens convertis au christianisme, pour exercice illégal d'un culte non musulman, ce mardi 25 mai, au tribunal algérien de Tiaret. La peine est en outre assorti d'une amende de 500 000 dinars, c'est à dire 5000 euros environ, pour chacun des prévenus, tandis qu'Habiba Kouider, dont le cas avait été médiatisé dans le monde entier et qui avait été arrêté en possession de plusieurs Bibles dans son sac, devra attendre le verdict à son encontre, suite à son report pour manque d'information.
 
Les six personnes accusées avaient été surprises à la sortie d'une maison, dans laquelle elles auraient participé à une messe non autorisées, selon l'accusation. En effet cela nécessite dans le pays deux autorisations : une pour le prédicateur et une autre pour le lieux de culte. Le culte doit être obligatoirement  agréé par le ministère des affaires religieuses, ce qui n'était pas le cas ici.
 
Le cas d'Habiba Kouider est différent : elle avait été arrêtée en possession de Bibles dans son sac. Selon elle les policier l'ayant interpellée se sont dirigés directement vers elle dans le bus qu'elle occupait au retour de l'école d'étude biblique, lui demandant d'ouvrir son sac. Si les services de police dénombrent 25 Bibles dans le sac, le président de l'Eglise protestante d'Algérie déclare qu'elle n'en avait qu'une dizaine.  Elle est accusée précisément de "prêche d'un culte non musulman sans autorisation" et risque jusqu'à 5 ans de prison ferme. La peine requise avait été de 3 ans uniquement.
 
A la première comparution de la jeune femme, le juge lui avait tout simplement proposé de redevenir musulmane, pour classer ensuite l'affaire et avait tenté de retirer les carnets aux journalistes présents. Son avocat avait rappelé que sa cliente n'était pas en train de prêcher au moment où elle avait été arrêté "Lorsque ma cliente a été arrêtée, elle n'était pas en train de prêcher. Elle ne distribuait pas des bibles. Elle était assise seule dans ce bus qui l'a ramenée chez elle ", rappelant "(qu') On ne juge pas sur les intentions, mais sur les actes." L'article qui l'amène au tribunal ne punit en effet selon El Watan, que "des cas flagrants d'« incitation, d'utilisation de moyens de séduction » afin de convertir des « musulmans à une autre religion » dans les lieux publics et aussi la fabrication et la distribution de documents imprimés ou audiovisuels visant à « ébranler la foi des musulmans »."
 
Cette affaire avait suscité des réactions dans le monde entier, le ministre des affaires étrangères français était intervenue, déclarant : "C'est triste, c'est choquant, d'abord parce que cela contrevient à la déclaration universelle des droits de l'Homme", ce à quoi le journal algérien "La liberté"  avait répondu "On voit difficilement comment Rama Yade compte conjuguer les droits de l'Homme avec la diplomatie en s'emparant d'autorité d'une affaire traitée par un tribunal algérien". Elle avait en outre ajouté "Le christianisme ne menace pas l'islam en Algérie (...) Les chrétiens en Algérie sont 1% de la population, c'est-à-dire à peu près 11.500 personnes, 32 églises par rapport à 32.000 mosquées, donc je ne pense pas qu'il y ait une menace religieuse".
 
Est-ce en marge du procès d'Habiba Kouider que le chef d l'exécutif algérien, Abdelaziz Belkhadem a déclaré que "«la société algérienne» a pour Constitution «le Coran» ? C'est que laisse entendre le matindz.net avec pour titre, "Algérie : Belkhadem suggère la charia pour le pays". On se rappelle que le Le président de la ligue algérienne des droits de l'Homme s'était insurgé contre les poursuites envers Habiba Kouider, comme le journal El-Watan. Le tribunal chercherait à établir des liens entre les six algériens condamnés et la jeune femme, pour poursuivre son action judiciaire.
 
Ajout : Merci "aux lapins" pour cette vidéo très intéressante, que je dépose ici. Elle illustre parfaitement la situation et donne un renseignement complémentaire autour de ces chrétiens d'Algérie.
 



jeudi 22 mai 2008, a 22:21
Habiba, jugée en Algérie, pour délit de chrétienté...

C'est une femme intimidée qui comparait face au juge. Elle se trouve devant la cour pour "délit de chrétienté". Le juge, lui propose un marché, c'est à dire une chance d'éviter les trois ans de prison ferme qu'elle risque de subir à l'issue du procès : "Tu réintègres l'islam, et je classe le dossier ; si tu persistes dans le péché, tu subiras les foudres de la justice!". Ce procès ne date pas du moyen-âge, il ne sort pas des archives poussérieuses d'un quelconque pays, mais date simplement de ces derniers jours. Habiba Kouider a 37 ans, et la police a trouvé des Bibles et des évangiles dans son sac, elle a en conséquence été arrêté et conduite devant le juge.
 
Deux journaux relatent son passage au tribunal correctionnel, le Figaro  et El-Watan. Aucun des deux ne se contredit l'autre et ils relatent, ainsi que le révèle le journal le Figaro, un procès "surréaliste". Habiba s'est convertie il y a quatre ans dans une église d'Oran. Alors qu'elle revient en bus de l'Ecole d'Etudes bibliques où elle étudie, des policiers contrôlent le véhicule et se dirigent tout droit vers elle, demandant à voir son sac. Elle est aussitôt après la découverte de Bibles et d'Evangiles, appréhendée avant d'être interrogée, qualifiée au passage de "mécréante". Devant le juge, la jeune femme n'a pas renié sa foi malgré les risques de prison ferme.
 
Ce n'est pas la première fois qu'un procès se tient envers des chrétiens, mais celui-ci est différent. Si jusqu'ici il s'agissait de prosélytisme, le cas d'Habiba est plus particulier, selon El Watan, "il s'agit du premier procès où la pratique libre de la foi chrétienne est vertement remise en cause". L'accusée a connu des difficultés à trouver un avocat pour la défendre. Le juge l'a prise de haut, a aussi demandé aux journalistes ce qu'ils faisaient là, les a menacés de "confisquer" leurs carnets de note. Il a en outre rappelé qu'en Algérie, l'islam est religion d'Etat. Le Figaro finit son papier en écrivant "Sans rire, le ministre algérien des Affaires religieuses se veut rassurant : «La communauté chrétienne jouit de tous les droits ; mais nous luttons contre les sectes !»
 
En Algérie même, des voix se sont élevées  et le procureur a dû réunir un point presse pour évoquer l'affaire, expliquant "il n'est pas dans l'intention de la justice de toucher à la liberté du culte, garantie par la loi et les textes en vigueur, qu'il s'agisse de musulmans ou non en Algérie", ajoutant c'est "une affaire liée à la pratique sans autorisation du culte". Le président de la ligue algérienne des droits de l'Homme s'est égaelment insurgé, demandant l'arrêt des poursuites. El-Watan aussi s'est à nouveau exprimé dans un discours tout à fait bienvenu : "Le locataire d'El Mouradia a lui-même exprimé son intolérance en affirmant sa préférence pour l'islamisme contre la démocratie (...) Cette folie anti-chrétienne vise incontestablement à introduire le wahhabisme au cœur de la société algérienne. L'Islam est en train de se répandre en Europe et aux Amériques mais, à ce qu'on sache , les autorités de ces contrées n'ont manifesté aucune inquiétude. Et nous avons tendance à oublier que nous crions au racisme, lorsque par hasard des réticences sont exprimées dans une quelconque ville occidentale contre la construction d'une mosquée. »
 
L'affaire est à suivre, six autres chrétiens seront jugés en même temps qu'Habiba pour prosélytisme et c'est seulement mardi prochain que le verdict sera connu. Si l'on en croit toute l'agitation autour du cas d'Habiba, la décision du tribunal ne devrait pas passer inaperçue et susciter à nouveau quelques remous dans la presse et dans les milieux journalistiques. Il est à noter que cette affaire survient alors que des chrétiens se sont déjà plaints ces derniers mois de l'attitude du gouvernement à leur égard, arrêtés parfois pour une simple prière entre chrétiens de naissance.
 
Le lecteur est invité à cliquer dans les liens indiqués dans l'article, qui sont tout à fait intéressants, pour chacun d'entre eux.

dimanche 18 mai 2008, a 16:34
Pays-Bas : un blogueur caricaturiste face à la justice

Un caricaturiste néerlandais a subi suite à une plainte pour discrimination datant de 2005, une enquête de police, une arrestation et une mise en détention pour 32 heures, avec perquisition à son domicile. Les dessins incriminés étaient édités sur son blog et représentaient plus particulièrement Mahomet. Toute la classe politique a exprimé son indignation, qualifiant l'arrestation de "démesurée", bien que l'homme n'ait jamais hésité à s'en prendre aussi aux partis politiques.
 
Le blogueur publiait son blog sous le pseudonyme Gregorius Nekschot pour éviter de prendre des risques inutile. La police d'Amsterdam l'a arrêté mardi et libéré vendredi, sa maison a aussi été perquisitionnée pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins incriminés.
 
Le parquet a en effet estimé que "après étude du matériel saisi (pendant la perquisition, ndlr), il est devenu clair que l'homme de la maison était "Gregorius Nekschot",  et que sur les dix caricatures désignées par la plainte, huit dépassent le cadre de la liberté d'expression, ajoutant qu' "Elles sont répréhensibles (...) pour discrimination et (...) incitation à la haine ou la violence (...) elles ont été retirées d'internet".
 
c'est un imam qui avait porté plainte, un néerlandais converti. Selon un proche du caricaturiste, l'arrestation est intimidante, les policiers lui ayant déclaré qu'il allait perdre son anonymat. Ce blogueur n'est pas inconnu aux Pays-Bas. D'aucun estime qu'il va trop loin dans ces caricatures, l'on songe à un dessin montrant Jésus et Mahomet ayant ensemble des rapports sexuels , par exemple. Une truie à tête de Mahomet  avait aussi été publié sur le site.
 
Il est certain que les dessins du caricaturiste ne sont pas de très bon goût. On remarquera toutefois que les caricatures de Jésus ne sont pas concernées par la plainte, le parquet n'en fait pas état. On notera aussi qu'il s'agit d'un blogueur, qu'il avait gardé l'anonymat mais que les services de police se sont mis à sa recherche, ont perquisitionné son matériel pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins.
 
S'agit-il de discrimination? Les dessins incriminés ne sont plus visible sur internet selon le parquet. Il n'est jamais dit pour un dessin de Jésus ou de Bouddha qu'il s'agit de discrimination, représenter le prophète de l'islam ne devrait donc pas tomber sous le coup d'une pareille loi, en théorie. En théorie, sauf que les plaintes pour discrimination émanant de la communauté musulmane sont de plus en plus fréquentes, presqu'habituelles à présent, pour tout ce qui touche à leur religion. En ouitre, le caricaturiste dessine aussi fréquemment sur le christianisme, dans le même esprit.
 
Ce fait divers se passe sur le sol européen et pourrait faire s'interroger les blogueurs : est-il permis en territoire européen de critiquer les religions? Doit-on remettre en cause certaines libertés d'expression? Ainsi que le révélait le site Iran Résist  , au moment du film "Fitna"  , le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU votait un texte visant à limiter cette liberté.
 
"Le Conseil des droits de l'homme a franchi le pas pour reconnaître officiellement le blasphème comme un délit voire une violation des droits de l'homme et pour ficher son auteur ! Cet amendement a été approuvé par 32 voix contre 15 notamment grâce aux pays officiellement musulmans qui siègent au Conseil des droits de l'homme. Ces pays sont membres de l'organisation de la conférence islamique(...)" (cf Iran Resist )
 
Le site ne se trompe pas plus en évoquant un long processus engagé par les mollahs. en effet suite à la dernière conférence de l'Observatoire de l'OCI, un rapport a été publié, qui évoque aussi les médias, notamment internautiques, pour limiter très clairement les critiques de l'islam. L'on pouvait trouver dans le rapport également, que les masses maghrébines de France la subissant, elles avaient fini par se révolter en novembre 2005 (!). Il n'est quasiment pas fait mention dans le rapport du terrorisme islamique, si ce n'est pour dire qu'il n'a rien à voir avec l'islam et que les pays musulmans luttent déjà contre et subissent aussi la situation. L'observatoire a été créé pour lutter contre les caricatures ou les films tels que "Fitna". Faire condamner le "Blasphème" est dans son intention.
 
Il suffit de faire un tour sur le site de Gregorius Nekschot et de voir ses dessins pour se rendre compte qu'ils sont particulièrement de mauvais goût, l'on ne niera pas qu'il va un peu loin. Reste qu'il est un peu inquiétant de voir la justice néerlandaise poursuivre un blogueur, les services de police se rendre chez lui, perquisitionner son matériel, pour finalement lui annoncer que son anonymat sera dévoilé, au risque de lui faire courir des risques pour sa vie. Pensons ici à Robert Redeker, Salman Rushdie, Taslima Nasreen, Ayaan Hirsi Ali , Wafa Sultan, Magdi Cristiano Allam  et tant d'autres encore.
 
Souvenons nous aussi de l'histoire de cette enseignante au Soudan qui avait appelé un nounours "Mohammed", trainée devant les tribunaux, elle risquait la prison et le fouet, tandis que la foule manifestait pour demander son exécution  .
 
Le pseudonyme Gregorius Nekschot signifierait littéralement "une balle dans la nuque", son site : http://www.gregoriusnekschot.nl/blog/ (attention le site contient des photos qui peuvent être choquantes, ne pas le consulter devant des enfants...)
 
Articles sur le sujet, en français :
 

mardi 13 mai 2008, a 19:24
Polémiques autour d'une statue d'église représentant, peut-être, Mahomet

Une photo parue dans le "Brussels journal"  qui se veut très conservateur, représentant une statue dans l'Église Notre-Dame à Termonde, , avec trois anges terrassant un personnage au turban, dans ses mains un livre et dont Le titre donné est "Mohammed "Statue" in Belgian Church", a soulevé les protestations d'un journal turc, et la répercussion de la réaction dans les journaux flamands. L'oeuvre date de 1685, juste après le siège de Vienne par les turcs et est signée Matthias van Beveren.
 
"Stoppez ces cochonneries" s'exclame en gros titre le quotidien nationaliste turc Yeniçag, envahissant les colonnes des journaux flamands de sa "une" dès samedi. Le journal turc demande ni plus ni loin que l'éloignement de cette sculpture, afin de ne pas offenser les croyants musulmans. Nous avions déjà les désaccord sur le texte de Ratisbonne, les caricatures danoises et le film Fitna, nous faudra-t-il à présent évoquer comme sujet de discorde les oeuvres anciennes se demande la Libre.be?
 
Pour le journal "Lalibre.be"  , le "Brussels journal" est un quotidien proche de certains mouvements de droite et du parti Vlaams Belang, il qualifie la femme du fondateur du journal de députée neo fasciste (à Anvers)  et il selon lui il s'agirait plus particulièrement d'un encouragement à la haine émanant des partis d'extrême droite. Sans doute la "Libre.be" ne dit-elle pas cela par hasard, ce journal étant plutôt sérieux. Mais la députée serait en fait d'extrême-droite chrétienne. Tout au plus cette sculpture rappelle les affrontements avec les turcs en Europe. C'est le triomphe de l'Europe chrétienne sur l'empire ottoman musulman, à une époque où le religion avait plus d'importance que de nos jours. Faudrait-il détruire les monuments aux morts qui témoignent des affrontements entre les nations?
 
lalibre.be relie aussi les déclarations du conservateur de l'église, pour lequel le personnage de la statue n'est pas Mahomet mais plutôt un persan : "A y regarder de plus près, ce n'est certainement pas Mahomet car les vêtements de l'homme subissant les assauts des anges sont plus persans qu'arabes. Et puis, il faut se replacer dans le contexte de l'époque : c'était au moment du siège de Vienne par les Ottomans. A l'époque, on était vraiment sur le fil du rasoir car l'on redoutait une invasion de l'Europe qui eût mis à mal nos régions christianisées mais l'auteur de l'oeuvre a surtout voulu représenter ce que l'on appelait alors les incroyants à l'aune de la vision catholique..."
 
On remarquera toutefois qu'il porte un turban et un livre, qui pourrait être un Coran. Quoi de plus normal d'ailleurs? Les Turcs venaient de subir une cuisante défaite après le siège qu'ils avaient entrepris devant la ville, pour la troisième fois, il est donc logique donc que la statue représente un personnage en rapport, au moins dans l'imaginaire. Ce sera le dernier siège de l'empire ottoman devant la ville, le signe de son déclin. Rappelons que l'empire avait occupé une grande partie de l'Europe, qu'il pratiquait l'esclavage et  les razzia dans les villages pour ce faire. La Grèce n'a acquis son indépendance qu'au XIXème siècle. La réaction Turcque est donc pour le moins déplacée.
 
le site "fairelejour.org" , qui a été le premier à révéler en France cette affaire, note que le "Brussels Journal"  aurait aussi reçu des menaces par message électronique, lui donnant sept jours pour ôter les photographies de la sculpture, sous peine "d'attaque turque", rappelant aussi qu'en Italie une peinture dans une église avait aussi soulevé la polémique, on y voyait Mahomet en enfer, ce qui est une vision logique pour un chrétien, qui ne saurait y voir autre chose qu'un manipulateur et un imposteur : le contraire signifierait sa conversion. C'est donc plus que du respect que demande les islamistes, c'est tout simplement la dhimitude du journal incriminé.
 
A tout prendre d'ailleurs, l'islam aurait plutôt des comptes à rendre aux autres confessions, pour des faits autrement plus graves. Songeons seulement à l'église orthodoxe du Christ Sauveur  à Pristina, transformé en toilette publique après que tous les serbes de la ville aient été chassés, avec la passivité des soldats de l'ONU, ou encore les nombreuses destructions d'églises dans la même pays, rappelons que bien plus tôt, la cathédrale Sainte-Sophie de Constantinople avait été changée en mosquée, ses peintures grattées. Il est par ailleurs tout à fait inquiétant de voir un pays qui voudrait rentrer dans l'Union européenne adopter ce type de comportement, imposer ses croyances et sa loi, les menaces en sus.

mardi 06 mai 2008, a 20:06
Manifestation pour la liberté religieuse à Jakarta

Ils étaient plusieurs centaines d'indonésiens dans les rues de Jakarta ce mardi, pour demander la protection de leurs lieux de culte. Les fidèles de l'Ahmadisme, considérés comme hérétiques par les autre musulmans, sont persécutés ces derniers mois par les musulmans radicaux de l'île. Dans le défilé se trouvaient aussi d'autres confessions, qui se sentent également menacées, notamment des chrétiens et des musulmans "modérés" s'étaient joints au cortège.
 
Cette manifestations intervient peu après les attaques envers une mosquée, incendiée durant la nuit ainsi que du vandalisme commis dans une école appartenant aussi à cette confession, à la fin du mois d'avril. Si personne n'avait été blessé dans ces opérations, il arrive malgré tout que  les ahmadis soient chassés de leurs domiciles, battus ou harcelés par les autres musulmans. Ils ne représentent en effet que 200 000 personnes sur l'île qui compterait 220 millions d'habitants, dont 88% de musulmans.
 
Ce groupement religieux qui se revendique comme étant l'islam véritable, tire son nom de son prophète Hadhrat Mirza Ghulam, né en Inde, déclaré aussi selon "The Encyclopedia of Religion",  "un prophète (nabi), le réformateur attendu (mujaddid) du XIVe siècle, le Mahdi et le Messie promis (masih maw'ud)" ce qui constitue une sorte de sacrilège pour les autres musulmans pour lesquels Mahommet ne saurait être que le dernier prophète, à l'exclusion de tout autre.
 
L'originalité de ce mouvement est également de rejeter toute forme de guerre sainte ou de terrorisme et de considérer que Jésus a bien été crucifié, mais qu'il est resté vivant, et qu'il a même été inhumé en Inde, contrairement aux autres musulmans, pour lesquels il serait monté directement au ciel, sans mourir auparavant, jusqu'à son retour attendu peu avant l'apocalypse. Les ahmadis célèbrent actuellement les cent ans de la mort Hadhrat Mirza Ghulam, mort en 1908, et après laquelle fut fondé un califat encore en activité, califat purement symbolique. 
 
Dans la manifestations des banderoles appellent à l'entente entre les communautés : "Stop au fascisme religieux" ou encore "Stop à la violence au nom de la religion". Le 23 avril, quelques jours avant l'attaque de la mosquée, l'Agence coordinatrice pour la surveillance des cultes aurait demandé à dissoudre l'Ahmadisme et à faire cesser leurs activités. Les minorités religieuses seraient en effet à terme menacées et si les persécutions envers les chrétiens sont actuellement un peu moins fréquentes, leur situation n'en est pas pour autant enviable : 108 édifices chrétiens ont été menacés de fermer à cause des fondamentalistes et les autorités semblent dépassés par le phénomène qui touche aussi les autre confessions, bouddhistes et hindouistes.
 
Si l'Indonésie reconnaît six religions sur son territoire, islam, catholicisme, protestantisme, bouddhisme, hindouisme et confucianisme, elle contraint chacun à faire mention de sa religion sur sa carte d'identité, ce qui expose les minorités religieuses à la violences des fondamentalistes et ne leur confère pas les mêmes droits qu'aux autres habitants.
 
 
Sources :
 
 
 
Sur l'Ahmadisme
 
 
 
Au sujet du calife
 

lundi 21 avril 2008, a 14:56
"Fitna" a reçu des réponses en vidéo, notamment "Schism"

Des réponses au film "Fitna"  de Geert Wilders ont déjà été abondamment postées sur les sites de partage en ligne. L'une des plus complètes est sans conteste "Schism", du blogueur saoudien Raed Al-Saeed, qui reprend les mêmes recettes que le film du député néerlandais, en montrant des scènes de violence en cherchant à établir, comme dans "Fitna", un rapport avec les versets bibliques. Un sénateur pakistanais, Babar Awan, annonce également qu'un autre film "pro-Coran" verra bientôt le jour.
 
Mais les deux films seront particulièrement différents l'un de l'autre. Schism cherche à prouver qu'il est facile d'isoler certains versets d'un livre religieux pour faire croire à une violence intrinsèque de la religion visée. Mais se sont surtout des extraits de l'Ancien Testament qui sont pris en compte dans le film, cherchant la critique du christianisme.
 
S'y retrouvent le Ku Klux Klan, les massacres en Serbie envers des musulmans, les bavures de l'armée américaine ou encore les crucifixions volontaires de fidèles en Indonésie (c'est à l'occasion de Pâques, la crucifixion dure 10 minutes, une tradition locale qui n'a pas d'équivalent ailleurs), entre autres scènes. Le film se clôt sur un message affirmant que tout cela n'est que foutaises, à l'égal du film de Geert Wilders.
 
Le sénateur pakistanais entreprendra un film d'un tout autre ordre, "Ce film montrera comment le Coran voit le monde. Il montrera la conception de l'humanité du Coran. Il montrera combien est importante la vie humaine" a-t-il simplement expliqué. Le film, qui sera aussi une réponse à "Fitna", devrait sortir dans les salles au début du ramadan et sera en langue anglaise, en ourdou ou encore en arabe.
 
Ces initiatives musulmanes après le film de Geert Wilders, vont dans le bon sens et la riposte est proportionnée. Cependant les deux pays d'où vient l'initiative ne sont peut-être pas les meilleurs exemples en matière de démocratie et de tolérance. L'Arabie Saoudite notamment, ne tolère pas sur son sol d'autre expression religieuse que l'islam et le film de Raed Al-Saeed lui-même n'aura pas le droit d'y être diffusé.
 
Certains scènes du film "Schism" qui va suivre peuvent être un peu choquantes, pour les âmes sensibles.



lundi 07 avril 2008, a 19:33
Le film Fitna face à la justice

Des actions en justice avaient été entreprises dès avant la sortie du film "Fitna" (la discorde en arabe) envers le député Geert Wilders, bien sûr, mais aussi afin de faire interdire le film comme étant porteur d'appels à la haine et de racisme. Le film ayant paru  , certains pays du moyen-orient avaient déposé des plaintes ou encore coupé l'accès aux hébergeurs de vidéos le diffusant. Mais un juge néerlandais vient de rejeter une plainte émanant d'une association musulmane réclamant l'interdiction du film.
 
L'association musulmane néerlandaise, la NIF, avait déjà demandé à voir le film avant sa sortie, réclamant qu'un expert statue sur sa conformité avec la loi qui punit l'appel au racisme. Le film ayant paru, la même association a demandé son retrait. Mais selon le juge du tribunal de la Haye, Geert Wilders n'a pas outrepassé la loi en déclarant du Coran qu'il s'agit d'un livre "fasciste" et a tout simplement ajouté que : "On ne peut pas dire que l'assigné appelle à la haine ou la violence contre les musulmans par les formulations choisies, bien qu'elles soient provocantes". Le juge avait également ajouté que "Une interdiction générale de faire des déclarations dans le futur est une atteinte inacceptable à la liberté d'expression de l'assigné" (...) "Cela revient en effet à une censure préventive".
 
Il est inutile de rappeler que le film Fitna, qui a tant fait de bruit, présente une compilation d'images d'actualités, autour du terrorisme, entrecoupées de versets du Coran venant en rapport avec les scènes de violence qui y défilent. Le film avait provoqué de nombreuses polémiques, notamment avant sa sortie et depuis, de nombreux musulmans s'offusquent de ce qu'il fasse un rapport entre l'islam, le Coran et la violence terroriste. Le député Geert Wilders avait également proposé de faire interdire le Coran à l'instar de Mein Kampf.
 
La France n'est pas moins procédurière avec l'intention  du mrap de lancer une plainte contre dailymotion pour avoir fait diffuser le film. "l'attitude de Dailymotion est à la fois irresponsable et criminogène". aurait déclaré Mouloud Aounit, porte-parole du mrap qui ajoute qu'il "s'avoue choqué que la plate-forme française se fasse le porte-voix de ce qu'il convient d'appeler de la haine et de l'incitation au racisme". Des avocats étudieraient à l'heure actuelles les possibilités pour lancer concrètement une plainte, devant la justice française qui pourrait statuer différemment.
 
Ces actions ne sont pas anodines pour les blogueurs et rejoignent l'actualité récente : dans l'affaire fuzz, un blogueur  avait en effet été condamné pour un lien installé sur son site, lien qui relatait des rumeurs de mariage concernant un comédien, comédien qui l'a attaqué en justice. La notion d'hébergeur aurait en théorie dû le mettre à couvert du contenu, mais n'a pas été retenue en sa faveur : il a été considéré comme étant responsable du contenu vers lequel il renvoyait ses lecteurs et en conséquence, a été condamné à une forte amende. Cela pourrait être le cas pour dailymotion, qui ne se veut pas responsable du contenu des vidéos sur sa plateforme. On peut imaginer que les blogueurs ayant déposé un lien vers le film pourraient être concernés.
 
Il serait pourtant un peu rapide de conclure au racisme. La chaîne de télévision néerlandaise, KRO, qui avait pris l'initiative de faire évoluer le débat par un second film, visant cette fois-ci la Bible, dans l'idée de démontrer que les textes peuvent en être détournés et caricaturés de la même façon que pour le Coran dans "Fitna", a dû renoncer! L'idée est tombée à l'eau : les journalistes et les rédactions de la chaîne, après de longs débats, n'ont pas su trouver dans les violences politiques actuelles de rapports avec les textes bibliques!
 
Cette initiative avortée démontre parfaitement que le film n'eut pas été possible sans l'appui de l'actualité récente. En conséquence, l'accusation de racisme et d'appel à la haine a du mal à tenir. Sans cet appui, chacun aurait tout simplement accueilli le film avec un haussement d'épaule, y compris les musulmans, qui bien souvent ne se reconnaissent pas dans l'islam intégriste et extrémiste, pas plus que dans son expression violente.

vendredi 04 avril 2008, a 18:36
Wafa Sultan, lors d'une conférence

Une conférence de Wafa Sultan, en novembre 2007



vendredi 04 avril 2008, a 17:24
Wafa Sultan, menacée de mort

Ce ne serait pas la première fois. Wafa Sultan aurait été menacée de mort dans le cadre d'une fatwa lancée contre elle et se cacherait à présent ainsi que sa famille. Elle avait au début du mois de mars participé à un débat sur la chaîne arabophone Al Jazira et s'y était exprimée dans les termes les plus vifs face l'islamiste égyptien Talat Rheim, concernant les caricatures danoises, argumentant dans un sens favorable à la publication des dessins. Après cela Al Jazira aurait même été tenu de s'excuser pour cette diffusion. 
 
Elle est née en 1958 en Syrie, de parents musulmans et a reçu une éducation musulmane traditionnelle. Son père étant particulièrement dévot, elle a bien sûr suivi tous les préceptes religieux jusqu'à l'âge adulte. Lorsqu'en 1979 elle a vu, de ses propres yeux (selon son récit car cela est contesté par le Dr. Riyad Asfari notamment, le meurtre aurait pour lui eut lieu à l'extérieur du bâtiment)  et en pleine salle de cours, le meurtre de son professeur, commis aux cris de "Allah est grand, Allah est grand", elle a décidé de remettre en question les enseignements qu'elle avait reçu.
 
Cet évènement se révèle capital pour elle, "à ce moment précis, j'ai perdu la foi en leur dieu, et commencé à remettre en question tous nos enseignements. C'était le tournant de ma vie, et cela m'a amenée à la situation présente. J'ai dû partir. J'ai dû rechercher un autre dieu " et la décide à s'expatrier aux Etats-Unis, où elle finit ses études, devient psychologue et participe à la rédaction d'un journal "réformateur" sur l'islam, " An-naqed ". C'est là qu'elle sera remarquée pour participer à des émissions sur Al Jazira en février 2006. Cette première émission va lui donner une certaine notoriété internationale.
 
 Elle connaît bien l'islam, elle est très critique et répond du tac au tac à ses interlocuteurs avec beaucoup d'énergie. Elle ne mâche pas ses mots, lors d'un de ses entretiens elle déclare "Le choc dont nous sommes témoins dans le monde n'est pas un choc des religions ou un choc des civilisations, c'est un choc entre deux opposés, entre deux ères. C'est un choc entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une mentalité qui appartient au XXIe siècle. C'est un choc entre la civilisation et l'arriération, entre civilisé et primitif, entre barbarie et rationalité. C'est un choc entre liberté et oppression, entre démocratie et dictature. C'est un choc entre les droits de l'homme d'un côté, et leur violation d'un autre côté. C'est un choc entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent en êtres humains."
 
Mais si elle est dure avec l'islam, elle explique également chercher à le faire évoluer, non pas à le mener à sa perte, critiquant uniquement son côté politique mais pas son côté religieux."En tant que musulmans, nous avons été otages de notre propre système ; depuis des siècles, nous avons été otages de notre propre prison." L'islam, selon elle, doit se remettre en cause et ne l'a jamais fait, "Il nous faut continuer à critiquer l'islam pour le forcer à être réformé et changé." Elle exprime malgré tout des doutes quant à ses facultés à le faire, bien consciente que cela ne saurait se faire que de l'intérieur.
 
A la voir expliquer sa position et son avis sur les plateaux télé, on ne peut lui dénier un véritable courage, un certain cran. Elle parle et répond vite, elle connaît parfaitement son sujet et ses critiques fusent, elle ne se laisse pas impressionner, défend Israël en mettant le point sur les agissements des Palestiniens. Mais son discours ne passe pas forcément auprès de ses interlocuteurs et sur la chaîne, lors de son intervention, elle est quasiment taxée d'hérétique sur le plateau d'Al Jazira. Wafa sultan, peu connue jusqu'ici en Europe, est à l'instar de Taslima Nasreen, Salmann Rushdie ou d'Ayann Hirsi Ali par exemple, une des figures culturellement musulmanes qui s'opposent avec courage à l'extrémisme. A tort, à raison? Le débat ne fait manifestement que commencer...
 
Les vidéos évoquées sont visibles ici

vendredi 04 avril 2008, a 17:05
Wafa sultan sur Al Jazira en mars 2008

Voici la première partie du passage de Wafa Sultan sur Al Jazira dont il est question plus haut (voir plus bas pour la deuxième partie.

 

Il s'agit de la seule traduction disponible en français. Et c'est à la suite de cette diffusion qu'Al Jazira se serait excusée.



vendredi 04 avril 2008, a 16:52
Wafa Sultan sur Al Jazira en mars 2008, suite

La deuxième partie de l'enregistrement sur Al Jazira avec Wafa Sultan, le 4 mars 2008.



vendredi 04 avril 2008, a 16:40
Un autre entretien avec Wafa Sultan en 2006

Wafa Sultan se présente dans cet entretien auprès d'un journaliste.



vendredi 04 avril 2008, a 16:30
Une intervention de Wafa sultan sur Al Jazira

Voici la première intervention de Wafa sultant sur Al Jazira, celle qui l'a fait connaître, elle date de février 2006. Il faut dire que ses propos sont assez remarquable sur la chaîne arabophone. Ils ont dû sérieusement dénoter!

 

Je laisse chacun libre de se faire son opinion sur cette femme :



lundi 31 mars 2008, a 22:39
L'Islam, première religion du monde?

L'islam est devenue la première religion du monde en nombre de croyants, selon le journal officiel du vatican, dépassant le catholicisme pour le première fois de l'histoire. C'est en tous cas ce qu'affirme Mgr Vittorio Formenti, responsable des études statistiques du Saint-Siège, dans un entretien au journal "L'Osservatore Romano".
 
Les musulmans représenteraient 19,2% devant les catholiques, 17,4%. "Il est vrai qu'alors que les familles musulmanes, comme on le sait bien, continuent d'avoir beaucoup d'enfants, les (familles) chrétiennes ont au contraire tendance à en avoir de moins en moins", a-t-il déclaré.
 
Ces chiffres datent de 2006 et se sont les pays musulmans qui les ont remis aux Nations Unis... L'information est intéressante, mais n'est pas sans poser de nombreuses questions : sur quoi sont basés ces chiffres? S'il s'agit de la démographie des pays musulmans, alors le chiffre est biaisé : en effet l'Arabie Saoudite par exemple ne reconnait pas les conversions, pas plus que les athées, comme l'Egypte et tant d'autres pays musulmans.
 
D'autres pays renient les conversions également, ainsi l'Algérie avec les chrétiens, notamment en Kabylie et en Europe même, de nombreux musulmans convertis au christianisme ne le reconnaissent pas, car cela est interdit en islam, ainsi qu'a pu le rappeler Magdi Allam il y a peu, dont la conversion alimente la presse musulmane de propos acerbes. L'apostasie en Islam est normalement punie de la peine de mort...
 
D'autre part, que penser de ces chiffres, sur quelle base les a-t-on avancé? Les athées sont de plus en plus nombreux, y compris chez les baptisés. Mgr Formenti rappelle également que les chrétiens représentent encore 33% de la population mondiale, malgré tout, mais ce faisant il ne semble pas faire la différence entre sunnites te chiites, pas plus entre les différents courants de l'Islam.
 

samedi 29 mars 2008, a 19:43
"Fitna" a paru, et après?

Chaque personne s'étant rendue sur le site "liveleak" pour y visionner le film "Fitna" de Geert Wilders, a pu trouver depuis samedi soir un message en anglais, disant que des menaces sérieuses concernant son personnel ayant été proférées, le site s'est senti contraint d'ôter le film de la diffusion. Il n'aura donc tenu que près de 24 heures. Les autorités européennes avaient également condamné le film, et des pays musulmans sont en passe d'intenter un procès au député, tandis que les musulmans dans leur ensemble se sentent offusqués, "modérés" compris. Dans les journaux, des journalistes et diverses personnalités parlent de "provocations" d'un démagogue populiste et d'incitation à la haine. Mais personne ne cherche à décrypter le film, comme s'il n'avait aucun objet.
 
Pourtant le film a un sens et cherche à développer une idée à laquelle il est possible d'adhérer ou non, il est bien sûr critiquable sur le fond tout autant que sur la forme et sa conclusion est claire et nette. Il pose des questions très précises sur l'avenir de l'Europe et de sa culture, demande, ou plutôt affirme, que les terroriste trouvent une justification à travers les versets du Coran, en donnant des exemples clairs, chantés qui plus est par des muezzins. 
 
La question peut même s'étendre : la plupart des musulmans d'Iran ne sont pas des brutes sanguinaires, mais collectivement ils appliquent la charia et des femmes,(déjà tenues de mettre un voile, musulmanes ou non) y sont lapidées. Les paysans du Pakistan sont sûrement de braves gens, mais ils se sont laissés dépasser par un islam particulièrement violent et en Egypte la conversion d'un musulman aboutit systématiquement à des fatwa condamnant l'apostat à mort, ce qui est conforme à ce qui est demandé dans le Coran et bien sûr, dans la charia.
 
Les signaux que donnent certains musulmans en Europe sont inquiétants : séparation dans les piscines entre les hommes et les femmes, médecins passés à tabac pour avoir soigné une femme musulmane, demande d'application de la charia (radoucie il est vrai) dans certains pays comme l'Angleterre, crimes d'honneur, rejet des personnes de confession juive, appels au meurtre parfois, etc, etc, la liste peut s'allonger. Sachant que certains versets du Coran n'appellent pas à la concorde avec les autres confessions et qu'ils sont censés avoir été dictés par Dieu lui-même, quelle vision en gardent les musulmans dits "modérés"? Ne se laisseront-ils pas déborder?
 
Il va de soi qu'il serait hasardeux d'amalgamer tous les musulmans avec les terroristes. La majorité d'entre eux, vivant en Europe ou ailleurs n'aspirent qu'à la paix et même à la concorde. Ils fréquentent en Europe des personnes de confessions différentes et vivent comme tout un chacun, acceptant les règles de la démocratie, participant à la vie publique, chaque jour. Mais dans les pays musulmans les autres confessions n'ont pas les mêmes droits que les musulmans et ces différences de droit y sont parfaitement admises et considérées comme normales.
 
La rue musulmane était remplie de joie lorsque les tours jumelles sont tombés et tandis que du haut des tours des gens se jetaient dans le vide pour échapper au feu, les banlieues françaises aussi, raconte-t-on, sont sorties dans les rues manifester leur joie... Rappelons la fin du film de Wilders : une main tourne une page du Coran et le son d'une feuille déchirée s'entend. S'affiche alors un texte qui dit que c'est aux musulmans d'arracher les versets du coran qui sont les plus violents, non pas à Geert Wilders...
 
Il est compréhensible que nos amis musulmans soient un peu fâchés de la publication de ce film, mais ne se dit-on pas les choses pour régler des problèmes? Tout devrait être mis sur la table, le problème palestinien, l'impossibilité de construire des églises en Arabie Saoudite, les problèmes des coptes en Egypte, des chrétiens en Algérie, l'apostasie en Islam, le refus du terrorisme, sont quelques uns des sujets qui pourraient être abordés, comme certains l'ont été après le discours de Ratisbonne entre des personnalités musulmanes et le Vatican, ce qui a failli aboutir à la construction d'une église dans le pays, "failli" seulement, malgré les quatre millions de chrétiens qui y vivent. Pourtant c'est la réciprocité qui était réclamée, uniquement.
 
On ne peut malgré tout que s'amuser de la tartufferie des gouvernements européens qui qualifient le film de provocation à la haine, provocation qui amalgamerait tout le monde, mais qui prennent en même temps des mesures de sécurité particulières pour éviter des "débordements" de la sensibilité musulmane. A trop vouloir être d'accord avec tout le monde, pour la liberté de d'expression ici, mais contre là, les gouvernements ne savent plus sur quel pied danser. Geert Wilders a le droit de dire ce que bon lui semble, dans le cadre de la loi, ce n'est pas négociable pour un citoyen européen et c'est au tribunal de dire s'il outrepasse ses droits, pas au chef d'Etat. Ajoutons que l'Eglise est d'ailleurs régulièrement visée comme toute les autres confessions, c'est ainsi et c'est l'unique discours qui aurait dû être tenu. Libre à chacun de ne pas être d'accord et de s'exprimer aussi.
 
Le film continue à apparaître sur divers supports, y compris en français sous-titré. Il ne sera désormais plus possible d'en arrêter la diffusion. Il continuerait à se passer d'une adresse informatique à l'autre et plus il sera critiqué, plus il sera diffusé. Ne reste qu'à espérer que de la confrontation des idées naîtra une nouvelle entente (peut-être avec un peu d'humour? )... Il faut aussi saluer le calme des musulmans néerlandais, restés très stoïques après la diffusion du film sur internet.

jeudi 27 mars 2008, a 21:40
Le film "Fitna", de Geert Wilders, déjà sur internet

Geert Wilders a tenu sa promesse : son film, "Fitna", est bien visible avant le 1er avril et il l'est même dès ce jeudi en réalité, à travers le site de son parti, le PVV, en néerlandais  bien sûr mais aussi en anglais . Il s'agit d'un véritable pamphlet contre l'islam intégriste, de celui qui veut conquérir le monde, qui pense que les homosexuels doivent être combattus et que doivent se soumettre les athées, les chrétiens, les juifs et les autres confessions, que les femmes doivent filer droit et même être corrigées si besoin est.
 
Des déclarations nombreuses de musulmans intégristes sont citées en image, d'orateurs sûrs de vaincre le monde avec Allah à leur côté. S'y trouvent une décapitation, une femme condamnée à mort, une petite fille qui explique que les juifs sont des singes et des porcs, que Dieu le dit, dans le coran... Des images des attentats commis au nom de l'islam sont exposées.
 
Des versets du Coran défilent pour bien expliquer que ces attentats n'arrivent pas par hasard mais sont la conséquence de ce qui est écrit. L'Europe n'est pas absente de ce documentaire, des vidéos de musulmans condamnant la façon de vivre à l'occidentale, à travers l'apologie des crimes d'honneur et le refus des homosexuels ou de la démocratie, et sont recensées les "fatwa" envers des personnalités politiques, dont Geert Wilders...
 
Les dernières minutes sont consacrées aux Pays-Bas pour décrire son islamisation et imaginer ce que vivraient les homosexuels ou les femmes, les séparations réclamées dans certains lieux publics au nom de l'islam. Une image rappelle que l'excision est pratiquée à travers cette religion (ce n'est pas réclamé par le Coran pourtant, même si un "haddith" contesté sert de base aux partisans de cet acte).
 
Le film ne finit pas ainsi que c'était annoncé par un dessin animé, mais par un effet spécial qui fera plus parler encore : une main tourne une page en arabe qui semble être une page du Coran. L'image devient noire, s'en suit un bruit de page déchirée puis est écrit en blanc sur fond noir que le son entendu vient d'un enregistrement.
 
"Le gouvernement insiste pour que vous respectiez l'islam, mais l'islam ne vous respecte pas" dit une phrase sur fond noir, "l'islam veut détruire la civilisation occidentale". "En 1945; le nazisme a été défait en Europe, le communisme en 1989, à présent l'idéologie islamiste doit être défaite", "stoppons l'islamisation" conclue le petit film, "défendez votre liberté"... C'est alors qu'apparaît à nouveau la caricature de Mahomet qui a tant fait de bruit, avec une bombe sur le turban prête à exploser, l'écran noir, puis un éclair et le bruit du tonnerre avant que la bande annonce finale du film ne s'affiche. Pour Geert Wilders, le bruit de tonnerre en fin de film représente le danger que l'Europe court avec l'islam.
 
"Je pense que le Premier ministre Balkenende sera perplexe en voyant le film" aurait déclaré geert Wilders et d'ajouter "moins d'islam est un choix de liberté". Il affirme s'en être tenu aux faits. Pour lui le film est "convenable" et "n'enfreint pas la loi". Il ne reste donc qu' à voir comment la sensibilité musulmane réagira... et le comportement de la rue musulmane est déjà prévisible... Le film avait beaucoup fait réagir, et avait été censuré par la société hébergeant le site prévu pour la diffusion. 
 
Le lien pour le film Fitna n'est peut-être pas évident, aussi je note ici l'adresse pour le film en anglais : http://www.liveleak.com/view?i=7d9_1206624103
 

lundi 24 mars 2008, a 21:18
Islam/Vatican : je t'aime moi non plus

Le baptême de Magdi Allam par Benoit XVI ne peut que susciter de nombreuses réactions, non pas que la conversion d'un musulman soit quelque chose de rare (comme l'inverse est vrai), mais elle intervient à un moment clef du dialogue entre l'islam et le christianisme, plus particulièrement entre islam et Vatican. Si Ben Laden a récemment lancé des menaces contre le pape Benoit XVI, il n'est pas le seul interlocuteur actuel des services de diplomatie de l'Eglise. "Ce qui m'étonne, c'est l'importance que le Vatican a donnée à cette conversion" a déclaré le vice-président de la communauté religieuse islamique italienne.
 
Les déclarations de Magdi Allam sur l'islam sont sans équivoque. Éditorialiste au Corriere della Sera, 55 ans, il est né musulman et s'est longtemps décrit comme un musulman modéré, mais s'est beaucoup investi dans ses écrits en faveur d'Israel mais aussi des chrétiens d'orient, dénonçant le terrorisme en particulier et fustigeant aussi l'attitude molle des autres musulmans  à l'égard des débordements de l'islam intégriste, qu'il a toujours particulièrement dénoncé.
 
"J'ai dû prendre acte que, au delà (...) du phénomène des extrémistes et du terrorisme islamique au niveau mondial, la racine du mal est inhérente à un islam physiologiquement violent et historiquement conflictuel" a-t-il notamment écrit . Il ajoute que son "esprit s'est affranchi de l'obscurantisme d'une idéologie qui légitime le mensonge et la dissimulation, la mort violente qui conduit à l'homicide et au suicide, la soumission aveugle à la tyrannie, me permettant d'adhérer à l'authentique religion de la Vérité, de la Vie et de la Liberté" expliquant ainsi en partie son choix.
 
Magdi Allam est bien conscient du symbole que représente son baptême, pour lui le pape "a lancé un message explicite et révolutionnaire à une Église qui jusqu'à présent a été trop prudente dans la conversion des musulmans", et tout en rappelant que l'apostasie est punie de mort par les principaux théologiens musulmans, il insiste sur le fait qu'en Italie même des milliers de convertis se cachent de peur d'être assassinés.
 
On ne peut croire que ce baptême ait été donné par hasard à cet instant précis, la diplomatie vaticane est l'une des plus ancienne du monde et s'exprime rarement au hasard. De même que le baptême d'une chinoise durant les négociations de Rome avec Pékin n'est pas un hasard non plus. Mais celui de Magdi Allam est plus que symbolique, à divers égards. Il a été tenu secret jusqu'à la dernière demi-heure. Un message de Ben Laden, lourd de menaces, avait été diffusé il y peu, menaces pour l'Europe et le pape en particulier, mais qui  n'a manifestement pas beaucoup impressionné Benoit XVI. Il y est  accusé d'avoir joué un rôle dans la publication des caricatures, ce qu'un porte-parole du Vatican avait pourtant dénoncé : "Le pape et le conseil pontifical pour le dialogue interreligieux ont condamné à plusieurs reprises cette campagne satirique contre l'islam".
 
Alors qu'une première église (quatre pourraient suivre) a été construite au Qatar il y a fort peu de temps et avec beaucoup de difficultés, sans droit d'afficher une cloche ou une croix sur l'édifice, le Vatican était en négociation avec l'Arabie Saoudite, seul État du golf à présent à ne pas en compter sur son territoire, mais un expert arabe avait estimé que pour que cette construction soit possible, le pape devait reconnaître Mahomet comme un prophète, ce qui revient bien sûr à ce qu'il se convertisse. L'Arabie Saoudite ne reconnaît en effet aucun chrétien sur son sol, où seuls des musulmans vivraient selon le gouvernement. Ils sont pourtant estimés à plus de quatre millions, étrangers pour la plupart, car pour un musulman il y est totalement interdit de se convertir, théoriquement sous peine de mort. Les éventuels conversions y sont donc tout à fait niées.
 
L'Observatoire de l'OCI a également remis son premier rapport au début du mois de mars, donnant sa définition de l'islamophobie pour mieux la combattre et dénonçant par la même occasion les opposants à la construction de mosquées en Europe. Lui aussi parle de Benoit XVI : " De nombreux incidents d'agression contre des Musulmans et de diffamation de l'Islam ont été notés dans un passé récent dont les plus outrageants sont les caricatures danoises, les propos du Pape Benoît XVI et les déclarations méprisantes d'hommes politiques occidentaux." Selon le rapport, ces déclarations sont des discriminations envers l'islam, rapport qui insiste sur le fait que l'islam n'a rien à voir avec le terrorisme  et qu'il est régulièrement insulté, mais qui ne joint pas à ses demandes de concessions venant de l'islam pour les autres confessions.
 
Les chrétiens connaissent en effet de nombreuses difficultés en terre musulmane, les coptes en Egypte, pays dans lequel Mohamed Hégazy est contraint de se cacher suite à sa convertion de crainte d'être assassiné, poursuivi par une fatwa, catholiques et protestants en Algérie  , les chaldéens en Irak avec encore dernièrement l'assassinat de l'archevêque de Mossoul  ce qui ne saurait toutefois masquer le véritable exode que connaissent ses chrétiens qui furent les premiers à habiter le territoire. Les exemples sont multiples, non pas seulement du fait de musulmans "intégristes" : les droits ne sont pas les mêmes pour les non-musulman sur certains territoires et figure sur la carte d'identité la religion du citoyen. Les conversions n'y sont par reconnus, sauf dans le sens de l'islam.
 
Ce baptême de Magdi Allam, Christian désormais, est-il une réponse? Quand l'islam demande toujours plus sur les territoire européens sans donner franchement en retour, les musulmans ne reconnaissant pas l'apostasie, condamnant parfois le convertit à mort, c'est pour le moins un signal fort du Vatican, signal qui n'est pas sans risque pour le nouveau baptisé, déjà sous protection policière depuis quelques temps : "Je réalise ce à quoi je m'expose mais je vais faire face à mon destin la tête haute et avec la force intérieure de quelqu'un qui est sûr de sa foi" a-t-il expliqué. Et il faut reconnaître qu'il a du courage...

dimanche 23 mars 2008, a 12:05
Le site du film fitna, désactivé

L'hébergeur de fitnathemovie.com, Network Solutions, a désactivé le site. C'est sur cette adresse fitnathemovie.com  que Geert Wilders avait prévu pour faire diffuser son film, les chaînes de télévision néerlandaises ayant refusé de le diffuser en entier. La société aurait simplement déclaré "Ce site a été suspendu le temps que Network Solutions enquête pour savoir si le contenu du site constitue une violation des conditions d'utilisation acceptables de Network Solutions". L'hébergeur avait enregistré de nombreuses plaintes et agit en conséquence.
 
Network solutions n'est pas le seul à vouloir le visionner avant sa sortie. Ce vendredi, une association musulmane avait demandé en référé à pouvoir le visionner avant sa sortie. Le tribunal devra statuer le 28 mars et en conséquence la Fédération islamique néerlandaise  lui a demandé de désigner des experts pour déterminer si des motifs existent pour le faire interdire. 1300 à 5000 personnes (selon les manifestants et la police, d'autres sources disent 3000) ont également manifesté dans le centre d'Amsterdam samedi pour clamer leur désaccord avec les idées de Geert Wilders et bien sûr contre son film. "Les Pays-Bas montrent leurs couleurs" est le nom désigné pour ce défilé qui rassemblait des personnes de toutes origines et de toutes confessions. Sur certaines pancartes on pouvait lire "arrêtez la chasse aux sorcières contre les musulmans".
 
Le site "fitnathemovie.com" étant hébergé aux Etats-Unis, il échappait en conséquence à la justice néerlandaise qui ne pouvait l'interdire sous d'autres motifs que l'incitation à la haine raciale. De l'aveu du député, le film cherche à prouver que le coran est un livre fasciste et l'avait comparé à "Mein kampf" en demandant son interdiction. Il dure quinze minutes et se finit par un dessin animé. Les scènes devraient montrer notamment les décapitations pratiquées par des islamistes ou encore la lapidation autorisée par la charia dans certains pays,  sur fond de versets du coran prônant la violence. 
 
Et Geert Wilders est toujours bien décidé! Ne restait que quelques détails techniques à régler, et Il avait envisagé de faire paraitre le film avant le 1er avril. Plusieurs pays musulmans ont déjà fait entendre leurs voix pour dire qu'ils boycotteraient peut-être les produits néerlandais, les talibans ont même annoncé qu'ils intensifieraient les attaques envers les soldats du pays en Afganisthan,  le gouvernement néerlandais a demandé à plusieurs reprises au député de ne pas sortir le film, mais rien n'y a fait... Suite à la désactivation du site,le député annonce simplement : "S'il le faut, j'irai distribuer personnellement des DVD sur le Dam", c'est à dire sur une place d'Amsterdam.
 
Si l'on ne trouvait jusqu'à présent sur le site, que l'image d'un Coran, et les mentions "Geerts Wilders presents Fitna - Coming soon", c'est donc un écran blanc qui apparaît désormais avec une annonce disant que le site est suspendu et que la société enquête pour savoir si le contenu est licite au regard de ses conditions d'utilisation. On ne pourra nier que le député s'est offert une réclame abondante à peu de frais pour un film que pour l'instant personne n'a vu...

lundi 10 mars 2008, a 22:35
Le film de Geert Wilders, "Fitna", continue à faire réagir

Les réactions se multiplient concernant le film du député Geert Wilders, "Fitna ", y compris dans la presse des pays musulmans. La polémique est bien lancée, pour un film que pourtant personne n'a encore vu mais dont on devine, selon les rapports du réalisateur lui-même, ce qu'il en sera : une dénonciation en règle de tous les travers de l'islam d'aujourd'hui, avec ses longues séries de violences terroristes, ou encore judiciaires à travers l'application de la charia. Craignant des violences, le gouvernement a déjà tenté par deux fois d'en empêcher la diffusion et serait tenté de censurer. Les chaînes de télévision ont déjà refusé de le passer dans son intégralité et le réalisateur, qui aurait créé un site exprès pour cela, devrait le faire diffuser sur internet. Ainsi que ce fut le cas pour le discours de Ratisbonne, les réactions du monde "oriental" dégagent diverses tendances, plus ou moins représentatives de l'opinion générale. Le député est aussi intervenu au parlement pour faire interdire le Coran et stopper l'islamisation des Pays-Bas.
 
Dans les rues de Jalalabad, ils ont été plus de deux mille à manifester, dans la région ouest de l'Afghanistan, contre les caricatures de Mahomet au Danemark ainsi que contre le film du député néerlandais. Ainsi que c'en est presque la coutume pour ce genre de défilé, au passage sont brûlés les drapeaux danois et néerlandais. "Mort au Danemark, mort au Pays-Bas" hurlent-ils, avant d'aller brûler l'effigie du président Georges Bush, entre deux slogans anti-Américains. Ces quelques 2000 personnes appellent aussi le gouvernement a expulser les soldats de ces deux pays, en tout 1500 néerlandais et 600 danois présents dans le cadre des forces de l'OTAN. "Nous voulons que le gouvernement rompe toutes relations avec leur gouvernement, ils ont insulté notre prophète et notre religion." explique l'un d'eux à un journaliste de l'AFP. Les talibans avaient déjà menacé d'intensifier des attaques envers les soldats néerlandais. Cette manifestation se fait dans le cadre d'une série dans les plus grandes villes du pays depuis le début de la semaine. Comme c'est souvent le cas dans une foule, on cherchera en vain un esprit plus critique.

Dans un journal marocain, Aujourd'hui le Maroc, un article fustige le député. Commençant sa diatribe en expliquant que le Coran est un trésor de l'humanité, qu'il appartient à tout le monde et que chacun peut le lire et le commenter, il condamne la comparaison à Mein Kampf et évoque les tensions que cela ne saurait que raviver entre le monde occidental et le monde musulman, après les caricatures et le discours de Ratisbonne. Parlant du Coran il ajoute : "il peut être lu, analysé et interprété par tous. Ce travail doit être fait avec humilité, et non avec cette arrogance ou cette supériorité affichée par ceux qui voudraient apprendre aux musulmans comment être de bons musulmans…", dénonçant une analyse dépourvu de contexte historique et une lecture politique. L'auteur explique que dans son interprétation du Coran, Geert Wilders donne finalement raison aux extrémistes "En réduisant comme il le fait le Coran à un message de haine, il fait peut-être sans s'en rendre compte, la même chose que les extrémistes qu'il entend dénoncer."

En revanche un article émanant d'Algérie, kabyles.net  se déclare solidaire avec Geert Wilders, non pas sur le fond, mais sur la forme et sans mâcher les mots. Il commence par : "Au nom de la Liberté, je vous soutiens." et continue en exprimant tous les désaccords qui peuvent exister entre les musulmans qui se veulent ouverts et les plus fanatiques d'entre eux. "je suis certains de ne pas partager avec vous votre idéologie ainsi que certaines de vos idées et de vos prises de positions, il n'en demeure pas moins que par rapport à la dernière controverse ayant trait à votre film sur le coran, je vous exprime ici mon soutien indéfectible au nom de la liberté d'expression et de la liberté tout court qui est la base et l'essence même de la notion de démocratie et de modernité." L'auteur explique que parmi les musulmans "nombreux sont ceux, comme moi, qui ne comprennent cette énième levée des boucliers contre la diffusion d'un produit culturel, intellectuel et politique par ceux-là même qui n'ont pas hésité à mettre le feu à la poudrière lors de l'affaire des caricatures du Jyllands-Posten au Danemark, de celle du journal Charlie Hebdo en France, d'égorger en pleine rue le réalisateur, Theo Van Gogh, en 2004 pour son film Submission, consacré à la place de la femme dans la religion musulmane, la députée libérale Ayaan Hirsi Ali scénariste du film, avait aussi été menacée ..."

Puis parlant "des obscurantistes à l'affût de la moindre occasion pour semer la terreur" il décrit "les peuples vivants dans les pays dits musulmans (qui) croupissent sous le poids des dictatures qui se maintiennent par la corruption, la misère, l'endoctrinement, le musellement de la liberté d'expression (...) par la désinformation qui travestie la liberté d'expression dans le monde occidental pour en faire une supposée velléité de nuire et/ou d'agresser le musulman et sa conscience (...) il évoque encore "les régimes politiques musulmans et (...) l'internationale intégriste islamiste dont la volonté de prolonger ses tentacules sectaires et obscurantistes aux quatre coins de la planète prend appuis sur la violence aveugle, l'assassinat par égorgement, les viols collectifs sur des filles de 08 à 88 ans, des massacres collectifs...etc. livrés au préalable aux citoyens épris de justice et de liberté dans ces mêmes contrées (on lira avec attention la suite qui traite du sort qui est fait aux chrétiens en terre d'islam).

Le site "Point de bascule " a traduit l'intervention du député au parlement. "Le Coran est avant tout un livre de guerre - un appel à massacrer les non-musulmans (2:191, 3:141, 4:91, 5:3), à les faire rôtir (4:56, 69:30-69:32), et à provoquer des effusions de sang parmi eux (47:4). Les Juifs sont comparés à des singes et des porcs (2:65, 5:60, 7:166) tandis que les personnes qui croient en Jésus-Christ comme le Fils de Dieu doivent, selon le Coran, être combattues (9:30)." (...) il est encore possible pour les musulmans de voir le Coran, qu'ils considèrent comme valable pour tous les temps, comme un permis de tuer. (...) le Coran est un livre qui incite à la violence. Je rappelle à l'Assemblée que la distribution de ces textes est illicite (en suite le texte de loi)." Il cite Erdogan, "Il n'y a pas d'islam modéré ou immodéré. L'islam est l'islam et c'est tout. (...) "faisons en sorte que la troisième invasion islamique, (...) sera également arrêtée en dépit de son caractère insidieux et nonobstant le fait que, contrairement aux 8e et 17e siècles, elle n'a pas besoin d'une armée islamique parce que les dhimmis apeurés en Occident." Continuant il évoque l'attitude des politiciens néerlandais, dont les déclarations sur la charia seraient tendancieuses. Il ne fait pas que dénoncer : il cite en même temps des sourates du Coran, en appui de ce qu'il avance...

mercredi 05 mars 2008, a 20:37
Le film contre le Coran, "Fitna", la polémique

Le documentaire du député d'extrême-droite Geert Wilders, du parti de la liberté, sera diffusé sous forme d'un film dès le mois de mars et a déjà provoqué des manifestations et des tensions dans différents pays, ainsi qu'au sein même des Pays-Bas. Le film se nomme "Fitna", ce qui signifie le "Mal" selon le député, et la discorde entre musulmans, selon wikipédia . Le gouvernement néerlandais lui-même a tenté de dissuader l'auteur du film, pour protéger les soldats en opération extérieure, les représentations diplomatiques ou encore le commerce néerlandais, mais s'est heurté à un refus de l'auteur du film. La polémique grandit et dépasse à présent le pays, pour prendre une tournure internationale.
 
Le député est fort bien connu en son pays. Il avait déjà prôné l'interdiction du Coran,  le considérant comme un livre fasciste à l'instar de Mein Kampf, et dont il faudrait "déchirer" plusieurs pages, ce qui fait craindre aux autorités que le coran ne soit déchiré ou brûlé dans le documentaire, provoquant très certainement, dès lors, une flopée de violence.. "J'ai insisté pour utiliser une expression qui se trouve également dans le Coran. L'Islam et le Coran sont mon épreuve. J'utilise le terme dans un sens inverse… Pour moi, le Coran vénéneux est fitna" dit-il. Il tentera de prouver dans ce documentaire que "l'islam peut nous coûter notre liberté si nous n'agissons pas contre lui". Pour y parvenir, le film long de quinze minutes devrait montrer des scènes de l'actualité, telles que les décapitations en Irak, la lapidation en Iran ou une exécution en Arabie Saoudite, tous pays dans lesquels la charia est appliquée, sur fond de sourates du coran. Selon le député il devrait finir par un dessin animé sur Mahomet et devrait être retransmis sur internet.
 
Les autorités sont d'autant plus inquiètes des conséquences de sa diffusion, que déjà des voix se sont élevées dans plusieurs pays musulmans. En Afganisthan 500 personnes ont déjà manifesté contre les propos du député, tandis que des talibans menacent d'intensifier leurs attaques envers les forces néerlandaises présentes sur place et que l'Iran et l'Egypte protestent contre des "attaques gratuites" et menacent de "boycotte" économique. Selon Libération, le premier ministre néerlandais fait les frais de son opposition au film en ne récoltant que 13% de satisfaction dans l'opinion publique, une attitude perçue comme une lâcheté face à l'extrémisme, tandis que Geert Wilders est de plus en plus populaire.
 
Le député a reçu également des autorités le conseil de s'enfuir à l'étranger après la sortie du film, ce qui pourrait ne pas changer grand chose, l'homme ayant déjà reçu plusieurs menaces de mort, vit déjà sous protection policière depuis le meurtre de Théo Van Gogh. Selon le blog danois Snaphanen, le mufti de Syrie, en visite en Europe aurait affirmé la responsabilité du gouvernement et des journalistes néerlandais pour les violences éventuelles après la diffusion, ajoutant "C'est la responsabilité du peuple des Pays-Bas de l'arrêter",  mettant en garde les pays européens de "ne pas abuser de la liberté d'expression pour critiquer l'islam". Ces propos, toujours selon le blog, auraient été censurés dans les rapports officiels de l'UE.
 
En France, le premier ministre Jan-Peter Balkenende, qui avait tenté de convaincre le député de renoncer à faire diffuser le film, a affirmé "Aux Pays-Bas, nous avons le droit à la liberté d'expression, qui est une valeur très importante, et nous avons bien indiqué qu'il y a une différence entre l'opinion du gouvernement néerlandais et l'opinion de M. Wilders", recevant le soutien de Nicolas Sarkozy, qui a rappelé sa proposition de fonds européens, déjà évoquée dans le cas d'Ayaan Hirsi Ali, pour la protection "des ressortissants européens qui sont menacés dans leur vie par des fanatiques obscurantistes" ce qui semble avoir trouvé un écho dans le gouvernement néerlandais, se déclarant lors d'un communiqué "disposés à examiner cette question sur base d'une proposition dans le cadre du Conseil (européen)", un gouvernement qui décidément a du mal, d'exemple de multiculturalisme qu'il était, à retenir ses tensions intérieures avec l'islam, qui débordent sur des polémiques internationales.
 
Mais malgré tout, le député, qui déclarait dans un entretien "je n'aime pas le relativisme culturel, je ne crois pas que toutes les cultures sont égales, je crois fermement que notre culture est de loin meilleure que la culture islamique retardée…." ne cédera vraisemblablement pas. Il prépare son film depuis 2007 et compte bien le diffuser, quelles qu'en soit les conséquences, des conséquences que l'exemple des caricatures danoises laissent bien imaginer, avec ses manifestations parfois violentes et la tentative de meurtre récente de l'un des caricaturistes. Bruxelles met déjà en garde ses délégations, et le ministre des affaires étrangères néerlandais a reçu 30 ambassadeurs de l'Organisation de la conférence islamique, auxquels il aurait déclaré "le gouvernement est fondamentalement en désaccord avec M. Wilders" ajoutant "aux Pays-Bas, aussi bien la liberté d'expression que la liberté religieuse ont leur place".
 
Visiblement les autorités se préparent à un coup dur. Et cependant, peut-être ces différentes attaques donnent-elles à s'interroger pour le monde musulman sur sa façon de communiquer avec le monde. Il est troublant de constater que malgré les menaces de mort, des personnes dans les pays occidentaux ou dans des pays musulmans risquent leurs vies pour dénoncer ce qu'elles considèrent comme une dérive extrémiste dangereuse au sein de l'islam, un islam qui pourtant ne fait pas tellement de concessions, ainsi que la situation de certains chrétiens d'orient l'atteste. Les associations musulmanne néerlandaises ont appelé au calme leur communauté.
 
De nombreux renseignements ont été pris sur le site point de bascule pour cet article. On pourra s'y référer pour plus de renseignements encore. On y trouvera un extrait d'entretien du député.

lundi 11 février 2008, a 18:07
Et si l'archevêque de Cantorbéry était un précurseur?

C'est une polémique qui enfle, et l'archevêque anglican de Cantorbéry, Rowan Williams, doit bien se demander ce qui lui a pris de s'exprimer sur la charia, déclarant son application partielle en Grande-Bretagne inévitable. Depuis samedi, sa démission  est réclamée par le "Sun" le plus vite possible, et ce n'est pas à tort que certaines réactions pointent du doigt l'application de la charia dans certains pays musulmans, dans lesquels les chrétiens sont persécutés. Plusieurs évèques ont élevés leurs voix également et parmi les membres du synode de l'Eglise d'Angleterre qui réclament eux aussi son départ, Alison Ruoff le déclare inapte pour sa fonction et ajoute "Les chrétiens, notamment dans les pays islamiques où ils sont persécutés, en sont vraiment bouleversés".
 
Pourtant l'archevêque pourrait être un précurseur et il ouvre un débat qui prendra tout son sens à l'avenir avec la multiplication de personnalités musulmanes sur nos sols européens. Ne nous voilons pas la face (si l'on peut dire), sur ce sujet comme nous le faisons sur tant d'autres, l'apport de l'immigration musulmane aura tôt ou tard des incidences sur la façon de concevoir les lois et sur leur application. Déjà des articles de presse ont relaté les dérives de prêches de certains imams, comme ce fut le cas en Italie, avec cet imam turinois qui invitait ses fidèles à ne pas composer avec les athées, qu'il fallait les tuer ou encore que les femmes sont des êtres inférieurs, qu'il faut battre et soumettre pour qu'elles "filent droit". Ainsi un autre imam, français celui-ci, expliquait dans un magasine de quelle façon il convient de battre sa femme. Le débat existe parmi les musulmans eux-même, dans l'interprétation de versets du coran.
 
L'archevêque a reçu un soutien venant du Caire, de l'université al-Azhar plus précisément, avec le cheikh Abdel Fattah Allam, qui estime que ces propos « encouragent le dialogue entre les cultures et les civilisations dans un cadre de respect mutuel des religions ». L'université Al-Azhar a une grande influence dans le monde sunnite. C'est elle notamment qui avait lancé une fatwa contre le converti Mohamed Ahmed Higazi , le condamnant à mort pour sa conversion ainsi que sa femme. A vrai dire, cela n'encourage pas volontiers l'application de la charia... En témoigne une fatwa lancée par un professeur, qui conduisait les hommes à téter le sein de leurs collègues de bureau, cinq fois précisément,  et qu'il a finalement annulé. Rappelons également que la charia condamne en théorie à mort les athées, mais aussi les musulmans qui se convertissent et que les chrétiens n'ont en terre d'islam qu'un statut inférieur, ce que les dirigeants musulmans de certains pays appliquent.
 
Un article paru dans le courrier international fait le parallèle entre les déclarations de l'archevèque anglican avec les propos du pape à Ratisbonne, or justement, le pape prêchait tout le contraire. Il évoquait la nécessité de ne pas séparer la religion en tant qu'apport morale, et la raison, c'est à dire la science, plus particulièrement dans le domaine de l'éthique, pour l'avortement par exemple ou pour la fin de vie. Mais c'est bien l'Europe qui était visée et pas l'islam, ce que finalement peu d'analystes ont su saisir à la lecture de ce texte, qui explique que notre athéisme constitue un quasi scandale dans un monde resté religieux en grande partie tout en rappelant la nécessité d'une collaboration entre foi et raison, qui pour lui sont complémentaires et nécessaires pour l'un comme pour l'autre, afin d'éviter les dérives (de chacun). Le pape avait juste cité un texte, sans fatalement se l'approprier, dans lequel il était question d'islam, mais le propos n'était pas direct : le texte condamnait toutefois l'usage de la force par la religion.
 
Pour provocateur que soient ces propos, l'archevèque a mis le doigt là où cela fait mal. Il avait précisé qu'une dizaine de tribunaux islamiques existent déjà sur le sol anglais, pour les problèmes conjugaux ou financiers et il n'est pas si saugrenue de penser que la charia prendra de plus en plus de place dans nos sociétés. Lui-même en excluait les aspects les plus extrèmes dans sa déclaration. Toute la question est donc de savoir de quelle façon et dans quelles conditions cela se fera, ou plutôt de savoir où commence la charia et où elle s'arrête. C'est là le bien-fondé de l'accueil de personnalités comme Ayaan Hirsi Ali, actuellement à Paris. A chacun de répondre à la question de savoir si cette application est vraiment souhaitable...

dimanche 10 février 2008, a 21:09
Ayaan Hirsi Ali demande aide et protection à la France

Ayaan Hirsi Ali, ex-député néerlandaise, est en France pour demander aide et protection auprès des députés européens en vue d'une réunion de solidarité dimanche, et elle est soutenue par plusieurs organes de presse, par des intellectuels et par des associations. Il est à ce titre assez cocasse de lire que le mouvement SOS racisme réclame sa naturalisation, laquelle est soutenue par des intellectuels français, notamment le philosophe  Bernard-Henri Lévy et l'écrivain d'origine iranienne Chahdortt Djavann, pour sa naturalisation en France, suite à la peine de mort lancée contre elle après le film qu'elle avait réalisé avec Théo Van gogh, qui fut assassiné par un extrémiste musulman. Sur le corps de Théo Van Gogh avait été retrouvée une lettre dans laquelle était écrit qu'elle serait la prochaine victime. Elle vivait depuis sous protection policière.
 
Ayaan Hirsi Ali, née musulmanne en Ethiopie, exisée à 5 ans, s'était réfugiée au Pays-Bas en 1992 pour fuir un mariage forcée. "Si le mariage avait eu lieu, ç'aurait été un viol arrangé" avait-elle expliqué par la suite. Elle s'était convertie suite au attaques en septembre 2001 sur le world trade center, et engagée en politique dans le parti  travailliste. Le titre du film, tourné avec Théo Van Gogh était "soumission" et traitait des femmes en islam. Connue pour ses positions envers l'islam et menacée de mort, mais protégée aux Pays-Bas, elle dut quitter le pays pour les Etats-Unis à la suite d'une polémique sur l'acquisition de sa nationalité. Elle aurait en effet menti sur son age, sur le pays dont elle venait, ainsi que sur son identité afin de demander le droit d'asile. Des proches parents disent également qu'elle n'aurait jamais été contrainte à se marier (pour plus de détail, voir le site wikipédia ).
 
Lorsque les Pays-Bas ont refusé de continuer à payer sa protection aux Etats-Unis, elle s'est trouvé en danger, et cherche depuis à retrouver la sécurité. Le Danemark avait proposé de l'accueillir mais elle avait décliné, puis souhaité retrourner vivre aux Etats-Unis. N'avait-elle d'ailleurs pas annoncé : "il est devenu impossible de parler librement de l'islam sur le continent européen." En effet tout le sens du combat d'Ayaan Hirsi Ali est la protection de la vie des femmes dans l'islam. Dominique Sopo aurait déclaré "le pays des Droits de l'homme doit assumer ses valeurs. Il doit faire Ayaan Hirsi Ali citoyenne d'honneur et participer à sa sécurité ", ce qui est tout à son honneur, puisqu'on ne peut laisser ainsi des menaces de mort se préciser à l'encontre d'une personnalité quelle qu'elle soit. Mais cela pourrait créer quelques remous au sein de l'association, si l'on considère les décarations sur l'islam d'Ayaan Hirsi Ali, qui s'était aussi prononcée pour limiter l'immigration musulmanne.
 
quelques unes de ses déclarations :
 
"Le multiculturalisme est désastreux. Hurlez à la discrimination et toutes les portes vous seront ouvertes ! Criez au racisme et vos adversaires se tairont ! Or, le multiculturalisme est une théorie inconsistante : si on veut laisser les communautés garder leurs traditions, que se passe-t-il dès lors que ces mêmes traditions s'exercent au détriment des femmes ou des homosexuels ? Pourtant, les partisans du multiculturalisme ne veulent pas le reconnaître."
 
"On me demande de m'excuser parce que j'ai dit que le prophète est un pervers ; un pervers et un tyran. Mais s'excuse-t'on d'avoir dit la vérité ?"
 
"je suis en faveur de la guerre froide contre l'islam"
 
"Il est absurde de prétendre que toutes les cultures se valent, ou qu'elles sont toutes également désirables "
 
"Comme les milliers de personnes qui ont manifesté contre les caricatures danoises, j'ai longtemps cru que Mahomet était parfait - qu'il était la seule source du bien, le seul critère permettant de distinguer entre le bien et le mal. En 1989, quand Khomeiny a lancé un appel à tuer Salman Rushdie pour avoir insulté Mahomet, je pensais qu'il avait raison. Je ne le pense plus"
 
Salmann Rushdie avait déclaré à son propos, prenant sa défense : "Il faut se rendre compte qu'Ayaan Hirsi Ali pourrait bien devenir la première réfugiée d'Europe de l'Ouest depuis l'Holocauste. En tant que telle, elle est un témoin unique et essentiel des forces et des faiblesses de l'Occident : la splendeur de la société libre et l'énergie inépuisable de ses ennemis."
 
Ayaan Hirsi Ali ne fait que dire ce qu'elle pense. Pour elle l'islam est un danger et l'Occident se perd en voulant trop l'intégrer, elle le voit comme étant conquérant et intolérant, tout à fait dangereux et archaïque et elle le connait de l'intérieur. Cela n'enlève rien au fait qu'il n'est pas possible de transiger sur la liberté d'expression, et que les menaces de mort envers sa personne doivent être prises en compte par une protection policière, et pourquoi pas sur le territoire français.
 
Elle a déclaré au JDD "Je n'attendais rien. Mais avec le soutien que m'apportent, depuis des mois maintenant des intellectuels français, j'espère obtenir la naturalisation française parce que, sur le plan de la sécurité, ma situation personnelle est devenue de plus en plus périlleuse". Si l'on a pu déplorer l'attitude des intellectuels français en d'autres temps, pour Salmann Rushdie notramment, on ne peut que se féliciter de cette prise de position plus courageuse envers cette jeune femme.

dimanche 10 février 2008, a 15:04
Egypte : des coptes convertis obtiennent gain de cause devant le tribunal pour revenir à leur religion

Une décision "historique". C'est de cette façon que l'avocat des douze coptes a qualifié la décision du haut tribunal administratif d'Egypte, de les autoriser a afficher sur leurs cartes d'identité leur religion, suite à une conversion à l'islam dont ils sont revenus. Cette décision en Egypte a une allure tout à fait exceptionnelle, en effet il y est interdit de se convertir lorsqu'on est musulman tout autant lorsqu'on s'y est convertit par le passé.
 
Ses douze personnes ne sont pas des cas isolés dans ce pays où il est interdit de se convertir lorsqu'on est musulman, suivant les règles en cours de la charia. Bien plus, en théorie la charia condamne à mort un converti, peine qui en fait ne s'applique pas dans le pays, mais occasionne la prison pour le contrevenant. Les coptes n'ont pas les mêmes droits que les musulmans en Egypte, et des conversions par commodité seraient assez fréquentes, pour divorcer, pour accéder à un poste interdit en raison de la religion chrétienne du candidat, ou encore pour épouser une femme de confession musulmane.
 
"C'est un verdict historique, une victoire de la liberté de la foi en Egypte, l'application de l'article 46 de la Constitution qui garantit la liberté de la foi", a déclaré l'avocat Ramses al-Naggar, à l'agence AFP. Dans les faits cet article n'est pas appliqué et il n'est pas rare que des affaires soient relatées concernant les difficultés des chrétiens en Egypte. Ainsi un converti, du nom de Mohamed Ahmed Higazi, à présent Bichoï, a été condamné à mort par une fatwa émanant de l'université réputée Al Azhar, du fait de sa conversion au christianisme, et il se cache (voir aussi ici). Sa femme, convertie elle-aussi n'a pas reçu le soutien de son propre père, qui avait déclaré qu'il préférait la voir morte, plutôt que convertie, demandant son divorce.
 
L'Eglise copte ne soutient pas plus le couple, expliquant ne pas faire de prosélytisme, ce qui est rigoureusement interdit. Ils se cachent depuis, bien conscient que n'importe qui pourrait surgir pour appliquer la fatwa, avec la certitude de faire une bonne chose. Il n'est pas rare qu'ils reçoivent des menaces de mort sur leur téléphone portable, de fanatiques.
 
C'est donc une décision tout à fait exceptionnelle dans un contexte très rigide qu'a rendu la haute cour, ce samedi. En effet les coptes sont issus des premiers habitants de l'Egypte et vivent dans ce pays des situations pas toujours heureuses, avec des lois qui qui restent tout à fait discriminatoires à leur encontre.

samedi 09 février 2008, a 11:36
Turquie : le port du voile devrait bientôt être permis à l'université

Dans la nuit de mercredi à jeudi, le parlement Turc a adopté un amendement constitutionnel afin d'autoriser le port du voile dans les universités, sujet qui divise la population turque, musulmane à 99%, mais de tradition laïque. En conséquence, le week-end dernier plus de 100000 personnes s'étaient réunies pour protester à Ankara, capitale du pays. Le deuxième tour pour finaliser l'ensemble de la révision aura lieu ce samedi.
 Le gouvernement a mené cette réforme en l'expliquant comme une nécessité pour l'adhésion à l'Union européenne mais les milieux laïcs, armée, magistrature et milieux universitaire, ainsi que l'opposition, sont tout à fait opposés à cette réforme, concevant le voile comme un signe de l'islam politique. De fait les filles et les épouses des gouvernants, tous du parti de l'AKP (Parti de la justice et du développement) sont toutes voilées et le chef de l'Etat qui doit ratifier la décision au final est un ancien poids lourd du parti. Sa femme également porte le voile. L'Union européenne a déclaré ne pas voir d'inconvénient à cet amendement, n'ayant aucune législation concernant ce sujet.
 
L'article central de l'amendement précise que "personne ne peut être privé de son droit à l'éducation supérieure", ce qui fait bien sûr allusion aux femmes voilées et c'est bien le discours que tiennent les partisans de l'amendement : il s'agirait de ne plus laisser des jeunes femmes aux portes de l'université, mais cela fait aussi craindre aux opposants que des jeunes femmes ne soient à leur tour contraintes de porter le voile, à travers les pressions de leur entourage et de leurs quartiers.  65% de la population serait favorable, et de nombreuses femmes voilées avaient cessé de se rendre à l'université lorsque le port du voile avait été interdit. Toutefois ne sera permis que le voile noué sous le menton, et ne couvrant pas le cou, ce dernier ayant une connotation plus politique. L'opposition y voit une façon d'éroder la laïcité en cours dans le pays et un député ajoute même qu'il s'agit selon lui de poser les fondations d'un futur Etat islamique, en exploitant dans un premier temps le sentiment religieux.
 
La romancière Sevgi Özel avait déclaré durant la première manifestation : "Je suis très en colère, pas contre les femmes voilées mais contre ceux qui veulent recouvrir d'un voile les valeurs de la République" et une nouvelle manifestation pourrait se tenir durant le week-end. Les milieux religieux également ne sont pas satisfait de ce projet, divisés par la nature du foulard à porter.

samedi 09 février 2008, a 08:06
L'archevèque de Cantorbury et la charia

La déclaration de l'archevèque de Cantorbury, Rowan Williams, a aussitôt soulevé une cascade de réaction dans le monde politique anglais. Les tensions sont restés fortes en Grande-Bretagne entre les différentes communautés suite aux attentats qui avaient secoués Londres, et la proposition de l'archevêque d'admettre la charia, même partiellement, pour des affaires familiales telles que les divorces ou la garde des enfants a soulevé la polémique. Car si des "conseils" musulmans existent sur le territoire ils n'ont aucun statut légal. "Il est possible de trouver ce qui serait un arrangement constructif avec certains aspects de la loi islamique, comme nous le faisons déjà avec des aspects d'autres lois religieuses" a-t-il donc affirmé, en mettant toutefois de coté les châtiments corporels. Proposition inacceptable pour les politiciens anglais, pour lesquels la loi ne saurait reposer sur autre chose que sur le vote démocratique applicable à tout le pays. "Il n'est pas question d'ériger un système légal parallèle. Cette déclaration est un facteur de division plutôt que d'encouragement au multiculturalisme moderne" a donc répliqué Trevor Phillips, responsable de la commission pour l'égalité et les droits de l'homme.  Le premier ministre a également aussitôt réagis "La loi britannique doit s'appliquer dans ce pays, fondée sur les valeurs britanniques."
 
Aussi saugrenu que soit le message développé par l'archevêque, il est pourtant d'actualité si l'on considère les sondages parus dans le pays. L'un d'eux, réalisé en 2006, avait révélé que 40% des musulmans (2,5 millions dans le pays), et jusqu'à 50% des 16-24 ans, seraient pour l'application de la charia, tandis que l'archeque de York dénonce de véritables ghettos musulmans dans le nord du pays dans lesquels les chrétiens ne sont admis. C'est donc toute une population qui se retrouve sur les mêmes bases religieuses et qui se replierait sur elle-même.
 
Il existe des précédents dans les sociétés européennes auprès des cours de justice. En mai 2006, un juge refuse d'accorder un divorce à une jeune femme originaire du Maroc, battue par son mari, en invoquant la charia. Selon le juge, la violence est autorisée par la quatrième sourate du coran et en conséquence le juge adapte sa décision. En Italie, une jeune femme, Fatima, subissant des coups, des mauvais traitements et la séquestrations par ses parents, a vu leur acquittement par la cour, au motif qu'ils ont agi pour le bien de la jeune femme, en toute bonne foi, dans le but de la punir "pour son style de vie non conforme à leur culture", ce qui a aussitôt provoqué une réaction de Souad Sbaï, présidente de l'association des femmes marocaines : "c'est une décision digne d'un pays arabe où serait en vigueur la charia. Au nom du multiculturalisme et du respect des traditions, les juges appliquent deux types de règles, l'une pour les Italiens, l'autre pour les immigrés. Un père catholique, qui se serait comporté de la sorte, aurait été durement condamné".
 
En France aussi les juges appliqueraient les décisions en fonction des pays d'origine, pas toujours pour le bien-être des plaignantes, qui subissent parfois des mariages forcés. L'archevêque ne fait donc que soulever un tabou, précisant qu'il ne s'agit pas des formes les plus extrèmes de la charia. Mais où la charia commence-t-elle, et où s'arrête-t-elle? Selon wikipédia "il faut également noter que la charia n'a jamais été codifiée dans un livre de lois, mais se comprend plus comme une opinion partagée par la communauté des musulmans, basée sur de nombreuses sources. De plus, la charia n'a pas été écrite sous l'autorité d'un corps particulier (en effet, l'islam ne dispose pas d'un clergé)." La charia variraie donc d'un pays à l'autre, mais les sociétés occidentales ne sauraient en accepter certaines formes strictes, ainsi de son application au Nigéria , en Arabie Saoudite ou au Pakistan. Tous les domaines de la vie courante peuvent y être codifiés semble-t-il, y compris la façon de soulager des besoins naturels  .
 
L'archevèque, qui est aussi théologien du monde anglican, s'est avancé sur un sujet glissant, embarrassant jusqu'à ses partisans. Le journal  "The Sun" a aussitôt vivement réagis en publiant notamment des photos de personnes décapitées au nom de la charia, le qualifiant de "dangereuse menace pour notre nation", évoquant des "divagations stupides". Mohammed Shafiq, le directeur de la Fondation Ramadhan, regrette que les formes extrêmes de la charia soient seulement retenues. On "tente de diaboliser l'islam explique-t-il. Anthony O'Mahony, directeur de recherche au Heythrop College de Londres fait valoir que l'application de la charia, même partiellement poserait des problèmes : "On a mis en Europe quelques centaines d'années à passer à un système unitaire avec les mêmes droits pour chacun, alors évoluer vers ça est une question politique de taille".
 
Rowan Williams se défend d'avoir proposé l'application de la charia et explique avoir voulu "soumettre au débat quelques-uns des problèmes posés par les droits des groupes religieux dans un Etat laïque", et cela concernait l'avortement, refusé par les chrétiens, et dit avoir pris la charia pour exemple...  Curieux exemple, puisque les musulmans partagent ce point de vue. Exemple ou pas, l'évèque a bien ravivé un débat houleux.

jeudi 24 janvier 2008, a 22:36
Autour du livre "Le Messie et son prophète"

Edouard-Marie Gallez est docteur en théologie et histoire des religions, il est également  l'auteur d'une thèse sur les origines de l'islam, qui réunit les dernières recherches scientifiques sur la naissance de cette religion, dans laquelle il expose une théorie selon laquelle les judeo-nazaréen pourraient être à l'origine de l'Histoire proto-islamique, et notamment dans les textes intégrés par la suite dans le coran. Si sa thèse bien sûr ne sera pas agréé par les musulmans les plus pieux, elle va bien dans le sens de la recherche scientifique, en éclairant d'un jour nouveau des faits historiques. 
 
C'est suite à sa rencontre avec le père Antoine Moussali , spécialiste des questions islamo-chétienne que l'auteur de la thèse a persévéré sur ce chemin et avec lequel il travaillera 7 ans à son livre. " le Coran tel que nous le connaissons aujourd'hui n'est pas une source sérieuse pour la connaissance de l'Islam, c'est-à-dire que l'Islam lui est fondamentalement antérieur" disait le père Moussali, qui était capable de psalmodier les versets du coran, comme un muezzin, et qui s'était étonné de retrouver à la fin du verset 51 de la sourate 5, à l'endroit où il est question des Nazaréens, une rupture dans le rythme du phrasé originel, ce qui le fit penser qu'il s'agit d'un ajout. Le terme de "Nazaréen" revient à plusieurs reprises dans le coran, mais pas toujours pour les mêmes dispositions. Une fois il faut s'en méfier, la suivante il faut être allié avec eux... " le texte coranique a certainement été repris, remanié, manipulé à plusieurs reprises" ajoutait-il, doutant de la traduction habituel du mot, retranscrit généralement par "chrétien", et y voyant plus particulièrement des judéo-nazaréens, dans bien des cas. Le père Moussali, qui connaissait fort bien le coran, y trouvait aussi divers indices, à travers certaines contradictions du texte.
 
Pour Edouard-Marie Gallez, plusieurs faits sont à revoir dans l'histoire la plus officielle de l'islam, par exemple il doute que les habitants de la Mecque de l'époque aient été païens dans un environnement baigné par l'influence des juifs et des mouvances chrétiennes, et jusqu'à son emplacement actuel en rapport avec la Mecque de l'époque, qu'il verrait plutôt en Syrie, où une ville porte bien ce nom. Pour lui c'est bien de Syrie que commencera l'Hégire, là où la première partie de la carrière de Mahommet se jouera. Les judeo-nazaréens se seraient servis de l'influence de Mahommet pour pousser les arabes à la guerre contre les Byzantins (autrement dit les Romains ainsi qu'on les appelait à l'époque), afin de récupérer la Terre promise, c'est à dire le territoire palestinien, conquête suite à laquelle selon eux le Messie devait revenir, pour soumettre aux "croyants" la terre entière. Après avoir été convaincus qu'ils étaient les descendants d'Ismaël, les arabes furent convaincus de prendre Jérusalem, devant laquelle ils essuyèrent une défaite. 
 
Les judéo-Nazaréens ne sont ni vraiment juifs encore, ni des chrétiens. Ils font partie des anciens juifs qui croyaient que Jésus était le Messie, mais qu'il avait été élevé au ciel, évitant la crucifixion, tout comme les musulmans aujourd'hui, et ils respectaient scrupuleusement les lois juives. Ils font partie d'une de ses mouvances juives, du 1er siècle, mais qui après la crucifixion de Jésus n'avait pas accepté les païens, jugés impurs, dans leur foi, et qui en conséquence s'était réunis à part. Ce qui fait croire entre autre que les païens de la Mecque décrits dans le coran soient des judeo-nazaréens, c'est que les personnages se disent monothéistes, se qui détone pour des polythéistes convaincus. Les judeo-Nazaréens, qui récusent le terme de "fils de Dieu", croient que Jésus est un serviteur de Dieu, simplement, et roi. Selon la thèse d' Edouard-Marie Gallez, Waraqa, qui maria Mahommet à sa première femme, Hadidja dont il était l'oncle (ou peut-être le cousin selon les traditions), était lui-même judeo-nazaréen (et non pas nestorien comme cela se dit ), et aurait eu une influence déterminante sur Mahommet. A sa mort, pendant quelques temps, les révélations se tarissent...
 
Pour Edouard-Marie Gallez la séparation de ceux qui allaient devenir des musulmans d'avec les judeo-nazaréens viendra après la conquête de Jérusalem par Umar, et la reconstruction d'un temple. Au bout des quatre ans qui devait le voir revenir, Jésus ne revient pas, les judeo-nazaréens devenus génants sont massacrés, ou tout au moins leurs chefs. S'impose alors la nécessité pour les arabes de justifier leur action dans l'orient, et selon l'auteur "C'est dans ce cadre qu'apparut la nécessité d'avoir un livre propre à eux, opposable à la Bible des juifs et des chrétiens, et qui consacrerait la domination arabe sur le monde… et qui contribuerait à occulter le passé judéo-nazaréen."
 
Par la suite, toujours selon l'auteur de la thèse, que je laisse libre de son propos, le coran subira des modifications, des ajouts, dans une véritable collecte de textes plus anciens. "Quand il devint trop tard pour le modifier encore, toujours selon l'auteur, en ses consonnes, sa voyellisation puis son interprétation furent à leur tour l'objet d'élaborations (parfois assez savantes). Ainsi, à force d'être manipulé, le texte coranique devint de plus en plus obscur, ce qu'il est aujourd'hui." Toute la thèse est réunie dans le livre "le Messie et son prophète", qui est en vente dans diverses librairies, mais plus à la FNAC, qui aurait déclaré que le livre n'est plus disponible. Le lecteur qui souhaite plus de détail que je n'ai pu, ni su tant le sujet est complexe, relever ici, aura tout à gagner à se rendre sur le site , avec aussi un intérêt pour la question du verset sur Marie et Dieu.
 
Nul besoin d'adhérer ou pas à ces théories, il s'agit de recherches scientifiques, qui comme dans toute recherche doit s'exprimer hors des passions, et en outre une théorie scientifique n'est pas définitive tant qu'elle n'a pas apporté de certitudes. Les musulmans pieux n'adhéreront pas à cette thèse, naturellement. Et pourtant dans un forum, un musulman se demande si finalement il n'y a pas une part de réalité, puisque les judeo-nazaréens marquent une continuité entre les anciennes traditions, et celle qui pour l'islam contient la dernière révélation. C'est la position de celui qui croit, et qui pense que la vérité en laquelle il adhère, finit toujours par rejaillir...
 

vendredi 30 novembre 2007, a 20:35
Manifestation à Khartoum contre Mme Gibbons

Ils sont plusieurs milliers de personnes dans la rues, certains brandissent des sabres tandis que la foule scande à l'exécution pour l'institutrice Gillian Gibbons qui avait cru user de pédagogie avec ses élèves de 6/7 ans, en leur permettant de nommer un nounours "Mohamed" pour une leçon sur les animaux et leur élevage. Arrêtée et  jugée, elle risquait 15 jours de prison, une amende et quarante coups de fouets, mais la peine n'a aboutit qu'à 15 jours de prison et à son expulsion, ce qui est trop peu pour la foule réunit dans les rues.
 
Et cette foule est d'autant plus virulente, que les prêcheurs en ce jour de prière, le vendredi, ont déclaré que l'institutrice avait agi intentionnellement, un religieux s'est exclamé "C'est une femme arrogante qui est venue dans notre pays pour toucher son salaire en dollars et enseigner la haine de notre prophète Mahomet", les autorités, qui ne tolèrent pas habituellement ce type de réunion dans Khartoum, laissent faire, les autorités judiciaires avaient par ailleurs fortement critiqué la clémence du tribunal. Dans les rues les slogans demandent à "punir par balles ceux qui insultent le prophète", "Pas de tolérance, exécution", "Tuez-la, Tuez-la au poteau d'exécution!". C'est la secrétaire de l'école dans laquelle l'institutrice travaillait qui a porté plainte, relayé par les parents d'élèves, dont l'un, prénommé Mohamed, avait eu le désir que le nounours porte le même prénom que lui.
 
Les autorités du pays n'ont pas communiqué sur l'endroit où l'institutrice britannique est détenue, et si elles ont tenu à l'écart les manifestants, elles ont permis à l'un d'entre eux d'aller remettre une lettre de protestation à l'ambassade britanique. Le défilé à certains moments semble avoir pris des allures de guerre contre l'occident, à en croire certains slogans, qui promettaient "la victoire des armées de Mohamed" sur l'occident, en référence à une bataille ancienne contre les juifs en Arabie, et un journaliste a été protégé de la foule par les services d'ordre. De fait, ce sentiment anti-occidentale est entretenu par le pouvoir, dans sa gestion de la crise du Darfour en opposition à l'occident et notamment aux Etats-Unis.
 
C'est certainement ce qui ressort du discours modéré de Tarik Ramadan, dans son article "Autour de la triste histoire de Madame Gillian Gibbon...", dans lequel il appelle à la libération de l'institutrice: "Tout se passe comme si l'enseignante est devenue le moyen à travers lequel un gouvernement montre son attachement à l'islam et par lequel quelques musulmans expriment leur colère vis-à-vis de l'Occident.(...) Cela a à voir avec un jeu malsain de politique intérieure et internationale destiné à mobiliser l'émotion populaire au prix sacrifié de la dignité et de l'intégrité d'une femme."
 
Un récit de la manifestation se trouve sur france 24

mardi 27 novembre 2007, a 22:04
En prison au Soudan pour un nounours

Gillian Gibbons a passé sa deuxième nuit dans une prison soudanaise, cette institutrice britannique de 54 ans, qui officiait dans une école privée, est enfermée suite à la plainte de parents d'élèves, mécontents de ce qu'elle ait permis à ces élèves de six à sept ans de nommer un nounours en peluche du nom de Mohamed, le nom du prophète de l'islam, ce qui a du choquer les musulmans pour lesquelles toute représentation en est interdite.
 
L'enquête est menée de façon approfondie, avec interrogatoire et auditions de témoins.  Dans le code pénal du Soudan relatif aux religions, rites et croyances, ce "délit" pourrait être puni de 6 mois de prison, de quarante coups de fouets, et d'une amende. Selon le directeur de l'école, le nom du nounours avait été voté en classe parmi de nombreux autres noms, mais les élèves se sont décidés en faveur de celui-ci par 20 voix sur 23. Les élèves, qui devaient ramener le nounours à leur domicile à tour de rôle, devaient noter dans un carnet tout ce qu'il faisait avec le nounours chez eux.
 
Le directeur avait par ailleurs mis en garde l'enseignante: " Je lui ai dit que c'était très délicat. Mais elle était innocente, presque naïve. Elle a répondu: "Mais ce sont les enfants qui ont choisi le nom Mohammed!" C'est pour lui en toute innocence que cette institutrice avait accepté de donner ce nom à la peluche.
 
L'école privée a du présenter ses excuses et a fermé ses portes jusqu'au mois de janvier, par peur des représailles. Les services diplomatiques de Grande-Bretagne tentent d'obtenir la libération de cette femme, originaire de Liverpool.

vendredi 09 novembre 2007, a 22:18
Un salon de coiffure la refuse pour port du voile...

 

Mlle Bushra Noah, 19 ans, a décidé de recourir à la justice anglaise pour régler son litige avec la patronne d'un salon de coiffure alternatif. Elle avait déjà postulé 25 fois chez d'autres coiffeurs, et avait essuyé 25 refus. Devenir coiffeuse est pourtant toute son ambition, et dans le cas présent, la patronne du salon de coiffure londonien l'a refusée en mettant très clairement en avant que son voile lui posait problème, car ses coiffeuses se doivent, selon elle, d'être des "vitrines" du salon. En effet, la spécialité du salon est la coupe de cheveux "Funky urbain",  et sa patronne, Sarah Desrosiers explique que toute son équipe porte ce type de coiffure en public, et que son salon vend de l'image. Il lui serait difficile dans le cas de la plaignante de vendre l'image d'une coupe de cheveux sous un voile, qui ne correspond pas à l'image de son entreprise.
 
Elle s'en explique: "Je vend de l'image c'est important et je m'attends à ce qu'une coiffeuse styliste expose ses cheveux pour inciter les passants à venir dans mon salon après avoir aperçu mes stylistes ». Cest la nature et le style de mon salon qui attire les gens. Couvrir ses cheveux est en contradiction avec cette réalité. Si quelqu'un portait un casque de baseball ou un chapeau de cowboy j'exigerais de le retirer pour le travail. Pour moi, c'est absolument essentiel que les gens puissent voir les cheveux du styliste."
 
Seulement Bushra Noah  ne l'entend pas de cette oreille, elle estime avoir été discriminée, et même rudoyée, et exige en conséquence des dédommagements pour perte de revenus, à hauteur de 15 000 Livres, d'autant que Mme Desrosiers lui aurait miné le moral: "J'ai décidé de poursuivre cette coiffeuse parce c'est elle qui m'a le plus blessé. Je me sentais tellement démoralisée et déprimée, que je me suis dit que si je ne me défendais pas, alors qui le ferait ? "Quand j'ai parlé à Mme Desrosier au téléphone, avant la première entrevue, elle m'a offert une journée d'essai. Mais lorsque je me suis présentée, elle ma regardée avec grand étonnement. Elle m'a demandé si je portais le foulard en tout temps et elle a continuée de répéter," j'aurais souhaiter l'apprendre lors de notre conversation téléphonique ".
 
Il est hors de question pour cette jeune femme d'ôter son voile, "Depuis mes études secondaires, la coiffure était tout ce que je voulais faire. C'est triste qu'ils ne me donnent pas l'occasion de le faire. Cette situation mine mes ambitions. Le port du foulard est fondamental à mes croyances." et ne semble absolument pas voir ce qui gênerait son ambition, il n'y a pour elle que de la discrimination dans cette affaire... Mme Desrosiers devra trouver des finances pour aller en justice en janvier 2008, pour contester la plainte, elle clame à l'injustice: "On me traîne dans la boue et on m'accuse d'être raciste. Cest totalement injuste et faux ! " Elle explique que son magasin pourrait fermer ses portes si en effet le procès devait se révéler trop onéreux.
 
Et cependant, on ne peut s'empêcher de se poser la question de savoir si la jeune femme possède en effet le bon profil pour ce poste, à comparer sa photo, avec l'affiche qui sert de présentoir à la boutique, à voir en tête d'article.
 

vendredi 26 octobre 2007, a 23:29
A propos du voile et de l'affaire Truchelut

  Sous l'un de mes derniers articles, sur le port du voile en Iran et au Canada, paru sur plusieurs medias citoyens, un commentaire m'a interpellé au sujet de l'affaire Truchelut, évoquant un risque potentiel de dérive sur des critères personnels de la dame, affaire dans laquelle il était question du port du voile, bien sûr, mais ce n'était pas ce qui m'avait interpelé sur ce sujet. Le rapport qui existe entre l'affaire Truchelut et les élections au Canada, dans l'article que je citais est ailleurs: pour prendre la défense du voile, dans les deux cas, il était dit qu'il s'agissait de "discrimination" envers les femmes voilées.  

 

Dans l'affaire Truchelut, qui s'est conclue par une décision du tribunal de condamner Madame Truchelut (qui a fait appel), les avocats de la partie adverse ont fait des déclarations qui avaient tout du procès d'intention, je cite: «un condensé d'ignorance et de racisme ordinaire». Un "racisme ordinaire". Tout le monde sait ce qu'est le racisme, un sentiment très bas, indigne, injustifiable, ignoble, et ordinaire en sus, c'est à dire vulgaire, un sentiment de caniveaux, celui de la "mégère du coin", en somme. Dire de quelqu'un qu'il est raciste à notre époque, c'est exprimer un jugement moral, le décrire comme une personne stupide et très sale, indigne d'être fréquentée, et cela amène aussi l'opprobre sur les éventuels amis de l'accusé. C'est une sorte d'excommunication moderne. Mme Truchelut l'avait bien compris, en rétorquant «Je ne suis pas une cruche !».  

 

 Elle n'avait pourtant pas tenu de propos racistes, elle avait juste déclaré: «Pour moi, le voile représente la soumission de la femme. J'ai été une enfant maltraitée, battue, opprimée. Je suis extrêmement sensible à tout ce qui tourne autour du droit des femmes". L'accusation principal était suffisante pour ne pas chercher d'autres subterfuges: "refus de fourniture d'un bien ou d'un service pour motif ethnique, social ou religieux ", suffisait amplement à demander réparation, mais Fanny Truchelut rétorquait alors qu'elle demandait juste à ce que le voile ne soit pas porté dans les parties communes (ce que dénie l'accusation), qu'une autre famille, ayant aussi loué le gîte, fréquenterait, ne refusant pas les personnes ou la religion, mais juste l'expression "ostentatoire", comme le demande la loi à l'école "républicaine". L'argument n'a rien de raciste en soi et se présente comme un propos laïc. Elle n'aurait pas demandé d'ailleurs à ce que le voile disparaisse, laissant chacun libre de faire ce qu'il veut , mais dans des limites précises. Ici les parties communes sont un endroit presque public.  

 

Sur le sujet de son voile, son adversaire, voilée de rose pour l'occasion, rétorquait qu'il s'agissait du résultat "d'un long cheminement spirituel", ne s'étendant pas plus loin. Dans cette réponse, aucune précision ne pointait pour exprimer le résultat de ce long cheminement, mis à part le bout de tissu arboré. On ne demandait pas de justification pour le port du voile, en revanche l'accusation de racisme, belle et bien présente, était sans appel. Y avait-il une lueur de haine raciste dans les yeux de Mme Truchelut? Il faut croire que cela irradiait l'assistance, puisqu'aucun rapport de  journaliste ne s'en est offusqué...  Pourtant l'ignoble accusation méritait qu'on s'y arrête: est-on raciste, et donc haineux lorsque l'on refuse une expression religieuse?  

 

Dans l'article que je commentais le même discours revient, on y parle discrimination, mais aussi de... paranoïa. Il se serait agi dans le cas des Canadiens "d'une peur de l'islam. Relevons ici les deux termes employés: paranoïa et peur. Nous avons là un terme issus du lexique médical, plus particulièrement utilisé en psychiatrie: le paranoïaque se sent persécuté, à tort, et la peur, nous pourrions dire dans le même esprit l'islamophobie, est un sentiment totalement irraisonné.  Dans les deux cas, il est inutile de faire appel à la raison, ce sont deux pathologies, qui peuvent se soigner, mais pour lesquels il faut un traitement long, et qui fait appel à des ressorts inconscients. De fait cette expression de l'islam dans ces deux descriptions est la blanche brebis, mise en cause par des malades, souffrant de troubles mentaux. Il ne s'agissait pourtant que de demander à ces femmes de retirer leurs voiles au moment de voter, de façon à se laisser identifier, au besoin par une autre femme.  

 

Le procédé est malhonnête à plusieurs titres: il vise à discréditer celui qui n'est pas en accord, et à éluder les vrais questions, tout comme dans le cas de Mme Truchelut, et son racisme supposé. Dans un témoignage, Fanny Truchelut s'exprime: "j’ai donné un sens à ce foulard, que cela vous plaise ou non... Il est le symbole de l’oppression et de la soumission de la femme". Point n'est utile d'adhérer aux propos de Mme Truchelut, pour s'apercevoir qu'elle ne tient pas de propos racistes, mais qu'elle étale simplement des convictions personnelles, à tort ou à raison. Elle continue cette sorte de lettre ouverte par "Vos avocats plein de haine ont insulté Anne (Présidente de la ligue du droit des femmes) et Annie (Présidente de la ligue internationale du droit des femmes) qui se battent depuis plus de 40 ans pour le droit des femmes. Ils ont osé dire ne pas connaître, je cite « ces deux exemplaires du féminisme ». Mais comment ont-ils osé ?"

 

  Ce qui est étonnant dans l'usage du mot islamophobie, c'est qu'il a une histoire particulière avec le féminisme selon Caroline Fourest et Fiammetta Venner, dans leur livre "Tirs croisés": "Le mot “islamophobie” [...] a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de "mauvaises musulmanes" en les accusant d'être "islamophobes". Il a été réactivité au lendemain de l'affaire Rushdie, par des associations islamistes londoniennes comme Al Muhajiroun ou la Islamic Human Rights Commission dont les statuts prévoient de “recueillir les informations sur les abus des droits de Dieu”."  

 

 J'ai déjà écrit sur la situation des femmes iraniennes par rapport au voile dans le précédent article, inutile d'y revenir. C'est à la justice de trancher concernant Mme Truchelut, pour autant, il est révoltant que cette dame subisse des propos outranciers et insultants, à moins de réellement prouver qu'elle a un sentiment raciste profondément ancré, de façon certaine, et dans des actes ou des paroles, non pas sur des pensées supposées, pour une personne qui nie l'être. Si ce n'est le cas, il s'agit d'un procès d'intention, inadmissible devant un tribunal, et digne des écrits de Kafka. Dans sa lettre ouverte, Mme Truchelut explique: "J’ai appris lors de l’audience, par le Procureur lui-même, que les peines encourues pour « racisme » avaient été majorées de 50%. Le risque est donc aujourd’hui de 3 ans de prison et de 45.000 € d’amende."

 

Madame Truchelut a donné un entretien au site Marianne2.fr et s'exprime sur le site riposte laïque

mardi 23 octobre 2007, a 19:10
Cachez ce visage que je ne saurais voir

  L'actualité iranienne m'a amené à naviguer sur la toile internautique, pour trouver des renseignements sur le port du hejab, et c'est tout naturellement que j'en suis arrivé à un article canadien dans la rubrique "opinions"  qui s'intitule "cachez ce voile que je ne saurais voir" , et qui concerne le vote "voilé", après que le port du voile ait été autorisé pour se rendre dans l'urne, pour les dernières élections fédérales. La question avait soulevé nombre de débats, en effet comment prouver son identité si l'on ne laisse pas voir son visage? Le débat s'est tranché par l'accompagnement d'un tiers pour attester de l'identité de la femme qui votait, pour celles qui ne seraient pas enclin à se dévoiler, même devant une autre femme.

 

L'article fustige "la paranoïa collective qui a occupé les ondes de radio, les émissions de télé, les pages des journaux et tous les blogues sur Internet, et qui s'est emparée de la tête de plusieurs chroniqueurs et intellectuels jusqu'à atteindre celle de nos élus", paranoïa décrite comme "creuse" et "déplacée"...  

 

L'auteur, Gaby Hsab (Professeur au département de communication sociale et publique de l'UQAM. Membre du groupe d'études et de recherches axées sur la communication internationale et interculturelle (GERACII) se félicite de l'autorisation donnée par le Directeur général des élections, au port du voile dans l'urne, et continue en évoquant une discrimination des femmes voilées dans cette affaire et va jusqu'à donner des exemples: "C'est encore moins le principe, risible, d'une laïcité qui ne fait pas de différence entre égalité et ressemblance, entre liberté d'expression et conformité.", "quelle différence y a-t-il entre une femme dont le corps est caché par un tatouage, une autre dont le corps est caché par une robe et un voile", "Au nom de la démocratie, de l'égalité entre les hommes et les femmes, de la laïcité, de l'intégration et j'en passe, c'est le voile que l'on vise, et à travers lui on atteint les femmes qui le portent, et à travers elles la religion à laquelle elles adhèrent. Le voile fait peur parce que l'islam fait peur"  

 

Actuellement donc, et au delà du Canada, en Iran, l'actualité du port du voile ne concerne pas le bureau de vote, mais plutôt la rue: une opération a été mise sur pied pour lutter contre les femmes "mal vêtues". Voici donc un pays où l'on ne s'amuse pas avec la tenue vestimentaire, le responsable de la sécurité morale (c'est son titre) ajoute même: "porter des manteaux longs mais fendus sur le côté et un maquillage inapproprié sont des pratiques que nous allons combattre". De même un couple qui adoptera un comportement inapproprié (qualifié de délit manifeste) sera aussi visé par la police: les couples non mariés pourront être contrôlés, et les gestes "affectueux" pourront être verbalisés.  110 000 femmes ont reçu des avertissements depuis le début de l'opération, en avril dernier, et les actions vont s'intensifier avec la fin du ramadan.  

 

Je n'irai pas plus loin en citant d'autres parties de l'article du professeur, que le lecteur prennent le temps de s'y arrêter. On y explique qu'il n'y a que discrimination dans la volonté d'interdire le port du voile dans les bureaux de vote, que tel auteur évoque des femmes voilées dans un magasin de lingerie, ce qui dévoilerait bien des choses sur ses fantasmes, pour en arriver à: "Il s'agit de la forme la plus archaïque de l'ignorance, et qui se traduit en peur. " L'auteur explique qu'au delà du débat sur la laïcité, "L'objet visé, l'objet exécré, c'est le voile. Point."

 


    Il assez paradoxal que le professeur ait choisi pour titre une citation de "Tartuffe" , Tartuffe qui se sert de la religion pour arriver à ses fins, Tartuffe, faux dévot, dont le nom est devenu synonyme d'hypocrisie. Dans la pièce, justement, Tartuffe sort son mouchoir et le tend à Dorine, disant  

 

TARTUFFE 860   Couvrez ce sein, que je ne saurais voir.   Par de pareils objets les âmes sont blessées,
Et cela fait venir de coupables pensées.
DORINE   Vous êtes donc bien tendre à la tentation;
Et la chair, sur vos sens, fait grande impression? 865   Certes, je ne sais pas quelle chaleur vous monte:
Mais à convoiter, moi, je ne suis pas si prompte*;
Et je vous verrais nu du haut jusques en bas,
Que toute votre peau ne me tenterait pas.


  et dans sa préface, Molière explique: "On me reproche d'avoir mis des termes de piété dans la bouche de mon Imposteur. Et pouvais-je m'en empêcher, pour bien représenter le caractère d'un hypocrite?", Molière qui pourtant était croyant...  

 

"Le voile, c'est aussi l'autre que l'on ignore et, de par notre ignorance on lui projette nos fantasmes et nos fabulations." nous dit le professeur. En Iran toujours, la possession ou la vente d'équipements pour recevoir des chaînes de télévision par satellite est interdite, et 300 000 CD et vidéos "décadents" ont été interdits et saisis et des avertissements ont été reçus par des cafés et des boutiques, qui auraient été fermés... L'objectif de cette grande campagne est d'"améliorer la sécurité physique et morale dans la société"...  

 

En France aussi le voile pose question, dans les écoles notamment, mais aussi sur les bancs des tribunaux, avec la récente affaire de Mme Truchelut par exemple. Mais n'est-il pas un peu malhonnête de toujours évoquer une quelconque discrimination dans le refus de voir se généraliser son port? Les questions que le voile, objet identitaire et religieux posent, sont plus profondes dans nos sociétés laïques. Le voile semble bien être, selon les textes eux-même, , une façon de cacher ce qui pourrait exciter la concupiscence chez les hommes autres que pères et maris...  mais est-elle pour autant acceptable concernant les femmes? Et n'est-ce pas être un rien soupçonneux, que de ne pas même vouloir ôter son voile, devant une autre femme? Et surtout, surtout, la généralisation du port du voile, et son autorisation, ne peut-elle donner lieu à des abus, dans la lignée de l'Iran? 

 

Pour pénétrer dans les avions Saoudien, il est interdit de porter des signes d'une autre religion que l'islam.  

 

 Certes, le Canada ou la France ne sont pas l'Iran ou l'Arabie Saoudite, c'est une évidence. Et cependant ne prendre que sous l'angle d'une discrimination quelconque le refus du voile dans les actes citoyens, sans considérer les problèmes réels que cela pose, fausse le débat dès le départ, puisque le voile peut aussi être intimement refusé, sans que la femme contrainte de le porter ne puisse s'y opposer ouvertement, comme c'est aujourd'hui le cas en Iran, et dans d'autres pays du monde. Accepter cela, c'est déjà fractionner la société, et accepter une communauté parallèle, régis par d'autres règles, religieuses celle-ci.

 

  Non, Monsieur le professeur, il n'y a pas d'équivalence entre un tatouage et un voile, qui ne montre que les yeux. Non Monsieur le professeur, il n'y a pas de relation entre un visage accidenté et le port du voile, ces comparaisons sont hasardeuses. Le port d'un tatouage n'implique pas une idéologie religieuse, et un visage accidenté non plus. Il est évident que l'islam est aussi en cause, vous avez en revanche raison, car par son intransigeance, il symbolise trop souvent le rejet de la liberté, et parfois, justement, l'obligation pour les femmes de porter un voile, comme c'est le cas en Iran ( voir ici, ici, et )... Et c'est bien de cela dont nos sociétés ne veulent pas. Ce n'est pas la religion qui est rejetée, c'est l'utilisation qui en est faite.

jeudi 18 octobre 2007, a 22:59
Le président de HRW, spécialiste de la charia?

  C'est un étrange discours que tient le directeur de HRW, Ken Roth, devant la presse. En effet il déclare que c'est une "mauvaise connaissance" de la charia qui est responsable de violations des droits de l'Homme au Nigéria, évoquant une "compréhension simpliste " qui négligerait les droits fondamentaux des femmes, et des accusés.  

 

Il faut s'assurer dit-il "qu'il ne s'agisse pas d'une version simplifiée qui existe dans l'imaginaire de nombreux responsables et qui provoque de nombreuses injustices". Des jeunes filles de douze ou treize ans seraient mariées de force sous la charia et des femmes répudiées ou divorcées se verraient refuser la garde de leurs enfants. Partant le directeur évoque des discriminations contre les femmes...  

 

Certes, dans le Coran les femmes ont des droits, c'est indiscutable. Reste à être bon connaisseur de la charia, et l'on peut s'inquiéter de ce que le président de HRW les connaissent sur le bout des doigts, et les comprennent au point d'en approuver les rêgles, dans sa version raisonnée.

 

Les nigérians ont-ils le même point de vue que le président sur la chose, lui qui n'est pas musulman, à priori?   Au début du mois, un tribunal islamique a interdit une pièce satirique, qui ironisait la pratique de la charia.

jeudi 11 octobre 2007, a 17:34
Taslima Nasreen appelle à l'aide, relayée par l'alliance des femmes

  Une pétition émanant d'alliance des femmes en solidarité avec Taslima Nasreen est actuellement en ligne sur internet, suite à un appel à l'aide de l'écrivain du bengladesch lui-même. Taslima Nasreen a été menacée de mort par une fatwa suite à son premier roman, Lajja (La honte), dans lequel elle prenait position pour les femmes battues dans l'islam, mais aussi pour les minorités non-islamiques, ici les hindouistes, dans les pays musulmans, tels que le sien.  

 

Pour échapper aux extrémistes,en 1994, elle a dû fuir son pays, pour habiter successivement Berlin, stokholm, et New York, puis Calcutta où elle essaye d'obtenir la nationalité indienne, en vain. Agressée par un groupement politique musulman à Hiderabad en août dernier, alors qu'elle présentait la traduction d'un de ces livres, elle fait aussi l'objet d'une mise à prix, de plus de 11000 dollars, pour sa décapitation, ordonné toujours par des islamistes indiens.Si aujourd'hui Taslima Nasreen appelle à l'aide  c'est qu'elle risque l'expulsion, ou... la mort, selon elle. La justice indienne la poursuit par ailleurs pour avoir semé "La discorde, la haine, et la malveillance entre les groupes religieux", et elle risque jusqu'à trois ans de réclusion.  

 

Dans un entretien donné à Amnestie sans frontière le 8 mars 2003 , elle expliquait la dure situation des femmes dans son pays, "elles n'ont aucun droit élémentaire" dit-elle, "elles ne vivent pas comme des êtres humains", avant de décrire les phénomènes trop fréquents de viols, dont les auteurs ne sont presque jamais inculpés.   Au dessus du texte de la pétition, ces paroles de Taslima Nasreen: "« Les temps sont mauvais. Je ne sais pas ce qui m'attend. Ou bien les extrémistes vont me tuer, ou bien le gouvernement indien va m'expulser. (…) Où aller ? Les fondamentalistes ont le bras long. Je ne suis pas ici pour combattre l'islam. Je ne fais qu'écrire pour les droits et la liberté des femmes (…). Mais cela fait maintenant seize ans que les extrémistes essaient de me tuer. (…) Si je survis, je viendrai peut-être en Europe en Octobre », écrit-elle à Antoinette Fouque." Il est possible d'imaginer que cela pourrait lui arriver n'importe quand.  

 

Taslima Nasreen est en grand danger aujourd'hui, comme le fut Salmann Rushdie. Dans un article d'opinion , le journaliste Didier Jacob évoque sa rencontre avec Taslima Nasreen, son amour pour Victor Hugo, et  le parallèle entre les deux romanciers.

Présentation
Bonjour,

Ce petit blogue parle de tout et de rien, il veut être ouvert aux débats et se félicite toujours de recevoir des commentaires.

Bienvenue à tous!

Envoyer un mail à l'auteur
publicité
commentaire(s)
Le piège des cercles d'abondance incohérence (06/11/2009 22:23)

Comment peut on comp...

Un curé brésilien suspendu à des ballons s'abîme en mer river (05/11/2009 20:57)

ah! elle l'avai...

Un curé brésilien suspendu à des ballons s'abîme en mer Blaise (05/11/2009 19:51)

Bonsoir Père Cantoch...

Un curé brésilien suspendu à des ballons s'abîme en mer pere cantoche (05/11/2009 17:00)

En voilà au moins un...

Un curé brésilien suspendu à des ballons s'abîme en mer river (04/11/2009 21:12)

.... la suite de l&#...

Newsletter

Pour vous inscrire à la newsletter de ce blog renseignez votre adresse mail :


mes catégories
Politique (55)
Islam (45)
Sarkozy (32)
Musique (23)
Video (23)
Europe (22)
Justice (16)
Blog (15)
Fait divers (13)
Christianisme (11)
Benoit XVI (11)
Humour (11)
Belles autos (10)
Histoire (10)
Education (9)
Vidéo (9)
Rachida Dati (8)
Valérie Bègue (8)
Media (8)
Fitna (7)
Articles précédents
Liste des articles
calendrier
«juin 2009»
LunMarMerJeuVenSamDim
01 02 03 04 05 06 07
08 09 10 11 12 13 14
15 16 17 18 19 20 21
22 23 24 25 26 27 28
29 30
archives
2009-09 (1)
2009-06 (9)
2009-05 (13)
2009-04 (16)
2009-03 (9)
2009-02 (2)
2009-01 (4)
2008-12 (7)
2008-11 (13)
2008-10 (15)
2008-09 (7)
2008-07 (10)
2008-06 (27)
2008-05 (22)
2008-04 (39)
2008-03 (34)
2008-02 (53)
2008-01 (26)
2007-12 (25)
2007-11 (29)
2007-10 (30)
thèmes
Burqa
Islam
Mes blogs Mongenie préférés
EUROTOFF2 / EUROTOFF2 / Tout sur la Collection des 2€
LA CUISINE DE TATI
Fatras de tout petit rien
AWANEKKINNAN
Les humeurs de Sophy
Gconomiz
Mes autres blogs préférés
Lucienne Magalie Pons
Journal d'un avocat
Pageliasse
Le Blog d'un curé
americatho
Discours de la servitude volontaire
D'autres blogs sur monGenie
QUESTIONS POSEES
Les trésors de Marilyn Monroe
FLO, le BLOG sans filtre -
VIETNAM : MON PAYS NATAL
Le blog de Blaise
Visites depuis

Le début du mois : 1049

Le mois dernier : 4764

L'ouverture du blog : 245877



** ** © Learnorama 2006 - conditions générales - développé par Learnorama et Kernix - Contact - Nouveautés blog