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Le blog de Blaise
vendredi 20 juin 2008, a 13:51
Un salon de coiffure londonnien condamnée pour discrimination "indirecte"

La patronne d'un salon de coiffure londonnien, Sarah Desrosier 32 ans, a été condamnée à une amende de 4000£ en dommages et intérets lors d'un procès l'opposant à une candidate malheureuse au poste de coiffeuse, qu'elle proposait en mai 2007. La jeune femme (elle a 19 ans) refoulée à l'entretien, Bushra Noah, était voilée lors de l'entrevue, et la tenancière avait considéré que l'aspect vestimentaire de la jeune femme n'allait pas avec celui de ses coiffeuses en exercice, qui affichaient toutes des coupes de cheveux en relations avec le thème de sa boutique, c'est à dire des coiffures "funky", spécialité de ce salon dit "alternatif".
 
Selon les articles de presse en français (essentiellement sur le site Point de Bascule, qui retraduit des articles en anglais ici  et ici  ), la jeune candidate avait obtenu un entretien avec la tenancière du salon de coiffure et devait faire une journée d'essai, mais lorsque celle-ci s'est présentée, la tenancière a été surprise en voyant un voile sur le visage de la jeune femme, qui déclare "Quand j'ai parlé à Mme Desrosier au téléphone, avant la première entrevue, elle m'a offert une journée d'essai. Mais lorsque je me suis présentée, elle m'a regardée avec grand étonnement. Elle m'a demandé si je portais le foulard en tout temps et elle a continuée de répéter, « j'aurais souhaité que vous me l'ayiez dit lors de notre conversation téléphonique".
 
Cela semble tellement vrai, que la tenancière avait bien expliqué "Je vend de l'image – c'est important – et je m'attends à ce qu'une coiffeuse styliste expose ses cheveux pour inciter les passants à venir dans mon salon après avoir aperçu mes stylistes. C'est la nature et le style de mon salon qui attirent les gens. Couvrir ses cheveux est en contradiction avec cette réalité. Si quelqu'un portait un casque de baseball ou un chapeau de cowboy j'exigerais qu'il le retire pour le travail. Pour moi, c'est absolument essentiel que les gens puissent voir les cheveux du styliste."
 
Il transparait dans le discours de Mme Desrosier qu'il ne s'agit pas de racisme : la patronne du salon de coiffure ne rejette pas la candidate à cause de ses origines ethniques, mais simplement parce que son style ne convenait pas à son magasin, selon elle, ce qu'elle semble déclarer volontiers. Elle ajoutera d'ailleurs après le jugement "Je n'ai jamais imaginé en un million d'années que quelqu'un pourrait être dans cette industrie tout en refusant complètement de montrer ses cheveux "...
 
Mais la jeune candidate n'en a cure. Elle se sent démoralisée après l'entretien dit-elle. Elle vient d'essuyer 25 refus après 25 entrevues et cet entretien lui reste sur le coeur, elle aurait été particulièrement blessée "J'ai décidé de poursuivre cette coiffeuse parce c'est elle qui m'a le plus blessée. Je me sentais tellement démoralisée et déprimée, que je me suis dit que si je ne me défendais pas, alors qui le ferait ?". Elle avait aussi demandé des dédommagements pour "perte de revenu", sans doute sur le salaire du travail pour lequel elle s'était présentée en entretien...
 
Une personne un peu pratique aurait répondu à la jeune candidate qu'il suffisait tout simplement qu'elle ôte son foulard pour tenter d'intégrer le salon, mais c'était chose impossible pour la jeune femme, qui avait déclaré le foulard essentiel à sa foi "Depuis mes études secondaires, la coiffure était tout ce que je voulais faire. C'est triste qu'ils ne me donnent pas l'occasion de le faire. Cette situation mine mes ambitions. Le port du foulard est fondamental à mes croyances. "
 
Clairement donc, aucune solution n'était négociable. La jeune femme n'avait pas fait ses preuves et les auraient-elles faites, elle refusait de se plier aux exigences de la patronne pour laquelle en l'état elle n'avait pas le profil vestimentaire. Ce sera à la justice anglaise de trancher et elle tranchera, dans le sens de la jeune femme, pour discrimination "indirecte".
 
N'allons pas hurler trop vite après le juge... Le résultat est logique suivant la législation actuelle : il s'agit d'une directive européenne retranscrite dans le droit britannique comme dans le droit français à présent. Si la tenancière avait simplement déclaré que la candidate n'était pas expérimentée, si elle l'avait laissée faire sa journée d'essai, elle n'aurait pas été inquiétée. Il suffisait de la garder une heure ou deux pour lui dire que son travail ne convenait pas, mais elle a avoué la véritable raison : c'est son allure vestimentaire qui ne convenait pas au salon et suivant la législation actuelle, il s'agit d'une discrimination "indirecte".
 
Voici ce que dit un site consacré à la lutte contre les discriminations au sein de l'UE http://www.stop-discrimination.info/808.0.html , l'expliquant fort bien :
 

"Discrimination indirecte Une société de traduction insiste pour que les traducteurs désireux de travailler pour elle disposent du permis de conduire, car il peut arriver qu'elle leur demande de livrer ou d'aller chercher le document chez les clients. Étant donné que cette condition empêche les personnes handicapées de postuler et que conduire n'est pas une exigence essentielle pour réaliser le travail, la société pratique effectivement une discrimination à l'encontre de ce groupe de personnes en particulier, à moins qu'il puisse être démontré que cette interdiction repose sur un motif objectif et fondé. Un grand magasin interdit à ses employés de porter un couvre-chef lorsqu'ils servent les clients. Cette mesure a pour effet d'interdire aux personnes dont les convictions religieuses les obligent à se couvrir la tête, comme les femmes musulmanes, de travailler dans le magasin. Le magasin se rend alors coupable d'une discrimination indirecte, à moins qu'il ne puisse démontrer que cette interdiction repose sur un motif objectif et légitime."

 

 Il faut croire Mme Desrosier lorsqu'elle s'exclame " On me traîne dans la boue et on m'accuse d'être raciste. C'est totalement injuste et faux ! ". La justice ne fait qu'appliquer les lois et directives, en l'occurrence, européennes, même si cette loi a quelque chose de surprenant malgré tout, puisqu'il se dit si souvent qu'en matière de foi musulmane, le voile ne serait pas absolument obligatoire, cela revient donc à faire plier la société devant des revendications religieuses non essentielles dans les faits. Le tribunal a par ailleurs bien ajouté dans ses conclusions qu'il croyait volontiers que Mme Desrosier aurait traité de la même façon tout autre personne voilée de cette façon, musulmane ou non, mais qu'elle n'a pas pu apporter de preuve par rapport à l'impact que le voile aurait sur sa clientèle.

 

L'article relatif au jugement de l'affaire ne dit pas si le salon de coiffure restera ouvert, Mme Desrosier ayant déjà eu du mal à réunir les sommes nécessaires à sa défense et devant verser 4000£ à Mlle Noah pour "atteinte à ses sentiments" . Le tribunal a en revanche rejeté les accusations de discrimination religieuse directe ainsi que la demande pour perte de gains et préjudice moral déposée par la jeune femme.

En France, l'Assemblée nationale a également adopté en début d'année le texte sur la discrimination dite "indirecte", voir les documents officiels ici  et ici.

 

  Les deux photos illustrant l'article sont celles de Mlle Noah et de l'affiche servant de présentoir à la boutique.

mercredi 18 juin 2008, a 20:19
Une vidéo sur Robert Spencer à Bruxelles

Voici une vidéo postée pas "l'Ubiquiste" sur Come4news dans laquelle Robert Spencer, islamologue américain, s'exprime sur l'islam. Le personnage connait bien l'islam et cite largement les textes religieux pour appuyer ce qu'il dit. Le site Point de bascule avait publié un texte de cet auteur déjà, au sujet d'un crime d'honneur.

 

Je laisse chacun se faire une idée dessus, la voici :

mercredi 11 juin 2008, a 13:20
Chronologie du mariage annulé, par Lucienne Magali Pons

Je suis un peu confus : Je pensais copier un commentaire de Lucienne Magali Pons , déposé sous mon article sur le mariage annulé (sur le site Come4news), je me rends compte à présent qu'il s'agit du dernier article de son blog, dont je viens à l'instant

 

Et ce n'est pas la première fois que je recopie un de ses articles. Elle n'est pas d'accord avec ce que j'ai pu écrire sur le sujet et apporte un complément d'information tout à fait utile.

 

Le voici :

 

Point sur l'affaire :

Le 26 juillet 2006, la mariée trouve dans sa boîte aux lettres une invitation à se rendre chez l'huissier : elle est assignée par le mari devant la justice pour l'annulation de leur mariage.

Me Xavier Labbée, avocat du mari, a conclu son assignation par le rappel de l'appartenance des deux mariés à « une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage »


La mariée prend alors un avocat et Me Charles-Edouard Mauger, du barreau de Paris, se souvient de sa propre réaction quand il a lu l'assignation et les motifs de la demande en annulation : «J'étais ulcéré, tout comme Elisabeth Badinter aujourd'hui, que l'on puisse traiter de la sorte un être humain et accorder autant d'importance à cette virginité.»

Après un an de statu quo, la mariée «consent» à l'annulation. Elle l'écrit à son avocat. Celui-ci peut faire part de son «acquiescement» à la magistrate en charge du dossier à la première chambre du tribunal de Lille. Et Me Mauger avocat de la mariée précise : «L'acquiescement concerne l'annulation de l'union, pas les motifs de cette annulation.

Note : Contrairement à que certains commentateurs ont prétendu ,la jeune mariée n'a pas acquiescé aux motifs de l'assignation qui rappelons le faisait référence à une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage » mais seulement à l'annulation.

.Par la suite dans sa plaidoirie Me Xavier Labbée avocat du marie plaide «Ce qui a blessé mon client, c'est le mensonge, si elle avait dit la vérité avant le mariage, il l'aurait acceptée. Après, il n'avait plus confiance. Il n'y a rien de religieux là-dedans.»

Note : L'avocat semble oublier ou feint habilement d'ignorer qu'il a conclu son assignation par le rappel de l'appartenance des deux mariés à «une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage».
Pourtant l'assignation est une pièce essentielle de l'ouverture de la procédure mais on voit bien que l'avocat habilement dirige sa plaidoirie sur le « mensonge »

Le jugement, rendu le 1er avril par une magistrate de Lille, ne reprend pas l'argument communautariste ou religieux...

 

Pour lire la suite...

mardi 10 juin 2008, a 19:14
Amende pour des parents qui s'étaient opposés aux médecins hommes

La famille Ijjou, qui avait entamé des démarches juridiques pour obtenir de l'hôpital de Bourg en Bresse des indemnités, suite au handicap à 100% de leur enfant Mohamed, devra finalement débourser 1000€ d'amende après la décision rendue par cour administrative d'appel de Lyon : ce serait l'attitude du père de l'enfant envers les médecins hommes qui seraient à l'origine du handicap de naissance du jeune garçon.
 
La cour d'appel de Lyon a en effet estimé que "l'état de l'enfant est totalement imputable à l'attitude de M. Radouane Ijjou", et que la famille ne pouvait "rechercher la responsabilité (...) du centre hospitalier de Bourg-en-Bresse". L'enfant présentait des bradycardies et une césarienne aurait dû être pratiquée, à défaut, l'enfant est resté handicapé, mais le père s'est opposé aux médecins
 
Une dépèche relate l'arrêt : "Dès 9H40, la sage femme a appelé l'interne de garde et invoquant ses convictions religieuses, M. Ijjou s'est, jusqu'à 10H10, physiquement opposé à toute présence masculine dans la salle d'accouchement (...) Lorsque vers 10H10, après négociation, M. Ijjou ne s'est plus opposé à l'intervention des médecins masculins, il était trop tard pour commencer une césarienne et l'extraction de l'enfant a dû être effectuée par application de forceps"
 
Se serait donc bien l'attitude du père qui serait responsable de la santé déficiente de l'enfant, empéchant les examens qui "auraient permis d'empêcher les graves complications neurologiques dont a été victime le jeune Mohammed". Une demi-heure représente un temps assez long pour laisser imaginer la résistance du père de l'enfant aux médecins qui tentaient de pratiquer les soins nécessaires.
 
La demande du couple avait été rejeté en mai 2006. Il demandait 100000 euros d'indemnité ainsi que 10000 euros à titre personnel. Leur avocat avait tenté de faire valoir que l'hôpital aurait du faire intervenir les forces de police, ce à quoi le tribunal avait répondu que les patients, s'ils ont des droits, ont aussi des devoirs, "M.Ijjou ne peut pas faire valoir sa propre turpitude pour faire valoir ses propres intérêts". L'expert de la cour avait en outre qualifié le plaignant "d'intégriste".
 
Le père de famille est bien sûr musulman et il s'est opposé à ce que les médecins voient sa femme, même s'il s'agissait de lui apporter des soins. Peut-être ne s'est-il pas bien rendu compte de ce qu'il faisait et de ce qu'il en découlerait pour l'enfant. Toujours est-il que cette situation n'est pas isolée, à telle enseigne que déjà des gynécologues s'étaient inquiétés des violences à leur égard, de la part des maris de leurs patientes musulmanes.

lundi 09 juin 2008, a 19:09
Vidéo : Malek Chebel sur l'esclavage en islam

Le passage de Malek Chebel chez F.O.G. pour son livre "L'esclavage en terre d'islam".



mercredi 04 juin 2008, a 18:24
Le garde des sceaux demande un appel du jugement sur l'annulation du mariage

L'affaire du mariage annulé rebondit avec les derniers propos du garde des sceaux, Rachida Dati, prononcés à l'Assemblée Nationale. Elle qui avait d'abord défendu la décision du tribunal,  a engagé une demande d'appel au parquet de Lille, contre la décision prise par le juge (juge qui était une femme dit-on). En outre, l'intervention de Rachida Dati, qui a accusé la gauche d'avoir mené une politique des "grands frères" dans les banlieues, au détriment des jeunes femmes, a créé un début de polémique dans l'assemblée.
 
"Mais qui, sinon vous, membres du groupe socialiste, a appliqué la politique des "grands frères", abandonnant ainsi d'innombrables jeunes filles entre leurs mains ? C'est à l'échec de votre politique d'intégration que nous devons faire face ! Alors, Monsieur Ayrault, vous pouvez m'attaquer car j'ai échappé à votre politique qui a suscité le repli identitaire. C'est ce qui vous dérange !" a-t-elle déclaré.
 
L'on passera sur les provocations politiciennes des uns envers les autres, ainsi que sur les réponses apportées, pour simplement constater qu'une fois encore la gestion de l'immigration est utilisée pour argument, par nos politiciens de droite comme de gauche, au-dessus d'un problème plus délicat, ici un problème de droit qui concerne deux personnes à titre privé. Le discours des députés en est donc décalé par rapport à la réalité et puisque les deux partis majoritaires à l'Assemblée ont tenu le pouvoir ces dernières décennies, ils auraient mauvaise grâce de ne pas s'auto-flageller en accusant l'autre partie de l'hémicycle.
 
Le discours est d'autant plus décalé que l'avocat de la jeune femme a pu préciser qu'elle ne tient pas à ce que l'annulation du mariage soit revue, ce qui est aisément compréhensible. Ce sera pourtant au nom de sa liberté que l'appel sera réclamé dans son affaire, si tant est que le ministère puisse entamer cette démarche, inhabituelle selon les juristes, puisque le jugement concernait deux personnes à titre privé.
 
Peut-être faudrait-il retenir que les juristes ne sont généralement pas choqués de ce jugement et qu'ils insistent bien pour dire qu'il ne concerne pas la virginité de l'ex-épouse mais qu'il se base bien sur le mensonge de la jeune femme auprès de son ex-futur époux, ainsi que de l'importance accordé à celle-ci par les deux partis avant le mariage projeté. Cela peut bien sûr choquer, mais cette décision n'aurait jamais été rendue si les deux époux n'avaient pas été unanimes à accepter cette décision et à déclarer la virginité de l'épouse comme déterminante à ce mariage, avant qu'il n'ait lieu.
 
Le revirement du garde des sceaux nous rappelle aussi tristement que face à l'opinion publique, ce qui a pu être considéré comme un jugement équilibré, établi sur une loi visant à protéger des personnes, est très rapidement décrié. Ce n'est pas la première fois que ce gouvernement agit avec impulsivité, pensons à la mémoire de la shoah à enseigner aux jeunes élèves, pour exemple. Rachida Dati a-t-elle été priée de revoir sa position? C'est tout à fait possible et c'est bien ce qui se murmure...
 
Il reste bien sûr à évaluer l'impact qu'un tel jugement pourra avoir sur d'éventuels procès en annulation de mariage, il se sait que des mariages sont parfois arrangés avec des personnes issues des pays du sud et des français originaires de ces pays, mais la crainte de voir ce type de procédure tendre à se reproduire trop facilement ne semble pas se justifier.
 
Il est à signaler qu'un très intéressant débat s'est tenu sur france culture sur ce sujet, dans "Le grain à moudre", avec pour invités, Caroline Fourest, Maître Eolas, Sahra Mekboul et Laure Heinich-Luijer, débat dans lequel la crainte de voir ce jugement mettre en danger les libertés des jeunes femmes musulmanes notamment a été évoqué. Il est possible d'écouter l'émission sur le site.



lundi 02 juin 2008, a 14:40
La justice et le mariage des vierges

Quelques mots, juste quelques mots sur cette fameuse affaire qui secoue le monde politique comme le monde associatif, qui enflamme toute les conversations, qui fait crier au scandale : le fameux mariage annulé par la justice française et qui concernait deux personnes de confession musulmane. Chacun crie à l'ignominie, l'on évoque parfois le droit des femmes à disposer de leurs corps... Le garde des sceaux, qui pourtant a bien autre chose à se faire pardonner est mis à l'index, bien qu'en l'occurrence il ait parfaitement raison dans sa démarche : le jugement rendu est bien en accord avec la justice actuelle et porte sur le mensonge et l'aveu de l'épouse que la virginité importait dans la décision du marié...
 
Si tout le monde politique s'est insurgé au point d'envisager de changer les lois, si l'on a pu quasiment titrer que les droits des femmes sont menacés, qu'il faut être vierge au yeux de la justice pour épouser, ou encore que les lois françaises sont tout à fait médiévales, le jugement est tout autre si l'on en croit l'excellent blog de Maître Eolas. Comme tout contrat, le contrat de mariage se base sur un accord commun entre deux parties, mais la loi ne spécifie pas ce qu'il en est exactement des accords pris, ces fameuses qualités essentielles : cela se passe entre les futurs mariés. Il se trouve dans cette affaire que la jeune femme a admis avoir menti sur sa propre situation auprès de son futur (ex à présent) mari. Elle a prétendu à tort être vierge, mentant sur son propre passé. C'est le mensonge sur elle-même que la justice a pris en compte, d'autant que la mariée était d'accord pour l'annulation du mariage et sur l'importance de la virginité dans l'accord.
 
Maître Eolas a eu la très bonne idée de donner des détails sur le cheminement finalement fort long de la procédure et de faire paraître des extraits du jugement rendu :

"- Attendu qu'en second lieu il importe de rappeler que l'erreur sur les qualités essentielles du conjoint suppose non seulement de démontrer que le demandeur a conclu le mariage sous l'empire d'une erreur objective, mais également qu'une telle erreur était déterminante de son consentement ;"

"Attendu qu'en l'occurrence, [l'épouse] acquiesçant à la demande de nullité fondée sur un mensonge relatif à sa virginité, il s'en déduit que cette qualité avait bien été perçue par elle comme une qualité essentielle déterminante du consentement de [l'époux] au mariage projeté ; que dans ces conditions, il convient de faire droit à la demande de nullité du mariage pour erreur sur les qualités essentielles du conjoint."

Le juge n'a donc pas procédé à l'annulation du mariage pour virginité, les offuscations n'ont donc pas vraiment lieu d'être. En revanche ce jugement pose une autre question : la jeune femme était-elle libre de dire ce qu'elle voulait? Dans le cas présent il semble bien que oui, mais si une autre affaire de ce type se présentait, en serait-il de même? Il se sait que la médecine refait de plus en plus d'hymens à des jeunes femmes, notamment musulmanes.
 
On regrettera que toute la presse se soit jeté comme un seul homme sur cette affaire, sans se renseigner plus loin. Cette situation prouve s'il était besoin, que l'instantanéité de l'information, sa diffusion rapide, les différentes sensibilité, peuvent amener le lecteur ou le simple amateur d'information, à se renseigner de bonne foi et à être trompé sur la réalité de l'information. Cela s'est déjà produit  avec des journaux tout à fait sérieux qui reproduisaient une erreur sans forcément savoir.
 
S'agit-il d'islamophobie? Il ne faudrait pas non plus conclure trop vite que la presse s'est emparée de l'information par "phobie" de l'islam. Dans certains pays la non virginité d'une femme est une cause d'annulation de mariage, mais pas celle de l'homme, c'est aussi ce que ce jugement fait craindre ici : forcera-t-on les jeunes femmes non vierges le jour de leur mariage, a acquiescer à l'annulation réclamée par la famille de l'époux et par l'époux lui-même? C'est sans doute la seule question valable dans ce contexte, puisqu'une jeune femme non vierge peut représenter le déshonneur de la famille selon certaines traditions. Mais il n'est pas sûr non plus qu'un procès un peu similaire aboutirait à la même conclusion.

mardi 27 mai 2008, a 21:09
Algérie : prison ferme requise contre des convertis, Habiba Kouider en report

Deux ans de prison ferme ont été requis contre six jeunes algériens convertis au christianisme, pour exercice illégal d'un culte non musulman, ce mardi 25 mai, au tribunal algérien de Tiaret. La peine est en outre assorti d'une amende de 500 000 dinars, c'est à dire 5000 euros environ, pour chacun des prévenus, tandis qu'Habiba Kouider, dont le cas avait été médiatisé dans le monde entier et qui avait été arrêté en possession de plusieurs Bibles dans son sac, devra attendre le verdict à son encontre, suite à son report pour manque d'information.
 
Les six personnes accusées avaient été surprises à la sortie d'une maison, dans laquelle elles auraient participé à une messe non autorisées, selon l'accusation. En effet cela nécessite dans le pays deux autorisations : une pour le prédicateur et une autre pour le lieux de culte. Le culte doit être obligatoirement  agréé par le ministère des affaires religieuses, ce qui n'était pas le cas ici.
 
Le cas d'Habiba Kouider est différent : elle avait été arrêtée en possession de Bibles dans son sac. Selon elle les policier l'ayant interpellée se sont dirigés directement vers elle dans le bus qu'elle occupait au retour de l'école d'étude biblique, lui demandant d'ouvrir son sac. Si les services de police dénombrent 25 Bibles dans le sac, le président de l'Eglise protestante d'Algérie déclare qu'elle n'en avait qu'une dizaine.  Elle est accusée précisément de "prêche d'un culte non musulman sans autorisation" et risque jusqu'à 5 ans de prison ferme. La peine requise avait été de 3 ans uniquement.
 
A la première comparution de la jeune femme, le juge lui avait tout simplement proposé de redevenir musulmane, pour classer ensuite l'affaire et avait tenté de retirer les carnets aux journalistes présents. Son avocat avait rappelé que sa cliente n'était pas en train de prêcher au moment où elle avait été arrêté "Lorsque ma cliente a été arrêtée, elle n'était pas en train de prêcher. Elle ne distribuait pas des bibles. Elle était assise seule dans ce bus qui l'a ramenée chez elle ", rappelant "(qu') On ne juge pas sur les intentions, mais sur les actes." L'article qui l'amène au tribunal ne punit en effet selon El Watan, que "des cas flagrants d'« incitation, d'utilisation de moyens de séduction » afin de convertir des « musulmans à une autre religion » dans les lieux publics et aussi la fabrication et la distribution de documents imprimés ou audiovisuels visant à « ébranler la foi des musulmans »."
 
Cette affaire avait suscité des réactions dans le monde entier, le ministre des affaires étrangères français était intervenue, déclarant : "C'est triste, c'est choquant, d'abord parce que cela contrevient à la déclaration universelle des droits de l'Homme", ce à quoi le journal algérien "La liberté"  avait répondu "On voit difficilement comment Rama Yade compte conjuguer les droits de l'Homme avec la diplomatie en s'emparant d'autorité d'une affaire traitée par un tribunal algérien". Elle avait en outre ajouté "Le christianisme ne menace pas l'islam en Algérie (...) Les chrétiens en Algérie sont 1% de la population, c'est-à-dire à peu près 11.500 personnes, 32 églises par rapport à 32.000 mosquées, donc je ne pense pas qu'il y ait une menace religieuse".
 
Est-ce en marge du procès d'Habiba Kouider que le chef d l'exécutif algérien, Abdelaziz Belkhadem a déclaré que "«la société algérienne» a pour Constitution «le Coran» ? C'est que laisse entendre le matindz.net avec pour titre, "Algérie : Belkhadem suggère la charia pour le pays". On se rappelle que le Le président de la ligue algérienne des droits de l'Homme s'était insurgé contre les poursuites envers Habiba Kouider, comme le journal El-Watan. Le tribunal chercherait à établir des liens entre les six algériens condamnés et la jeune femme, pour poursuivre son action judiciaire.
 
Ajout : Merci "aux lapins" pour cette vidéo très intéressante, que je dépose ici. Elle illustre parfaitement la situation et donne un renseignement complémentaire autour de ces chrétiens d'Algérie.
 



jeudi 22 mai 2008, a 22:21
Habiba, jugée en Algérie, pour délit de chrétienté...

C'est une femme intimidée qui comparait face au juge. Elle se trouve devant la cour pour "délit de chrétienté". Le juge, lui propose un marché, c'est à dire une chance d'éviter les trois ans de prison ferme qu'elle risque de subir à l'issue du procès : "Tu réintègres l'islam, et je classe le dossier ; si tu persistes dans le péché, tu subiras les foudres de la justice!". Ce procès ne date pas du moyen-âge, il ne sort pas des archives poussérieuses d'un quelconque pays, mais date simplement de ces derniers jours. Habiba Kouider a 37 ans, et la police a trouvé des Bibles et des évangiles dans son sac, elle a en conséquence été arrêté et conduite devant le juge.
 
Deux journaux relatent son passage au tribunal correctionnel, le Figaro  et El-Watan. Aucun des deux ne se contredit l'autre et ils relatent, ainsi que le révèle le journal le Figaro, un procès "surréaliste". Habiba s'est convertie il y a quatre ans dans une église d'Oran. Alors qu'elle revient en bus de l'Ecole d'Etudes bibliques où elle étudie, des policiers contrôlent le véhicule et se dirigent tout droit vers elle, demandant à voir son sac. Elle est aussitôt après la découverte de Bibles et d'Evangiles, appréhendée avant d'être interrogée, qualifiée au passage de "mécréante". Devant le juge, la jeune femme n'a pas renié sa foi malgré les risques de prison ferme.
 
Ce n'est pas la première fois qu'un procès se tient envers des chrétiens, mais celui-ci est différent. Si jusqu'ici il s'agissait de prosélytisme, le cas d'Habiba est plus particulier, selon El Watan, "il s'agit du premier procès où la pratique libre de la foi chrétienne est vertement remise en cause". L'accusée a connu des difficultés à trouver un avocat pour la défendre. Le juge l'a prise de haut, a aussi demandé aux journalistes ce qu'ils faisaient là, les a menacés de "confisquer" leurs carnets de note. Il a en outre rappelé qu'en Algérie, l'islam est religion d'Etat. Le Figaro finit son papier en écrivant "Sans rire, le ministre algérien des Affaires religieuses se veut rassurant : «La communauté chrétienne jouit de tous les droits ; mais nous luttons contre les sectes !»
 
En Algérie même, des voix se sont élevées  et le procureur a dû réunir un point presse pour évoquer l'affaire, expliquant "il n'est pas dans l'intention de la justice de toucher à la liberté du culte, garantie par la loi et les textes en vigueur, qu'il s'agisse de musulmans ou non en Algérie", ajoutant c'est "une affaire liée à la pratique sans autorisation du culte". Le président de la ligue algérienne des droits de l'Homme s'est égaelment insurgé, demandant l'arrêt des poursuites. El-Watan aussi s'est à nouveau exprimé dans un discours tout à fait bienvenu : "Le locataire d'El Mouradia a lui-même exprimé son intolérance en affirmant sa préférence pour l'islamisme contre la démocratie (...) Cette folie anti-chrétienne vise incontestablement à introduire le wahhabisme au cœur de la société algérienne. L'Islam est en train de se répandre en Europe et aux Amériques mais, à ce qu'on sache , les autorités de ces contrées n'ont manifesté aucune inquiétude. Et nous avons tendance à oublier que nous crions au racisme, lorsque par hasard des réticences sont exprimées dans une quelconque ville occidentale contre la construction d'une mosquée. »
 
L'affaire est à suivre, six autres chrétiens seront jugés en même temps qu'Habiba pour prosélytisme et c'est seulement mardi prochain que le verdict sera connu. Si l'on en croit toute l'agitation autour du cas d'Habiba, la décision du tribunal ne devrait pas passer inaperçue et susciter à nouveau quelques remous dans la presse et dans les milieux journalistiques. Il est à noter que cette affaire survient alors que des chrétiens se sont déjà plaints ces derniers mois de l'attitude du gouvernement à leur égard, arrêtés parfois pour une simple prière entre chrétiens de naissance.
 
Le lecteur est invité à cliquer dans les liens indiqués dans l'article, qui sont tout à fait intéressants, pour chacun d'entre eux.

dimanche 18 mai 2008, a 16:34
Pays-Bas : un blogueur caricaturiste face à la justice

Un caricaturiste néerlandais a subi suite à une plainte pour discrimination datant de 2005, une enquête de police, une arrestation et une mise en détention pour 32 heures, avec perquisition à son domicile. Les dessins incriminés étaient édités sur son blog et représentaient plus particulièrement Mahomet. Toute la classe politique a exprimé son indignation, qualifiant l'arrestation de "démesurée", bien que l'homme n'ait jamais hésité à s'en prendre aussi aux partis politiques.
 
Le blogueur publiait son blog sous le pseudonyme Gregorius Nekschot pour éviter de prendre des risques inutile. La police d'Amsterdam l'a arrêté mardi et libéré vendredi, sa maison a aussi été perquisitionnée pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins incriminés.
 
Le parquet a en effet estimé que "après étude du matériel saisi (pendant la perquisition, ndlr), il est devenu clair que l'homme de la maison était "Gregorius Nekschot",  et que sur les dix caricatures désignées par la plainte, huit dépassent le cadre de la liberté d'expression, ajoutant qu' "Elles sont répréhensibles (...) pour discrimination et (...) incitation à la haine ou la violence (...) elles ont été retirées d'internet".
 
c'est un imam qui avait porté plainte, un néerlandais converti. Selon un proche du caricaturiste, l'arrestation est intimidante, les policiers lui ayant déclaré qu'il allait perdre son anonymat. Ce blogueur n'est pas inconnu aux Pays-Bas. D'aucun estime qu'il va trop loin dans ces caricatures, l'on songe à un dessin montrant Jésus et Mahomet ayant ensemble des rapports sexuels , par exemple. Une truie à tête de Mahomet  avait aussi été publié sur le site.
 
Il est certain que les dessins du caricaturiste ne sont pas de très bon goût. On remarquera toutefois que les caricatures de Jésus ne sont pas concernées par la plainte, le parquet n'en fait pas état. On notera aussi qu'il s'agit d'un blogueur, qu'il avait gardé l'anonymat mais que les services de police se sont mis à sa recherche, ont perquisitionné son matériel pour découvrir s'il était bien l'auteur des dessins.
 
S'agit-il de discrimination? Les dessins incriminés ne sont plus visible sur internet selon le parquet. Il n'est jamais dit pour un dessin de Jésus ou de Bouddha qu'il s'agit de discrimination, représenter le prophète de l'islam ne devrait donc pas tomber sous le coup d'une pareille loi, en théorie. En théorie, sauf que les plaintes pour discrimination émanant de la communauté musulmane sont de plus en plus fréquentes, presqu'habituelles à présent, pour tout ce qui touche à leur religion. En ouitre, le caricaturiste dessine aussi fréquemment sur le christianisme, dans le même esprit.
 
Ce fait divers se passe sur le sol européen et pourrait faire s'interroger les blogueurs : est-il permis en territoire européen de critiquer les religions? Doit-on remettre en cause certaines libertés d'expression? Ainsi que le révélait le site Iran Résist  , au moment du film "Fitna"  , le Conseil des Droits de l'Homme de l'ONU votait un texte visant à limiter cette liberté.
 
"Le Conseil des droits de l'homme a franchi le pas pour reconnaître officiellement le blasphème comme un délit voire une violation des droits de l'homme et pour ficher son auteur ! Cet amendement a été approuvé par 32 voix contre 15 notamment grâce aux pays officiellement musulmans qui siègent au Conseil des droits de l'homme. Ces pays sont membres de l'organisation de la conférence islamique(...)" (cf Iran Resist )
 
Le site ne se trompe pas plus en évoquant un long processus engagé par les mollahs. en effet suite à la dernière conférence de l'Observatoire de l'OCI, un rapport a été publié, qui évoque aussi les médias, notamment internautiques, pour limiter très clairement les critiques de l'islam. L'on pouvait trouver dans le rapport également, que les masses maghrébines de France la subissant, elles avaient fini par se révolter en novembre 2005 (!). Il n'est quasiment pas fait mention dans le rapport du terrorisme islamique, si ce n'est pour dire qu'il n'a rien à voir avec l'islam et que les pays musulmans luttent déjà contre et subissent aussi la situation. L'observatoire a été créé pour lutter contre les caricatures ou les films tels que "Fitna". Faire condamner le "Blasphème" est dans son intention.
 
Il suffit de faire un tour sur le site de Gregorius Nekschot et de voir ses dessins pour se rendre compte qu'ils sont particulièrement de mauvais goût, l'on ne niera pas qu'il va un peu loin. Reste qu'il est un peu inquiétant de voir la justice néerlandaise poursuivre un blogueur, les services de police se rendre chez lui, perquisitionner son matériel, pour finalement lui annoncer que son anonymat sera dévoilé, au risque de lui faire courir des risques pour sa vie. Pensons ici à Robert Redeker, Salman Rushdie, Taslima Nasreen, Ayaan Hirsi Ali , Wafa Sultan, Magdi Cristiano Allam  et tant d'autres encore.
 
Souvenons nous aussi de l'histoire de cette enseignante au Soudan qui avait appelé un nounours "Mohammed", trainée devant les tribunaux, elle risquait la prison et le fouet, tandis que la foule manifestait pour demander son exécution  .
 
Le pseudonyme Gregorius Nekschot signifierait littéralement "une balle dans la nuque", son site : http://www.gregoriusnekschot.nl/blog/ (attention le site contient des photos qui peuvent être choquantes, ne pas le consulter devant des enfants...)
 
Articles sur le sujet, en français :
 

mardi 13 mai 2008, a 19:24
Polémiques autour d'une statue d'église représentant, peut-être, Mahomet

Une photo parue dans le "Brussels journal"  qui se veut très conservateur, représentant une statue dans l'Église Notre-Dame à Termonde, , avec trois anges terrassant un personnage au turban, dans ses mains un livre et dont Le titre donné est "Mohammed "Statue" in Belgian Church", a soulevé les protestations d'un journal turc, et la répercussion de la réaction dans les journaux flamands. L'oeuvre date de 1685, juste après le siège de Vienne par les turcs et est signée Matthias van Beveren.
 
"Stoppez ces cochonneries" s'exclame en gros titre le quotidien nationaliste turc Yeniçag, envahissant les colonnes des journaux flamands de sa "une" dès samedi. Le journal turc demande ni plus ni loin que l'éloignement de cette sculpture, afin de ne pas offenser les croyants musulmans. Nous avions déjà les désaccord sur le texte de Ratisbonne, les caricatures danoises et le film Fitna, nous faudra-t-il à présent évoquer comme sujet de discorde les oeuvres anciennes se demande la Libre.be?
 
Pour le journal "Lalibre.be"  , le "Brussels journal" est un quotidien proche de certains mouvements de droite et du parti Vlaams Belang, il qualifie la femme du fondateur du journal de députée neo fasciste (à Anvers)  et il selon lui il s'agirait plus particulièrement d'un encouragement à la haine émanant des partis d'extrême droite. Sans doute la "Libre.be" ne dit-elle pas cela par hasard, ce journal étant plutôt sérieux. Mais la députée serait en fait d'extrême-droite chrétienne. Tout au plus cette sculpture rappelle les affrontements avec les turcs en Europe. C'est le triomphe de l'Europe chrétienne sur l'empire ottoman musulman, à une époque où le religion avait plus d'importance que de nos jours. Faudrait-il détruire les monuments aux morts qui témoignent des affrontements entre les nations?
 
lalibre.be relie aussi les déclarations du conservateur de l'église, pour lequel le personnage de la statue n'est pas Mahomet mais plutôt un persan : "A y regarder de plus près, ce n'est certainement pas Mahomet car les vêtements de l'homme subissant les assauts des anges sont plus persans qu'arabes. Et puis, il faut se replacer dans le contexte de l'époque : c'était au moment du siège de Vienne par les Ottomans. A l'époque, on était vraiment sur le fil du rasoir car l'on redoutait une invasion de l'Europe qui eût mis à mal nos régions christianisées mais l'auteur de l'oeuvre a surtout voulu représenter ce que l'on appelait alors les incroyants à l'aune de la vision catholique..."
 
On remarquera toutefois qu'il porte un turban et un livre, qui pourrait être un Coran. Quoi de plus normal d'ailleurs? Les Turcs venaient de subir une cuisante défaite après le siège qu'ils avaient entrepris devant la ville, pour la troisième fois, il est donc logique donc que la statue représente un personnage en rapport, au moins dans l'imaginaire. Ce sera le dernier siège de l'empire ottoman devant la ville, le signe de son déclin. Rappelons que l'empire avait occupé une grande partie de l'Europe, qu'il pratiquait l'esclavage et  les razzia dans les villages pour ce faire. La Grèce n'a acquis son indépendance qu'au XIXème siècle. La réaction Turcque est donc pour le moins déplacée.
 
le site "fairelejour.org" , qui a été le premier à révéler en France cette affaire, note que le "Brussels Journal"  aurait aussi reçu des menaces par message électronique, lui donnant sept jours pour ôter les photographies de la sculpture, sous peine "d'attaque turque", rappelant aussi qu'en Italie une peinture dans une église avait aussi soulevé la polémique, on y voyait Mahomet en enfer, ce qui est une vision logique pour un chrétien, qui ne saurait y voir autre chose qu'un manipulateur et un imposteur : le contraire signifierait sa conversion. C'est donc plus que du respect que demande les islamistes, c'est tout simplement la dhimitude du journal incriminé.
 
A tout prendre d'ailleurs, l'islam aurait plutôt des comptes à rendre aux autres confessions, pour des faits autrement plus graves. Songeons seulement à l'église orthodoxe du Christ Sauveur  à Pristina, transformé en toilette publique après que tous les serbes de la ville aient été chassés, avec la passivité des soldats de l'ONU, ou encore les nombreuses destructions d'églises dans la même pays, rappelons que bien plus tôt, la cathédrale Sainte-Sophie de Constantinople avait été changée en mosquée, ses peintures grattées. Il est par ailleurs tout à fait inquiétant de voir un pays qui voudrait rentrer dans l'Union européenne adopter ce type de comportement, imposer ses croyances et sa loi, les menaces en sus.

mardi 06 mai 2008, a 20:06
Manifestation pour la liberté religieuse à Jakarta

Ils étaient plusieurs centaines d'indonésiens dans les rues de Jakarta ce mardi, pour demander la protection de leurs lieux de culte. Les fidèles de l'Ahmadisme, considérés comme hérétiques par les autre musulmans, sont persécutés ces derniers mois par les musulmans radicaux de l'île. Dans le défilé se trouvaient aussi d'autres confessions, qui se sentent également menacées, notamment des chrétiens et des musulmans "modérés" s'étaient joints au cortège.
 
Cette manifestations intervient peu après les attaques envers une mosquée, incendiée durant la nuit ainsi que du vandalisme commis dans une école appartenant aussi à cette confession, à la fin du mois d'avril. Si personne n'avait été blessé dans ces opérations, il arrive malgré tout que  les ahmadis soient chassés de leurs domiciles, battus ou harcelés par les autres musulmans. Ils ne représentent en effet que 200 000 personnes sur l'île qui compterait 220 millions d'habitants, dont 88% de musulmans.
 
Ce groupement religieux qui se revendique comme étant l'islam véritable, tire son nom de son prophète Hadhrat Mirza Ghulam, né en Inde, déclaré aussi selon "The Encyclopedia of Religion",  "un prophète (nabi), le réformateur attendu (mujaddid) du XIVe siècle, le Mahdi et le Messie promis (masih maw'ud)" ce qui constitue une sorte de sacrilège pour les autres musulmans pour lesquels Mahommet ne saurait être que le dernier prophète, à l'exclusion de tout autre.
 
L'originalité de ce mouvement est également de rejeter toute forme de guerre sainte ou de terrorisme et de considérer que Jésus a bien été crucifié, mais qu'il est resté vivant, et qu'il a même été inhumé en Inde, contrairement aux autres musulmans, pour lesquels il serait monté directement au ciel, sans mourir auparavant, jusqu'à son retour attendu peu avant l'apocalypse. Les ahmadis célèbrent actuellement les cent ans de la mort Hadhrat Mirza Ghulam, mort en 1908, et après laquelle fut fondé un califat encore en activité, califat purement symbolique. 
 
Dans la manifestations des banderoles appellent à l'entente entre les communautés : "Stop au fascisme religieux" ou encore "Stop à la violence au nom de la religion". Le 23 avril, quelques jours avant l'attaque de la mosquée, l'Agence coordinatrice pour la surveillance des cultes aurait demandé à dissoudre l'Ahmadisme et à faire cesser leurs activités. Les minorités religieuses seraient en effet à terme menacées et si les persécutions envers les chrétiens sont actuellement un peu moins fréquentes, leur situation n'en est pas pour autant enviable : 108 édifices chrétiens ont été menacés de fermer à cause des fondamentalistes et les autorités semblent dépassés par le phénomène qui touche aussi les autre confessions, bouddhistes et hindouistes.
 
Si l'Indonésie reconnaît six religions sur son territoire, islam, catholicisme, protestantisme, bouddhisme, hindouisme et confucianisme, elle contraint chacun à faire mention de sa religion sur sa carte d'identité, ce qui expose les minorités religieuses à la violences des fondamentalistes et ne leur confère pas les mêmes droits qu'aux autres habitants.
 
 
Sources :
 
 
 
Sur l'Ahmadisme
 
 
 
Au sujet du calife
 

lundi 21 avril 2008, a 14:56
"Fitna" a reçu des réponses en vidéo, notamment "Schism"

Des réponses au film "Fitna"  de Geert Wilders ont déjà été abondamment postées sur les sites de partage en ligne. L'une des plus complètes est sans conteste "Schism", du blogueur saoudien Raed Al-Saeed, qui reprend les mêmes recettes que le film du député néerlandais, en montrant des scènes de violence en cherchant à établir, comme dans "Fitna", un rapport avec les versets bibliques. Un sénateur pakistanais, Babar Awan, annonce également qu'un autre film "pro-Coran" verra bientôt le jour.
 
Mais les deux films seront particulièrement différents l'un de l'autre. Schism cherche à prouver qu'il est facile d'isoler certains versets d'un livre religieux pour faire croire à une violence intrinsèque de la religion visée. Mais se sont surtout des extraits de l'Ancien Testament qui sont pris en compte dans le film, cherchant la critique du christianisme.
 
S'y retrouvent le Ku Klux Klan, les massacres en Serbie envers des musulmans, les bavures de l'armée américaine ou encore les crucifixions volontaires de fidèles en Indonésie (c'est à l'occasion de Pâques, la crucifixion dure 10 minutes, une tradition locale qui n'a pas d'équivalent ailleurs), entre autres scènes. Le film se clôt sur un message affirmant que tout cela n'est que foutaises, à l'égal du film de Geert Wilders.
 
Le sénateur pakistanais entreprendra un film d'un tout autre ordre, "Ce film montrera comment le Coran voit le monde. Il montrera la conception de l'humanité du Coran. Il montrera combien est importante la vie humaine" a-t-il simplement expliqué. Le film, qui sera aussi une réponse à "Fitna", devrait sortir dans les salles au début du ramadan et sera en langue anglaise, en ourdou ou encore en arabe.
 
Ces initiatives musulmanes après le film de Geert Wilders, vont dans le bon sens et la riposte est proportionnée. Cependant les deux pays d'où vient l'initiative ne sont peut-être pas les meilleurs exemples en matière de démocratie et de tolérance. L'Arabie Saoudite notamment, ne tolère pas sur son sol d'autre expression religieuse que l'islam et le film de Raed Al-Saeed lui-même n'aura pas le droit d'y être diffusé.
 
Certains scènes du film "Schism" qui va suivre peuvent être un peu choquantes, pour les âmes sensibles.



lundi 07 avril 2008, a 19:33
Le film Fitna face à la justice

Des actions en justice avaient été entreprises dès avant la sortie du film "Fitna" (la discorde en arabe) envers le député Geert Wilders, bien sûr, mais aussi afin de faire interdire le film comme étant porteur d'appels à la haine et de racisme. Le film ayant paru  , certains pays du moyen-orient avaient déposé des plaintes ou encore coupé l'accès aux hébergeurs de vidéos le diffusant. Mais un juge néerlandais vient de rejeter une plainte émanant d'une association musulmane réclamant l'interdiction du film.
 
L'association musulmane néerlandaise, la NIF, avait déjà demandé à voir le film avant sa sortie, réclamant qu'un expert statue sur sa conformité avec la loi qui punit l'appel au racisme. Le film ayant paru, la même association a demandé son retrait. Mais selon le juge du tribunal de la Haye, Geert Wilders n'a pas outrepassé la loi en déclarant du Coran qu'il s'agit d'un livre "fasciste" et a tout simplement ajouté que : "On ne peut pas dire que l'assigné appelle à la haine ou la violence contre les musulmans par les formulations choisies, bien qu'elles soient provocantes". Le juge avait également ajouté que "Une interdiction générale de faire des déclarations dans le futur est une atteinte inacceptable à la liberté d'expression de l'assigné" (...) "Cela revient en effet à une censure préventive".
 
Il est inutile de rappeler que le film Fitna, qui a tant fait de bruit, présente une compilation d'images d'actualités, autour du terrorisme, entrecoupées de versets du Coran venant en rapport avec les scènes de violence qui y défilent. Le film avait provoqué de nombreuses polémiques, notamment avant sa sortie et depuis, de nombreux musulmans s'offusquent de ce qu'il fasse un rapport entre l'islam, le Coran et la violence terroriste. Le député Geert Wilders avait également proposé de faire interdire le Coran à l'instar de Mein Kampf.
 
La France n'est pas moins procédurière avec l'intention  du mrap de lancer une plainte contre dailymotion pour avoir fait diffuser le film. "l'attitude de Dailymotion est à la fois irresponsable et criminogène". aurait déclaré Mouloud Aounit, porte-parole du mrap qui ajoute qu'il "s'avoue choqué que la plate-forme française se fasse le porte-voix de ce qu'il convient d'appeler de la haine et de l'incitation au racisme". Des avocats étudieraient à l'heure actuelles les possibilités pour lancer concrètement une plainte, devant la justice française qui pourrait statuer différemment.
 
Ces actions ne sont pas anodines pour les blogueurs et rejoignent l'actualité récente : dans l'affaire fuzz, un blogueur  avait en effet été condamné pour un lien installé sur son site, lien qui relatait des rumeurs de mariage concernant un comédien, comédien qui l'a attaqué en justice. La notion d'hébergeur aurait en théorie dû le mettre à couvert du contenu, mais n'a pas été retenue en sa faveur : il a été considéré comme étant responsable du contenu vers lequel il renvoyait ses lecteurs et en conséquence, a été condamné à une forte amende. Cela pourrait être le cas pour dailymotion, qui ne se veut pas responsable du contenu des vidéos sur sa plateforme. On peut imaginer que les blogueurs ayant déposé un lien vers le film pourraient être concernés.
 
Il serait pourtant un peu rapide de conclure au racisme. La chaîne de télévision néerlandaise, KRO, qui avait pris l'initiative de faire évoluer le débat par un second film, visant cette fois-ci la Bible, dans l'idée de démontrer que les textes peuvent en être détournés et caricaturés de la même façon que pour le Coran dans "Fitna", a dû renoncer! L'idée est tombée à l'eau : les journalistes et les rédactions de la chaîne, après de longs débats, n'ont pas su trouver dans les violences politiques actuelles de rapports avec les textes bibliques!
 
Cette initiative avortée démontre parfaitement que le film n'eut pas été possible sans l'appui de l'actualité récente. En conséquence, l'accusation de racisme et d'appel à la haine a du mal à tenir. Sans cet appui, chacun aurait tout simplement accueilli le film avec un haussement d'épaule, y compris les musulmans, qui bien souvent ne se reconnaissent pas dans l'islam intégriste et extrémiste, pas plus que dans son expression violente.

vendredi 04 avril 2008, a 18:36
Wafa Sultan, lors d'une conférence

Une conférence de Wafa Sultan, en novembre 2007



vendredi 04 avril 2008, a 17:24
Wafa Sultan, menacée de mort

Ce ne serait pas la première fois. Wafa Sultan aurait été menacée de mort dans le cadre d'une fatwa lancée contre elle et se cacherait à présent ainsi que sa famille. Elle avait au début du mois de mars participé à un débat sur la chaîne arabophone Al Jazira et s'y était exprimée dans les termes les plus vifs face l'islamiste égyptien Talat Rheim, concernant les caricatures danoises, argumentant dans un sens favorable à la publication des dessins. Après cela Al Jazira aurait même été tenu de s'excuser pour cette diffusion. 
 
Elle est née en 1958 en Syrie, de parents musulmans et a reçu une éducation musulmane traditionnelle. Son père étant particulièrement dévot, elle a bien sûr suivi tous les préceptes religieux jusqu'à l'âge adulte. Lorsqu'en 1979 elle a vu, de ses propres yeux (selon son récit car cela est contesté par le Dr. Riyad Asfari notamment, le meurtre aurait pour lui eut lieu à l'extérieur du bâtiment)  et en pleine salle de cours, le meurtre de son professeur, commis aux cris de "Allah est grand, Allah est grand", elle a décidé de remettre en question les enseignements qu'elle avait reçu.
 
Cet évènement se révèle capital pour elle, "à ce moment précis, j'ai perdu la foi en leur dieu, et commencé à remettre en question tous nos enseignements. C'était le tournant de ma vie, et cela m'a amenée à la situation présente. J'ai dû partir. J'ai dû rechercher un autre dieu " et la décide à s'expatrier aux Etats-Unis, où elle finit ses études, devient psychologue et participe à la rédaction d'un journal "réformateur" sur l'islam, " An-naqed ". C'est là qu'elle sera remarquée pour participer à des émissions sur Al Jazira en février 2006. Cette première émission va lui donner une certaine notoriété internationale.
 
 Elle connaît bien l'islam, elle est très critique et répond du tac au tac à ses interlocuteurs avec beaucoup d'énergie. Elle ne mâche pas ses mots, lors d'un de ses entretiens elle déclare "Le choc dont nous sommes témoins dans le monde n'est pas un choc des religions ou un choc des civilisations, c'est un choc entre deux opposés, entre deux ères. C'est un choc entre une mentalité qui appartient au Moyen-Âge et une mentalité qui appartient au XXIe siècle. C'est un choc entre la civilisation et l'arriération, entre civilisé et primitif, entre barbarie et rationalité. C'est un choc entre liberté et oppression, entre démocratie et dictature. C'est un choc entre les droits de l'homme d'un côté, et leur violation d'un autre côté. C'est un choc entre ceux qui traitent les femmes comme des bêtes et ceux qui les traitent en êtres humains."
 
Mais si elle est dure avec l'islam, elle explique également chercher à le faire évoluer, non pas à le mener à sa perte, critiquant uniquement son côté politique mais pas son côté religieux."En tant que musulmans, nous avons été otages de notre propre système ; depuis des siècles, nous avons été otages de notre propre prison." L'islam, selon elle, doit se remettre en cause et ne l'a jamais fait, "Il nous faut continuer à critiquer l'islam pour le forcer à être réformé et changé." Elle exprime malgré tout des doutes quant à ses facultés à le faire, bien consciente que cela ne saurait se faire que de l'intérieur.
 
A la voir expliquer sa position et son avis sur les plateaux télé, on ne peut lui dénier un véritable courage, un certain cran. Elle parle et répond vite, elle connaît parfaitement son sujet et ses critiques fusent, elle ne se laisse pas impressionner, défend Israël en mettant le point sur les agissements des Palestiniens. Mais son discours ne passe pas forcément auprès de ses interlocuteurs et sur la chaîne, lors de son intervention, elle est quasiment taxée d'hérétique sur le plateau d'Al Jazira. Wafa sultan, peu connue jusqu'ici en Europe, est à l'instar de Taslima Nasreen, Salmann Rushdie ou d'Ayann Hirsi Ali par exemple, une des figures culturellement musulmanes qui s'opposent avec courage à l'extrémisme. A tort, à raison? Le débat ne fait manifestement que commencer...
 
Les vidéos évoquées sont visibles ici

vendredi 04 avril 2008, a 17:05
Wafa sultan sur Al Jazira en mars 2008

Voici la première partie du passage de Wafa Sultan sur Al Jazira dont il est question plus haut (voir plus bas pour la deuxième partie.

 

Il s'agit de la seule traduction disponible en français. Et c'est à la suite de cette diffusion qu'Al Jazira se serait excusée.