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Le blog de Blaise
mercredi 08 avril 2009, a 22:33
Dis-moi qui tu fréquentes, je te dirai qui tu es...

"Dieudonné fait de moins en moins rire" nous dit-on, et surtout pas les juges devant lesquels il est appelé à comparaître, ce dont tout un chacun se félicite, après son renvoi devant le tribunal, suite à une enquête.

Et il était attendu, ce renvoi devant le tribunal... Dieudonné, qui avait invité sur scène le tristement célèbre Faurisson, avait dès lors fait l'objet d'une enquête de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP), rien que cela!

 
Une dépêche AFP relate comment le parquet a "engagé des poursuites pénales à l'encontre de Dieudonné Mbala Mbala des chefs d'injures commises à l'encontre d'un groupe de personne à raison de leur origine ou de leur appartenance ou de leur non-appartenance à une ethnie, une nation, une race ou une religion déterminée, en l'espèce des injures antisémites".

Ah! Ouf! Notre pays ne saurait accepter "l'intolérable". Faurisson n'est pas fréquentable, il le restera. Tout le monde le sait, ou plutôt, la plupart des gens viennent de découvrir le personnage, après son invitation au spectacle de Dieudonné. Mais l'humoriste, qui ne l'était déjà plus tant (fréquentable), après ses condamnations devant les tribunaux, après différents propos qu'il a tenu, ne l'est plus du tout.

Et pourtant... Pourtant je m'interroge.

Bien sûr il n'est pas très malin d'inviter Faurisson à un spectacle, fût-ce pour lui remettre le prix de "l'infréquentabilité", mais il est également évident qu'il s'agissait d'une provocation. Une provocation qui a manifestement bien réussi et plus particulièrement auprès des personnes visées par Dieudonné, c'est à dire les associations anti-racistes, dont c'est le fond de commerce. Le comique a également déclaré qu'il n'était pas d'accord "avec tout" ce que disait Faurisson, notamment au sujet de l'île de Gorée. Il s'agit bien sûr d'une provocation supplémentaire mais qui met en rapport deux "victimisations".

Dieudonné a fait fort ce jour-là. L'on se souvient que l'humoriste a demandé à la salle d'applaudir le plus fort possible. Dans la foule qui acclame, des huées se font aussi entendre. il n'est pas sûr que la salle connaisse Faurisson : demandez à une salle d'applaudir, elle le fera, c'est même pour cette raison qu'elle est venue. Cela se produit tous les jours dans les enregistrements télévisuels, la plupart du temps pour tout et n'importe quoi.

 Cependant, autant que l'on puisse en juger avec la vidéo, il n'y eut pas d'appel aux meurtres et pas de propos racistes, et même sur la question de la "négation", Faurisson et Dieudonné se sont montrés particulièrement prudent dans leurs propos.

Ce qui cantonne, autant que l'on puisse en juger, les services de la BRDP a enquêter sur un délit d'opinion, non pas celui de Faurisson pour lequel l'affaire est entendue, puisqu'elle est punie par la loi de fait, mais sur celle de Dieudonné, qu'il n'a pas exprimé en public, même s'il a été précédemment condamné pour des "faits" similaires.

Rappelons-nous que dans un premier temps, c'est un scketch de l'humoriste, grimé en juif et faisant le salut nazi qui avait mis le feu aux poudres. La comparaison avait quelque chose de scandaleux, mais elle avait déjà été faite par un juif, Yeshayahou Leibowitz, qui avait même parlé de "judéo-nazis", tout en remettant en place sa kipa sur son crâne, au sujet des relations entre Israël et la Palestine, tout comme Dieudonné, mais le plus sérieusement du monde pour ce qui le concernait.

Dieudonné nie-t-il le génocide organisé pendant la guerre? Peut-être, l'on en est pas sûr! Est-il bien normal de mettre en branle le système policier et judiciaire pour s'assurer d'une opinion non exprimée? Est-ce bien conforme à l'esprit de nos lois? Et surtout, cela ne représente-t-il pas un danger pour l'avenir?

Dieudonné affirme et c'est sans doute vrai, avoir été tabassé aux cris de sale nègre, aux Antilles, par des israéliens qui auraient fait le voyage uniquement pour cela, il y a quelques années.

Cet article ne cherche pas à prendre position pour ou contre Faurisson, Dieudonné, Israël, la Palestine, ni même sur la véracité de la Shoah, qui est plus que largement admise.



vendredi 04 juillet 2008, a 15:43
Pas assez juif pour une école anglaise

Une école juive orthodoxe, qui avait été assigné en justice pour discrimination raciale a été relaxée devant un tribunal britannique, lequel a estimé que l'affaire n'entrait pas dans le cadre d'une discrimination directe, ni même d'une discrimination indirecte. Elle avait refusé un jeune garçon de 11 ans, ne le considérant pas comme étant "certifié" juif, sa mère ayant été convertie avant sa naissance, mais auprès d'une synagogue progressiste. La politique d'inscription de l'école a néanmoins été jugée "totalement légitime" par la haute cour de Londres.
 
C'est selon les critères de l'organisation juive United Synagogue, que l'école définie la judaïté des enfants appelés à étudier dans l'établissement. La mère du jeune garçon de 11 ans était née italienne et catholique, mais s'était convertie avant la naissance de son fils, auprès d'une synagogue dite "progressiste", conversion que ne reconnaît pas le mouvement orthodoxe. De fait, l'école donne la priorité aux enfants dont la judaïté est confirmé par le Bureau du Grand Rabin. Dans la tradition hébraïque ortnodoxe, sont considérés comme étant juifs les enfants dont la mère l'est.
 
Le père de l'enfant, soutenu par deux autres familles et le British Humanist Association, s'était dit consterné. Selon lui, il s'agit de discrimination raciale et c'est bien sous cet angle que son avocat agira, arguant du fait que des enfants de mère juive sont admis, lors même que ces familles sont athées dans leur vie quotidienne. Cette situation posait différents problèmes au tribunal, qui a simplement estimé que le choix de recrutement de l'école allait dans la logique du but qu'elle poursuit, c'est à dire de perpétuer sa philosophie orthodoxe, et qu'en tant que tels, ses critères sont légitimes.
 
En outre, toujours selon le juge, les critères de cette école, la Jewish Free School, ne sont pas tellement différents dans les écoles musulmanes qui recrutent de préférence des enfants nés musulmans, ou encore dans les écoles catholiques, qui réclament le baptême... Un succès du plaignant aurait en conséquence, selon lui, entaché d'illégalité les critères d'admission d'un très grand nombre d'école à tendance religieuse, toutes confessions confondues. En outre, l'avocat de l'établissement estime que le jugement aurait rejailli sur plus d'une vingtaine d'établissements scolaires de la communauté juive ainsi que sur diverses associations.
 
La Jewish Free School, subventionnée par l'Etat britannique et qui existe depuis le XVIIIème siècle,  est une école qui obtient d'excellents résultats et qui a compté parmi ses élèves des personnes connues aujourd'hui, le leader du groupe JamiroQuaï, notamment.
 
L'avocat de la famille a tout simplement estimé, après le jugement rendu, "(qu') Il est très regrettable qu'une école financée par les contribuables puisse décider de ne pas admettre un enfant en raison de l'origine ethnique de sa mère".
 
Le père de l'enfant, très actif auprès du mouvement massorti, est à présent divorcé d'avec sa femme et vit avec son fils. Le mouvement massorti se veut être un judaïsme moderne, à la fois traditionaliste et progressiste.
 
Par delà l'intérêt pour une affaire juridique européenne, avec les concepts de discrimination directe et indirecte (pour la discrimination indirecte, voir le cas de Mme Desrosier, jugement rendu il y a peu ), cette opposition au sein de la spiritualité juive en démontre bien la diversité, tout comme ce fut le cas avec l'autodafé d'évangiles  par le maire adjoint (ultra-orthodoxe) d'Or Yehouda en Israel, sur la place publique, pour protester devant le prosélitisme de "juifs messianiques".
 
Sources :
 
 
 
 
Pour plus de détails sur le jugement, pour les anglophones :
 

vendredi 20 juin 2008, a 13:51
Un salon de coiffure londonnien condamnée pour discrimination "indirecte"

La patronne d'un salon de coiffure londonnien, Sarah Desrosier 32 ans, a été condamnée à une amende de 4000£ en dommages et intérets lors d'un procès l'opposant à une candidate malheureuse au poste de coiffeuse, qu'elle proposait en mai 2007. La jeune femme (elle a 19 ans) refoulée à l'entretien, Bushra Noah, était voilée lors de l'entrevue, et la tenancière avait considéré que l'aspect vestimentaire de la jeune femme n'allait pas avec celui de ses coiffeuses en exercice, qui affichaient toutes des coupes de cheveux en relations avec le thème de sa boutique, c'est à dire des coiffures "funky", spécialité de ce salon dit "alternatif".
 
Selon les articles de presse en français (essentiellement sur le site Point de Bascule, qui retraduit des articles en anglais ici  et ici  ), la jeune candidate avait obtenu un entretien avec la tenancière du salon de coiffure et devait faire une journée d'essai, mais lorsque celle-ci s'est présentée, la tenancière a été surprise en voyant un voile sur le visage de la jeune femme, qui déclare "Quand j'ai parlé à Mme Desrosier au téléphone, avant la première entrevue, elle m'a offert une journée d'essai. Mais lorsque je me suis présentée, elle m'a regardée avec grand étonnement. Elle m'a demandé si je portais le foulard en tout temps et elle a continuée de répéter, « j'aurais souhaité que vous me l'ayiez dit lors de notre conversation téléphonique".
 
Cela semble tellement vrai, que la tenancière avait bien expliqué "Je vend de l'image – c'est important – et je m'attends à ce qu'une coiffeuse styliste expose ses cheveux pour inciter les passants à venir dans mon salon après avoir aperçu mes stylistes. C'est la nature et le style de mon salon qui attirent les gens. Couvrir ses cheveux est en contradiction avec cette réalité. Si quelqu'un portait un casque de baseball ou un chapeau de cowboy j'exigerais qu'il le retire pour le travail. Pour moi, c'est absolument essentiel que les gens puissent voir les cheveux du styliste."
 
Il transparait dans le discours de Mme Desrosier qu'il ne s'agit pas de racisme : la patronne du salon de coiffure ne rejette pas la candidate à cause de ses origines ethniques, mais simplement parce que son style ne convenait pas à son magasin, selon elle, ce qu'elle semble déclarer volontiers. Elle ajoutera d'ailleurs après le jugement "Je n'ai jamais imaginé en un million d'années que quelqu'un pourrait être dans cette industrie tout en refusant complètement de montrer ses cheveux "...
 
Mais la jeune candidate n'en a cure. Elle se sent démoralisée après l'entretien dit-elle. Elle vient d'essuyer 25 refus après 25 entrevues et cet entretien lui reste sur le coeur, elle aurait été particulièrement blessée "J'ai décidé de poursuivre cette coiffeuse parce c'est elle qui m'a le plus blessée. Je me sentais tellement démoralisée et déprimée, que je me suis dit que si je ne me défendais pas, alors qui le ferait ?". Elle avait aussi demandé des dédommagements pour "perte de revenu", sans doute sur le salaire du travail pour lequel elle s'était présentée en entretien...
 
Une personne un peu pratique aurait répondu à la jeune candidate qu'il suffisait tout simplement qu'elle ôte son foulard pour tenter d'intégrer le salon, mais c'était chose impossible pour la jeune femme, qui avait déclaré le foulard essentiel à sa foi "Depuis mes études secondaires, la coiffure était tout ce que je voulais faire. C'est triste qu'ils ne me donnent pas l'occasion de le faire. Cette situation mine mes ambitions. Le port du foulard est fondamental à mes croyances. "
 
Clairement donc, aucune solution n'était négociable. La jeune femme n'avait pas fait ses preuves et les auraient-elles faites, elle refusait de se plier aux exigences de la patronne pour laquelle en l'état elle n'avait pas le profil vestimentaire. Ce sera à la justice anglaise de trancher et elle tranchera, dans le sens de la jeune femme, pour discrimination "indirecte".
 
N'allons pas hurler trop vite après le juge... Le résultat est logique suivant la législation actuelle : il s'agit d'une directive européenne retranscrite dans le droit britannique comme dans le droit français à présent. Si la tenancière avait simplement déclaré que la candidate n'était pas expérimentée, si elle l'avait laissée faire sa journée d'essai, elle n'aurait pas été inquiétée. Il suffisait de la garder une heure ou deux pour lui dire que son travail ne convenait pas, mais elle a avoué la véritable raison : c'est son allure vestimentaire qui ne convenait pas au salon et suivant la législation actuelle, il s'agit d'une discrimination "indirecte".
 
Voici ce que dit un site consacré à la lutte contre les discriminations au sein de l'UE http://www.stop-discrimination.info/808.0.html , l'expliquant fort bien :
 

"Discrimination indirecte Une société de traduction insiste pour que les traducteurs désireux de travailler pour elle disposent du permis de conduire, car il peut arriver qu'elle leur demande de livrer ou d'aller chercher le document chez les clients. Étant donné que cette condition empêche les personnes handicapées de postuler et que conduire n'est pas une exigence essentielle pour réaliser le travail, la société pratique effectivement une discrimination à l'encontre de ce groupe de personnes en particulier, à moins qu'il puisse être démontré que cette interdiction repose sur un motif objectif et fondé. Un grand magasin interdit à ses employés de porter un couvre-chef lorsqu'ils servent les clients. Cette mesure a pour effet d'interdire aux personnes dont les convictions religieuses les obligent à se couvrir la tête, comme les femmes musulmanes, de travailler dans le magasin. Le magasin se rend alors coupable d'une discrimination indirecte, à moins qu'il ne puisse démontrer que cette interdiction repose sur un motif objectif et légitime."

 

 Il faut croire Mme Desrosier lorsqu'elle s'exclame " On me traîne dans la boue et on m'accuse d'être raciste. C'est totalement injuste et faux ! ". La justice ne fait qu'appliquer les lois et directives, en l'occurrence, européennes, même si cette loi a quelque chose de surprenant malgré tout, puisqu'il se dit si souvent qu'en matière de foi musulmane, le voile ne serait pas absolument obligatoire, cela revient donc à faire plier la société devant des revendications religieuses non essentielles dans les faits. Le tribunal a par ailleurs bien ajouté dans ses conclusions qu'il croyait volontiers que Mme Desrosier aurait traité de la même façon tout autre personne voilée de cette façon, musulmane ou non, mais qu'elle n'a pas pu apporter de preuve par rapport à l'impact que le voile aurait sur sa clientèle.

 

L'article relatif au jugement de l'affaire ne dit pas si le salon de coiffure restera ouvert, Mme Desrosier ayant déjà eu du mal à réunir les sommes nécessaires à sa défense et devant verser 4000£ à Mlle Noah pour "atteinte à ses sentiments" . Le tribunal a en revanche rejeté les accusations de discrimination religieuse directe ainsi que la demande pour perte de gains et préjudice moral déposée par la jeune femme.

En France, l'Assemblée nationale a également adopté en début d'année le texte sur la discrimination dite "indirecte", voir les documents officiels ici  et ici.

 

  Les deux photos illustrant l'article sont celles de Mlle Noah et de l'affiche servant de présentoir à la boutique.

mercredi 11 juin 2008, a 13:20
Chronologie du mariage annulé, par Lucienne Magali Pons

Je suis un peu confus : Je pensais copier un commentaire de Lucienne Magali Pons , déposé sous mon article sur le mariage annulé (sur le site Come4news), je me rends compte à présent qu'il s'agit du dernier article de son blog, dont je viens à l'instant

 

Et ce n'est pas la première fois que je recopie un de ses articles. Elle n'est pas d'accord avec ce que j'ai pu écrire sur le sujet et apporte un complément d'information tout à fait utile.

 

Le voici :

 

Point sur l'affaire :

Le 26 juillet 2006, la mariée trouve dans sa boîte aux lettres une invitation à se rendre chez l'huissier : elle est assignée par le mari devant la justice pour l'annulation de leur mariage.

Me Xavier Labbée, avocat du mari, a conclu son assignation par le rappel de l'appartenance des deux mariés à « une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage »


La mariée prend alors un avocat et Me Charles-Edouard Mauger, du barreau de Paris, se souvient de sa propre réaction quand il a lu l'assignation et les motifs de la demande en annulation : «J'étais ulcéré, tout comme Elisabeth Badinter aujourd'hui, que l'on puisse traiter de la sorte un être humain et accorder autant d'importance à cette virginité.»

Après un an de statu quo, la mariée «consent» à l'annulation. Elle l'écrit à son avocat. Celui-ci peut faire part de son «acquiescement» à la magistrate en charge du dossier à la première chambre du tribunal de Lille. Et Me Mauger avocat de la mariée précise : «L'acquiescement concerne l'annulation de l'union, pas les motifs de cette annulation.

Note : Contrairement à que certains commentateurs ont prétendu ,la jeune mariée n'a pas acquiescé aux motifs de l'assignation qui rappelons le faisait référence à une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage » mais seulement à l'annulation.

.Par la suite dans sa plaidoirie Me Xavier Labbée avocat du marie plaide «Ce qui a blessé mon client, c'est le mensonge, si elle avait dit la vérité avant le mariage, il l'aurait acceptée. Après, il n'avait plus confiance. Il n'y a rien de religieux là-dedans.»

Note : L'avocat semble oublier ou feint habilement d'ignorer qu'il a conclu son assignation par le rappel de l'appartenance des deux mariés à «une communauté où une tradition veut que son épouse demeure vierge jusqu'à son mariage».
Pourtant l'assignation est une pièce essentielle de l'ouverture de la procédure mais on voit bien que l'avocat habilement dirige sa plaidoirie sur le « mensonge »

Le jugement, rendu le 1er avril par une magistrate de Lille, ne reprend pas l'argument communautariste ou religieux...

 

Pour lire la suite...

mercredi 04 juin 2008, a 18:24
Le garde des sceaux demande un appel du jugement sur l'annulation du mariage

L'affaire du mariage annulé rebondit avec les derniers propos du garde des sceaux, Rachida Dati, prononcés à l'Assemblée Nationale. Elle qui avait d'abord défendu la décision du tribunal,  a engagé une demande d'appel au parquet de Lille, contre la décision prise par le juge (juge qui était une femme dit-on). En outre, l'intervention de Rachida Dati, qui a accusé la gauche d'avoir mené une politique des "grands frères" dans les banlieues, au détriment des jeunes femmes, a créé un début de polémique dans l'assemblée.
 
"Mais qui, sinon vous, membres du groupe socialiste, a appliqué la politique des "grands frères", abandonnant ainsi d'innombrables jeunes filles entre leurs mains ? C'est à l'échec de votre politique d'intégration que nous devons faire face ! Alors, Monsieur Ayrault, vous pouvez m'attaquer car j'ai échappé à votre politique qui a suscité le repli identitaire. C'est ce qui vous dérange !" a-t-elle déclaré.
 
L'on passera sur les provocations politiciennes des uns envers les autres, ainsi que sur les réponses apportées, pour simplement constater qu'une fois encore la gestion de l'immigration est utilisée pour argument, par nos politiciens de droite comme de gauche, au-dessus d'un problème plus délicat, ici un problème de droit qui concerne deux personnes à titre privé. Le discours des députés en est donc décalé par rapport à la réalité et puisque les deux partis majoritaires à l'Assemblée ont tenu le pouvoir ces dernières décennies, ils auraient mauvaise grâce de ne pas s'auto-flageller en accusant l'autre partie de l'hémicycle.
 
Le discours est d'autant plus décalé que l'avocat de la jeune femme a pu préciser qu'elle ne tient pas à ce que l'annulation du mariage soit revue, ce qui est aisément compréhensible. Ce sera pourtant au nom de sa liberté que l'appel sera réclamé dans son affaire, si tant est que le ministère puisse entamer cette démarche, inhabituelle selon les juristes, puisque le jugement concernait deux personnes à titre privé.
 
Peut-être faudrait-il retenir que les juristes ne sont généralement pas choqués de ce jugement et qu'ils insistent bien pour dire qu'il ne concerne pas la virginité de l'ex-épouse mais qu'il se base bien sur le mensonge de la jeune femme auprès de son ex-futur époux, ainsi que de l'importance accordé à celle-ci par les deux partis avant le mariage projeté. Cela peut bien sûr choquer, mais cette décision n'aurait jamais été rendue si les deux époux n'avaient pas été unanimes à accepter cette décision et à déclarer la virginité de l'épouse comme déterminante à ce mariage, avant qu'il n'ait lieu.
 
Le revirement du garde des sceaux nous rappelle aussi tristement que face à l'opinion publique, ce qui a pu être considéré comme un jugement équilibré, établi sur une loi visant à protéger des personnes, est très rapidement décrié. Ce n'est pas la première fois que ce gouvernement agit avec impulsivité, pensons à la mémoire de la shoah à enseigner aux jeunes élèves, pour exemple. Rachida Dati a-t-elle été priée de revoir sa position? C'est tout à fait possible et c'est bien ce qui se murmure...
 
Il reste bien sûr à évaluer l'impact qu'un tel jugement pourra avoir sur d'éventuels procès en annulation de mariage, il se sait que des mariages sont parfois arrangés avec des personnes issues des pays du sud et des français originaires de ces pays, mais la crainte de voir ce type de procédure tendre à se reproduire trop facilement ne semble pas se justifier.
 
Il est à signaler qu'un très intéressant débat s'est tenu sur france culture sur ce sujet, dans "Le grain à moudre", avec pour invités, Caroline Fourest, Maître Eolas, Sahra Mekboul et Laure Heinich-Luijer, débat dans lequel la crainte de voir ce jugement mettre en danger les libertés des jeunes femmes musulmanes notamment a été évoqué. Il est possible d'écouter l'émission sur le site.



lundi 02 juin 2008, a 14:40
La justice et le mariage des vierges

Quelques mots, juste quelques mots sur cette fameuse affaire qui secoue le monde politique comme le monde associatif, qui enflamme toute les conversations, qui fait crier au scandale : le fameux mariage annulé par la justice française et qui concernait deux personnes de confession musulmane. Chacun crie à l'ignominie, l'on évoque parfois le droit des femmes à disposer de leurs corps... Le garde des sceaux, qui pourtant a bien autre chose à se faire pardonner est mis à l'index, bien qu'en l'occurrence il ait parfaitement raison dans sa démarche : le jugement rendu est bien en accord avec la justice actuelle et porte sur le mensonge et l'aveu de l'épouse que la virginité importait dans la décision du marié...
 
Si tout le monde politique s'est insurgé au point d'envisager de changer les lois, si l'on a pu quasiment titrer que les droits des femmes sont menacés, qu'il faut être vierge au yeux de la justice pour épouser, ou encore que les lois françaises sont tout à fait médiévales, le jugement est tout autre si l'on en croit l'excellent blog de Maître Eolas. Comme tout contrat, le contrat de mariage se base sur un accord commun entre deux parties, mais la loi ne spécifie pas ce qu'il en est exactement des accords pris, ces fameuses qualités essentielles : cela se passe entre les futurs mariés. Il se trouve dans cette affaire que la jeune femme a admis avoir menti sur sa propre situation auprès de son futur (ex à présent) mari. Elle a prétendu à tort être vierge, mentant sur son propre passé. C'est le mensonge sur elle-même que la justice a pris en compte, d'autant que la mariée était d'accord pour l'annulation du mariage et sur l'importance de la virginité dans l'accord.
 
Maître Eolas a eu la très bonne idée de donner des détails sur le cheminement finalement fort long de la procédure et de faire paraître des extraits du jugement rendu :

"- Attendu qu'en second lieu il importe de rappeler que l'erreur sur les qualités essentielles du conjoint suppose non seulement de démontrer que le demandeur a conclu le mariage sous l'empire d'une erreur objective, mais également qu'une telle erreur était déterminante de son consentement ;"

"Attendu qu'en l'occurrence, [l'épouse] acquiesçant à la demande de nullité fondée sur un mensonge relatif à sa virginité, il s'en déduit que cette qualité avait bien été perçue par elle comme une qualité essentielle déterminante du consentement de [l'époux] au mariage projeté ; que dans ces conditions, il convient de faire droit à la demande de nullité du mariage pour erreur sur les qualités essentielles du conjoint."

Le juge n'a donc pas procédé à l'annulation du mariage pour virginité, les offuscations n'ont donc pas vraiment lieu d'être. En revanche ce jugement pose une autre question : la jeune femme était-elle libre de dire ce qu'elle voulait? Dans le cas présent il semble bien que oui, mais si une autre affaire de ce type se présentait, en serait-il de même? Il se sait que la médecine refait de plus en plus d'hymens à des jeunes femmes, notamment musulmanes.
 
On regrettera que toute la presse se soit jeté comme un seul homme sur cette affaire, sans se renseigner plus loin. Cette situation prouve s'il était besoin, que l'instantanéité de l'information, sa diffusion rapide, les différentes sensibilité, peuvent amener le lecteur ou le simple amateur d'information, à se renseigner de bonne foi et à être trompé sur la réalité de l'information. Cela s'est déjà produit  avec des journaux tout à fait sérieux qui reproduisaient une erreur sans forcément savoir.
 
S'agit-il d'islamophobie? Il ne faudrait pas non plus conclure trop vite que la presse s'est emparée de l'information par "phobie" de l'islam. Dans certains pays la non virginité d'une femme est une cause d'annulation de mariage, mais pas celle de l'homme, c'est aussi ce que ce jugement fait craindre ici : forcera-t-on les jeunes femmes non vierges le jour de leur mariage, a acquiescer à l'annulation réclamée par la famille de l'époux et par l'époux lui-même? C'est sans doute la seule question valable dans ce contexte, puisqu'une jeune femme non vierge peut représenter le déshonneur de la famille selon certaines traditions. Mais il n'est pas sûr non plus qu'un procès un peu similaire aboutirait à la même conclusion.

mercredi 16 avril 2008, a 22:24
BB devant la justice

Deux mois de prison avec sursis et 15000 euros d'amende ont été requis à l'encontre Brigitte Bardot , poursuivie devant le tribunal correctionnel de Paris pour incitation à la haine envers la communauté musulmane, nous apprend une dépèche AFP. La partie adverse était composée des associations antiracistes, Mrap, LDH et Licra.
 
Elle avait écrit une lettre à Nicolas Sarkozy lorsqu'il était ministre de l'intérieur, pour réclamer l'étourdissement des moutons égorgés, avant la saignée, pour l'Aïd el-Kebir. La lettre avait circulé notamment au sein de son association et avait été publiée dans le magasine info-journal. C'est un extrait de la lettre qui a provoqué une réactions de la part des associations "antiracistes" (Mrap, LDH et Licra). "Il y en a marre d'être menés par le bout du nez par toute cette population qui nous détruit, détruit notre pays en imposant ses actes".
 
Si la peine requise pour cette lettre semble un peu forte, c'est que Brigitte Bardot avait déjà reçu une sanction pour des extraits de son dernier livre, dans lequel elle aurait assimilé les musulmans à des envahisseurs. Elle avait également déclaré "Il y a beaucoup de nouvelles langues dans la nouvelle Europe. Le métissage est possible entre les pays latins qui ont une même base de tradition, de religion et de pensée commune mais plus difficile avec des gens qui ne partagent pas les racines de notre civilisation". Elle avait par la même occasion nié tout racisme, les larmes aux yeux.
 
Ses propos ont bien sûr quelque chose d'excessif, il ne faut pas le nier et ce n'est pas pour rien que l'ancienne actrice a été convoquée devant le tribunal correctionnel, mais ce qui est regrettable ici, c'est que l'accusation de racisme amènera plus particulièrement à faire taire une personne qui défend une cause animale, même si ce faisant elle est maladroite.
 
Ce qui est tout autant regrettable, c'est que ces mêmes propos dirigés vers des chasseurs n'auraient ému personne, et certainement pas les associations "antiracistes", qui interviennent ici pour une religion et non pas pour une "race" quelconque, mot dont elles nient absolument tout sens concret. Pour les chasseurs ou encore pour n'importe quelle religion autre que l'islam, rien n'aurait transparu dans leur discours. Or, pris dans le contexte les propos de Brigitte Bardot, d'accord ou non avec elle, ont un sens. A quoi bon faire souffrir un animal plus que de raison?
 
Il serait peut-être temps que notre justice cesse de prendre en compte le soupçon... Ce sont les actes qui comptent, pas ce que les individus pensent. Cette dérive est dangereuse par ailleurs, qui sait en effet ce que pense autrui? Car c'est bien sur un soupçon que Brigitte Bardot est condamnée, elle a d'ailleurs nié être raciste lors du dernier procès, ce qui parait suffisant. A moins que d'autres confessions ne pratiquent elles-aussi l'Aïd el- Kebir, mais il faudrait trouver...!
 

jeudi 10 avril 2008, a 21:25
Anne-Marie Debaine, assassinée ou euthanasiée?

Le débat sur l'euthanasie pourrait trouver là son prolongement naturel. Lydie Debaine, 66 ans, a été acquittée du meurtre de sa fille Anne-Marie (en 2005), handicapée moteur cérébrale, devant un tribunal du Val d'Oise.  Elle avait estimé que la jeune femme souffrait trop et en conséquence, elle lui avait donné plusieurs cachets d'anxiolytiques avant de la noyer dans une baignoire. Lorsque le tribunal a donné son verdict, le public a applaudi la décision. Le procureur avait simplement requis trois ans avec sursis et le parquet ne fera pas appel.
 
Anne-Marie était née prématurée et invalide à 90%. Elle avait été placée dans des centres spécialisées de 6 à 22 ans, mais lorsqu'en 2001 ses parents ne trouvent auncune place disponible pour l'accueillir selon son handicap et par rapport à son âge, sa mère se voit contrainte de cesser son activité pour s'en occuper, refusant trois ans plus tard de la placer, craignant qu'elle ne soit violentée (!) . L'état de dépendance de la jeune femme, dont l'âge mental était estimé à cinq ans, ne pouvait aller qu'en s'amplifiant et son dossier médical le confirmait, elle souffrait de violents maux de tête, de crises d'épilepsie et de vomissements à répétition, obligeant sa mère à une attention constante, jusque dans la nuit.
 
LCI donne quelques détails sur le procès. Lydie Debaine vient témoigner à la barre des souffrances de sa fille "Vous ne pouvez pas savoir l'angoisse que c'est d'avoir un enfant comme ça. D'être assise à côté d'elle, d'essayer d'attirer son attention pour l'occuper, sans y arriver. C'est atroce. Personne ne pouvait rien à ses souffrances". Un médecin témoigne aussi et précise que son état allait s'empirant, qu'elle était semi-grabataire et portait des couches.
 
Puis en mai 2005, la mère fait prendre plusieurs cachets d'anxiolytiques à sa fille avant de la noyer : "J'ai choisi la noyade parce que c'est rapide. J'ai regardé dans un  dictionnaire: la mort survient en cinq minutes. Et puis je ne voulais pas abîmer  son corps". Puis trouvant les mêmes arguments que ceux utilisés par les partisans de l'euthanasie, "Je me voyais dans une impasse. Elle souffrait trop. Pour les médecins, il n'y avait pas de solution".
 
Elle semble de bonne foi, cette femme, en disant qu'elle était au bord des nerfs, qu'elle ne supportait plus de voir souffrir sa fille ou encore qu'elle l'aime et qu'elle lui manque. Mais partant elle évoque surtout sa propre souffrance, son propre désarroi, à son mari elle dit "Fernand, j'ai essayé de tenir  encore mais ce n'est plus possible. Je ne suis pas un monstre". La souffrance d'une personne handicapée mentale est difficile à évaluer, et sa fille ne lui a jamais demandé à mourir, elle n'en était pas capable. Pose-t-on d'ailleurs ce genre de question à un enfant de cinq ans?
 
Le meurtre était prémédité, en témoigne les cachets et des lettres que la mère écrivait dans le secret, pour elle-même, cherchant sans doute à se confier sur papier, préméditant son terrible geste. Comment cela s'est-il passé? Ce n'est guère difficile à imaginer. Elle l'a conduite vers la baignoire comme pour lui faire prendre un bain, elle l'a plongée dedans. Anne-Marie était sûrement docile, droguée par les cachets. Combien de temps faut-il attendre pour que les cachets fassent vraiment effet? La jeune femme était en confiance et n'a sûrement rien vu venir. L'emmener vers la baignoire, la soulever, la mettre dans le bain... Quand on lui a plongé la tête sous l'eau, elle a dû se débattre, cinq minutes selon le dictionnaire de Mme Debaine. Cinq très longues minutes. Cinq minutes pour tuer quelqu'un... cela doit prendre un temps fou, tuer quelqu'un qui doit se débattre... Un temps bien long, qui plus est pour son propre enfant!
 
Son avocate avait expliqué "Elle est très ébranlée. Elle attend ce procès, la suite de son histoire. Sans faire de déclarations générales sur la nécessité de légaliser l'euthanasie ou sur l'actualité récente, elle expliquera ce qui l'a amené à tuer sa fille. Sa  sanction, c'est sa peine". Ébranlée elle a dû l'être,  cela se comprend aisément. Le père n'approuve pas, mais pardonne. Mme Debaine, "lavée" par la justice, déclarera : "C'est une reconnaissance des souffrances et de ce qui a provoqué mon geste. J'espérais cet acquittement mais je ne m'y attendais pas". Ici elle évoque clairement ses propres souffrances, pas celles de sa fille..
 
Sous les articles de journaux, les commentaires vont bon train. Ah! comment ne pas comprendre cette femme qui a tué son enfant? Elle n'en pouvait plus, c'est bien normal croit-on lire, ébahi... Et puis la jeune femme souffrait après tout. On ne lui a pas demandé son avis? Bof, et alors? Mais lorsqu'on prône l'avortement systématique au moindre doute, en oubliant que les méthodes de détection des maladies pour les embryons comportent de nombreuses erreurs, lorsqu'on estime qu'après tout l'euthanasie est une bonne solution, la suite vient rapidement : pourquoi pas pour les handicapés...? Tout devient alors relatif.
 
C'est l'euthanasie de demain que le tribunal vient d'autoriser, pour les handicapés compris. En Belgique, où l'euthanasie est déjà pratiquée, des politiciens envisagent  de déposer un projet de loi pour autoriser sa pratique sur les enfants et sur les personnes âgées atteintes de démence. Mais à quoi bon faire de même en France, si le tribunal fait mine d'autoriser l'infanticide sur les handicapés? Nulle besoin d'une loi, la justice s'en charge seule, elle qui se mêle déjà de tout. Et quand les citoyens suivent, ils devraient peut-être eux-aussi penser que tôt ou tard ils vieilliront, se ratatineront, leur dos se cambrera et ils tiendront des discours décousus, répétant sans cesse le temps de leur jeunesse. Puis quand ils seront un peu séniles, plus très alertes, "déments", alors peut-être appellera-t-on le chirurgien qui fera son oeuvre, sur autorisation signée de leurs enfants.
 
Le cas de Mme Debaine n'est pas le seul. Un autre enfant polyhandicapé a été assassiné, des traces de valium ont été trouvés dans son sang, mais il serait mort asphyxié. La mère en serait responsable, et se trouve à l'hôpital psychiatrique : on ne tue pas son propre enfant impunément, même s'il est atteint d'un handicap. Ne jugeons pas cette femme, meurtrière de sa fille. C'est un cadeau empoisonnée que lui a fait la cour. Elle ne paiera pas son acte à la société, c'est à elle d'en estimer le prix et bien souvent l'on est plus dur avec soi-même que d'autres pourraient l'être. Comme pour l'euthanasie, les réflexions ne vont pas dans le sens d'une meilleure prise en charge de la souffrance. Avec un handicapé, à quoi bon? à quoi bon penser à les soigner? Ils sont déjà malade... Il serait peut-être bon de se demander si les hôpitaux prennent correctement en charge les handicapés mentaux et si les parent reçoivent une assistance suffisante.
 
Pas de réflexion non plus sur la société en général. Personne ne songe que les nazis aussi pratiquait l'euthanasie sur les malades mentaux notamment... Le terme utilisé était d'ailleurs le même...

mardi 22 janvier 2008, a 21:19
La France condamnée pour discrimination

La cour européenne des droits de l'Homme a condamné la France pour discrimination, dans son refus d'accorder l'adoption à une femme de quarante-cinq ans, enseignante qui vit avec une autre femme. En l'absence d'un référent masculin pour tenir le rôle du père, les services d'adoption avaient refusé son dossier, et les cours de justice françaises avaient justifié ce refus. Mais la cour européenne des droits de l'Homme ayant statuée en dernier recours, considérant qu'il s'agit d'une discrimination envers une personne homosexuelle, la France devra se plier à cette décision. Cela fera jurisprudence dans l'Union, et la France devra en tenir compte. C'est donc l'Union Européenne qui décide par delà les députés.
 
Cela se savait déjà, et on avait pu se gausser au sujet des taxes sur la restauration, que Jacques Chirac avait promis de baisser. L'Union européenne s'y était opposée, et le président avait fait marche arrière. Au delà du sujet de l'adoption par des homosexuels, ce qui est ici notoire, c'est que la France n'est plus indépendante pour sa justice, pas plus que pour faire baisser sa fiscalité d'elle-même dans certains cas, et que c'est bien au niveau de l'Union qu'au final se prennent les décisions. Bientôt, grâce au traité "simplifié", la France n'aura plus même d'indépendance dans sa politique étrangère: puisqu'en effet un ministre européen des affaires étrangères sera nommé, et la France ne sera plus représentative sur la scène internationale. L'Union se dotera aussi d'un super-président. 
 
Plusieurs questions pourraient se poser à ce sujet: combien de temps encore la France gardera-t-elle son siège à l'ONU? Il est désormais inutile puisque le pays est contraint de se soumettre à l'Union Européenne, et le sera particulièrement après le nouveau traité. Si demain l'Union décide de faire la guerre en Iran et que la France n'est pas d'accord, Elle y sera tenue malgré tout. C'est sans doute le sens du discours d'un diplomate Etats-Uniens qui déclarait lorsque la France s'opposait à la guerre en Irak, que l'Allemagne et la France ne représentaient que la "vieille Europe", par opposition à la nouvelle, avec plus de vingt nouveaux membres, et qui n'étaient pas tous en accord. Encore serait-il heureux qu'enfin ne soit plus fait de mélange entre l'Europe, et l'Union européenne, cette supercherie dans le vocabulaire, qui nous fait oublier que tous les pays européens ne sont pas dans l'Union, et que des pays qui ne sont pas européens y entreront peut-être...
 
La France refuse jusqu'ici l'adoption aux homosexuels, considérant qu'un référent masculin, c'est à dire un père adoptif, est essentiel au bon équilibre d'un enfant. L'argument se défend très largement, mais la France n'a pas le choix. Et elle aura de moins en moins le choix dans tous les domaines. Elle subit déjà, à travers l'Union, une politique économique qui ne cherche pas à protéger ses salariés, mais plutôt à ouvrir au maximum ses frontières pour les marchandises. Et notre président l'a dit dès le départ: la France est de retour dans l'Union...
 

mercredi 12 décembre 2007, a 16:16
Le père d'Anne-Lorraine s'est exprimé dans un entretien

Le père d'Anne-Lorraine, la jeune femme retrouvée dans le RER D, poignardée de trente coups de couteau, s'est exprimé sur le journal La Croix, le 10 décembre. Tout en revenant sur les faits, il déclare qu'il souhaite apporter son soutien aux associations de victimes, et que les délinquants sexuels devraient rester en prison.
 
Le texte s'appelle, "Au nom d'Anne-Lorraine, ma fille". Pierre Schmitt s'y exprime en tant que père et citoyen, mais aussi en tant que chrétien, réfutant tout sentiment de révolte contre la société ou contre Dieu, disant que l'idée de faire justice lui-même ne lui a traversé l'esprit que brièvement, puis plus du tout. C'est la justice qui pour lui a été déficiente. La famille a été largement soutenue par la suite, avec de nombreux témoignages de soutien, et de nombreux bénévoles se sont relayés autour de la famille et lors des obsèques de la jeune femme, pour des chaînes de prière.
 
Au delà du réconfort qui a été apporté à cette famille, le père déclare avoir été heurté par certains messages sur internet mêlant des connotations racistes au drame, ou une polémique sur l'attitude du gouvernement. Il y aurait par ailleurs déjà eu des déclarations en ce sens e sa part, les responsables politiques auraient aussitôt réagi et soutenuent la famille qui ne demandait qu'une chose: faire tranquillement son deuil. Le sujet avait déjà été soulevé par Koz, qui déplorait que par delà le drame, il soit fait mention de la personnalité de l'assassin, et le rappel de son origine, ce qui bien sûr, n'a rien à voir avec le sujet en soi.
 
C'est sans fausse nuance que le père de la jeune femme déclare n'avoir aucune haine envers l'assassin de sa fille, même s'il n'en est pas encore au stade du pardon. Il se consacrera désormais  à la lutte contre les récidives des délinquants sexuels: "Je pense  que les délinquants sexuels doivent rester en prison" dit-il, avant de déclarer qu'il lui semble que la première affaire de l'assassin de sa fille, qui était récidiviste, avait été traitée à la légère. Il semblerait que l'avocat qui était intervenue pour la première victime soit du même avis, en déclarant il y a peu, "Les faits avaient été banalisés". C'est en effet ce qui peut donner un sens à la terrible conclusion du trajet en RER D d'Anne-Lorraine, le 25 novembre dernier: que de tels faits ne se reproduisent pas.

mercredi 05 décembre 2007, a 22:21
Les aveux de l'un des accusés

Elle était venu témoigner  au procès en septembre, par visioconférence, seul son visage était apparu, un visage agréable, un visage épargné par le feu dans l'attaque du bus où 62% de son corps avait été atteint, brûlé au 2ème et 3ème degré. Mama Galledou disait  à l'attention des assaillants du bus « Pourquoi n'avez-vous pas attendu que tout le monde soit sorti du bus pour mettre le feu ? », « Pourquoi m'avez-vous laissée brûler ? », « A quoi pensiez-vous lorsque vous vous êtes enfuis ? » devant des jeunes gens muets, "Ils ont la tête dure comme des murs de prison."  dira devant leur attitude renfrognée l'avocat du conducteur du bus. Et puis ce mercredi, l'un des accusés a parlé, et décrit le rôle de chacun... c'est lui tenait le chiffon qui a enflammé le bus...
 
Le père de l'un des accusés avait été lui-même choqué par l'attitude de son fils, expliquant « Depuis qu'il est en prison, il a beaucoup changé. Même à moi, lorsque je vais le voir au parloir, il ne me dit rien. Il s'est refermé sur lui-même. » comme pour expliquer cette attitude incompréhensible, muette devant le drame vécu par la jeune femme. La mère de Mama Galledou s'était exprimée auprès de la mère d'un des accusés, pour qu'il dise ce qu'il savait et une des mères avait donné un commencement d'explication  sur ce mutisme: "Si on dit la vérité, on meurt dans les quartiers Nord". Comme pour lui donner raison, la soeur de l'un des accusés avait eu la chance d'échapper à une agression peu de temps après, "On va te tuer. Tu es la soeur de Béchir-la-Balance!" lui avait lancé la petite bande avant de s'échapper, en apercevant une personne alentour.
 
Ce silence, et cette attitude, était d'autant plus incompréhensible pour l'assistance, que la violence de l'attaque du bus a choqué les témoins. L'un d'eux s'en était ouvert , "On a tous les images de Mama en flammes, des images qui nous empêchent de dormir" racontait l'étudiant, traumatisé, et qui avait sombré dans l'alcool, tentant de passer des nuits "normales" à coup de cachets et d'antidépresseurs, "Je vis avec ce drame chaque jour et j'ai du mal à prendre le bus. Chaque fois, c'est l'alerte. Je fais attention à chaque passager". C'est incontestablement la vision de la jeune femme se débattant dans les flammes, et hurlant très certainement d'une façon terrible tandis qu'elle brûlait vive, qui mine ce témoin.
 
C'est après le témoignage de la mère de l'infortunée que l'un des incendiaires est passé aux aveux  . Etait-ce la mère de Mama Galledou qui a réussi à le convaincre en le réclamant à la barre, ou ses propres parents? Toujours est-il que lorsque l'adolescent s'est confié, il a tout dit. Le poids devait être trop lourd à porter, c'est lui qui tenait le chiffon enflammé et qui l'a jeté dans le bus préalablement arrosé d'essence, avant de décrire les gestes de ses camarades, le blocage des portes, et la dispersion de l'essence. Puis d'ajouter qu'il a honte, qu'il est désolé... Son père derrière lui, conscient que cet aveu le condamne, proteste, disant qu'il ne serait pas spontané...
 
Mais les faits sont là, le jeune homme a avoué, et il faut lui reconnaître ce courage, qui semble être en même temps une libération pour le jeune homme, mineur au moment des faits, c'est aussi un commencement de réponse pour Mama Galledou, qui a déjà exprimé son besoin de trouver un sens  à ce qui s'est passé dans ce bus, le 28 octobre 2006, jour où elle s'est trouvée prise au piège de l'incendie.
 
Les accusés encourent une peine de 15 ans de réclusion criminelle, si l'excuse de la minorité n'est pas retenue.

mardi 04 décembre 2007, a 21:54
"les faits avaient été banalisés"

Il est devenu difficile de revenir sur le sujet tant il soulève de polémique ainsi que cela a été le cas sur agoravox au cours d'un article en hommage à la défunte, et ce jusqu'à l'indécence (à ce sujet, voir aussi le post de Koz, laissez la reposer en paix ). Pourtant l'évènement n'a rien d'anodin en soi, il n'est tout de même pas habituel qu'une jeune femme succombe à trente coups de couteau un dimanche matin, et on ne peut que s'en féliciter. Cela n'en soulève pas moins la question de la récidive, puisque l'auteur du crime avait déjà été jugé en 1996, ainsi que le raconte l'avocat  de la jeune femme qui avait été violée à l'époque, et menacée d'un couteau.
 
Sa cliente s'était retrouvée seule avec l'homme qui l'avait menacée d'un couteau et forcée à lui faire une fellation. Selon elle "Comme il en était à son premier viol, le juge d'instruction avait proposé de «correctionnaliser» le dossier, comme s'il s'était agi d'une agression sexuelle." mais sa cliente avait tenu à ce que l'affaire passe aux assises, la suite est stupéfiante, "les faits avaient été banalisés par la cour, comme si le fait d'être contrainte à une fellation n'était pas un vrai viol (...)  À l'au­dience, il était venu entouré par une famille d'origine arménienne, simple et modeste, qui avait spontanément payé les dommages et intérêts. Tout le monde, y compris les ex­perts, semblait alors penser qu'il n'y avait pas de risque de récidive. " Évoquant sa cliente, elle explique "Plus encore que le viol, c'est la peur de mourir qui avait marqué ma cliente."
 
Le père de la jeune victime s'est exprimé sur RTL , il était venu l'attendre sur le quai, et le train est passé devant lui, emmenant vraisemblablement son corps dans les prochaines gares. Depuis c'est un véritable "scénario de film d'horreur" qui hante la famille, c'est pourquoi, en mémoire de sa fille, cet officier, il est colonel, a décidé de mener des actions auprès des pouvoirs publics, car dit-il "Comme je ne souhaite pas que le sacrifice de ma fille soit vain, il faut qu'on soit digne d'elle.". Il précise bien qu'il n'a pas de haine envers l'assassin, mais qu'il en veut au "système" de l'avoir laissé en liberté. Son objectif est clairement de lutter contre les récidives.
 
Cela pourra donner un sens au terrible décès d'Anne-Lorraine  pour les parents, et pourrait en effet de nouveau remettre sur le tapis les différentes affaires de récidive, trop fréquentes, avec les victimes, parfois fort jeunes qui en découlent. La fille du colonel a été déclarée membre à titre posthume de l'Association des journalistes de défense , et plus de 1500 personnes  se seraient pressées à ses obsèques. Il serait regrettable que cela reste inutile, pour éviter d'autres drames, dans toutes les communautés religieuses confondues.

lundi 19 novembre 2007, a 21:36
Le procès d'un deuxième frère de Rachida Dati, Omar,

L'avocat s'étonne de voir la presse dans la salle pour un procès qu'il qualifie de "banal", en évoquant une "curiosité malsaine et d'une tentative de pression inadmissible sur les juges"  avant de raconter le parcours de l'accusé depuis sa mise en examen: "Il a fait des bêtises pendant une période de sa vie mais il est sorti d'une spirale infernale. Il s'est réinséré tout seul, il travaille, a construit une maison. C'est contre-productif de l'envoyer en prison". Pourtant malgré tout ce que pourra dire l'avocat, son client n'est pas comme les autres, puisqu'il est le frère du garde des sceaux.
 
Omar Dati, n'est pas présent dans la salle d'audience, et selon son avocat, un de ses enfants a des problèmes de santé grave, qui nécessitaient sa présence à Lyon, pour des séances de chimiothérapie, personne n'ayant pu le remplacer. "c'est un dossier de stupéfiants intolérable, car le grossiste et son adjoint Dati ont déjà eu affaire à la justice pour des faits de même nature" affirme le procureur, et en effet, "Dati" a reconnu lui-même avoir "dealé" pour 5 à 6000 euros de cannabis en l'espace de deux ans. En 2001, il avait été condamné à 4 mois avec sursis pour trafic d'héroïne, mais cette fois-ci il s'agit de cannabis, et plus précisément, il est poursuivi pour "acquisition, détention, transport, usage et offre ou cession", aux cotés de quatre autres personnes, dont son grossiste, Riadh Boukadida.
 
La presse avait révélé au moment du procès de Jamal Dati, autre frère du ministre de la justice a avoir été condamné pour des faits relativement similaire, qu'Omar Dati avait été placé en contrôle judiciaire au mois de juin 2005. Les faits ayant été commis en 2004-2005, ils sont antérieurs à la loi sur la récidive. Sorti d'une spirale infernale ou non, le frère de rachida Dati n'arrange pas les affaires du ministre, qui a déjà fort à faire avec sa carte judiciaire auprès des magistrats. Il ne faudrait pas que l'habitude s'installe de voir la famille du garde des sceaux sur le banc des accusés, cela reste du plus mauvais effet: le garde des sceaux est aussi un garant de moralité, d'une certaine façon.

vendredi 09 novembre 2007, a 22:18
Un salon de coiffure la refuse pour port du voile...

 

Mlle Bushra Noah, 19 ans, a décidé de recourir à la justice anglaise pour régler son litige avec la patronne d'un salon de coiffure alternatif. Elle avait déjà postulé 25 fois chez d'autres coiffeurs, et avait essuyé 25 refus. Devenir coiffeuse est pourtant toute son ambition, et dans le cas présent, la patronne du salon de coiffure londonien l'a refusée en mettant très clairement en avant que son voile lui posait problème, car ses coiffeuses se doivent, selon elle, d'être des "vitrines" du salon. En effet, la spécialité du salon est la coupe de cheveux "Funky urbain",  et sa patronne, Sarah Desrosiers explique que toute son équipe porte ce type de coiffure en public, et que son salon vend de l'image. Il lui serait difficile dans le cas de la plaignante de vendre l'image d'une coupe de cheveux sous un voile, qui ne correspond pas à l'image de son entreprise.
 
Elle s'en explique: "Je vend de l'image c'est important et je m'attends à ce qu'une coiffeuse styliste expose ses cheveux pour inciter les passants à venir dans mon salon après avoir aperçu mes stylistes ». Cest la nature et le style de mon salon qui attire les gens. Couvrir ses cheveux est en contradiction avec cette réalité. Si quelqu'un portait un casque de baseball ou un chapeau de cowboy j'exigerais de le retirer pour le travail. Pour moi, c'est absolument essentiel que les gens puissent voir les cheveux du styliste."
 
Seulement Bushra Noah  ne l'entend pas de cette oreille, elle estime avoir été discriminée, et même rudoyée, et exige en conséquence des dédommagements pour perte de revenus, à hauteur de 15 000 Livres, d'autant que Mme Desrosiers lui aurait miné le moral: "J'ai décidé de poursuivre cette coiffeuse parce c'est elle qui m'a le plus blessé. Je me sentais tellement démoralisée et déprimée, que je me suis dit que si je ne me défendais pas, alors qui le ferait ? "Quand j'ai parlé à Mme Desrosier au téléphone, avant la première entrevue, elle m'a offert une journée d'essai. Mais lorsque je me suis présentée, elle ma regardée avec grand étonnement. Elle m'a demandé si je portais le foulard en tout temps et elle a continuée de répéter," j'aurais souhaiter l'apprendre lors de notre conversation téléphonique ".
 
Il est hors de question pour cette jeune femme d'ôter son voile, "Depuis mes études secondaires, la coiffure était tout ce que je voulais faire. C'est triste qu'ils ne me donnent pas l'occasion de le faire. Cette situation mine mes ambitions. Le port du foulard est fondamental à mes croyances." et ne semble absolument pas voir ce qui gênerait son ambition, il n'y a pour elle que de la discrimination dans cette affaire... Mme Desrosiers devra trouver des finances pour aller en justice en janvier 2008, pour contester la plainte, elle clame à l'injustice: "On me traîne dans la boue et on m'accuse d'être raciste. Cest totalement injuste et faux ! " Elle explique que son magasin pourrait fermer ses portes si en effet le procès devait se révéler trop onéreux.
 
Et cependant, on ne peut s'empêcher de se poser la question de savoir si la jeune femme possède en effet le bon profil pour ce poste, à comparer sa photo, avec l'affiche qui sert de présentoir à la boutique, à voir en tête d'article.
 

vendredi 09 novembre 2007, a 11:46
Réhabilitation en Suisse, suite à un procès en sorcellerie de 225 ans

 

Anna Göldi est morte à l'âge de 48 ans, en Suisse, décapitée le 13 juin 1782 à Glaris,  il y a 225 ans, sous l'accusation de sorcellerie, ou plutôt d'empoisonnement puisqu'à cette époque le crime dont elle était accusée était déjà si suranné, qu'il a fallu trouver un autre terme. Elle a été réhabilité par le parlement glaronnais ce mercredi, à l'issue d'un débat. Décrite comme la dernière sorcière d'Europe a avoir été condamnée, elle ne serait que l'avant dernière, puisque deux polonaises auraient été brûlées par la suite en 1793. Issue d'une famille pauvre, elle était mère de trois enfants, dont le deuxième mourut juste après la naissance, après quoi elle devint servante dans la famille d'un médecin.
 
Parmi les cinq filles de son nouveau patron, dont elle s'occupait, l'une mourut à l'âge de huit ans. La petite Anne-Miggeli était devenue malade, juste après le renvoi de la servante, et aux dires des témoins,  semblait comme possédée, et souffrait de convulsions et de fièvre. Une rumeur disait à l'occasion de la mort de cette enfant, qu'avaient été retrouvés dans son bol de lait des aiguilles, ainsi que dans le pain et dans le bol d'une de ses soeurs, puis elle aurait recraché, toujours selon la rumeur, des aiguilles, parmi le sang, et en aurait recraché chaque jour jusqu'à la fin.
 
Torturée pour obtenir des aveux de sa relation avec le diable, afin de corroborer l'accusation de magie noire, puis jugée, initialement pour sorcellerie, ce qui aurait normalement dû lui valoir le bûcher, châtiment traditionnel des sorcières, Anna Göldi sera décapitée pour empoisonnement après que des dossiers aient été détruits, l'accusation de sorcellerie étant dépassée pour l'époque.
 
Dans un livre enquête, un journaliste glaronais, Walter Hauser, évoque la vie d'Anna Göldi sous le titre , «Der Justizmord an Anna Göldi» («Anna Göldi assassinée par la justice»), avec documents à l'appui, parfois inédits: pour lui le conseil évangélique n'avait aucune compétence pour juger la servante. Toute l'Europe s'était émue de ce procès en sorcellerie, ce qui peut expliquer que la peine ait été commuée de sorcellerie à empoisonnement. Son livre est devenu contre toute attente un véritable "best seller" chez nos voisins suisses, ce qui s'explique selon l'auteur par "le mélange de mysticisme, de suspense, de sexe et de crime - qui plus est dans les hautes sphères de la société, qui composait l'affaire". C'est à l'initiative de ce journaliste que le recours a été déposé devant le parlement de ce canton. Le conseil d'Etat et l'Église réformée, initialement à l'origine de la condamnation, et désireux de laisser tout cela au passé, se sont opposés à cette réhabilitation, qui a tout de même été votée par 37 voix contre 29.
 
Entre 50000 et 100000 personnes ont été brûlées vive en Europe pour sorcellerie, entre le XVème et le XVIIème siècle, il s'agissait de femmes pour 95% d'entre elles.
 
Un avis de recherche avait été lancé après la servante, il est retraduit dans wikipédia (traduction libre d'un dialecte difficile):
 
Le méritant État glaronais, de confession évangélique, offre par la présente, pour la découverte d'Anna Göldin décrite plus loin, une récompense de cent couronnes; de même est demandé aux hautes et plus hautes autorités et à leurs représentants officiels, de procurer toute l'aide possible à la capture de cette personne; ajoutons qu'elle a commis l'acte incroyable, d'apporter une quantité d'épingles et autres choses par des moyens secrets et presque incompréhensibles contre une petite fille innocente de huit ans.
Anna Göldin, de la commune de Sennwald, appartenant au district de Haute-Saxe et Forstegg, dans la région zurichoise, environ 40 ans, stature large et grande, à l'allure épanouie et rougie, des cheveux et des sourcils noirs, avec des yeux gris un peu malsains, qui sont d'habitude passablement rougis, son apparence est négligée, et elle parle dans son dialecte sennwaldois, porte une jupe moyennement colorée, un haut de corps bleu avec des rayures, en dessous un corset bleu, une veste damassée et grise, des bas blancs, un bonnet noir, en dessous une coiffe blanche et elle porte un foulard en soie noir.
Date, le 25 janvier 1782

La chancellerie de Glaris, de confession évangélique

vendredi 26 octobre 2007, a 23:29
A propos du voile et de l'affaire Truchelut

  Sous l'un de mes derniers articles, sur le port du voile en Iran et au Canada, paru sur plusieurs medias citoyens, un commentaire m'a interpellé au sujet de l'affaire Truchelut, évoquant un risque potentiel de dérive sur des critères personnels de la dame, affaire dans laquelle il était question du port du voile, bien sûr, mais ce n'était pas ce qui m'avait interpelé sur ce sujet. Le rapport qui existe entre l'affaire Truchelut et les élections au Canada, dans l'article que je citais est ailleurs: pour prendre la défense du voile, dans les deux cas, il était dit qu'il s'agissait de "discrimination" envers les femmes voilées.  

 

Dans l'affaire Truchelut, qui s'est conclue par une décision du tribunal de condamner Madame Truchelut (qui a fait appel), les avocats de la partie adverse ont fait des déclarations qui avaient tout du procès d'intention, je cite: «un condensé d'ignorance et de racisme ordinaire». Un "racisme ordinaire". Tout le monde sait ce qu'est le racisme, un sentiment très bas, indigne, injustifiable, ignoble, et ordinaire en sus, c'est à dire vulgaire, un sentiment de caniveaux, celui de la "mégère du coin", en somme. Dire de quelqu'un qu'il est raciste à notre époque, c'est exprimer un jugement moral, le décrire comme une personne stupide et très sale, indigne d'être fréquentée, et cela amène aussi l'opprobre sur les éventuels amis de l'accusé. C'est une sorte d'excommunication moderne. Mme Truchelut l'avait bien compris, en rétorquant «Je ne suis pas une cruche !».  

 

 Elle n'avait pourtant pas tenu de propos racistes, elle avait juste déclaré: «Pour moi, le voile représente la soumission de la femme. J'ai été une enfant maltraitée, battue, opprimée. Je suis extrêmement sensible à tout ce qui tourne autour du droit des femmes". L'accusation principal était suffisante pour ne pas chercher d'autres subterfuges: "refus de fourniture d'un bien ou d'un service pour motif ethnique, social ou religieux ", suffisait amplement à demander réparation, mais Fanny Truchelut rétorquait alors qu'elle demandait juste à ce que le voile ne soit pas porté dans les parties communes (ce que dénie l'accusation), qu'une autre famille, ayant aussi loué le gîte, fréquenterait, ne refusant pas les personnes ou la religion, mais juste l'expression "ostentatoire", comme le demande la loi à l'école "républicaine". L'argument n'a rien de raciste en soi et se présente comme un propos laïc. Elle n'aurait pas demandé d'ailleurs à ce que le voile disparaisse, laissant chacun libre de faire ce qu'il veut , mais dans des limites précises. Ici les parties communes sont un endroit presque public.  

 

Sur le sujet de son voile, son adversaire, voilée de rose pour l'occasion, rétorquait qu'il s'agissait du résultat "d'un long cheminement spirituel", ne s'étendant pas plus loin. Dans cette réponse, aucune précision ne pointait pour exprimer le résultat de ce long cheminement, mis à part le bout de tissu arboré. On ne demandait pas de justification pour le port du voile, en revanche l'accusation de racisme, belle et bien présente, était sans appel. Y avait-il une lueur de haine raciste dans les yeux de Mme Truchelut? Il faut croire que cela irradiait l'assistance, puisqu'aucun rapport de  journaliste ne s'en est offusqué...  Pourtant l'ignoble accusation méritait qu'on s'y arrête: est-on raciste, et donc haineux lorsque l'on refuse une expression religieuse?  

 

Dans l'article que je commentais le même discours revient, on y parle discrimination, mais aussi de... paranoïa. Il se serait agi dans le cas des Canadiens "d'une peur de l'islam. Relevons ici les deux termes employés: paranoïa et peur. Nous avons là un terme issus du lexique médical, plus particulièrement utilisé en psychiatrie: le paranoïaque se sent persécuté, à tort, et la peur, nous pourrions dire dans le même esprit l'islamophobie, est un sentiment totalement irraisonné.  Dans les deux cas, il est inutile de faire appel à la raison, ce sont deux pathologies, qui peuvent se soigner, mais pour lesquels il faut un traitement long, et qui fait appel à des ressorts inconscients. De fait cette expression de l'islam dans ces deux descriptions est la blanche brebis, mise en cause par des malades, souffrant de troubles mentaux. Il ne s'agissait pourtant que de demander à ces femmes de retirer leurs voiles au moment de voter, de façon à se laisser identifier, au besoin par une autre femme.  

 

Le procédé est malhonnête à plusieurs titres: il vise à discréditer celui qui n'est pas en accord, et à éluder les vrais questions, tout comme dans le cas de Mme Truchelut, et son racisme supposé. Dans un témoignage, Fanny Truchelut s'exprime: "j’ai donné un sens à ce foulard, que cela vous plaise ou non... Il est le symbole de l’oppression et de la soumission de la femme". Point n'est utile d'adhérer aux propos de Mme Truchelut, pour s'apercevoir qu'elle ne tient pas de propos racistes, mais qu'elle étale simplement des convictions personnelles, à tort ou à raison. Elle continue cette sorte de lettre ouverte par "Vos avocats plein de haine ont insulté Anne (Présidente de la ligue du droit des femmes) et Annie (Présidente de la ligue internationale du droit des femmes) qui se battent depuis plus de 40 ans pour le droit des femmes. Ils ont osé dire ne pas connaître, je cite « ces deux exemplaires du féminisme ». Mais comment ont-ils osé ?"

 

  Ce qui est étonnant dans l'usage du mot islamophobie, c'est qu'il a une histoire particulière avec le féminisme selon Caroline Fourest et Fiammetta Venner, dans leur livre "Tirs croisés": "Le mot “islamophobie” [...] a pour la première fois été utilisé en 1979, par les mollahs iraniens qui souhaitaient faire passer les femmes qui refusaient de porter le voile pour de "mauvaises musulmanes" en les accusant d'être "islamophobes". Il a été réactivité au lendemain de l'affaire Rushdie, par des associations islamistes londoniennes comme Al Muhajiroun ou la Islamic Human Rights Commission dont les statuts prévoient de “recueillir les informations sur les abus des droits de Dieu”."  

 

 J'ai déjà écrit sur la situation des femmes iraniennes par rapport au voile dans le précédent article, inutile d'y revenir. C'est à la justice de trancher concernant Mme Truchelut, pour autant, il est révoltant que cette dame subisse des propos outranciers et insultants, à moins de réellement prouver qu'elle a un sentiment raciste profondément ancré, de façon certaine, et dans des actes ou des paroles, non pas sur des pensées supposées, pour une personne qui nie l'être. Si ce n'est le cas, il s'agit d'un procès d'intention, inadmissible devant un tribunal, et digne des écrits de Kafka. Dans sa lettre ouverte, Mme Truchelut explique: "J’ai appris lors de l’audience, par le Procureur lui-même, que les peines encourues pour « racisme » avaient été majorées de 50%. Le risque est donc aujourd’hui de 3 ans de prison et de 45.000 € d’amende."

 

Madame Truchelut a donné un entretien au site Marianne2.fr et s'exprime sur le site riposte laïque

mardi 16 octobre 2007, a 12:51
Un écolier du Zimbabwe, autorisé à garder des dread locks par la justice

  Un enfant de huit ans, portant des dread locks avait été exclu de son établissement scolaire au Zimbabwe en 2006, réintégré pendant le débat, jusqu'à ce que la cour suprême décide de sa réintégration définitive. ce sont ses "longues tresses" qui posaient problème à l'administration. Le règlement intérieur de l'établissement stipule en effet que "les élèves doivent avoir une coupe de cheveux correct en toute circonstance", mais la cour suprême a jugé que l'école ne pouvait interdire au jeune garçon d'aller en classe, et pas plus d'interférer dans son éducation, selon les réponses de son avocat à l'AFP.

 

   Le directeur mettait l'enfant en isolement et lui ordonnait de s'asseoir par terre pour le punir, l'accusant de défier le règlement intérieur. Cette décision de justice pourrait permettre aux autres écoliers de laisser leurs jeunes enfants se rendre à l'école avec cette coupe de cheveux, à condition bien sûr, que les parents soient d'accord. Ce n'est pas le premier cas au Zimbabwe, dans lequel les nattes rasta sont mises en cause: si un avocat a été autorisé à plaider avec ses locks, et un journaliste se faire photographier avec cette coiffure sur son passeport, trois membre de l'équipe de cricket nationale ont dû se faire couper les cheveux pour participer à la coupe du monde.  

 

 Les rastas portent originellement les cheveux longs en référence à l'ancien testament, au voeu de nazarite plus particulièrement, et notamment à l'histoire de Samson  . Le nom de ras tafari viendrait du prénom d'Hailé Sélassié, empereur d'Ethiopie de 1930 à 1974, dont l'ascendance remonterait aux rois biblique Samson et David, prénom qui signifie, selon wikipedia : "Ras Tafari de ras, tête (mais ici « leader, seigneur »), et Tafari, « Celui qui sera Craint »."   Traversé par les traditions biblique, le "mouvement" rasta est imprégné de ses références, à Babylone, par exemple, signifiant l'argent et le pouvoir dans la société moderne, et retraduit les personnages bibliques comme étant de couleur noire, à l'image de l'empereur éthiopien, mais si le "mouvement" revendique originellement des traditions diverses, il est aussi art de vivre pour certains, voire philosophie de vie.

vendredi 12 octobre 2007, a 15:55
La loi du silence

  La nouvelle ne devrait pas faire grand bruit: la soeur de l'un des deux accusés (15 ans tous deux au moment des faits) dans l'affaire de l'attaque du bus de Marseille dans lequel Mama Galledou avait été très gravement brûlée, a été menacée de mort devant le domicile de sa tante, à Marseille. Armés de couteaux et de batons, une quinzaine de "jeunes" lui aurait crié  "On va te tuer. Tu es la soeur de Béchir-la-Balance!". Selon la Provence, elle ne doit son salut qu'au passage d'une mère avec sa poussette, les retardant dans leur "intervention".


   Pour l'avocat de son frère, il s'agit d'une  "agression préparée et effectuée par une bande de jeunes". La jeune femme a porté plainte, et une enquête est en cours, mais cette situation permet de constater combien le silence prévaut dans certaines cités de nos banlieues. Celui qui parle risque sa vie, et la mère de l'un des jeunes gens accusés en parlait déjà au tribunal ("Si on dit la vérité, on meurt dans les quartiers Nord") . Il ne semble pas s'agir ici de protéger des intérêts financiers, mais juste de la petite délinquance de chaque jour.  

 

 La justice ne peut être rendu sereinement si les témoins sont menacés, et le cas de cette jeune femme ne semble pas être isolé, bien qu'elle ne soit pas directement concerné par le témoignage de son frère. Amor Kaak en a fait les frais en témoignant en janvier 2007 dans une affaire de règlement de compte, après le meurtre de Lassad Lamiri, à Grenoble. Sans protection, il vit en homme traqué depuis son témoignage, à visage découvert sur les conseils de la police, et pour que son témoignage ait plus de poids.   Il était gérant de snack, et a tout perdu. Il n'a plus d'argent, et doit se cacher... ou mourir, pour avoir été honnête. Trois hommes sont morts à la suite de l'affaire dans laquelle il témoignait, vraissemblablement en rapport.

 

Quant à la jeune femme, elle devra désormais faire attention en marchant dans la rue, certainement consciente que personne ne pourra l'aider si quinze personnes l'agressent, certainement consciente qu'il pourrait lui arriver n'importe quoi, n'importe quand. Son frère risque de retrouver en prison, puisqu'il a été condamné à huit ans de réclusion, des personnes de son quartier, qui pourront être malveillantes.  

 

L'avocat d'Amor Kaak l'a poussé à réclamer des dommages et intérêts à l'Etat:  "Mon client vit comme un fugitif depuis le début de l'instruction de cette affaire. Nous voulons démontrer qu'en France la loi ne permet pas de protéger et d'aider les témoins qui parlent à visage découvert et exposent leur vie en faisant leur devoir". . Selon l'avocat général de la cour d'appel de l'ISère, "Effectivement, la loi ne prévoit pas de mesures de protection, mais comme tout citoyen, cette personne peut solliciter ponctuellement la protection de la police ou de la gendarmerie, sous réserve qu'elle révèle de réelles menaces avec des éléments de preuve. Le fait qu'elle soit témoin n'influe en rien".  

 

Ainsi donc, les personnes témoignant au tribunal n'étant pas protégées si elles ne sont pas en mesure d'apporter des preuves, et facilement menacées, alors la justice ne peut pleinement s'exercer, si l'on en croit ces deux exemples. Celui qui parlera sera menacé, sa famille aussi et les coupables de violence, ou de crimes tels que l'attaque et l'incendie du bus de Marseille, qui aurait pu coûter la vie à Mama Galledou, peuvent en toute impunité continuer à menacer d'autres personnes, des personnes du quotidien.  

 

Après l'émeute récente de Saint-Diziers, les autorités ont lancé un appel à témoins aux habitants, qui paraissaient en effet bien connaître les vandales. Et cependant il semble bien que pour le moment (?) personne ne se soit manifesté. Ainsi toute une ville laisse démolir ses bâtiments publics, et ses véhicules, pour ne pas risquer d'avoir à subir  des représailles par la suite, pour eux-même, pour leurs familles.  Ainsi toute une ville, dans laquelle les honnêtes gens sont majoritaires, se tait, pour une toute petite fraction d'entre eux, située en son centre...

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