Rachida Dati par ici, Rachida Dati par là... son nom s'étale dans tous nos journaux du jour. Cette fois, ce n'est pas pour la tenue qu'elle porte, la énième confrontation avec les magistrats, une grossesse, une aventure qui lui serait prétée, des faux diplomes ou les affaires judiciaires concernant sa famille qui font jaser. Non, cette fois-ci, ce serait autrement plus "sérieux".
Rachida Dati , interrogée sur l'Union européenne, alors qu'elle brigue un mandat de député européen, a répondu en riant et avec une désinvolture goguenarde à des questions sérieuses, sur l'Union européenne, provoquant la polémique! Oui, elle rigolait gaiement de son ignorance, et la salle aussi!
Branle bas de combat! Il fallait aussitôt en informer le bon peuple. Mes amis, Rachida Dati se fout de vous et se moque comme d'une guigne, aussi bien de l'Union européenne, que de ses électeurs. D'ailleurs, dit-on, c'est Nicolas Sarkozy qui a tout fait pour qu'elle se présente, avec Michel Barnier... elle n'a eu qu'à acquiéscer.
Un journal bien connu nous raconte même comment dans la salle un jeune umpiste (populaire? Ils sont populaires les jeunes umpistes?) se demande si elle "se fout" des jeunes réunis là! Le journaliste est bien informé... Sans doute était-il présent, micro en main, et impertubable dans sa quête d'information et de vérité, à l'attention du public, auquel il doit bien cela...
Le contexte : au cours de la convention sur l'Europe des Jeunes populaires, Rachida Dati intervient après Michel Barnier. Elle arrive une heure après le début de la convention. On la dira en retard, ce qu'elle dénie aujourd'hui. Son intervention était plus tardive que celle de Barnier, voila tout, selon ses dernières déclarations.
En regardant bien la vidéo, l'on peut entendre, lorsqu'elle monte les marches du podium, la musique de présentation de "Qui veut gagner des millions". Son visage est hilare, comme une personne qui se prépare à faire une bonne blague.
Elle s'assoit. Elle n'a pas encore parlé, rien dit du tout, mais elle rigole bien quand même, puis elle se retient, en pouffant un peu. La première question a quelque chose d'ahurrissant : "Après Paris, quelle est la plus belle capitale d'Europe?", suivi de "quel est le plus beau monument hors de France?"... Une question sur les sources d'énergie en Europe. Elle demande à ce qu'on lui souffle... disant que pourtant, "on avait répété", parlant de sa "récitation".
Le jeune homme continue : "L'Europe s'occupe-t-elle trop des affaires nationales?", "Elle s'occupe de ce qu'on lui demande de s'occuper" répond-elle, avant de demander au jeune homme si sa réponse est bien la bonne... en riant de plus belle!
Aussitôt la nouvelle sue, tous les représentants politiques (c'est à dire la concurrence) des différents partis de s'offusquer, dans la lignée des journaux. La prestation est lamentable selon eux, c'est tout simplement, une honte, il faut bien le dire... elle est parachutée, d'ailleurs elle n'y connait rien. Et l'UMP de défendre Rachida Dati, en évoquant un harcèlement médiatique.
Rachida Dati qui vient pourtant de faire une mise au point sur France info, depuis le Liban où elle se trouve : "Hier on avait un moment de détente avec les Jeunes Populaires, on avait fait une parodie, moi je ne vais pas changer de tempérament j'aime la vie, j'aime rire".
Sa prestation, raconte-t-elle, n'était qu'une parodie de l'émission "Qui veut gagner des millions", ce qui parait tellement évident, que l'on s'étonne que les journalistes dans l'ensemble n'aient pas reproduit une information plus complète. Il est en effet inutile de chercher bien loin pour s'en rendre compte, d'autant que la suite de la réunion était, raconte-t-elle, bien plus sérieuse. Mais les images ne circulent pas au-delà.
Au final, Rachida Dati, en se moquant d'elle-même et du discours politique en devient finalement un peu plus sympathique. Ce qui est en revanche inquiétant, c'est le traitement médiatique de l'affaire. En quelques heures, une nouvelle est lancée et reprise partout, y compris par les adversaires politiques.
Cela n'a pourtant rien à voir avec le fond des élections européennes, qui semblent si éloignées du quotidien de chaque français, dans une période de crise où les chômeurs se multiplient. L'on pouvait attendre mieux de la part des politiciens et des journalistes, que cette parodie d'information et d'indignation chez les uns et chez les autres.
Le frère de Rachida Dati, Omar Dati , 37 ans, écope pour huit mois de prison ferme au tribunal, de Chalons, pour traffic de drogue, ce qui est plus que la demande du parquet, qui réclamait sept mois ferme. Omar Dati qui n'était pas présent, a fait demander par l'intermédiaire de son avocat, à ce que la peine soit aménagée avec la pose d'un bracelet électronique. Déjà condamné par le passé pour trafic d"héroïne, à quatre mois avec sursis, il est condamné cette fois-ci pour trafic de cannabis, ce qui en deux ans lui aurait rapporté près de 6000 euros.
L'information n'aurait aucune importance, s'il ne s'agissait pas du frère du garde des sceaux, garde des sceaux qui a aussi valeur de symbole du fait de ses origines, et qui a fait adopter une loi sur la récidive. Un premier frère de Rachida Dati, Jamel Dati, avait déjà été jugé pour des faits similaires, et encourt une peine d'un an de prison ferme. La fratrie se compose de douze enfants, Rachida Dati en étant l'aînée. L'on pourrait noter que dans ces décisions de justice, ces peines semblent représenter ce qui se fait habituellement en la matière, seulement il existe d'autres cas, autrement moins conséquents, qui par le passé n'ont pas bénéficié d'un jugement aussi favorable pour une simple consommation de cannabis, autrement plus bénigne que le trafic. Notre justice est-elle trop clémente pour le trafic de drogue?
Ce qui peut surprendre dans le cas de Rachida Dati, c'est l'absence de remise en cause: en effet il reste peu honorable pour un garde des sceaux, chargé de réformer la justice, d'avoir des membres de sa famille sur les bancs des accusés, et il eut été honorable de proposer une démission: à ce niveau de responsabilité, cela se fait. Ce cas est à rapprocher de celui de Rama Yade, qui en tant que secrétaire d'Etat aux droits de l'homme, émet une critique du gouvernement auquel elle appartient lors de la visite du colonel Kadhafi, "La France n'est pas un paillasson" a-t-elle dit, exprimant une opinion de la France qui serait bienvenue, si par ailleurs cet attachement ne se démentissait pas à d'autres occasions. Il eut été de bon goût, plutôt que de se rétracter ensuite, pour défendre cette visite, de démissionner tout simplement, pour montrer son désaccord, et la fermeté de ses principes: le secrétaire d'Etat en serait sorti grandi.
Mais lorsqu'un président se fait élire sur le pouvoir d'achat, et encourage les salariés à travailler plus, passe une soirée au Fouquet's dès le soir de son élection, prend la mer dans la foulée à bord d'un yacht au luxe tapageur, s'augmente considérablement, reçoit en grande pompe un ancien-terrorriste notoire, qui ne dénonce que du bout des lèvres les agissements des groupes terroristes à Alger, ou s'affiche dans des parcs d'attraction avec un top model, il n'est pas étonnant que les symboles plus profonds de la fonction gouvernementale échappent aux membres du gouvernements eux-même...
L'avocat s'étonne de voir la presse dans la salle pour un procès qu'il qualifie de "banal", en évoquant une "curiosité malsaine et d'une tentative de pression inadmissible sur les juges" avant de raconter le parcours de l'accusé depuis sa mise en examen: "Il a fait des bêtises pendant une période de sa vie mais il est sorti d'une spirale infernale. Il s'est réinséré tout seul, il travaille, a construit une maison. C'est contre-productif de l'envoyer en prison". Pourtant malgré tout ce que pourra dire l'avocat, son client n'est pas comme les autres, puisqu'il est le frère du garde des sceaux.
Omar Dati, n'est pas présent dans la salle d'audience, et selon son avocat, un de ses enfants a des problèmes de santé grave, qui nécessitaient sa présence à Lyon, pour des séances de chimiothérapie, personne n'ayant pu le remplacer. "c'est un dossier de stupéfiants intolérable, car le grossiste et son adjoint Dati ont déjà eu affaire à la justice pour des faits de même nature" affirme le procureur, et en effet, "Dati" a reconnu lui-même avoir "dealé" pour 5 à 6000 euros de cannabis en l'espace de deux ans. En 2001, il avait été condamné à 4 mois avec sursis pour trafic d'héroïne, mais cette fois-ci il s'agit de cannabis, et plus précisément, il est poursuivi pour "acquisition, détention, transport, usage et offre ou cession", aux cotés de quatre autres personnes, dont son grossiste, Riadh Boukadida.
La presse avait révélé au moment du procès de Jamal Dati, autre frère du ministre de la justice a avoir été condamné pour des faits relativement similaire, qu'Omar Dati avait été placé en contrôle judiciaire au mois de juin 2005. Les faits ayant été commis en 2004-2005, ils sont antérieurs à la loi sur la récidive. Sorti d'une spirale infernale ou non, le frère de rachida Dati n'arrange pas les affaires du ministre, qui a déjà fort à faire avec sa carte judiciaire auprès des magistrats. Il ne faudrait pas que l'habitude s'installe de voir la famille du garde des sceaux sur le banc des accusés, cela reste du plus mauvais effet: le garde des sceaux est aussi un garant de moralité, d'une certaine façon.
La nouvelle réforme de la carte judiciaire organisée par le garde des sceaux prend forme, et se dessine un peu plus clairement à présent, mais elle est finalement moins ambitieuse que prévu. En effet, suivant le projet initial, il s'agissait d'aligner la carte des tribunaux de grande d'instance sur la carte des départements. S'il y eut beaucoup de protestations, il faut croire qu'elles ont été entendues par le ministre qui a revu à la baisse les prétentions de la réforme, ministre qui avait fait paraître un article dans les colonnes "débats" du Figaro, dans lequel il expliquait que la carte judiciaire avait besoin d'être rénovée, puisque datant de 1958, expliquant que les "Français veulent une justice plus proche, plus efficace, plus humaine et plus accessible", arguant du fait qu'en regroupant les tribunaux, ils seront plus efficace "en favorisant le recours aux nouvelles technologies". L'argument principal, est que la carte judiciaire date de 1958, et qu'en tant que telle, elle a fort besoin d'être rénovée. "La proximité géographique ne doit pas être confondue avec la proximité judiciaire" dit-elle. En conséquence, 176 des 473 tribunaux d'instance, c'est à dire les tribunaux qui traitent principalement de la mise sous tutelle, mais aussi des expulsions et du surendettement, seront supprimés ainsi que 23 des 181 tribunaux de grande instance du pays.
Maître Eolas détaille sur son blog ce que sont ces différents tribunaux, à la date du 25 juin, et donne un éclairage tout à fait essentiel sur cette réforme qui au moment où il l'écrit, n'est pas encore définitivement tracée, donnant un contre-argument pour la date de 1958 dans un article plus récent: "le projet de départ était d'aligner la carte des tribunaux de grande instance sur la carte des départements qui date de 1790." Il précise notamment que la carte judiciaire "a été modifiée à de nombreuses reprises, notamment avec la créations des tribunaux de grande instance de Nanterre, Bobigny, Créteil au début des années 70, et de la cour d'appel de Versailles en 1975. Dire que cette carte date de 1958 est donc faux." Personne ne conteste au sein de la profession que la carte avait pourtant besoin d'être réformée, prend-il soin de préciser.
Sous l'article de Rachida Dati, un commentaire affirme que les Français ne veulent justement pas avoir affaire à la justice, et que pour les citoyens honnête ce n'est jamais le cas. Pourtant la question est plus importante qu'il n'y parait puisque les tribunaux supprimée concernent le quotidien, le droit de la famille, c'est à dire les divorces ou d'autres sujets, tels que le droit de visite des grand-parents (ce qui touche aussi les parents bien sûr) par exemple, mais aussi la mise sous tutelle à laquelle tôt ou tard, les justiciable pourront être confrontés, ou encore le surendettement qui explose dans notre pays, et le sujet préoccupant des expulsions de domicile.
Plus les tribunaux sont éloignés, plus les frais pour s'y rendre s'élèveront en conséquence,les tribunaux se trouvant rarement à proximité des gares. Pour une personne agée cela peut être problématique, c'est la raison pour laquelle le garde des sceaux l'évoque dans son article: "si une personne mise sous tutelle ne peut venir au tribunal, le juge et son greffier se déplaceront à l'hôpital ou dans la maison de retraite." On imagine pourtant mal les juges et les greffiers se rendre ainsi dans les maisons de retraite... Selon Arnaud Montebourg, 800 000 personnes seraient à ce jour concernées par la mise sous tutelle. Le garde des sceaux ajoute: "le contentieux familial continuera à être traité dans les tribunaux d'instance renforcés, là où il n'y aura plus de tribunaux de grande instance", ces mêmes tribunaux d'instance qui ont pour nombre d'entre eux été supprimés...(!) On peut imaginer une femme (ou un homme) seule avec des enfants, contrainte de subvenir à leurs besoins parfois difficilement, prendre une journée de congés, faire garder ses enfants, pour se rendre au tribunal, loin de son domicile, tandis que l'aide juridictionnelle sera aussi réformée normalement sous peu (cela est détaillé ici )
La moitié des 271 conseils de prud'hommes devraient aussi être supprimée, selon Brigitte Bruneau, secrétaire général de l'Union syndicale autonome justice (USAJ) qui s'attend à une telle annonce pour la fin du mois, et pour le Syndicat de la magistrature, il ne s'agit dans le cadre de carte judiciaire que d'une logique de rentabilité, car les tribunaux sont supprimés en fonction de leur seuil d'activité. Et pourtant cela devrait coûter fort cher en terme d'aménagement, sans évoquer les employés qui devront être redéployés, d'un tribunal à l'autre.
Sur son blog, Maître Eolas, qui a pris soin de préciser dès le départ que les avocats sont "des professions libérales et nous devons nous adapter au fait du prince", ajoutant dans son billet plus récent:"Une réforme cohérente aurait voulu que l'on déplaçât des juridictions isolées vers des nouveaux pôles urbains, et qu'on en augmente plutôt le nombre. Or c'est tout le contraire. On concentre et centralise. C'est aller à contresens de l'histoire."
Le "fait du prince". Oui, le prince et la justice vont toujours de paire, ce n'est pas nouveau! Du jugement de Salomon au chêne de Saint-Louis, c'est bien la tradition qui nous le rapporte, le prince a à sa charge d'organiser la justice dans l'Etat, et il est jugé selon son bon sens. Une petite réflexion autour du billet de Mme Dati: Les tribunaux devront "traiter des contentieux de plus en plus complexes, compte tenu de l'application croissante des règles de droit international et européen." Eh bien soit! Mais n'y a-t-il pas trop de lois en France , pour tout et pour rien ? Ce serait peut-être une piste...? D'autant plus que les procès coûtent fort cher, au citoyen concerné aussi.
Le lecteur aura tout à gagner à consulter le blog de Maître Eolas. Lire surtout ceci.
Ils sont membres du gouvernement, parfois ministres, sur des postes qui demandent un véritable engagement de chaque jour, mais ils se présenteront aux prochaines élections municipales, sur des listes UMP. Le site "l'internaute" fait le point sur les membres du gouvernement qui seront candidats aux élections municipales, ou qui tout au moins l'envisagent, lorsqu'ils ne le sont pas déjà. Ils sont au nombre de 23. Certains d'entre eux sont déjà conseillers municipaux, c'est le cas du premier ministre François Fillon, mais aussi de Jean-Louis Borloo par exemple, d'autres sont maires comme Eric Woerth ou Hervé Morin, parfois ils se sont fait élire alors qu'ils étaient déjà au gouvernement. D'autres éventuels candidats se déclarent, telles Rachida Dati ou Rama Yade, qui donnent actuellement des entretiens en ce sens.
Dans un entretien au Parisien, Rachida Dati argumente: "Cet engagement d'élu local, j'y ai beaucoup réfléchi. Ce sera, de ma part, un engagement entier, en prise directe avec les problèmes des Parisiens.". Le discours est étonnant, comment pourrait-elle s'investir dans son poste de garde des sceaux en même temps que dans celui de conseiller municipale, "entièrement"? Elle ajoute bien qu'elle "adore Paris", et qu'elle est manifestement ravi de s'y présenter, qu'elle connaît bien la capitale, qu'elle y vit. Certes, c'est une belle profession de foi... Mais la question qui pourrait venir ensuite, est de savoir si elle démissionnera de son poste actuel pour mener un "engagement entier"... Rama Yade aussi a décidé de se présenter à Colombes , et l'a fait savoir dans le journal du dimanche . Ici aussi, il s'agirait "d'un choix du coeur". Elle déclare au journaliste sur ce sujet, à la question: " Si vous êtes élue, serez-vous vraiment présente en mairie? Je ne souhaite pas devenir maire, ni première adjointe. Je vais y aller avec modestie et sérieux. Par ailleurs, dans le gouvernement, des ministres importants arrivent très bien à être aussi maires de grosses villes." Elle précise qu'elle connaît bien cette ville pour y avoir des attaches familiales. Là aussi, la question de l'engagement de l'actuelle secrétaire d'Etat pourrait poser question.
En effet, des ministres importants sont déjà maire, c'est ce que nous relevions en tête d'article, et il est fort probable qu'ils se représentent encore aux prochaines élections. Mais n'est ce pas contradictoire? Peut-on cumuler plusieurs fonctions? Ministre, maire ou conseiller municipal, parfois ministre et député, c'est à dire député pour rien, puisqu'un ministre ne saurait siéger parmi les autres députés de l'assemblée. A ce titre il est particulièrement inquiétant pour notre démocratie que des électeurs puissent voter pour un ministre lorsqu'il se présente pour ce poste. Nous tombons là dans la vieille manie droite-gauche de notre pays. Qu'un député soit maire en même temps peut après tout se concevoir, car de par sa position, le maire est plus proche des citoyens de chaque jour, et rencontrera les difficultés de ces administrés pour lesquels il pourra proposer des lois dans le cadre de l'assemblée, qui seront directement inspirée par son expérience. Mais hélas, les députés proposent rarement des lois à titre individuel, ils sont d'un parti, et bien souvent le suivent, d'autant que la plupart des lois émanent à présent du parlement européen...
Si l'on en croit wikipedia et l'internaute, le cumul de mandats est presque de règle chez nos ministre: François Fillon le premier ministre: Depuis 1998 : conseiller régional des Pays de la Loire. Avril 1998 - mai 2002 : président du Conseil régional des Pays de la Loire. 2002-2004 premier vice-président du conseil régional de Pays-de-la-Loire.Depuis 2001 : conseiller municipal de Solesmes dans la Sarthe. Président de la Communauté de communes du district de Sablé-sur-Sarthe. Et l'homme semblait se plaindre récemment de ne pas pourvoir intervenir plus régulièrement en tant que ministre, quelle forme! Quant à Jean-Louis BorlooMinistre d'État, ministre de l'écologie, du développement et de l'aménagement durables , il est actuellement: mars 2001 - mars 2008 : réélu maire de Valenciennes, dans le Nord. Dominique Riquet, chirurgien, lui a succédé, Borloo devenant premier adjoint du maire de Valenciennes, sans jamais y siéger. mars 2001 - mars 2008 : président de la Communauté d'agglomération de Valenciennes, « Valenciennes Métropole ». Xavier Bertrand, Ministre du travail, des relations sociales et de la solidarité est Depuis 2001 : Vice-président de la Communauté d'agglomération de Saint-Quentin . Michèle Alliot-Marie, ministre de l'intérieur:"juin 2007 - en cours : réélue députée de la 6e circonscription des Pyrénées-Atlantiques ", Hervé Novelli: Mandat depuis 2004:Adjoint au maire de Richelieu (Indre-et-Loire) conseiller régional du Centre, élu en Indre-et-Loire (depuis mars 2004); président de la communauté de communes du pays de Richelieu (depuis 2001) Réélu en 2007 Député d'Indre-et-Loire (4e circonscription). Il est également PDG d'une PME de vingt salariés. Fadela amara, secrétaire d'Etat, serait toujours conseillère municipale (PS) de Clermont-Ferrand selon l'Internaute Xavier Darcos, ministre de l'éducation nationale, serait encore Maire de Périgueux, Eric Woerth pour le budget, les comptes publics et la fonction publique, à Chantilly, et le lecteur peut persévérer sur wikipedia et l'internaute pour sa région, la liste des ministre qui pourrait se présenter figure sur le site l'internaute.
Comme nous pouvons le voir, les membres de nos gouvernements sont fort occupés, trop peut-être! Il y aurait pourtant une solution pour épargner cette surcharge de travail à nos ministres et à nos secrétaires d'Etat: ne pas voter pour eux. Épargnons leur cette gymnastique, en votant pour d'autres listes, si possible de candidats indépendants pour les élections municipales ou législatives. Il ne serait pas superflu de trouver un nouveau système de représentation pour les élections municipales, ce serait un excellent moyen de rénover notre classe politique, loin des grandes écoles telles que l'ENA...
PS: Et s'ilvousplait, chers lecteurs, n'ayez pas le mauvais esprit d'aller chercher combien chaque poste (jamais occupés dans certains cas) cumulé rapporte en espèce sonnante et trébuchante, en les cumulant en sus avec les différents postes occupés. Ce serait sûrement faire preuve de mauvais esprit, tout de même...!
Tandis que le Canard enchaîné s'exclame «Elève Rachida, au piquet !», en publiant l'extrait du curriculum vitae de Rachida Dati présenté dans son dossier administratif pour intégrer l'École nationale de Magistrature, la presse fait état de pressions inquiétantes sur les journaux ayant publié sur le sujet.
Déjà l'Express aurait reçu des appels émanant de l'entourage du ministre, selon Christophe Barbier, et faisant part de menaces ahurissantes de Rachida Dati: "Je vais aller à la télévision dire que c'est un journal raciste!" ce à quoi il répond: Allons donc: raciste, le journal d'Albert Camus et de Raymond Aron ?… avant de relever les propos du Canard enchaîné, qui a vraisemblablement reçu un appel du porte-parole du ministre qui leur explique que «la formule “ancien élève de l’Institut supérieur des affaires”signifiait clairement qu’elle n’avait pas obtenu le diplôme final», puis le ministre lui-même a décroché son téléphone pour appeler le canard et lui faire le même reproche qu'à l'express, canard qui ne s'est pas démonté en répondant «refrain connu. Seule solution, ne parler de la ministre qu’en termes élogieux et pratiquer la discrimination ministérielle positive.»
Christophe Barbier souligne que Le Point diffusera les meilleurs extraits du futur livre du garde des sceaux, et conclue non sans ironie "Dans l'urgence, elle a trouvé un organe de presse docile et véloce pour porter sa défense. "La voix de son maître" est toujours un slogan valable." et c'est très à propos qu'il pose une question judicieuse: "est-il raisonnable de réagir ainsi quand on occupe un des plus hauts postes de l'Etat?" évoquant pour finir la liberté de la presse. Oui, c'est un fait la presse est libre, et en l'occurrence, dans le Canard enchainé, le curriculum vitae exhibé indique bien à l'année 1993: «M.B.A. du groupe H.E.C.» avec la mention «ancienne élève de l’Institut supérieur des affaires» confirmant ce que l'express avait dévoilé auparavant.
Le ministre se serait aussi inquiété de ce que certains sites internet auraient évoqué un diplôme "falsifié", ce qui en effet n'est pas le cas. Pour autant, un Garde des sceaux se doit de garder la mesure dans ses critiques de la presse, en effet, l'accusation de racisme est malvenue, n'ayant aucun rapport avec les faits relatés dans la presse, même si les noms évoqués d'autres ministres concernant des diplômes mentionnés dans leurs CV devraient eux-aussi être traités, pour être juste.
Notons que ces autres ministres n'ont pas fait de bruit autour de ces rumeurs. Rachida Dati, présentée comme un exemple d'intégration réussie, présentée comme autoritaire selon certaines rumeurs, et actuellement en froid avec le monde judiciaire, n'a pas su faire preuve de diplomatie dans cette affaire, qui aurait pu prendre de moindre proportions...
Rachida Dati dément formellement les propos du journal l'Express au sujet de son diplôme MBA, qu'elle aurait selon le magazine, déclaré détenir, à tort, pour entrer à l'Ecole nationale de la magistrature en 1996, et se prépare à faire paraître un livre au titre évocateur pour mettre fin à toute polémique: "Je vous fais juge".
"Je corrige quelques rumeurs ou des choses qui sont fausses. Je corrige des incorrections. Quand on parle de faux diplômes, il faut une matérialité" affirme-t-elle au micro d'Europe 1. Le rapport officiel d'intégration, rédigé par des magistrats fait pourtant état d'un diplôme qu'elle ne possède pas, le fameux MBA européen du groupe HEC-ISA, qu'elle n'a jamais obtenu, rapport rédigé lors de l'entretien préalable en vue de son admission à l'école.
Mais selon le porte parole de la chancellerie, le garde des sceaux n'aurait jamais prétendu être titulaire de ce diplôme, le cabinet du ministre évoque une erreur administrative, et Jean-Pierre Bonthoux, ancien secrétaire général du parquet général de Versailles, sans confirmer l'erreur, déclare qu'un candidat ne saurait être tenu responsable d'une erreur administrative...
C'est une erreur des magistrats qui tombe donc fort bien, en effet Rachida Dati, ministre issu de l'immigration, et présentée ainsi dans la presse, ayant volontiers évoqué sa famille avant que de subir les affaires judiciaires de ses frères, est plus qu'un ministre, c'est un symbole, et chaque affaire qui vient la décrédibiliser, décrédibilise d'une certaine façon la cause de l'intégration, prônée à travers elle au plus haut niveau de l'Etat.
D'autant que ces propos du journal tombent fort mal, au moment de la réforme de la carte judiciaire, et de frictions avec le CSM (Conseil Supérieur de la Magistrature), qui semble estimer que le ministre est un peu autoritaire, notamment dans ses attributions de poste.
Et cependant tout cela ne saurait faire taire les rumeurs, en effet, si erreur il y a, elle tombe si bien, que le livre ne sera pas de trop pour contredire le dossier de l'Express.
C'est l'Express qui l'affirme: Rachida Dati, contrairement à ce qu'elle aurait affirmé auparavant, pour se présenter à l'Ecole nationale de la magistrature sur dossier, étant alors trop âgée (30ans) pour le concours et devant passer par "une procédure d'intégration sur titres", n'aurait jamais obtenu le diplôme «MBA européen du groupe HEC-ISA». Le dossier présenté est solide et est appuyé par Simone Veil et par Marceau Long , il passera, comme une lettre à la poste...
«Son dossier, marqué par le caractère éblouissant des avis émis par les personnalités sollicitées, sortait du lot. Mais j'ai surtout été frappé par sa personnalité pétillante. On ne pouvait qu'accrocher.» selon 'un des magistrats qui la reçoit. Une personnalité pétillante, recommandée en sus par Simone Veil et Marceau Long... Or, l'Express affirme que "selon la grande école, elle n'a jamais obtenu le diplôme...". et ajoute «La ministre reconnaît aujourd’hui que son diplôme n’a pas été validé, mais affirme avoir obtenu tous ses modules. Elle évoque un «différend» avec HEC.» Le cabinet du garde des sceaux dément, le ministre avait fait état de "ragots" sur son compte, et avait annoncé lors d'une émission de télé qu'elle préparait un livre pour y répondre, ajoutant "De là d'où je viens, on n'achète pas les diplômes et de là d'où je viens, on a intérêt d'être très honnête et de ne jamais tricher, ne jamais mentir, parce que si on le découvre, vous le payez très cher. La deuxième chance, vous ne l'aurez pas".
Rachida Dati présentée comme un symbole d'intégration réussie, a déjà eu à subir dans la presse les compte-rendus sur le procès de l'un de ses frères, récidiviste dans le trafic de drogue , avant qu'un deuxième frère ne soit également évoqué, pour trafic de hashich, ce qui a permis au chef de l'Etat d'afficher son soutien à cette occasion , Cecilia Sarkozy allant jusqu'à dire qu'elle est pour elle "comme une soeur", et qu'elle est de la "race des seigneurs". Les plus regardants sont aussi allés soulever l'insistance du canard enchaîné, au sujet de "savonnettes", que plus jeune le futur garde des sceaux vendait au pied de sa cité, tandis que d'autres allaient jusqu'à suggérer que le ministre de la justice devrait démissionner. C'est donc un nouveau coup dur pour ce ministre, régulièrement taxé d'autoritarisme, et que plusieurs membres du cabinet ministériel ont déjà quitté pour cette raison, selon d'autres rumeurs.
La place qu'occupe Rachida Dati a été justifiée en partie par ses diplômes, et s'il y a un mensonge à la base de tout, cela décrédibilise un peu l'action du ministre, qui a déjà eu l'occasion d'affronter les magistrats sur divers sujets. C'est aussi l'occasion de découvrir que le cas de Rachida Dati pourrait ne pas être isolé: Brice Hortefeux, ministre de l'Immigration et de l'Identité nationale ou encore Roger Karoutchi, le secrétaire d'Etat chargé des relations avec le parlement, entretiennent le flou autour de leur passage à Science-Po sur leurs CV selon Rue89.